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Hervé GUIBERT, Le mausolée des amants

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          Le journal d’Hervé Guibert, qu’il a tenu de 1976 à 1991. Soit durant toute sa vie adulte. On y retrouve tous les thèmes de ses romans, mais aussi ses personnages et leurs histoires. Mais avant tout, comme son titre l’indique, il est un incroyable hommage à l’être aimé. 

          Le dernier livre lu en 2011 et que j’avais oublié de vous présenter (enfin je crois). J’ai déjà beaucoup parlé ici d’Hervé Guibert. Je vais donc être assez brève pour éviter les redites. On retrouve dans ce journal, publié à titre posthume, de la volonté même de son auteur, tout ce qui fait son oeuvre. On se plonge avec délice dans ce texte qui a été le point de départ de tous les autres. Les uns et les autres se complètent. Ce journal vient remplir un vide, achever l’oeuvre.

          Ce journal est pourtant particulier. Destiné dès le départ à être lu par son amant, il l’a lui-même dictalographié en grande partie avant sa mort, y apportant des modifications. Plus qu’un simple journal, il est donc un travail littéraire à part entière. Les romans sont nés d’épisodes trop importants pour contenir simplement dans le journal, des histoires qui méritaient un développement plus long. Ce n’est qu’on qu’en lisant conjointement journal et romans qu’on prend conscience de toute l’ampleur de l’oeuvre d’Hervé Guibert et qu’on peut en envisager la portée. Un très beau texte que les amoureux de l’auteur sauront apprécier.

Et cette banalité ne me déplaît pas (aimer comme tout le monde.

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Tu es mon seul correspondant, c’est à dire : tu me correspond…

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Quand tes fenêtres sont noires je veille sur ton sommeil, et je te protégerai bien de la mort, je tendrai d’invisibles filets sous ton balcon…

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Le pire est vécu dans les rêves pour amoindrir le pire de la vie.

Hervé GUIBERT, Fou de Vincent

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          Un livre qui se présente comme un journal à rebours de l’histoire d’amour d’Hervé et Vincent. On commence par le mort fictive de l’amant pour revenir peu à peu jusqu’à la rencontre. Troublant. 

          Un de mes textes préférés d’Hervé Guibert que j’avais totalement oublié de vous présenter. Un tort enfin réparé. A part la mort de Vincent, tout dans ce récit est, d’après les dires de son auteur, extrait du journal qu’il tenait. Le texte se présente donc comme un vrai journal. Des paragraphes de longueurs variées, à la 1° personne et qui, toujours, parlent de la même histoire d’amour.

          Le fait de revenir en arrière est particulièrement troublant. C’est ce que j’aime dans ce livre. Les repères sont bouleversés. J’aime également beaucoup la mort fictive de Vincent que je trouve aussi imaginative que poétique. Une histoire particulièrement forte dont je ne me lasse pas.

L’être qui manque à ma vie : celui qui saura me battre ; j’ai cru un temps qu’il sortirait de T., que ce serait un être compris dans lui qui s’en dédoublerait, mais il n’en a rien été ; j’ai cru longtemps que ce serait Vincent, mais il n’en est rien.

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Le (un) travail de la littérature : apprendre à se taire.

Hervé Guibert : 20 ans

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          Il y a tout juste 20 ans, le 27 décembre 1991, s’éteignait Hervé Guibert. En phase terminale du sida, il est mort quelques jours après une tentative de suicide. Le grand public le connaît pour ses textes sur la maladie, la critique littéraire pour son travail sur l’autofiction. Un artiste qui a connu un succès fulgurant avec le livre révélant qu’il était atteint du sida : À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie. 

          Les habitués de ce blog le savent, j’ai travaillé cette année sur son oeuvre, il a donc été l’objet ici même de nombreux articles. Les voici aujourd’hui réunis, en espérant que certains vous donneront envie de découvrir ou redécouvrir son oeuvre.

          À l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie, Le protocole compassionnel et L’homme au chapeau rouge. La "trilogie sida". L’auteur y raconte son combat contre la maladie à travers une incroyable volonté de continuer à écrire, jusqu’au bout.

           Mais aussi des textes moins connus. Parmi eux, son premier, La mort propagande, un texte extrêmement subversif ; et deux de ses derniers, Mon valet et moi, un roman burlesque et Cytomégalovirus, son journal d’hospitalisation. Je me rends compte au passage que j’ai totalement oublié de faire un article sur le journal de l’auteur, Le mausolée des amants et sur de ses textes que j’aime le plus, Fou de Vincent. Oublis honteux que je compte bien réparer.

          Enfin des articles autour d’Hervé Guibert avec des livres parus à l’occasion de l’exposition de ses photos à la MEP, Hervé Guibert, une leçon de photographie et Hervé et le numéro de La revue littéraire qui lui est consacré. Enfin, un très bon article paru sur le blog de Paris à l’air libre. 20 ans près, un auteur qui fascine encore.

Exposition Hervé Guibert à la maison européenne de la photographie

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          A l’occasion du tout proche 20° anniversaire de sa mort, La Maison Européenne de la Photographie consacre une exposition à l’oeuvre photographique d’Hervé Guibert. Les photographies exposées sont celles que l’artiste avait choisi de conserver avant sa mort pour constituer son oeuvre photographique. Les clichés exposés appartiennent pour la quasi totalité à Christine Guibert qui en a fait don d’une grande partie à la Maison Européenne de la photographie à l’occasion de cette exposition.

          On connaît Guibert plutôt pour ses textes sur la photographie que pour ses clichés eux-mêmes. Il a en effet écrit sur la photographie au Monde pendant de nombreuses années. Il s’est toujours considéré comme un photographe amateur, loin de la recherche formelle, il souhaitait avant tout restituer l’instant. Avec ses 230 clichés et la diffusion de film d’Hervé Guibert, La pudeur ou l’impudeur, cette exposition constitue un excellent moyen de pénétrer l’univers de l’artiste.

Hervé Guibert, photographe.

Du 9 février au 10 avril

Maison européenne de la photographie

5/7, rue de Fourcy

75004 PARIS

Du mercredi au dimanche de 11h à 20h 

http://www.mep-fr.org/