Septembre, le bilan

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          6 films vus en septembre. J’ai l’impression d’être très peu allée au cinéma ce mois-ci pourtant j’ai dépassé mon objectif d’un film par semaine finalement. Je n’ai pas eu l’impression de voir des chefs-d’oeuvres en revanche. J’ai franchement détesté certains films, j’en ai trouvé d’autres sympathiques mais aucun ne m’a franchement emballée. J’espère avoir plus de chance le mois prochain.

          J’ai également lu 6 livres. Là, en revanche, j’étais persuadée que c’était plus ! Visiblement, j’ai lu beaucoup moins vite que je ne l’aurais cru. Comme quoi… Je me suis essentiellement consacrée à la rentrée littéraire. Beaucoup beaucoup de nouveautés me tentaient, j’en ai donc profité malgré de bien maigres finances. J’ai particulièrement aimé Pas pleurer de Lydie Salvayre et L’écrivain national de Serge Joncour.

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          Peu d’autres sorties. Aucune exposition mais tout de même une pièce vueOn ne badine pas avec l’amour, au Lucernaire. J’étais partie pour voir Combat mais hum… je me suis trompée de salle… la honte. Mais j’ai beaucoup aimé la pièce ! Etant toujours cloîtrée chez moi, j’ai vu pas mal de séries. Sinon, comme vous l’avez vu, j’ai découvert le magnifique plateau de l’Aubrac, me suis fait offrir un beau couteau et un excellent repas chez les Bras. Ce qui en résumé donne le meilleur week-end de l’année ! Sans oublier mes repas au Coretta et l’Institut Vatel.

          Après des mois de galère, je reprends enfin le travail début octobre donc je risque d’avoir moins de temps pour lire et sortir. Mais bon, j’ai déjà plein de pièces de théâtre de prévu. Avec un abonnement de 20 pièces cette année et encore plein d’autres qui me tentent, vous n’avez pas fini d’entendre parler des arts de la scène sur le blog. Je vais même essayer de reprendre l’escalade. Tout un programme !

Et vous, quelles belles découvertes avez-vous fait ce mois-ci ?

La dévoration – Nicolas d’Estienne d’Orves signe un roman dérangeant

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          L’écrivain Nicolas Sevin s’est spécialisé dans les histoires sanglantes. Son éditrice voudrait le voir changer radicalement de style et aborder des sujets plus intimes. Après une longue réflexion, un sujet s’impose à lui : l’histoire du cannibale japonais Morimoto. Une expérience d’écriture dont il risque de ne pas sortir indemne.

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          J’avais a-do-ré le dernier roman de Nicolas d’Estiennes d’Orve, Les fidélités successives, mon gros coup de cœur de la rentrée littéraire 2012. Je n’avais rien lu d’autre de lui et j’avais donc hâte de m’attaquer à son nouveau roman, bien que le sujet me laisse un peu perplexe. Je dois avouer que dans l’ensemble j’ai été assez déçue. Je m’attendais à retrouver ce style fluide et maîtrisé qui m’avait tant séduite et ça n’a pas tellement été le cas. J’ai trouvé le début certes agréable à lire mais un peu fade. On peine à s’intéresser à l’histoire de cet auteur en manque d’inspiration qui apparaît avant tout comme un sale gosse prétentieux.

           Ces chapitres un peu vides intérêt alternent avec d’autres sur une lignée de bourreaux qu’on suit à travers les âges. Leur histoire m’a un peu rappelée celle de Dieu et nous seuls pouvons de Michel Folco, roman qui me fait mourir de rire bien qu’il retrace l’histoire d’une lignée de bourreaux. Le texte de Nicolas d’Estienne d’Orves est autrement plus sérieux et j’ai fait de mon mieux pour ne pas le comparer à un de mes livres préféré, ce qui n’aurait pas été à son avantage. J’ai honnêtement trouvé que ces chapitres, extrêmement bien documentés, étaient les plus réussis. J’ai pris grand plaisir à les lire et je les attendais avec impatience.

