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La mort des libraires ?

La mort des libraires ?

          Il y a peu, Télérama proposait un dossier sur la disparition progressive des librairies indépendantes. En effet, la situation de ces commerces de proximité est précaire. Les marges des libraires sont faibles, les loyers élevés et la concurrence rude. Et la hausse de la TVA sur les livres n’est pas pour arranger la situation. Dans une société où on veut tout tout de suite, on se tourne de plus en plus vers les grandes surfaces culturelles ou les sites de vente en ligne pour subvenir à un désir immédiat (pour un livre qu’on laissera finalement sans doute moisir des mois avant de l’ouvrir), oubliant que si notre libraire n’a pas l’objet de notre désir en stock il peut aussi le commander dans un délai somme toute très court.

          Mais l’évolution de la société est-elle la seule responsable de cette situation ? Le site La lettre du libraire pose la question. Les libraires n’auraient-ils pas également une part de responsabilité dans cette débâcle ? En effet, l’article met en avant deux points importants :

- le secteur ne s’adapte que très lentement aux évolutions de son milieu. Par exemple, l’utilisation d’Internet commence à peine à se généraliser, avec des années de retard sur les librairies en ligne.

- la librairie est souvent considérée comme un temple du savoir inaccessible au commun des mortels. Les “faibles lecteurs” (grande majorité de la population) sont intimidés par ce lieu où le silence règne et où il se sentent souvent méprisés par le maître des lieux.

          Peut-être certains s’insurgeront : “le libraire est une pauvre victime innocente !” Si la situation est aujourd’hui difficile, il est vrai que la librairie n’est peut-être pas toujours très accessible à un public “populaire”. Et les libraires ne sont pas toujours très accueillants. Ils ont trop souvent tendance à prendre de haut le lecteur, oubliant qu’ils sont aussi et avant tout autant des conseillers que des commerçants. Il y a aussi ceux qui ont été embauchés pour leurs compétences en caisse plus que pour leur amour de la lecture (je donnerai comme exemple le vendeur de la petite librairie en face de chez moi qui ignore tant l’existence de Raymond Queneau que celle de Truman Capote – si si, je vous assure).

          Il y a toutefois une bonne nouvelle là-dedans : si les libraires ont leur part de responsabilité, ils ont par la même occasion une marge de manoeuvre pour tenter de rectifier le tir. Déjà des libraires créent des évènements pour se rapprocher du client : signatures, expositions, animations pour les enfants. On trouve parfois des coins lecture dans les librairies, leur rendant leur fonction de lieu de rencontre, ce qui les différencie de leurs concurrents et en fait tout le charme.

          Alors, plus aucun espoir pour nos librairies ? Si les lecteurs font l’effort d’aller chez leur libraire plutôt qu’en grande surface, ou de commander sur son site plutôt que sur une librairie en ligne; si on se sort de la tête que les grandes surfaces culturelles ont “plus de stock” alors que bien souvent, elles n’ont finalement qu’on choix très ciblé (personnellement, il est bien rare que j’y trouve mon bonheur) ; si on considère le libraire aussi comme quelqu’un qui est là pour nous conseiller et nous ouvrir de nouveaux horizons ; si le libraire accepte ce rôle ; si les librairies redeviennent des lieux de vie ; bref, si lecteurs comme libraires y mettent un peu du leur, alors il y a quand même un vague espoir pour qu’on puisse continuer à acheter ses livres chez des gens compétents et passionnés.

          Comme d’autres (voir l’article de I heart books à ce sujet), faisons nous aussi le choix quand nous en avons la possibilité de n’acheter nos livres qu’aux libraires indépendants et permettons leurs ainsi de ne pas mettre la clef sous la porte tout de suite. Redécouvrons la joie de discuter avec des gens qui aiment leur métier. C’est parfois difficile de trouver LA librairie qui nous correspond, mais vous verrez, c’est un effort largement récompensé.

Livres en tête

Livres en tête

          Du 16 (ce soir donc) au 19 novembre, se tiendra à Paris “Livres en tête”. Cette troisième édition est présidée par Daniel Pennac, sur une programmation signée Pierre Jourde. Chaque soir, une lecture de texte par un auteur est proposée. Venez par exemple écouter Eric Chevillard le 17. L’occasion de découvrir ou redécouvrir des auteurs contemporains. Pour plus d’informations, le blog de l’édition 2001.

