Archives du Tag: roman

Luis Alfredo GARCIA-ROZA, Bon anniversaire Gabriel !

Luis Alfredo GARCIA-ROZA, Bon anniversaire Gabriel !

Gabriel est un jeune homme discret sans problèmes mais le jour de son anniversaire, un inconnu lui fait une étrange prédiction : il tuera quelqu’un avant son prochain anniversaire. La date fatidique approchant, son angoisse va augmentant et il décide de demander l’aide du commissaire Espinosa. Mais comment enquêter sur un meurtre qui n’a pas encore été commis ?

Une idée de départ originale qui fait tout le charme de ce roman policier brésilien. Les personnages sont attachants et bien construits. L’auteur arrive à créer du suspens et un malaise croissant. La fin (que je ne peux bien sûr pas vous raconter) est assez surprenante. Un livre qui détonne dans la production de polars et arrive à renouveler le genre en lui donnant une dimension différente. Je ne suis pas sure que ce décalage me convainque tout à fait (au final, une histoire plus traditionnelle m’aurait sans doute plus satisfaite) mais cet effort est louable et le résultat est réussi. Un livre bien écrit et bien construit, qui vaut le détour par son originalité.

L’amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder

L’amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder

Comédie romantique française de Frédéric Beigbeder avec Gaspard Proust, Luise Bourgoin, Joey Starr.

          Marc Marronnier est critique littéraire et chroniqueur mondain. Après son divorce, il se met à l’écriture d’un roman acide, “L’amour dure trois ans”. Ce pamphlet misogyne sera le succès de la rentrée littéraire. Mais sa rencontre avec Alice va bouleverser sa vie. 

          Comme vous pouvez le constater, rien de très original dans l’histoire. Tous les ingrédients classiques de la comédie romantique sont là. Un homme qui en croit pas à l’amour mais qui tomba amoureux et que son passé rattrape, un scénario pour le moins classique. Frédéric Beigbeder adapte ici son propre livre, l’actualisant au passage. Je ne sais trop que dire de ce film. Je l’ai trouvé assez réussi. J’ai passé un très bon moment, j’ai beaucoup ri et je me suis même laissée surprendre par moments. Je dirais que dans l’ensemble c’est une comédie qui fonctionne bien.

          Le choix de Gaspard Proust comme double de l’auteur semble assez naturel. Je ne dirais pas franchement qu’il joue bien tant ce rôle est proche du personnage qu’on connaît. C’est d’ailleurs assez perturbant au début. Joey Starr confirme quant à lui un certain talent comme acteur, ainsi qu’une bonne dose d’humour. Les acteurs semblent s’amuser et par la même occasion, nous aussi. Un concentré de bonne humeur. Pour le reste on retrouve tout l’univers de Beigbeder, intello mondain, talentueux et jemenfoutiste. Je craignais qu’il ne sombre une fois de plus dans la facilité avec ce film mais pas du tout.

          Le film est très soigné du point de vue des décors et de la mise en scène. On peut reconnaître les lubies du réalisateur sans peine (une bibliothèque avec des livres anciens dans une salle de bain, un hommage plus que marqué à Michel Legrand, et un appartement entier couvert de livres). J’ai beaucoup apprécié cette omniprésence des livres. D’ailleurs je rêve d’avoir le même appartement que Marc Marronnier. A son habitude, Frédéric Beigbeder alterne humour subtil et grivoiseries, mais échappe cette fois au mauvais goût. Il a su recréer dans ce film l’univers de ses meilleurs livres. Si le tout manque de profondeur, il demeure brillant. Beigbeder au mieux de son talent.

Vladimir NABOKOV, Lolita

Vladimir NABOKOV, Lolita

          Humbert Humbert est un homme dans la fleur de l’âge qui n’aurait bien de bien remarquable si ce n’était son amour des nymphettes : petites filles prébubères à la grâce ingénue. S’il n’est jamais passé aux actes, c’est par manque de courage mais quand il rencontre Lolita, toute sa vie bascule.

          En 2011 je n’ai pas lu mon traditionnel classique russe annuel (généralement un Dostoïevski). Je me rattrape donc début 2012 même si cette fois j’ai donné un peu plus dans la modernité. J’ai donc choisi Lolita comme première lecture pour cette nouvelle année. L’épaisseur du morceau explique l’absence de nouveauté sur le blog ces derniers jours. Après deux semaines de lecture intensive, verdict.

