Archives de Catégorie: Cinéma

Les films vu en salle ou parfois depuis ma télé

La Grande Bellezza

Standard

Comédie dramatique italienne de Paolo Sorrentino avec Toni Servillo, Carlo Verdone, Sabrina Ferilli

AFFICHE-LA-GRANDE-BELLEZZA

          Jep est un bel homme qui rencontre un succès certain auprès des femmes et écume les soirées mondaines dont il est souvent au centre. Une vie superficielle qui ne le comble plus tout à fait. Dans son jeune âge, il a écrit un unique roman qui lui a valu un prix littéraire. A 65 ans, cynique et un rien blasé, il se demande s’il ne devrait pas se remettre à écrire.

grande-bellezza-trailer-2-1142943_0x410

          La bande-annonce de ce film ne nous apprend pas grand chose à son sujet mais j’étais intriguée, et me disais qu’on tenait peut-être là un grand film. Avec ce type de cinéma sur la vacuité de la vie, deux solution : ou c’est complètement raté et on se retrouve avec un film creux et sans intérêt, ou ça fonctionne et c’est alors simplement magique. Il fallait que j’aille voir de quoi il retournait. Le sujet, sur ce mondain qui veut retourner à l’écriture mais est freiné par le poids de son succès passé et la peur de l’échec, me semblait tout à fait passionnant.

174576_103388523056683_7037425_n[2]

          Le début du film m’a un peu surprise : une scène où il ne se passe à peu près rien, dont on ne comprend pas bien le sens mais d’une incroyable beauté. Tout le film sera à l’avenant. Les scènes se succèdent de manière un peu décousue : un groupe de touristes qui découvre Rome, la fête d’anniversaire de Jep, une ballade nocturne en ville, un repas entre amis… On alterne les fêtes survoltées et vides de sens et des moments de dépression face à la solitude de cet homme pourtant si entouré. Le scénario est décousu et les questionnements du personnage juste esquissés. Certains reprochent d’ailleurs au film ce côté superficiel et déconstruit.

26537

          Et pourtant. J’ai eu beau me faire moi aussi ces remarques, me demander parfois où le réalisateur voulait en venir et ne pas toujours tout comprendre au sens de certaines scènes un peu improbables, je suis entrée dans cet univers comme cela m’arrive rarement. J’ai été subjuguée par la beauté des images. Ce film m’a donné envie de danser dans les scènes de fêtes survoltées, m’a mise mal à l’aise parfois, m’a fait partager la tristesse de son personnage un peu perdu dans sa vie de rêve et surtout, m’a donné la chair de poule devant la beauté de certaines images. Un frisson qui m’a parcouru l’échine comme rarement au cinéma. A tel point que j’aurais voulu ne jamais sortir de mon fauteuil et retrouver les bruits de la ville.

la-grande-bellezza-toni-servillo-passeggia-tra-gli-scavi-di-roma-in-una-scena-del-film-276046-700x465

          Je crois qu’on est typiquement devant le genre de films qui ne laisse pas indifférent : soit on adore, soit on déteste. Pour ma part j’ai été très sensible à cette esthétique et j’ai passé 2h20 de pur bonheur. Est-ce un grand film ? je ne sais pas. Mais un film sublime, sans aucun doute. Moi qui suis pourtant souvent très réticente face aux films esthétisants, celui-ci m’a totalement envoutée. Les images sont de toute beauté et la bande son très bien choisie pour un résultat captivant. L’intérêt de certaines scènes est peut-être douteux, tout comme leur teneur philosophique, mais qu’importe tant l’émotion que dégagent les images est forte. Un film qui porte très bien son nom : de toute beauté.

After Earth

Standard

Film de science-fiction américain de M. Night Shyamalan avec Jaden Smith, Will Smith, Sophie Okonedo

          Alors que Kitai accompagne son père pou une simple mission de routine, leur vaisseau subit une grave avarie et doit se poser sur une planète interdite : la Terre. En raison du changement climatique, les humains ont dû la quitter et les animaux qui la peuplent ont évolué pour tuer l’homme. Son père s’étant blessé dans l’accident, le jeune Kitai va devoir affronter seul bien des danger pour les sortir de là.

          Je ne suis pas franchement une inconditionnelle des films de science-fiction mais celui-ci me tentait assez. Je trouvais le point de de départ original et prometteur. Les images avaient l’air belles, bref, les conditions pour passer un bon moment semblaient réunies. La réalité fut malheureusement un peu moins rose… Dès les premières images, on comprend que ce film ne nous épargnera aucun cliché : les costumes semblent tout droit sortis des années 70 et on hésite entre l’incrédulité et le fou rire, une impression d’incongruité qui malheureusement refera bien souvent surface dans ce film.

