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Roman d’une garde-robe au musée du Carnavalet

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          "Le chic d’une Parisienne de la Belle Epoque aux années 30" ; cette parisienne c’est Alice Alleaume, première vendeuse de 1912 à 1923 chez Chéruit, 21, place Vendôme. Sa garde-robe, exposée ici, compte des robes venues de chez les plus grands couturiers et ses tenues ont inspiré ses contemporaines. Le musée du Carnavalet nous propose de les découvrir.

Roman d'une Garde-Robe

          Voilà une exposition qui m’intriguait (je l’ai vue au dernier moment, et j’ai tardé à vous en parler, elle est donc terminée à l’heure où j’écris cet article). Je n’y connais strictement rien en matière de mode mais j’apprécie généralement le style du début du siècle dernier, que je trouve élégant sans être trop sophistiqué. Un temps où les vêtements semblaient faits pour être portés, ce qui semble évident mais dont on peut parfois douter quand on voit la mode actuelle. Et puis j’aime beaucoup le musée du Carnavalet, ce qui faisait deux bonnes raisons d’aller voir de quoi il retournait.

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          Pourtant, je dois admettre que je n’ai pas grand chose à dire de cet accrochage. Très vite, j’ai arrêté de lire le texte qui ne m’a pas passionné et est tout de même très présent (sur le mode de vie d’Alice, les couturiers de l’époque, les histoires de famille…). Je me suis donc contentée de regarder les pièces exposées. Certaines sont très belles mais la plupart sont assez abimées, ce qui a un peu réduit ma capacité d’émerveillement.

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          Bien qu’il y ait de nombreuses pièces exposées, on en fait finalement assez vite le tour. Et j’ai été un peu déçue de ne pas me sentir plus concernée par tout ça. J’aurais aimé me sentir immergée dans l’univers de cette jeune femme et finalement, tout ça m’a laissée assez froide bien que certaines robes m’aient beaucoup plus. Une visite que j’ai trouvée agréable mais qui ne m’a pas passionnée autant que je l’aurais cru.

Van Gogh / Artaud, le sucidé de la société

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          Le musée d’Orsay consacre ce printemps une exposition à Van Gogh et Artaud. L’un de mes peintres préférés et un grand homme de théâtre : je ne pouvais que sauter sur l’occasion et y suis allée dès son ouverture pour me délecter des œuvres parfois troubles de ces deux génies.

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          Quand j’ai constaté que l’espace d’exposition du rez-de-chaussée était partagé entre les accrochages Van Gogh et Doré, j’ai eu un peu peur. Je me suis demandé si le contenu n’allait pas être un peu chiche. Il faut dire aussi que les expositions Van Gogh ont été nombreuses ces dernières années et que j’étais un peu méfiance face à cette frénésie autour de l’œuvre de ce peintre d’habitude plus rare. Mais très vite, mon appréhension a été balayée par la beauté des toiles et leur diversité.

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          J’ai rarement vu dans une même exposition autant de provenances différentes ! Les toiles viennent du monde entier. La diversité est au rendez-vous avec aussi bien des tableaux célèbres que d’autres, moins connus. J’ignorais totalement l’existence de certains d’entre eux, dont une série sur les ponts des canaux arlésiens.

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          L’idée de cette accrochage vient d’un texte qu’Antonin Artaud a écrit sur Vincent Van Gogh et intitulé "Le suicidé de la société". Des passages de l’ouvrage sont repris dans l’exposition et mis en relation avec des toiles du peintre. Une confrontation originale et pour le moins intéressante. J’ai trouvé la vision qu’avait Artaud de Van Gogh extrêmement juste, même si elle est parfois surprenante. Quelques phrases magnifiques se dégagent et viennent tout particulièrement marquer le visiteur.

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          Quelques œuvres d’Antonin Artaud sont également exposées. Même si elles sont d’un intérêt mineur en comparaison des chefs-d’œuvre qu’elles côtoient, elles permettent de mieux connaître l’artiste. Aussi, ses dessins sont très tourmentés et on peut constater à quel point la frontière est mince entre la folie et le génie. Ainsi les démons de l’un semblent trouver un échos dans la folie de l’autre. Peut-être est-ce également là un des secrets de la finesse de l’analyse faite par Antonin Artaud. Avec sa grande variété de toiles et son angle d’approche original, cette exposition est sans doute la plus belle que j’aie vue consacré au maître hollandais : sublime.

