Archives de Tag: japon

Le vieux fou de dessin – François PLACE

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          Tojiro est un jeune vendeur des rues dans le Japon du XIX° siècle. Un vieil homme qui semble un peu fou lui achète ses gâteaux. Ils sympathisent peu à peu et il lui propose de devenir son élève. Ce vieil homme, c’est Katsushika Hokusai, le plus grand artiste de son temps.

le vieux fou de dessin

        Cet album est aussi beau que prenant. Le petit Tojiro est un personnage très attachant et sa formation est l’occasion pour le jeune le lecteur (ou le moins jeune), de découvrir les techniques de l’estampe, en même temps qu’un petit morceau d’histoire japonaise. J’ai beaucoup aimé la manière dont les choses sont amenées, intégrées dans le cours de l’histoire. L’écriture est agréable, pas du tout infantilisante  tout en restant très claire, elle s’adresse aussi bien aux petites qu’à leurs aînés.

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          Les illustrations, qui sont bien dans l’esprit des travaux d’Hokusai, complètent très bien l’histoire et nous plongent dans l’ambiance d’Edo. Le texte est très dense et se rapproche presque d’un essai version jeunesse. Un style assez intéressant que j’ai bien aimé.  Je pense que c’est exactement le genre de livre que j’aurais aimé étant enfant, même s’il est sans doute un rien trop sage et studieux à mon goût, un petit brin de folie l’aurait rendu inoubliable. Une histoire qui s’adresse plutôt aux enfants déjà un peu grands et d’un naturel curieux. Un texte passionnant et des illustrations qui font voyager. Une belle découverte.

Le petit Tokaido de Hiroshige

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        Utagawa Hiroshige, sans doute le peintre japonais le plus célèbre dans son pays, est entre autres réputé pour avoir consacré une série d’estampes au Tokaido, la célèbre route reliant Edo à Kyoto. Ce très beau coffret nous propose d’accomplir nous aussi ce voyage.

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          Bien qu’Hiroshige soit sans doute le peintre japonais le plus connu sur sa terre d’origine, il demeure en France méconnu du grand public. Il est un maître de l’ukiyo-e "images du monde flottant": des estampes très colorées de l’époque d’Edo. Vers 1830, il se lance dans une série d’estampes sur le Tokaido, la célèbre route qui mène d’Edo, actuelle Tokyo, à Kyoto. L’oeuvre du peintre a beaucoup influencé les peintres français, notamment les impressionnistes et, quelques années plus tard, Vincent Van Gogh. Pourtant, l’artiste n’avait jusqu’à présent jamais été exposé en France. C’est la Pinacothèque qui a redressé ce tort, lui consacrant cette années une très belle exposition que vous pouvez découvrir ici. Il vous reste d’ailleurs quelques jours pour vous y rendre, courez-y !

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          J’avais beaucoup aimé l’exposition consacrée à cet artiste et avait notamment été très impressionnée par ses paysages de neige, de toute beauté. Pourtant, je n’avais pas succombé au catalogue de l’exposition, légèrement au dessus de mes moyens. Toutefois, fait des plus rares, je suis retournée voir cette exposition avant qu’elle ne ferme, et n’ai pu cette fois résister à l’envie de garder un souvenir de cette oeuvre si délicate. Après avoir hésité longuement entre plusieurs livres de reproductions, je me suis finalement laissée tenter par celui-ci, qui me semblait avoir le plus de chance de sortir de ma bibliothèque de temps en temps.

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          Il s’agit en effet d’un très bel objet. Le format est celui d’un livre de poche classique, très maniable donc, ce qui est relativement rare pour des livres d’art (qui sommeillent donc chez moi en haut de l’étagère la plus difficile à atteindre, la seule assez spacieuse pour les contenir…) – il est d’ailleurs la version allégée d’un volume un peu plus imposant. Il se présente sous forme de coffret. Il y a d’une part un petit carnet rédigé par Nelly Delay, consacré à l’origine de ce sujet du Tokaido ; et d’autre part, la reproduction des 53 étapes décrites par l’artiste. Ce dernier n’est qu’une grande feuille pliée en accordéon, il est donc possible de voir toutes les étapes d’un seul coup d’oeil – à condition d’avoir un très grand salon, bien sûr ! Les éditions Hazan nous livrent ici un très beau livre à un prix abordable, à la fois maniable et esthétique, qui donne envie de le feuilleter encore et encore.

Métaphysique des tubes – Amélie NOTHOMB

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          Bébé, Amélie était Dieu. Un dieu apathique qui se contentait de manger quand on lui présentait de quoi se nourrir et de regarder le plafond le reste du temps. Et puis tout à changé, un jour elle a découvert le monde. Mais cette petite fille hors du commun ne pouvait qu’avoir une vie exceptionnelle et pleine de d’aventures. 