          Bien que l’idée de départ ne soit pas inintéressante, la mise en oeuvre est un quelque peu laborieuse. Rien ne fonctionne vraiment. La relation père/fils manque de naturel, l’accident du vaisseau paraît des plus improbable, tout comme le fait qu’ils soient les deux seuls survivants. Quant à la Terre, elle est connaît des variations thermiques extrêmes sorties de nulle part. Bref, on ne croit pas franchement à l’histoire. Je m’attendais à beaucoup d’action, notamment dans la forêt, entre notre jeune héros et les bêtes sauvages, finalement, rien de bien spectaculaire, on aurait aimé plus de rebondissements !

          Du côté des acteurs, rien de bien formidable non plus. Will Smith et son fils sont loin de faire des prouesses. L’adolescent malingre peine à passer pour un athlète et son père frôle le ridicule tant il surjoue son rôle de grand dur au cœur tendre (le voir froncer les sourcils et pincer la bouche pour jouer l’émotion péniblement contenue frôle le risible). Il y a beaucoup de moment un peu incongrus où la salle a ri à gorge déployée, malheureusement, je ne pense pas que ç’ait été volontaire… La seule vraie réussite est visuelle, avec de très belles images. Un film prometteur mais sans surprise et sans talent. Ca se laisse regarder, sans plus.

Gatsby le Magnifique

Standard

Drame autralo-américain de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan

20531934.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

          En 1922, Nick Carraway, apprenti écrivain, quitte son Middle West natal pour New-York. Il retrouve là-bas sa charmante cousine, Daisy, et Tom, son mari volage. Mais surtout, il va faire la connaissance de son nouveau voisin, Gatsby, un milliardaire aussi séduisant que mystérieux. 

Tournage du film "Gatsby le Magnifique". INF

          J’avais essayé de lire Gatsby le Magnifique il y a quelques années et je dois admettre que j’avais trouvé ce livre d’un ennui mortel, l’abandonnant même à ma grande honte à peine arrivée à la moitié… Je me suis que peut-être le film me permettrait de me rattraper, mettant des images hautes en couleurs et des airs de jazz sur les phrases assommantes qui ne m’évoquaient pas grand chose. Et puis DiCaprio en Gatsby, forcément, c’est vendeur ! J’ai attendu pour le voir qu’il passe en 2D et en VO à côté de chez mi, la 3D ne m’attirant pas du tout. Dès les premières images, j’ai été assez surprise par les couleurs ultra saturées qu’emploie le réalisateur. Certes, on imagine sans peine des myriades de couleur dans ces fêtes (ce qui faisait d’ailleurs partie de mes attentes) mais le gazon limite vert fluo, c’est un peu trop : de la mesure en toutes choses… Mais bon, Baz Luhrmann n’a visiblement que peu de goût pour la nuance.

gatsby-le-magnifique-the-great-gatsby-2012-9-g

           Si le film est assez spectaculaire visuellement (trop même), je l’ai surtout trouvé assez creux. Les acteurs ne sont pas folichons. Leonardo DiCaprio sort un peu du lot et campe un Gatsby assez séduisant et flirtant avec la folie, donnant une dimension intéressante au personnage, même si ce n’est pas son meilleur rôle. J’ai d’ailleurs tendance à penser que quand il joue sur son physique de jeune premier il devient étrangement lisse, perdant en route pas mal de son charme (ou serait-ce juste un problème personnel avec les physiques de papier glacé ?). Quant aux autres, ils sont bien fades et à peu près sans intérêt. Ceci dit, je trouve déjà les personnages terriblement lisses dans le roman… Bien sûr Gatsby, c’est avant tout une critique de cette société superficielle où seules les apparences comptent, mais le film mais sans doute plus l’accent sur le strass, les paillettes et le glamour que sur l’aspect sociologique, un peu vite esquissé. Toutefois, l’ambiance qui se charge peu à peu jusqu’à devenir franchement malsaine est très bien traitée. Un film agréable à regarder et très esthétique, doublé d’une adaptation assez fidèle mais qui manque sans doute un peu de consistance pour convaincre vraiment.

L’écume des jours

Standard

Comédie dramatique française de Michel Gondry avec Romain Duris, Audrey Tautou, Omar Sy

affiche-du-film-l-ecume-des-jours

          Quand Colin rencontre Chloé, le coup de foudre est immédiat. Pendant des mois, il vont filer le parfait amour. Colin a beaucoup d’argent, suffisamment pour ne pas avoir à travailler et se consacrer tout entier à leur idylle. Mais un jour Chloé tombe malade, un nénuphar lui mange peu à peu le poumon. Colin va devoir se mettre au travail pour payer le coûteux traitement de sa femme et leur vie va commencer à s’assombrir.