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Van Gogh / Artaud, Le suicidé de la société

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

Du mardi au dimanche de 9h30 à 18h, 21h45 le jeudi

11 €

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Les grandes serres du Jardin des Plantes, un petit bout de jungle au coeur de Paris

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          Après des années de rénovation, les serres tropicales du Jardin des Plantes ont rouvert il y a environ deux ans (à la louche). Bien qu’ayant très envie de les visiter pour voir leurs plantes géantes, je n’y étais toujours pas allée : voilà à présent qui est chose faite.

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          Les serres sont situées au cœur du Jardin des Plantes. Dès l’entrée, on est dépaysé avec ces arbres immenses qui poussent dans un climat chaud et humide qui dépayse le visiteur plus habitué au frimas parisien. Nous avons raté de peu l’exposition sur les orchidées : grosse déception. Déjà parce que j’adore ces fleurs, et puis parce que quelques touches colorées auraient égayé le paysage.

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          Finalement, je n’ai pas grand chose à dire de cette visite que j’avais pourtant beaucoup attendue. Il y a des plantes magnifiques et variées, même si très peu étaient en fleurs en cette fin d’hiver. Les quatre coins du monde sont représentés avec des explications souvent passionnantes !

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          Les tarifs sont un peu excessifs (ah Paris !) mais j’ai quand même apprécié cette visite qui change un peu des sorties habituelles. Je pense que la prochaine fois j’y reviendrai en hiver pour le simple plaisir d’étouffer alors qu’on se gèle dehors ! Un peu d’exotisme en plein Paris fort agréable.

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Les grandes serres

Jardin des plantes

Tous les jours sauf le mardi

De 10h à 17h en hiver, 18h en été

6€

Jordaens, une expo à ne pas rater au Petit Palais

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          Jordaens est l’un des trois grands peintres flamands du XVII° s. avec Rubens et Van Dyck, bien que moins connu en France faute d’exposition de taille lui étant consacrée jusqu’à ce jour. Les sources d’inspiration variées du peintre et sa maîtrise technique permirent à la ville de maintenir son prestige artistique. Très vite sa renommée parcourut l’Europe entière et il travailla pour les plus Grands bien que quittant rarement la Belgique ; voilà qui méritait bien une rétrospective.

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4068727680Le Petit Palais a rassemblé 120 œuvres pour cette première grande rétrospective française consacrée au peintre flamand. J’ai trouvé qu’elle passait un peu inaperçue face aux grandes expositions de la rentrée et c’est bien dommage car, comme souvent, le Petit Palais propose en toute discrétion des choses très intéressantes et loin des foules des grands musées. – Au cas où vous l’ignoreriez, j’en profite pour rappeler que les collections permanentes sont gratuites et que le lieu, très agréable, mérite le détour. – J’ai toujours beaucoup apprécié les maîtres flamands. Même si on peut trouver leur peinture austère, je suis subjuguée par la finesse de l’exécution et leur traitement si particulier de la lumière. Je ne saurais expliquer le fait que je trouve la peinture flamande chaude et froide à la fois. Sans doute est-ce dû au fait que les tons extérieurs sont très froids alors que les éclairages intérieurs sont quant à eux chaleureux, créant un contraste qui exerce sur moi une certaine fascination, surtout dans la manière de peindre les paysage et, plus encore, les visages. C’est un style réellement à part qui, s’il n’a pas la chaleur de la Renaissance italienne par exemple, est d’une délicatesse sans pareille.

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jacques-jordaens-gloire-danvers-retrospective-L-0pUY0MJ’avais déjà vu des toiles de Jordaens,  dont les musées français sont bien pourvus, mais aussi à l’étranger ou dans des expositions, mais nombreux sont les aspects de son oeuvre que j’ignorais ou sous-estimais. Je crois que je n’en saisissais pas bien toute l’étendue et la diversité, que cette exposition met bien en avant. En effet, le parcours thématique amène le visiteur à travers une succession de salles plus ou moins vastes où les toiles sont exposées, mettant bien en valeur les différentes facettes du travail du peintre : compositions mythologiques ou religieuses, illustrations de proverbes, scènes de banquets, cartons de tapisseries… Le maître à plus d’une corde à son arc, et certaines sont parfois inattendues ! En revanche, étonnamment peu de portraits malgré des études de visages saisissantes.

