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Her, le film qui va vous donner envie de tomber amoureux

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Romance américaine de Spike Jonze avec Joaquin PhoenixScarlett JohanssonAmy Adams 

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          Theodore est dévasté après sa récente rupture avec sa femme. Il achète alors un nouveau programme informatique capable de s’adapter à son utilisateur et son environnement. "Samantha" et lui vont peu à peu faire connaissance et tomber amoureux…

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          Bien que le sujet ne soit a priori pas trop mon genre (anticipation et amour ne sont franchement parce qui m’attire le plus), la bande-annonce me semblait assez prometteuse et j’ai lu un nombre incroyable de critiques positives. Et j’avoue que j’étais assez intriguée par l’originalité évidente de cette histoire. Sans surprise, je vais me ranger à l’avis général : ce film sort du lot et est très émouvant. Le personnage de Theodore est très attachant. Il est à la fois drôle et sensible mais aussi extrêmement seul. Ca tient peut-être au fait qu’il a le travail de mes rêves mais bien que je ne me retrouve pas beaucoup dans son caractère, j’ai trouvé qu’il était facile de s’identifier à lui. En effet, il nous est à tous arrivé de nous sentir seuls, rejetés et perdus après une rupture et Joaquin Phoenix rend ce sentiment avec un grand talent.

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          La relation qui se construit peu à peu avec "Samantha", bien que complètement virtuelle, paraît incroyablement naturelle. Les prémices de l’amour, la découverte de l’autre, les joies des premiers moments passés ensemble, tout est d’une grande justesse. On se surprend même par moments à envier leur relation si particulière. Scarlett Johansson, qui a d’ailleurs été récompensé pour ce rôle, parvient à donner une présence palpable à cette voix et à la rendre très touchante. L’incroyable jeu d’acteurs et la voix sensuelle de "Samantha" sont d’ailleurs un des principaux atouts de ce film.

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          Pourtant,contrairement à ce que je craignais, on n’est pas du tout dans une vision idéalisée de l’amour. Cette relation virtuelle permet finalement de mieux mettre en évidence les difficultés de la vie à deux. La mise en scène est travaillée, avec des images intéressantes et une musique efficace. Si j’ai beaucoup aimé ce film, je lui ai quand même trouvé quelques longueurs. En effet, trop d’amour a tendance à m’assoupir un peu. Toutefois, ça reste léger et même pour les moins romantiques, l’histoire est convaincante sans en faire des tonnes dans l’eau de rose. Un film original et très bien interprété qui parle d’amour avec beaucoup de justesse et de sensibilité.

Mauvais genre – Chloé Cruchaudet

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          Paul et Louise s’aiment et décide de se marier mais la Grande Guerre va les séparer. Dans les tranchées, Paul croit devenir fou et il profite de la première occasion pour déserter. Mais une fois à Paris, il est contraint à la clandestinité. Pour en sortir, une seule solution : il va se travestir et deviendra Suzanne. 

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          Dès sa sortie, cette BD me tentait beaucoup et les éloges que je n’ai cessé d’entendre dessus n’ont fait que renforcer mon envie de la lire au plus vite. Et puis, comme l’an passé, Priceminister nous a proposé lors du festival d’Angoulême de nous envoyer une BD de la sélection en échange d’une critique. C’est donc celle-ci que j’ai choisie sans la moindre hésitation. Après avoir entendu tant de louanges à son sujet, j’avais un peu peur d’être déçue, c’est toujours le risque quand on en attend trop. Pourtant, même si certains aspects m’ont quelque peu surprise, ç’a été loin d’être le cas.

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          J’ai beaucoup aimé les dessins de cette BD : un univers très marqué, à la fois sombre et d’une certaine douceur. Tout est quasi en noir et blanc, avec simplement des touches de rouge qui ressortent et viennent illuminer les vignettes. L’histoire, inspiré de faits réels, est absolument passionnante. Je n’avais même pas jeté un œil à la quatrième de couverture avant d’entamer ma lecture et j’ignorais que l’histoire se déroulait pendant la Première Guerre Mondiale. Ce fut une excellente surprise.

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          Le contexte historique est très intéressant et l’histoire aborde des thèmes et univers très différents : la guerre, l’amitié, le couple, le désir… L’évolution de Paul et Louise mais aussi et surtout de leur relation est rendue avec beaucoup de justesse. Des premiers regards aux disputes, on suit pas à pas ce couple que la guerre va amener hors des sentiers battus. Une histoire magnifique appuyée par un dessin très poétique. Entre humour et sérieux, entre noirceur et délicatesse : sublime. 

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Si je devais noter cette BD, je lui accorderais 18/20. Merci Priceminister pour cette très belle découverte.

Un week-end à Paris

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Comédie britannique de Roger Michell avec Jim Broadbent, Lindsay Duncan, Jeff Goldblum

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          Pour fêter ses 30 ans de mariage, un couple d’anglais vient passer un week-end à Paris, ville qui avait hébergé leur lune de miel. Il redécouvrent la ville mais aussi peu à peu le bonheur d’être ensemble.

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          La bande-annonce m’avait donné envie de voir ce film qui s’annonçait comme une comédie douce-amère plutôt sympathique. J’étais donc assez enthousiaste avant d’entrer dans la salle. Malheureusement, ça n’a guère duré… Pourtant, ça commence plutôt bien. Je m’attendais à quelque chose de plus mordant mais les premières scènes sont assez agréables. Ce couple qui ne semble plus vraiment s’aimer a quelque chose de touchant et les répliques ne sont pas dénués d’un certain humour. On s’attend à ce que ça monte en puissance peu à peu, au fur et à mesure de leur rapprochement et on se dit, qu’il va être agréable de rire avec eux.

