Les Trois Petits Loups et le Grand Méchant Cochon – Eugène TRIVIZAS et Helen OXENBURY

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          Trois gentils petits loups voudraient bien vivre tranquilles ensemble dans une jolie maison et pouvoir s’amuser. Mais c’est sans compter sur le Grand Méchant Cochon qui est vraiment diabolique et ne cesse de mettre à mal leurs plans, trouvant toujours un moyen de détruire ce qu’ils ont eu tant de mal à construire. Qui sera finalement le plus malin ?

          J’ai beaucoup aimé la première partie de ce livre. j’ai trouvé ça très marrant d’inverser un peu les rôles traditionnels et l’inventivité que déploie le cochon pour détruire les maisons dernier cri des petits loups m’a beaucoup fait rire. J’ai trouvé que ce détournement du célèbre conte était plein d’humour et de bonnes idées. Dans la deuxième partie, on retombe un peu plus sur un schéma traditionnel et sa fin heureuse, ce que j’ai presque trouvé dommage étant donné le côté décalé du début. On sombre un peu dans les bons sentiments et c’est de suite beaucoup moins drôle. Dommage que l’auteur ne soit pas allé plus loin dans le détournement en trouvant une fin un peu plus originale. Un livre qui m’a toutefois bien fait rire.

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Non, non et non, dirent les trois petits loups. Par les poils de notre barbiche-barbichette-et-barbichou, tu n’entreras pas chez nous, par toutes les feuilles de thé de notre plus belle théière de Chine !

Mud – Sur les rives du Mississippi

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Drame américain de Jeff Nichols avec Matthew McConaughey, Tye Sheridan, Jacob Lofland

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          Ellis et Neckbone sont deux adolescents qui écument les rives du Mississippi. Un jour, ils découvrent lors de l’une de leurs escapes un fugitif caché sur une île au milieu du fleuve. Cet homme, c’est Mud, aussi étrange que fascinant. Ils vont décider de l’aider à retrouver la femme qu’il aime et à s’enfuir avec elle.

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          J’aime beaucoup ce genre de films, à la fois film d’initiation et hommage à la nature, dans la lignée de classiques de la littérature américaine comme Huckleberry Finn ou Tom Sawyer. Et puis Matthew McConaughey est un acteur aux choix parfois discutables mais qui est aussi capable du meilleur, j’avais donc très envie de le revoir dans un rôle intéressant. Je me suis donc précipité dans les salles dès la sortie de ce film( avant de mettre deux bonnes semaines à vous en parler…). Bizarrement, je ne sais pas trop que dire de ce film que j’ai aimé et qui m’a pourtant un peu laissée sur ma faim, qui correspondait à mes attentes et m’a pourtant surprise. Etranges contradictions.

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          Sur l’aspect nature, les paysages du Mississippi, cette vie un peu hors du temps, je dirais que le film est une vraie réussite et va même plus loin que ce que j’attendais. L’aspect initiatique est également très bien traité, avec ses deux adolescents qui passent en l’espace de quelques jours d’une enfance protégée et un rien idyllique aux dures réalités de l’âge adulte. C’est fait avec beaucoup de subtilité et on échappe aux clichés et aux réflexions moralisatrices qui accompagnent généralement ce type de sujet. Pourquoi mon étonnement alors si les deux aspects majeurs du film ont plus que comblé mes attentes ?

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          Le personnage de Mud m’a déroutée. Je le pensais extravagant, finalement, pas tant que ça. C’est surtout un ado coincé dans un corps d’adulte, un gars un peu paumé qui n’a pas les deux pieds dans la réalité. Je m’attendais à des situations cocasses, à quelque chose de drôle et léger, mais la réflexion qui se construit autour de Mud est bien plus grave qu’il n’y paraît. Le personnage est attachant, plein de contradictions mais m’a mise vaguement mal à l’aise. Une de ces personnalités au charme déroutant mais dont l’assurance n’est qu’une façade qui cache quelque chose proche des sables mouvants, tant tout semble instable en eux. Matthew McConaughey est brillant dans ce rôle.

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          Le rythme du film m’a également surprise, bien plus lent que ce à quoi je m’attendais. Il prend le temps de poser les choses, et est finalement assez contemplatif. C’est sans doute ce qui m’a un peu frustrée, pourtant, il faut reconnaître que c’est aussi ce qui lui permet d’atteindre une certaine profondeur. Je ne m’attendais pas non plus au suspens qui se crée peu à peu autour de cette chasse à l’homme et qui se rapprocherait presque parfois du polar. Un film multiple, qui mêle les genres de manière inattendue et intelligente. Il faudrait pouvoir aller voir ce film sans a priori, sans savoir ce qu’on va y trouver, pour en apprécier pleinement toute la force. Un film qui ne fait pas de bruit mais nous livre l’air de rien quelques belles réflexions sur la vie et marque sans doute plus durablement qu’il n’y paraît.

Le prix Martin

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          Ferdinand Martin et Agénor Montgommier sont deux vieux amis qui ont pour habitude de se retrouver pour jouer au bésigue. Quand Ferdinand apprend que sa femme le trompe avec Agénor, il voit rouge et ne pense qu’à se venger. Son cousin venu d’Amérique du Sud va l’y aider, ensemble ils vont imaginer bien des stratagèmes mais le lâche Ferdinand ira-t-il jusqu’au bout ?