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3485681_6_884d_jacques-jordaens-1593-1678-adoration-des_dcc4d81d4285618923fb254d00a57d89Ces dernières m’ont souvent beaucoup touchée et ce sont ces visages si expressifs qui donnent une telle force aux grandes compositions de Jordaens. L’exposition est très bien conçue et nous plonge dans l’univers de l’artiste. Les explications permettent de saisir rapidement la manière de travailler de l’artiste et aborde me semble-t-il sa vie et son oeuvre de manière assez complète sans pour autant sombrer dans la verbiage. Certains tableaux représentatifs sont commentés de manière un peu plus précise afin d’éclairer le visiteur, ce que je trouve toujours intéressant et bien trop rarement appliqué dans les musée ou les informations restent souvent d’ordre général si on ne prend pas d’audioguide (ce que j’avais exceptionnellement fait, et il était également très bien conçu quoique pas indispensable tant l’exposition est complète).

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n_jordaens_palais2Il est appréciable de pouvoir déambuler dans une exposition où il n’y a pas foule, de pouvoir prendre le temps devant les toiles, de ne pas avoir à se presser. J’ai passé environ 1h30 dans cette exposition qui est certes de belle taille mais ne me paraissait pas non plus immense. Il est vrai que l’audioguide ralentit toujours un peu mais c’est un réel plaisir de flâner au milieu de ces toiles immenses et d’en admirer les moindres détails. En tout cas ce le fut pour moi. Je dois avouer avoir pris un plaisir tout particulier à la série Le Roi boit qui est non seulement de saison mais est pleine de vie et grouillante de détails ! Quelle richesse dans la peinture de Jordaens ! Je sais, je suis d’un classicisme décourageant en matière de peinture, mais que voulez-vous, on ne se refait pas. Il ne vous reste plus que quelques jours pour en profiter alors si vous êtes sur Paris, foncez sans hésiter. Une très belle exposition, intéressante et bien conçue, qui permet de mieux découvrir ce grand nom de la peinture flamande jusqu’ici un peu délaissé. De toute beauté. 

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Jordaens

19 septembre – 19 janvier

Le Petit Palais

Avenue Wiston Churchill

75008 Paris

Du mardi au dimanche 

De 10h à 18h, jusqu’à 20h le jeudi

Plein tarif 11€

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Masculin/Masculin au musée d’Orsay

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          Si le corps féminin est souvent mis à nu et placé sous le feu des projecteurs, le corps masculin est plus souvent délaissé. Le Musée d’Orsay a choisi de le remettre sur le devant de la scène en lui consacrant une grande exposition cet automne. Venez découvrir l’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours.

affiche_orsay_masculinmasculin          On avait beaucoup parlé de cette exposition et j’étais curieuse de la découvrir étant donné que j’ai toujours beaucoup aimé le nu (même si j’ai sans aucune originalité une préférence pour le nu féminin). Pourtant, amère fut ma déception. Dès les premières salles, j’ai ressenti comme un problème de cohérence dans l’accrochage. Impossible de déterminer selon quelle logique il avait été réalisé : visiblement, il n’a rien de chronologique puisque des toiles du XIX° s. se retrouvent confrontées à des travaux bien plus contemporains sur la photographie ; thématique alors ? c’est ce qu’il semblerait, pourtant, si je n’avais pas lu les panneaux explicatifs, je ne suis pas sure que j’aurais compris de moi-même et je n’aurais en tout cas jamais pu dégager de près ou de loin les grands thèmes abordés. Un gros raté du côté de la conception donc.

coup-de-grisou_4050373          Mais une exposition peut-elle plaire malgré un tel problème de cohérence ? Si les toiles exposées avaient été vraiment merveilleuses, peut-être. Il m’est sans doute arrivé d’aller voir des expositions thématiques et d’y voir des toiles sans lien apparent, de les trouver juste belles et de m’en contenter très largement. Seulement là, c’est très loin d’être le cas ! Il y a un peu de tout, quelques grands noms représentés bien sûr (on est à Orsay tout de même !), aussi bien en peinture qu’en photographie ou sculpture, avec des choses classiques et d’autres plus contemporaines. Cependant, malgré une grande variété dans les œuvres, bien peu m’ont touchée. J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de redites dans les choix qui étaient faits et que ceux-ci n’étaient pas toujours très judicieux et représentatifs de la production artistique. Une exposition qui manque de cohérence et de force mais aussi et surtout de belles œuvres à présenter.

552038-orsayMasculin / Masculin. L’homme nu dans l’art de 1800 à nos jours

Du 24 septembre 2013 au 02 janvier 2014

Musée d’Orsay

1, rue de la Légion d’Honneur

75007 Paris

12€