           Quant au arrive aux passages sur Morimoto – dans les 50 ou peut-être 80 dernières pages du roman – un certain suspens se crée. On sait comment ça se termine mais voir la manière dont il en est arrivé là crée une tension indéniable. Je ne vous cache pas qu’il y a un passage franchement dégueulasse. Rarement (jamais ?) un livre m’avait donné envie de vomir, c’est en soi un exploit. Je n’irai pas jusqu’à dire que j’ai apprécié cette partie du texte mais c’est sans nul doute la plus forte. Après tout, la littérature doit avant tout faire réagir et susciter des émotions, on ne peut pas dire que ce n’est pas le cas ! En résumé, un roman qui met du temps à démarrer pour devenir finalement très dérangeant. Une lecture un arrière goût des plus désagréables mais ne laisse en tout cas pas indifférent.

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 On dit qu’une simple image peut changer votre conception du monde. Ainsi se passent les conversions : il suffit d’une épiphanie.

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J’aime les rues vides. Comme j’aime la foule compacte. L’une et l’autre poussent à l’effacement. Vous devenez une ombre ou un quidam, ce qui revient au même.

Prix littéraires 2014 : les premières sélections

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          Cette année, je ne vous ai pas tenus informés de l’actualité des prix littéraires au fur et à mesure. Mais maintenant que la majorité des premières sélections sont annoncées, les voici. Je signale au passage qu’en établissant ces listes, j’ai pu me rendre compte une fois de plus du travail bâclé des journalistes. Je passe sur le fait qu’ils ne connaissent pas les règles typographiques, mais j’ai également trouvé des erreurs dans les titres et les noms d’auteurs. J’espère qu’au moins ils n’en ont pas fait dans les listes… Pour plus d’informations sur un roman, cliquez sur son titre.

Prix Goncourt

- Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
- Meursault, contre-enquêtede Kamel Daoud, Actes Sud
- On ne voyait que le bonheur, de Grégoire Delacourt, JC Lattès.
- Ce sont des choses qui arrivent, de Pauline Dreyfus, Grasset
- Le roi disait que j’étais diablede Clara Dupont Monod, Grasset
- L’ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre, Gallimard
- Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
- Les tribulations du dernier Sijilmasside Fouad Laroui, Julliard
- La femme qui dit nonde Gilles Martin-Chauffier, Grasset
- Karpathiade Mathias Menegoz, POL
- L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
- La ligne des glacesd’Emmanuel Ruben, Rivages
- Pas pleurerde Lydie Salvayre, Le Seuil
- La peau de l’oursde Joy Sorman, Gallimard
- Tristesse de la terred’Eric Vuillard, Actes Sud

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Prix Renaudot

Romans :

- Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
– Dans les yeux des autres, de Geneviève Brisac, L’Olivier
– Meursault, contre-enquêtede Kamel Daoud, Actes Sud
– Le roi disait que j’étais diablede Clara Dupont Monod, Grasset
– Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive, de Christophe Donner, Grasset
– Photos volées, de Dominique Fabre, L’Olivier
L’Oublide Frederika Amalia Finkelstein, L’Arpenteur
Charlotte, de David Foenkinos, Gallimard
– Incident voyageurs, de Dalibor Frioux, Le Seuil
– Josephde Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
– Les Enquêtes de Monsieur Proust, de Pierre-Yves Leprince, Gallimard
– Autour du mondede Laurent Mauvignier, Minuit
– La femme qui dit nonde Gilles Martin-Chauffier, Grasset
– La Musique des illusions, de Jean-Marc Moura, Albin Michel
– Pétronilled’Amélie Nothomb, Albin Michel
– L’Amour et les forêtsd’Eric Reinhardt, Gallimard
– Pas pleurerde Lydie Salvayre, Le Seuil

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Essais :

- De chez nous, de Christian Authier, Stock
La femme, de Bénédicte Martin, Les Equateurs
Jules Ferry, de Mona Ozouf, Gallimard
– Dictionnaire amoureux de la Résistance, de Gilles Perrault, Plon
– Comme des barbares en Inde, de Jean-Claude Perrier, Fayard
– Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pas, de Paul Veyne, Albin Michel

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Prix Femina

Français :