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          J’avais envie d’un peu de légèreté et cette pièce Labiche me semblait idéale, d’autant que j’avais très envie de revoir Jacques Weber sur scène. Malheureusement, je n’ai pas vraiment accroché avec cette pièce. Le jeu manque de conviction, on aimerait plus d’énergie. Du coup, ça ne prend pas, on peine à s’intéresser à l’histoire évidemment farfelue et les blagues tombent un peu à plat. Si ce n’est pas franchement mauvais, je me suis toutefois vaguement ennuyée. A tel point que je suis partie à l’entracte, tant la suite m’intéressait peu. Le décor est classique et assez réussi, malheureusement, les acteurs en font trop ou pas assez mais ont rarement la présence et la vitalité que demande le théâtre de boulevard. Je n’ai pas ri une seule fois, pas même esquissé un sourire ! Une pièce qui se laisse regarder mais ne parviens pas à nous embarquer dans l’univers loufoque de Labiche. 

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Le Prix Martin d’Eugène Labiche

Théâtre de l’Odéon

Mise en scène de Peter Stein

Avec Jean-Damien Barbin, Rosa Bursztein, Julien Campani, Pedro Casablanc, Christine Citti, Manon Combes, Dimitri Radochevitch, Laurent Stocker, Jacques Weber

L’actu de la semaine (18/05)

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- Lundi, le PSG remportait le titre de champion de France. Les supporters parisiens se sont rassemblés au Trocadéro où ont éclaté de violentes émeutes. 23 personnes ont été jugées en comparution immédiate.

- Le festival de Cannes a ouvert ses portes. Le grand rendez-vous annuel des cinéphiles est de retour. Qui sera récompensé cette année ? Réponse dans un peu moins de 2 semaines…

- La mise en examen de Martine Aubry dans le cadre du dossier de l’amiante a été annulée. Elle était accusée de d’homicide involontaire en sa qualité d’ancienne directrice des relations du travail (DRT) du ministère du Travail entre 1984 et 1987. L’association de victimes se pourvoit en cassation.

- Un homme s’est suicidé dans une école primaire à Paris, devant les élèves d’une classe de CP. Il était connu des services de polices pour violences conjugales. Un soutien psychologique a été mis en place.

- Ca y est, le mariage pour tous a été promulgué !

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Le mot de la semaine sera CAPTIEUX : "Qui tend à tromper, qui séduit par de belles, de fausses apparences."

Les sorties ciné

- Gatsby le Magnifique : dans les années 20, à Long Island, les fêtes arrosées de jazz et de champagne sont monnaie courante, surtout chez Gatsby, un homme admiré et mystérieux. Je dois avouer que je n’avais pas du tout accroché avec le roman mais peut-être la version cinématographique passera-t-elle mieux ?

- Le Passé : Ahmad et Marie sont séparés depuis 4 ans quand il vient la voir à Paris pour régler leur divorce ; il va découvrir une relation difficile entre sa femme et sa fille et va mettre à jour un lourd secret en essayant de les aider. Un réalisateur que j’apprécie, une actrice qu’on voit trop peu dans ce type de rôles, il film qui a tout pour me séduire.

- Song for Marion : Arthur et Marion sont deux retraités londoniens qui s’aiment malgré leurs dissemblances ; quand elle s’inscrit dans une chorale, il va lui aussi se laisser séduire peu à peu.

Le sang et la poussière – Malla Nunn

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          A Durban, en 1953, l’ancien inspecteur-chef Emmanuel Cooper est contraint de gagner sa vie en travaillant sur les docks. Le meurtre d’un jeune garçon va le forcer à sortir de l’ombre. Il va devenir le suspect numéro un et devoir mener sa propre enquête pour se disculper. Une enquête difficile pour cet homme qui, déclaré métis, a perdu tout ses droits.

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          J’avais adoré le premier roman de Malla Nunn : Vengeance dans un paysage de rêve. Un excellent polar sur fond d’apartheid, à la fois haletant et passionnant d’un point de vie historique et social. La combinaison parfaite. J’avais dont hâte de m’attaquer à cette suite. J’ai été un peu déçue de constater que, si on retrouve bien le personnage principal, il ne s’agit pas d’une suite à proprement parler. On est quelques années plus tard et il s’agit d’une nouvelle enquête, dans un tout autre lieu. La fin du premier roman était assez ouverte, j’ai donc été frustrée que l’histoire s’arrête là. De plus, j’avais beaucoup aimé l’univers dans lequel se passait le premier opus, dans le bush avec des descriptions de paysages qui faisaient envie et l’ambiance si particulière des petits villages. J’ai un peu moins accroché avec l’univers de la grise Durban, beaucoup plus glauque…

          Toutefois, le style est toujours là. C’est très bien écrit et on se laisse vite prendre à l’histoire, d’autant que l’inspecteur Cooper est très sympathique : un peu cassé, un peu perdu aussi, on est loin du stéréotype du héros. Si j’ai moins accroché avec l’environnement urbain qu’avec celui plus champêtre du premier roman mais ce changement permet aussi de découvrir un face encore plus sombre de l’Afrique du Sud. Comme le précédent, ce roman permet d’aborder toute la complexité de ce pays. En se plaçant dans les années 50, ces textes sont moins politiques t polémiques que s’ils étaient situés dans le contexte actuel, mais ils permettent pourtant d’apprendre un peu à connaître l’histoire de ce pays et de mieux comprendre ses contradictions actuelles et sa complexité. Un histoire extrêmement prenante, intelligemment menée et bien écrite. Un très bon polar au fond social passionnant, comme on aimerait en voir plus souvent.

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Elle n’avais jamais été éconduite, se dit Emmanuel. Jamais un homme ne lui avait dit non. Qui était-il pour changer le cours de l’histoire ?

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Elle aimait ça comprit Emmanuel, le mélange d’amour, de douleur et de besoin.