Chrysis, un très beau roman de Jim Fergus

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          Gabrielle a 18 ans quand elle entre aux Beaux-Arts, dans le seul atelier ouvert aux femmes. Très vite, elle prendra pour nom d’artiste "Chrysis" et la jeune fille de bonne famille va découvrir un monde où les mœurs sont pour le moins dissolues. Fascinée, elle va en faire le matériau principal de son art. Elle va également rencontrer Boguey, un cow-boy qui a intégré la légion étrangère pendant la guerre et avec qui elle va vivre une grande histoire d’amour.

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          Jim Fergus nous a surtout habitués à des récits passionnants sur les peuples indiens, comme c’était le cas avec Mille femmes blanches notamment. J’ai été surprise de voir qu’ici il changé totalement de sujet en nous livrant la biographie d’une peintre française du début du XX° siècle. J’avais hâte de découvrir ce texte dont j’avais entendu dire tant de bien. Je dois avouer que je n’ai pas été déçue ! L’écriture est plus fluide que dans les deux autres romans que j’avais lus de l’auteur. Elle a ici une certaine légèreté qui me semble parfaitement coller à l’ambiance du Paris des années 30. De plus, le court texte introduisant le roman et racontant son origine est pour le moins émouvant et offre une lecture toute particulière de ce qui suit.

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          J’ai beaucoup aimé ce livre qui m’a fait découvrir une peintre dont j’ignorais tout. Je ne suis pas experte en la question mais le milieu du Montparnasse dans l’après-guerre m’a semblé extrêmement bien décrit. L’auteur le rend très vivant et nous immerge dans cette effervescence qui y règne. L’histoire d’amour entre Gabrielle et Boguey est très forte sans pour autant sombrer dans la mièvrerie ou les clichés habituels. Elle est simplement belle. Beaucoup de sujets de société sont abordés l’air de rien dans ce roman, la place des femmes notamment. Il nous livre aussi une peinture fascinante du milieu artistique parisien de l’époque. J’ai trouvé ce texte passionnant de bout e bout. Cette lecture est un vrai régal.

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Si tu ne revois jamais cet homme, une partie de toi l’aimera jusqu’à la fin de tes jours. Tu garderas pour toujours le souvenir d’un sentiment pur. L’amour concrétisé est rarement aussi durable.

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Il n’y a pas de sujet qui soit hors de la portée de l’artiste, à partir du moment où il se sent engagé.

Magnifiques arts de l’islam au Louvre

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          Il y a 2 ans, ouvraient au Louvre le nouveau département des Arts de l’Islam. 1000 ans d’histoire représentés par 3000 œuvres exposées sur 1000 m² au cœur du plus grand musée du monde. Avec un peu de retard, je suis enfin allée visiter ce nouveau département.

Les Arts de l'Islam

           J’avais hâte de voir le nouveau bâtiment qui avait demandé tant d’années de travaux. Il a été construit sur une des cours du Louvre et on nous avait promis un joli toit irisé en forme de tapis volant. J’avoue que j’ai été un peu déçue par cet aspect-là, je m’attendais un lieu plus lumineux. Il faut dire aussi que j’y suis allée un jour de grisaille, ce n’étaient pas forcément les conditions idéales pour profiter des reflets sur la toiture…

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          En revanche, j’ai été assez impressionnée par le contenu. Je ne connais pas du tout l’histoire du Moyen-Orient et des empires arabes. Même si je sais qu’ils ont créé des pièces magnifiques (un petit voyage en Espagne suffit largement à s’en convaincre), je ne savais pas exactement à quoi m’attendre et j’avais un peu peur de ne pas arriver à tout suivre, je manque sérieusement de références en la matière.

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          Fort heureusement, les panneaux explicatifs sont très clairs et permettent de se repérer dans l’histoire. Bon, il y a quelques références qui m’ont échappé j’ai quand même réussi à comprendre l’essentiel il me semble. En tout cas plus ou moins d’où les pièces venaient, de quelle époque et même les grands courants artistiques et leurs inspirations. C’est déjà pas mal !

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          J’ai été époustouflée par la beauté de certaines œuvres et par leur exceptionnel état de conservation. Les céramiques sont particulièrement fines et bien décorées : de toute beauté ! Ce sont sans doute les pièces qui m’ont le plus impressionnée même si le travail du métal est également très impressionnant. L’espace d’exposition est très vaste et on en prend plein les yeux. Ca mérite vraiment le détour.

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          Des écrans sont disposés tout au long du parcours et apportent des éclaircissements passionnants sur certains points. J’ai particulièrement aimé celui sur le livre (forcément !). Bref, j’ai trouvé cette visite des plus instructive. Vous excuserez la piètre qualité des photos, j’avais malencontreusement oublié mon appareil photo et ai dû me contenter de mon téléphone. Le département des arts de l’Islam est splendide et très bien conçu. Une visite intéressante et de toute beauté.

Pas pleurer, un joli texte de Lydie Salvayre

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          Lydie Salvayre raconte la Guerre d’Espagne à travers la voix de sa mère, Montse, alors adolescente et qui l’a vécue comme une libération. S’y mêle la voix révoltée, elle, de Bernanos, témoin et dénonciateur des pires atrocités. Deux visions opposées d’un même événement qui résonnent étrangement avec le présent.