- L’homme qui marche, d’Yves Bichet, Mercure de France
L’an prochain à Grenade, de Gérard de Cortanze, Albin Michel
Le Triangle d’hiver, de Julia Deck, Minuit
Les hommes meurent, les femmes vieillissent, d’Isabelle Desesquelles, Belfond
La langue des oiseaux, de Claudie Hunzinger, Grasset
Mon âge, de Fabienne Jacob, Gallimard
– Josephde Marie-Hélène Lafon, Buchet-Chastel
Bain de lune, de Yanick Lahens, Sabine Wespieser
L’autoroute, de Luc Lang, Stock
– Autour du mondede Laurent Mauvignier, Minuit
Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil
– Tristesse de la terrede Eric Vuillard, Actes Sud
Jacob, Jacob, de Valérie Zenatti, L’Olivier

 

 

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Etranger :

- La lumière des étoiles mortes, John Banville, Robert Laffont – Irlande
L’homme provisoire, de Sebastian Barry, Gallimard – Irlande
Lola Bensky, de Lily Brett, La Grande Ourse – Australie
Prière pour celles qui furent volées, de Jennifer Clement, Flammarion – Etats-Unis
A l’orée de la nuit, de Charles Frazier, Grasset – Etats-Unis
Cette nuit je l’ai vue, de Drago Jancar, Phébus – Slovénie
La couleur du lait, de Nell Leyshon, Phébus – Grande-Bretagne
La femme d’en haut, de Claire Messud, Gallimard – Etats-Unis
Le fils, de Philipp Meyer, Albin Michel – Etats-Unis
Hérétiques, de Leonardo Padura, Métailié – Cuba
Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier – Etats-Unis
Le ravissement des innocents, de Taiye Selasi, Gallimard – Grande-Bretagne
Ce qui reste de nos vies, de Zeruya Shalev, Gallimard – Israël
Les réputations, de Juan Gabriel Vasquez, Le Seuil – Colombie

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Prix de l’Académie Française

- Un secret du docteur Freud, d’Éliette Abecassis, Flammarion
- Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
- L’Ordinateur du paradis, de Benoît Duteurtre, Gallimard
- Photos volées, de Dominique Fabre, L’Olivier
- Blanès, d’Hedwige Jeanmart, Gallimard
- La Femme qui dit non, de Gilles Martin-Chauffier, Grasset
- Voyageur malgré lui, de Minh Tran Huy, Flammarion
- Les Grands, de Sylvain Prudhomme, Gallimard
- Dialogue d’été, d’Anne Serre, Mercure
- Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil

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Prix Médicis

Français :

- L’aménagement du territoire, d’Aurélien Bellanger, Gallimard
Ame qui vivede Véronique Bizot, Actes Sud
En facede Pierre Demarty, Flammarion
Le Soleilde Jean-Hubert Gailliot, L’Olivier
La langue des oiseauxde Claudie Hunzinger, Grasset
Blanèsd’Hedwige Jeanmart, Gallimard
- La loi sauvagede Nathalie Kuperman, Gallimard
Visible la nuitde Franck Maubert, Fayard
Autour du monde, de Laurent Mauvignier, Minuit
Plus rien que les vagues et le vent de Christine Montalbetti, POL
L’amour et les forêts, d’Eric Reinhardt, Gallimard
Terminus radieux, d’Antoine Volodine, Le Seuil
Jacob, Jacobde Valérie Zenatti, L’Olivier

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Etranger :

- MaddAddamde Margaret Atwood, Robert Laffont – Canada
Lola Bensky, de Lily Brett, La grande ourse – Australie
Wavede Sonali Deraniyagala, Kero – Sri Lanka
Comment s’en mettre plein les poches en Asie mutante, de Mohsin Hamid, Grasset – Pakistan
Des 1001 façons de quitter la Moldavie, de Vladimir Lortchenkov, Mirobole – Moldavie
Terminus Allemagne, de Ursula Krechel, Carnets Nord/Montparnasse – Allemagne
Une constellation de phénomènes vitaux, d’Anthony Marra, JC Lattès – États-Unis
La petite lumièrede Antonio Moresco, Verdier – Italie
Histoires d’un médecin russe, de Maxime Ossipov, Verdier – Russie
– Hérétiques, de Leonardo Padura, Metailié – Cuba
Tous les jours sont des nuits, de Peter Stamm, Bourgois – Suisse
Et rien d’autre, de James Salter, L’Olivier – États-Unis
Ce qui reste de nos vies, de Zeruya ShalevGallimard – Israël
Les réputationsde Juan Gabriel Vasquez, Le Seuil – Colombie
Tous les oiseaux du ciel, de Evie Wyld, Actes Sud – Australie