        Je ne sais pas trop quoi dire de ce livre. Le début est extrêmement déroutant. Je l’ai trouvé insupportable. A la fois sans grand intérêt, pas très bien écrit franchement pédant. Heureusement, assez vite ça s’arrange et on retrouve la légèreté de l’écriture d’Amélie Nothomb, son humour et talent certain. Malheureusement, je ne sais pas si c’est moi qui n’avais jamais fait attention avant ou si c’est particulièrement marqué dans cet ouvrage-ci mais l’humilité n’est vraiment pas son point fort. Tant d’auto-suffisance me laisse perplexe. L’originalité de l’écriture (bien qu’elle s’émousse la lecture de plusieurs titres de l’auteur) est sans doute le plus gros atout de ce livre, un grain de folie des plus appréciables. Un livre agaçant par moments mais non dénuée de qualités : une lecture légère et agréable.

Certains grands livres ont des premières phrases si peu tapageuses qu’on les oublie aussitôt et qu’on a l’impression d’être installé dans cette lecture depuis l’aube des temps. Semblablement, il était impossible de remarquer le moment où Dieu avait commencé à exister.

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Le regard, qui est l’essence de la vie, est d’abord un refus. Vivre signifie refuser. Celui qui accepte tout ne vit pas plus que l’orifice du lavabo.

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Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur idée d’être brillants – car on n’a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

Yutaka Takanashi

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          La fondation Henry Cartier-Bresson consacre une exposition au photographe japonais Yutaka Takanashi, pour la première fois en France. Cette figure emblématique de la photographie japonaise du XX° siècle s’intéresse à la ville, sous tous ses aspects, entre réalisme et poésie.

          Je n’y connais pas grand chose en photographie, je vais donc avoir du mal à juger du travail de cet artiste. Une première salle regroupe un travail sur la ville en noir et blanc. Il la montre plutôt hostile, dans sa modernité. La plupart de ces clichés, assez déstructurés, m’ont laissée perplexe. Seuls 3 ou 4 (une femme allaitant dans une voiture et un enfant regardant l’intérieur d’une maison de poupée notamment) m’ont interpellée. La 2° salle regroupe de prises de vue dans des tons chauds sur un Japon plus traditionnel. Ce sont là les vestiges d’un passé rassurant qui sont mis en avant. Etrangement, si la série m’a parue plus attirante, représentant un tout assez uniforme et qui m’a semblé intéressant, les clichés en eux-mêmes, dans leur ressemblance, paraissent avoir un peu de mal à être envisagés comme des entités isolées. Certains m’ont plus mais plus par leur sujet que par leur composition il me semble.

          En revanche, s’il y a une chose dont je suis sure malgré mes faibles compétences en la matière, c’est que l’éclairage est incroyablement mauvais (et les salles déprimantes). La lumière des néons tombe directement sur les oeuvres, créant un reflet auquel Narcisse lui-même n’aurait rien trouvé à redire : on peut se recoiffer dans quasiment toutes les photos et  il faut se contorsionner pour échapper à son propre reflet dans le cadre. Une exposition qui m’a moyennement convaincue mais m’a donné envie de voir ce que ce photographe avait bien pu faire d’autre pour atteindre une telle célébrité.


Yutaka Takanashi

Fondation Henri Cartier-Bresson

2, impasse Lebuis

75014 Paris

Le Japon au Jardin d’acclimatation

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          Durant tout le mois d’avril, le Japon s’est invité au Jardin d’acclimatation. Un petit vent d’exotisme qui souffle sur ce très chic jardin parisien. Des animations culturelles (cérémonie du thé, musique traditionnelle, défilé en costumes…) et des stands de produits japonais qui promettaient le dépaysement. Je suis donc allée voir ce qu’il se passait.

          Dès l’entrée, j’ai été très déçue par ce "jardin japonais" : de petits stands alignés le long d’une allée. La décoration n’atteint pas des sommets, ça reste somme toute assez neutre. Je m’attendais à plus de dépaysement. Sur les stands en question, beaucoup de babioles : carrés de tissus, bijoux fantaisie vus et revus, poterie… Tout ce qui était un peu attrayant comme les estampes ou certaines boîtes à thé étaient absolument hors de prix (400€ le dessin à l’encre de chine de petit chat c’est légèrement excessif…).

          Finalement, la moitié des produits présentés sont disponibles dans n’importe quel bon magasin de déco (pour les bols, dont le choix était ridiculement limité, ou les bijoux en tissus par exemple), pour le reste, la maison du Japon est mieux fournie. Les commerçants étaient de plus extrêmement peu aimables. Ils parlaient entre eux en japonais sans accorder le moindre intérêt au potentiel client, ne serait-ce que pour répondre à son bonjour. Côté nourriture, un choix désespérément pauvre. J’avais hâte de m’attaquer à de bonnes brochettes boeuf/fromage, que nenni ! Il y avait essentiellement des boulettes à l’oeuf à prix d’or. Une sortie qui ne valait même pas les 3 malheureux euros de l’entrée.