lecume-des-jours-gondry-3

          J’avais lu l’Écume des jours il y a quelques années. Un roman que j’avais bien aimé, lui trouvant une certaine poésie, sans pour autant vraiment l’adorer, lui trouvant quelques maladresses. Je l’ai lu à 21 ou 22 ans, âge où on est déjà trop terre à terre pour hurler au génie face à la douce folie de Boris Vian, et pas encore assez pour le trouver dénué d’intérêt. Raymond Queneau (auteur et éditeur de génie) disait de ce roman qu’il était "le plus poignant des romans d’amour contemporain". Sans aller jusque-là, il faut reconnaître que Vian renouvelle le genre et qu’à travers ses excentricités, se dessine un touchant désespoir. Personne n’avait encore osé porter à l’écran ce roman à l’univers totalement déjanté et il fallait bien toute l’inventivité de Michel Gondry pour tenter le coup !

l-ecume-des-jours-05-2013-8-g

          J’aime généralement l’univers décalé du réalisateur, souvent construit en carton pâte et plein de trouvailles scénaristiques. J’étais donc assez optimiste sur cette adaptation qui me semblait avoir tout pour plaire. Mon enthousiasme n’a pas fait long feu. A peine les premières images étaient-elles apparues à l’écran que je m’ennuyais déjà ! Ces deux heures de film ont été un vrai supplice ! Je ne sais pas trop comment parler de ce film tant pour moi rien ne marche vraiment dans la mise en scène, la magie n’a tout simplement pas opéré. Pourtant l’adaptation est assez fidèle mais j’ai eu l’impression que l’univers farfelu de Michel Gondry venait se superposer à celui déjà surchargé de Boris Vian et que ça faisait simplement trop. Trop de détails un peu fous dans tous les sens, trop de tout partout, trop de trop. Ca aurait pu être génial mais ça ne marche pas.

295855_382113508571663_1275577839_n

          J’ai trouvé que les acteurs surjouaient constamment et n’étaient pas crédibles une seule seconde. Les minauderies incessantes d’Audrey m’ont exaspérée. Le début veut donner un air d’insouciance qui sonne faux : beaucoup de couleurs, de sourires forcés, d’agitation inutile. Peu à peu, le décor s’assombrit avec la maladie de Chloé, tout comme dans le roman. Le film devient alors oppressant. Étrangement, c’est sans doute encore la partie qui fonctionne le moins mal, arrivant plus ou moins au résultat escompté. Bien que Michel Gondry signe une adaptation fidèle du roman de Boris Vian, j’ai trouvé que le film ne fonctionnait pas vraiment, voulant constamment trop en faire. La magie se retrouve noyée sous la surabondance de gadgets et le jeu outrancier des acteurs. Le résultat est décevant, et d’un terrible ennui.

Le passé

Standard

Drame français d’Asghar Farhadi avec Bérénice Bejo, Tahar Rahim, Ali Mosaffa

le-passe-past-poster

          Ahmad et Marie sont séparés depuis quatre ans quand il arrive à Paris depuis Téhéran pour signer les papiers du divorce. Lors de son séjour, il découvre que Marie et sa fille ont des relations conflictuelles depuis qu’elle a rencontré quelqu’un. Des tensions qui cachent un secret trop lourd pour ses épaules d’adolescente.

le-passe-tahar-rahim-ali-mosaffa

          J’aime assez le cinéma d’Asghar Farhadi, bien que je ne sois pas non plus une inconditionnelle de son oeuvre, trop intimiste à mon goût. Toutefois, j’ai toujours apprécié le côté engagé de ses films et leur sobriété. Il quitte ici sa terre iranienne pour tourner en France, un changement de décor qui n’est pas sans conséquences sur la manière de traiter le sujet même si on reconnaît sans peine ici le style du cinéaste. En effet, l’histoire construite autour d’un couple qui se sépare et d’un secret qui divise la famille, n’est pas sans rappeler Une séparationToutefois, le contexte social n’étant pas le même, le résultat est assez différent. Etant donné que l’histoire se passe en France, l’aspect politique présent dans les films précédents disparaît ici. C’est bien dommage puisque c’est justement la partie du cinéma d’Asghar Farhadi que je préfère.

Pauline-Burlet-Le-passé

          Reste le drame familial, la réflexion sur le secret, ce que le réalisateur maîtrise particulièrement. J’ai trouvé que l’intrigue aurait mérité d’être encore épurée. Il y a moults tours et détours qui n’amènent pas grand chose, c’est un peu dommage. La toute fin m’a également un peu gênée, une dernière scène qui n’est pas tout à fait au niveau de ce qui précède. Cela mis à part, le film est impeccable. Les acteurs sont excellents (Bérénice Béjo a d’ailleurs vu sa prestation récompensée à Cannes) et il y a de très belles images. J’aime la sobriété avec laquelle c’est filmé. Pourtant, si je ne peux que reconnaître les qualités de ce film et si je l’ai apprécié, je n’ai pas non plus adoré. Ce n’est pas le genre de cinéma qui me parle, n’ayant que peu de goût pour les drames familiaux. Moi qui déteste les engueulades au cinéma, certaines scènes m’ont mise au supplice ! Malgré quelques maladresses, un très bon film, surtout tenu par un très bon jeu d’acteurs et une mise en scène efficace.