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Prix Décembre

Constellation, d’Adrien Bosc, Stock
- Dans les yeux des autresde Geneviève Brisac, L’Olivier
- Le cercle des tempêtesde Judith Brouste, Gallimard-l’Infini
– Le Royaumed’Emmanuel Carrère,  P.O.L
- Ce sont des choses qui arriventde Pauline Dreyfus, Grasset
–  L’oublide Frederika-Amalia Finkelstein, Gallimard
– La musique des pierres, de Nicolas Idier, Gallimard
- Le manteau de Greta Garbode Nelly Kapriélan, Grasset
- Œuvres Vivesde Linda Lê, Christian Bourgois
- Sigmund Freud en son temps et dans le nôtred’Elisabeth Roudinesco, Le Seuil
- Dialogue d’étéd’Anne Serre, Mercure de France
- Et dans l’éternité je ne m’ennuierai pasde Paul Veyne, Albin Michel

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          Le prix Interallié, qui clôt toujours la saison, n’a pas encore établi sa sélection. Il  a pas mal de recoupements dans les sélections, notamment entre le Goncourt et le Renaudot. Mais également entre les sélections étrangères. Beaucoup, beaucoup de titres qui me tentent en cette rentrée des plus réjouissantes. J’en profite également pour vous signaler que le prix du roman Fnac dont je vous avais présenté la sélection ici a été décerné à Benjamin Wood pour son premier roman, Le Complexe d’Eden Bellwether.

          La suite des prix littéraires dans quelques jours avec les 2° sélections puis le verdict final, début novembre. Et vous, quels romans ont votre préférence en cette rentrée ?

Gemma Bovery : un livre, un film

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         Martin est boulanger en Normandie. Il est passionné de littérature et Madame Bovary est son roman préféré. Quand des anglais, Charly et Gemma Bovery, s’installent en face de chez lui, il y voit un signe. Leur comportement lui semble inspiré des personnages de Flaubert. Sous le charme de la belle Gemma, il va tout faire pour influer sur son destin.

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         Gemma Bovery, c’est avant tout un roman graphique de Posy Simmonds. Après Tamara Drewe, adapté au cinéma par Stephen Frears en 2010, c’est au tour de cette histoire d’arriver sur nos écrans avec cette fois encore Gemma Atterton dans le premier rôle. L’éditeur m’a gentiment fait parvenir un exemplaire du livre afin que je puisse en parler à l’occasion de la sortie du film. Mon erreur aura été de lire le livre en premier. Ne jamais lire un livre avant d’aller voir le film qui en est tiré ! A moins d’avoir eu le temps de presque tout oublier de l’histoire, c’est s’exposer à une déception quasi-certaine. L’inverse est toujours plus flatteur. Ceci étant dit, voyons quand même ce qu’il en est de cette BD et de son adaptation au cinéma.

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         J’ai été assez surprise par le livre de Posy Simmonds avec lequel le nom de "roman graphique" prend tout son sens. Le texte est extrêmement présent, ce qui m’a franchement déroutée. On est loin de la BD traditionnelle ! Il y a pourtant un poil trop de dessin pour parler de roman illustré. Jamais l’appellation de roman graphique ne m’avait parue aussi limpide tant l’équilibre entre texte et image est fort. Les deux se complètent d’ailleurs parfaitement. Toutefois, je dois avouer qu’au début autant de texte m’a un peu rebutée. Je lis beaucoup de romans, même des pavés, mais quand j’ouvre une BD j’ai envie de quelque chose de léger, rapide, facile – dans une certaine mesure en tout cas. Je dois admettre que j’ai eu un peu de mal à me plonger dedans.