Pas pleurer

          De Lydie Salvayre, je n’avais lu que BW, très récemment, et que j’avais beaucoup aimé. Il m’avait donné l’envie de lire autre chose d’elle et quand j’ai vu qu’elle publiait un nouveau livre en cette rentrée littéraire, sur un sujet aussi fort qui plus est, je n’ai pas pu résister à la tentation de le lire. J’ai retrouvé avec bonheur le même style enlevé que dans BW, la même énergie. Une écriture plus complexe qu’il n’y paraît et extrêmement maîtrisée, un vrai régal ! Ici, l’auteur donne la parole à sa mère, qui a grandit en Espagne, et retranscrit ses paroles en y laissant les fautes de français et les mélanges entre les deux langues pour un résultat très vivant et plus vrai que nature.

          Quant à l’histoire, elle est bien sûr passionnante. Le sujet choisi est très fort et la manière de le traiter pour le moins originale. Je dois admettre que j’ai quelques lacunes en histoire (à mon grand désespoir) et que je suis loin de connaître les détails de la Guerre d’Espagne. Les quelques livres que j’ai lus sur le sujet étaient toujours assez arides – trop parfois – et j’ai été étonnée par le ton de celui-ci tout comme par son point de vue particulier. Le fait de faire parler sa mère, avec son point de vue singulier et ses imprécisions, rend le récit à la fois accessible et touchant, ça le rapproche de nous. Le fait d’y mêler la voix de Bernanos permet de rétablir dans le même temps une autre vérité historique, celle des exécutions et de l’horreur. Un très joli texte, léger, tendre, émouvant.

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Il faut que tu comprends qu’à cette époque-là, les racontages remplacent la télévision et que les villageois, dans leur appétit romantique de disgrâces, et de drames, y trouvent matière à rêves et à inflammations.

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Ma mère est une mauvaise pauvre. Une mauvaise pauvre est une pauvre qui ouvre sa gueule.

Des madeleines pour adoucir votre rentrée

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Pour environ 20 madeleines

2 œufs

50 g de sucre

100 g de beurre

100 g de farine

Quelques gouttes d’extrait d’orange

1 c. à café de Cointreau

1 c. à café de levure

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Préchauffez le four à 250° C.

Dans un saladier, battez les œufs avec le sucre jusqu’à ce que le mélange blanchisse.

Faites fondre le beurre et ajoutez-le à la préparation.

Versez peu à peu la farine en continuant à remuer.

Ajoutez l"extrait d’orange, le Cointreau et la levure diluée dans un fond d’eau.

Beurrez vos moules et remplissez-les aux 3/4.

Enfournez 4 min. à 250° C (th. 8/9) puis baissez le four à 210° C (th. 7) et laissez cuire 6 min. supplémentaires. C’est le choc thermique qui crée la fameuse bosse des madeleines.

 

Laissez-les tiédir avant de les démouler et dégustez-les tièdes ou froides.

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Une recette toute simple mais qui fonctionne à tous les coups !

Bon appétit !

L’emprise, Marc Dugain

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          Un favori à l’élection présidentielle, le président d’un groupe militaro-industriel, un directeur du renseignement intérieur, un syndicaliste disparu après le meurtre de sa famille, une photographe chinoise en vogue… Qu’est-ce qui peut les relier ? Lorraine, agent des services secrets, est chargée de faire le lien.

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          Un jour que j’étais à la librairie, je suis tombée sur Marc Dugain qui présentait son dernier roman. Je ne connaissais pas du tout cet auteur mais ce qu’il racontait était vraiment passionnant et m’a donné très envie de lire son livre. Pourtant, la lecture ne s’est pas avérée à la hauteur de mes espérances. J’ai trouvé le style bien faiblard. Même si l’auteur avoue lui-même s’être plus concentré sur l’histoire que sur l’écriture, je ne pensais pas que c’était à ce point. Je ne m’attendais pas à de la grande littérature mais là ça a quand même grandement gâché mon plaisir. Quant à l’histoire… et bien là aussi, je m’attendais à mieux !

          L’auteur semble extrêmement bien renseigné sur les services secrets et les dessous du pouvoir ; pourtant, j’ai trouvé qu’il parvenait assez mal nous faire partager son expérience. Il y a beaucoup de personnages dont les histoires sont alternées d’un chapitre à l’autre et j’ai trouvé qu’il était difficile de se retrouver. L’auteur se disperse un peu et on a du mal à trouver un fil conducteur à ce livre et à comprendre où il va. Entre un style assez pauvre et une histoire décousue, je n’ai pas réussi à venir à bout de ce roman qui avait pourtant sur le papier tout pour me plaire.

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On dit que pour être adulte, il faut avoir pardonné à ses parents tout en étant capable de garder sa part d’enfant. Je vous ai pardonné. Et pour la part d’enfant, la politique s’en charge. Tu sais, c’est comme dans la cour de récréation. Les mêmes haines, les mêmes alliances, la loi du plus fort. On ne vieillit jamais dans ce milieu, c’est l’avantage.

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Il définissait la mondialisation comme une perte de contrôle des gens sur leur propre vie en contrepartie de l’opportunité de consommer moins cher. La mondialisation était selon lui peu ou proue la continuation du modèle colonial. Les nations développées continuaient à se procurer des matières premières et de la main-d’œuvre à bas prix.