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          Et puis ça se gâte quelque peu. On verse plus dans les engueulades et de la méchanceté gratuite que dans l’humour tendre et léger. Ensuite vient la rencontre avec un ami et un passage absolument interminable… Ca parle pour ne rien dire et on s’ennuie ferme. Ce n’est qu’à la toute fin qu’on trouve un peu l’esprit qu’on avait espéré rencontrer dans ce film qui est sinon bien fade. Je ne suis pas la seule dans la salle à avoir piqué du nez devant cette comédie sans grand intérêt. L’idée était alléchante mais le résultat est loin d’être à la hauteur : dommage.

L’homme qui avait soif – Hubert Mingarelli

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          En 1946, le Japon est sous occupation américaine. Hisao revient de la guerre hanté par ses rêves et par une soif obsédante. Pour l’assouvir, il descend du train qui devait le conduire vers la femme qu’il aime. Sa valise contenant l’œuf de jade destiné à sa fiancée reste à l’intérieur. Va alors commencer pour lui un long chemin pour la retrouver.

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          Depuis que j’ai lu le merveilleux Quatre soldats lors de ma première année de fac, Hubert Mingarelli a rejoint mes auteurs préférés et j’ai lu une bonne partie de ses livres. Lorsque j’ai vu qu’il avait sorti un nouveau roman, je me suis donc jetée dessus sans même regarder de quoi il retournait. J’ai été très agréablement surprise de découvrir qu’il s’agissait d’un roman qui se passe dans le Japon d’après guerre. On retrouve dès les premières lignes le style si particulier d’Hubert Mingarelli : simple et juste, tout en discrétion et en délicatesse. Comme souvent chez cet auteur, l’histoire peut sembler anecdotique. Le rythme est lent, il ne se passe rien ou presque en apparence, et pourtant, ces lignes recèlent tant de choses !

          Hubert Mingarelli peint comme personne les affres de l’âme humaine. La vie intérieure du personnage est décrite tout en nuances. L’écriture de l’auteur me donne l’impression d’un chuchotement. On entre dans ce livre comme sur la pointe des pieds, de peur de déranger. On découvre peu à peu la richesse du personnage, sa complexité. Le fil de l’histoire, qui paraissait si ténu, s’épaissit peu à peu, et on se passionne de plus en plus pour l’étrange quête de cet homme tourmenté. Si ce roman peut paraître fade et lent, si on parvient à en épouser le rythme et que la magie opère, quel bonheur que cette écriture où pas un mot n’est de trop ! Hubert Mingarelli signe ici un livre passionnant, tout en délicatesse, l’un de ses meilleurs.

Only lovers left alive

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Drame, romance, britannique de Jim Jarmusch avec Tom Hiddleston, Tilda Swinton, Mia Wasikowska

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          Adam et Eve s’aiment bien que l’un vive à Détroit et l’autre à Tanger. Adam est un musicien torturé et sa femme entreprend un long voyage pour le rejoindre. Mais la joie des retrouvailles va être de courte durée et leur quotidien va être bousculé par l’arrivée d’Ava, la petite sœur d’Eve.

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          Je dois avouer que si je suis allée voir ce film, c’est essentiellement parce qu’il m’intriguait. Une histoire de vampires vue par Jim Jarmusch, j’avais du mal à voir ce que ça pouvait donner ! D’autant plus que les critiques étaient franchement bonnes, ce qui est toujours surprenant quand il y a des buveurs de sang à l’écran. Il fallait donc que j’aille voir de quoi il retournait. Dès la première scène, j’ai su que ce film allait être étrange et fascinant. Il faut dire que ça commence fort avec un portrait alterné des deux personnages qui semble suivre le mouvement du tourne-disque débitant une musique envoûtante. C’est hautement esthétique et vaguement écœurant, effet mal de mer oblige. Le ton est donné, ici les images sont recherchées, la lumière très travaillée et la musique au centre de tout pour un résultat d’une beauté parfois déroutante.

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          Et l’histoire dans tout ça ? Elle m’a semblé un rien délaissée et c’est bien dommage. J’ai trouvé que c’était un rien compliqué et tiré par les cheveux. Les vampires ne sont là finalement que pour introduire le problème du sang contaminé et un propos écolo de manière on ne peut plus maladroite. Ils sont censés amener également un certain recul sur les activités humaines même si j’ai trouvé que l’effet tombait à plat. Les personnages étalent leur passif, chacun étant un génie méconnu et ayant côtoyé du beau monde. Ainsi, l’un d’eux serait le réel auteur des pièces de Shakespeare : mais pourquoi nous infliger ces propos inutiles qu’absurdes ? Sans compter un petit côté fleur bleue dont je me serais bien passée.

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          Pourtant, malgré ses grosses ficelles, le film ne manque pas d’intérêt. Le propos a beau être lourdaud, il pose des questions intéressantes sur notre société. Et surtout, c’est l’image est tellement belle et fascinante qu’on en oublierait presque les maladresses du scénario. La bande-son est quant à elle un vrai régal et mérite le détour à elle seule. J’ai été comme hypnotisée par la musique et me suis laissée porter sans peine par ce film. Malgré des faiblesses indéniables du côté de l’histoire, Jim Jarmusch signe un long métrage de toute beauté, étrangement déroutant.