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         Après quelques pages, j’ai été assez prise par cette histoire qui ne manque pas d’humour. Cette réinterprétation d’Emma Bovary est teintée d’une ironie qui lui donne beaucoup de charme. Je me suis finalement laissée prendre au jeu de cette réécriture. A priori, je n’aime pas trop qu’on réécrive, continue ou interprète les classiques (je vous en parlais déjà pour Contre-enquête sur la mort d’Emma Bovary, qui décidément a du succès côté réécriture). Je suis sans doute vieux jeu mais je trouve que les classiques doivent rester à leur place, je suis toujours mal à l’aise devant la vision qu’ont les autres de ces textes qu’on connaît tous et qui souvent diffère de la nôtre. J’ai bien ressenti cette petite gêne ici mais la réécriture est tellement décalée que ça passe finalement plutôt bien.

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         Bien que très dense, le texte va droit au but et réinvente avec beaucoup d’inventivité et d’humour le roman de Flaubert. J’ai trouvé l’idée d’un homme tellement obsédé par son livre préféré qu’il tient absolument à ce que ses voisins vivent les mêmes aventures vraiment très chouette. Ca crée un décalage juste suffisant pour que la référence au texte de départ soit claire sans être pesante. Le dessin apporte souvent des nuances au texte et l’enrichit. Bien que ce ne soit a priori pas le style de BD que je préfère, je l’ai trouvé très agréable et j’ai aimé cette lecture. 

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         Le film est une adaptation très fidèle. Je l’ai vu de suite après avoir fini de lire la BD et la plupart des dialogues sont mot pour mot les mêmes que dans le texte d’origine. C’est d’ailleurs assez déroutant quand on les a encore bien en tête. J’avoue que même si j’adore Gemma Atterton, je ne l’aurai pas spécialement vue dans ce rôle. Au début, Gemma est sensée être grosse et moche du coup choisir une actrice aussi belle et qui serait sublime même avec un sac à patate me semble relativement peu judicieux. Mais bon, comme c’est une actrice que j’aime bien et que je vois finalement assez peu, ça ne m’a pas tellement dérangée.

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         J’ai bien aimé ce film mais j’ai trouvé qu’il n’apportait pas grand chose par rapport à la BD. J’ai trouvé qu’à l’écran les personnages avaient moins de profondeur que sur le papier. Gemma est moins sympathique dans le livre mais ses petits défauts agaçants la rendent aussi plus humaine. Les rares modifications apportées à l’histoire ne m’ont pas franchement convaincue. Il aurait peut-être fallu prendre un peu plus de recul avec le texte pour mieux le mettre en valeur. Je n’ai pas tout à fait retrouvé le même humour et la même fraîcheur dans le film que dans le livre.

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         Les acteurs sont assez convaincants. J’avais peur que comme à son habitude Fabrice Luchini n’en fasse trop mais contre toute attente il est assez crédible en boulanger obsédé par sa jeune voisine. Formellement parlant, le film est assez lisse. J’ai trouvé que l’histoire passait parfois un peu vite sur certains aspects. Le film m’a semblé surtout centré sur l’adultère de Gemma, passant un peu sous silence les problèmes qui font le sel de cette histoire. Je suis toutefois mauvais juge, difficile d’apprécier à sa juste valeur le film quand on a encore autant le livre en tête. Je pense que ceux qui n’ont pas lu la BD l’apprécieront bien mieux. Un livre surprenant et plein de charme et un film assez réussi, extrêmement fidèle et qui se regarde avec plaisir. Gemma Bovery mérite qu’on la découvre.