Une semaine qui commence bien !

Une semaine qui commence bien !

Hier l’article sur Le choeur des femmes de Martin Winckler a fait la une de Hellocoton (site communautaire qui regroupe des blogueuses en tous genres). La fréquentation du blog a soudainement été multipliée par 5, les commentaires ont afflué, et jamais un article de ce blog n’avait été autant lu dès sa parution. Que de bonnes nouvelles donc qui ont illuminé ce début de semaine maussade. Merci à tous les visiteurs et bienvenus à ceux fraîchement arrivés !

Club-lecture 9°, octobre : Michel Folco

Club-lecture 9°, octobre : Michel Folco

          Notre club lecture s’est réuni mardi soir, avec deux nouvelles recrues. Nous nous réunissions non pas autour d’un livre mais d’un auteur : Michel Folco, auteur de roman historiques humoristiques. Deux titres au choix : Dieu et nous seuls pouvons, l’histoire d’une lignée de bourreaux ; et Un loup est un loup sur une famille de quintuplés dont un décide de partir vivre avec des loups. Deux histoires improbables donc, mais au contexte hautement documenté. Un mélange inhabituel.

          La grande majorité d’entre nous a choisi Dieu et nous seuls pouvons. Celle qui a choisi l’autre roman l’a trouvé long à démarrer, avec beaucoup de descriptions (de lignées notamment) et de références historiques obscures (que ce soit par le vocabulaire ou les noms de personnages) qui empêchent de comprendre de suite l’humour de l’auteur et surtout où il veut en venir. Un démarrage un peu longuet donc, qui lui a moyennement donné envie de continuer.

           Concernant Dieu et nous seuls pouvons, un démarrage sur les chapeaux de roues au contraire (un infanticide dès la 3° page). Quelques digressions mais dans l’ensemble un rythme très soutenu qui demande une lecture active (pas question de sauter un paragraphe sous peine de ne plus retrouver le fil de l’histoire). Le sujet semble sombre mais est traité avec beaucoup de légèreté et d’humour. C’est cynique, cruel parfois, un rien malsain de temps en temps. On hésite entre dégoût et franche rigolade. 

        Pour ma part, je suis une inconditionnelle ! J’adore cet humour grinçant. Le style léger cache une profonde assise historique. On est loin de l’image poussiéreuse du genre ! Si les personnages sont totalement farfelus, le contexte est lui bien réel, tout comme les lois s’appliquant aux bourreaux. On se cultive donc tout en se délectant de scènes un peu sordides et en souriant aux déboires des personnages. J’ai visiblement fait une nouvelle adepte, prête à son tour à convertir la moitié de son entourage. Mission réussie donc (oui oui, je fais du prosélytisme, j’assume totalement). Les autres n’avaient pas fini leur lecture et s’ils semblaient moins débordants d’enthousiasme, ils appréciaient toutefois leur lecture. Cette lecture me tenait vraiment à coeur étant donné mon amour inconditionnel pour cet auteur qui à mes yeux frôle la perfection et je suis enchantée que dans l’ensemble ces livres aient été plutôt appréciés. J’espère que ça aura donné envie à ceux qui ne le connaissent de découvrir cet auteur à part. 

        Dans quelques jours, vous découvrirez ce que nous lisons le mois prochain. Nous avons choisi 3 classiques de la science-fiction que vous découvrirez ici-même dans quelques jours. En attendant, je voudrais remercier tous les participants du club-lecture pour cette soirée vraiment sympathique. Nous étions nombreux et la conversation a été aussi animée qu’intéressante, un vrai plaisir. Vivement le mois prochain qu’on recommence !


Il préférait se consacrer aux chevaux et aux femmes qu’il sélectionnait sur des critères identiques (pour être bonne, une jument ou une femme se devait de posséder une poitrine large, une croupe remplie et le crin long).

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C’était l’époque où la justice faisait combattre à mort les accusés sous prétexte qu’il était impensable que Dieu puisse bailler la victoire à un coupable. D’ailleurs, tant de gens croyaient en Lui qu’il eût été messéant qu’Il n’existât point.

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Suivant un rythme identique à celui de l’agriculture, le cycle annuel du brigandage rural s’accélérait au printemps et en été pour se ralentir à la morte-saison et hiberner en temps de neige.