Quelques jours sur l’Aubrac

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          Il y a peu, je suis allée faire un petit tour sur le plateau de l’Aubrac à l’occasion d’un repas chez Michel et Sébastien Bras. Je ne connaissais pas du tout cette région et j’avais peur de ne pas franchement apprécier le paysage. J’aime passionnément les paysages montagneux et escarpés. Le bord de mer ne trouve grâce à mes yeux que si falaises il y a (ou grosses vagues et temps orageux). Certes, je peux trouver la campagne mignonne s’il y a des coteaux mais je m’en lasse assez vite. De l’Aubrac, j’ai d’abord découvert les bords du plateau et je dois dire que même si on y trouve de très beaux villages et que c’est assez escarpé, j’ai trouvé que c’était joli mais manquait un peu de caractère quant au paysage en lui-même. Et puis, nous sommes allés au centre du plateau et là, ça a beau être plat, je suis tombée totalement amoureuse du paysage !

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          Le plateau est très vert, avec beaucoup de prés bien entretenus et séparés par des petits murets et des clôtures aux piquets en bois qui leur donnent beaucoup de charme. Les vaches pullulent pour mon plus grand plaisir (oui, j’adore les vaches). Pourtant, bien que ce soit à peine vallonné, on sent qu’on est en altitude avec une végétation bien spécifique et un air bien frais avec l’arrivée de l’automne. Il y a des endroits où on voit tellement loin qu’on a l’impression de voir le bout du monde. Quasi aucune maison à part quelques cabanes de berger, plein de nuances de vert et de bleu et la sensation d’être seul au monde. C’est beau, c’est beau, c’est beau ! Si ce n’étaient les longs mois d’hiver dans la neige, le froid et le vent, et la nécessité de travailler pour manger, j’aurais posé mes valises immédiatement ! Si si, je vous jure.

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          Durant ce week-end, on a également très bien mangé à petit prix. Il y a beaucoup de petits restaurants qui servent des produits frais et une cuisine copieuse à des prix défiant toute concurrence. Je trouve d’ailleurs ça injuste, la vie est moins chère qu’à Paris et tout est plus beau, la vie est mal faite ! Un des principaux chemins vers Saint-Jacques de Compostelle traverse le plateau de l’Aubrac. On trouve donc de très nombreux hébergements à petits prix et des édifices religieux un peu partout. Il y a notamment un couvent où les sœurs font du chocolat (comment ça je ne pense qu’à manger ?!). La gastronomie locale est d’ailleurs délicieuse. Il y a le fameux aligot et la truffade : des pommes-de-terre et du fromage, un délice ! Il y a le thé de l’Aubrac, une plante qu’on peut boire en infusion et qui sert à la confection d’un apéritif. De l’excellente viande. Du très bon fromage. Et pas mal de choses à base de myrtille, châtaigne et autres plantes de montagne. N’hésitez pas non plus à goûter les bières et limonades locales.

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          Si vous passez par là, visitez une coutellerie. Mais méfiance, de nombreux couteliers ne forgent pas leurs lames sur place. Pour ma part, j’ai visité les forges de Laguiole, célèbres pour leur bâtiment conçu par Philippe Starck. Il y a également à côté Honoré Durand, et il me semble avoir entendu parler de Benoît. J’ai adoré la visite de la forge. On y va quand on veut et un regarde les ouvriers travailler (je détesterais être à leur place !). Il y a 2 personnes qu’on peut interroger sur tout ce qu’on veut et qui peuvent nous montrer l’assemblage. J’aurais pu y passer la journée. D’ailleurs, j’en suis repartie avec le couteau dont je rêve depuis que je suis toute petite, le même que mon papa et offert par lui. Ca n’a pas de prix.

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              L’Aubrac me semble se prêter parfaitement à la photographie. Je regrette de ne pas avoir eu plus de temps pour faire quelques balades et immortaliser le paysage. J’ai pris quelques photos mais je trouve qu’elles ne rendent pas vraiment l’immensité de lieux. Un grand angle n’aurait peut-être pas été de trop pour prendre la photo parfaite. Je pense que la lumière est extrêmement changeante avec le temps. Ca doit être magnifique par temps d’orage ou sous un manteau de neige. Vous l’aurez compris, j’ai adoré mon court passage dans la région, d’autant plus qu’il faisait un temps magnifique et que c’étaient-là mes seules vacances de l’année. J’espère bien avoir l’occasion de découvrir un peu mieux le plateau à l’avenir. Un endroit assez magique et franchement dépaysant.

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