          J’ai adoré ce livre dès les premières lignes. L’écriture est tellement brillante ! C’est à la fois frais et érudit. Le style est vraiment magnifique. Et cette histoire de pédophilie tellement novatrice. Je me suis délectée de chaque ligne. Du moins pendant les 200 premières pages : la description du personnage, sa rencontre avec Lolita. La première partie est un chef-d’oeuvre. La deuxième m’a malheureusement bien moins emballée. Le temps de la séduction est passé et nous entrons dans le quotidien du personnage, fait de jalousies et de faits insignifiants.

          Si je comprends qu’on puisse y trouver un certain charme, ça a eu sur moi un effet lénifiant. Cependant, le personnage écrivant de prison, on attend une fin tonitruante, ce qui interdit d’arrêter sa lecture en route. Le roman retrouve de son dynamisme dans les dernières pages sans pour autant retrouver la fougue du début. Malgré ces petits bémols on ne peut que s’incliner devant le génie de Nabokov et son esprit si délicieusement torturé. Un grand roman et plus encore, un mythe.

Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme. Lo-li-ta.

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J’y découvris, en effet, l’enchantement capiteux et inépuisable que l’on éprouve à mystifier les psychiatres. Le jeu consiste à les mener habilement en bateau, en leur cachant avec soin que l’on connaît toutes les ficelles du métier.

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Je suis assez fier de savoir quelques petites choses pour avoir la modestie d’admettre que je ne sais pas tout.

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Je présume que le lecteur parcourt cet ouvrage, sous sa forme imprimée; dans les premières années du troisième millénaire.

Lolita, c’est aussi 2 adaptations cinématographiques. L’une de Stanley Kubrick en 1962 avec James Mason et Sue Lyon, l’autre d’Adrian Lyne en 1997 avec Jeremy Irons et Melanie Griffith.

Jean-François DAUVEN, Le manuscrit de Portosera la rouge

Jean-François DAUVEN, Le manuscrit de Portosera la rouge

          Une ville accablée de chaleur, où l’eau fraîche devient une rareté. Les canalisations sont vétustes et dans les quartiers les plus pauvres l’eau est contaminée par une bactérie. Pendant ce temps, l’élite bien protégée de ce genre de désagrément, continue à couler une vie paisible. 

          Je continue dans la série “livres lus en 2011 que j’ai oublié de vous présenter”. Un petit livre surprenant. Le personnage principal n’est pas un être humain mais bien la ville elle-même, avec tous ses habitants. Leurs histoires s’entrecroisent sans qu’on ne s’arrête jamais sur une seule. On passe de l’un à l’autre sans cesse. Pourtant, contre toute attente, ça semble former un tout : l’identité d’une ville.

          Je me suis assez vite lassée de ce texte, aimant les choses un peu moins décousues. Toutefois j’ai beaucoup aimé l’idée et la mise en oeuvre est magistrale. C’est très bien écrit. On se laisse emporter par se texte et on a l’impression de découvrir cette ville imaginaire aussi surement que s’y on était en train de s’y promener. Un très joli texte.

Top ten tuesday (2)

Top ten tuesday (2)

          Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture. Je sais je sais, j’ai un peu raté la jour, veuillez donc excuser le décalage entre le titre et la parution…

Cette semaine, le thème est :

Le top 10 des livres lus en 2011

1 - José Carlos Somoza, Clara et la pénombre

2 - Truman Capote, Cercueils sur mesure

3 - Larry Mc Murtry, Lonesome Dove (et pour le 2, c’est ici)

4 - Jack London, L’amour de la vie

5 - Jean-Philippe Toussaint, La vérité sur Marie

6 - Yves Navarre, Ce sont amis que vent emporte

7 - Laurent Gaudé, Le soleil des Scorta

8 - Malla Nunn, Vengeance dans un paysage de rêve

9 - Alexandre Bergamini, Sang damné

10 - Florence Aubenas, Quai Ouistreham

LA grande découverte qui a marqué mon année.

         J’ai choisi d’exclure de ce classement les livres lus en 2011 qui avaient fait l’objet d’une lecture antérieure (ce qui a nettement modifié le résultat). J’étais arrivée dans un premier temps à 12 titres. Edward Abbey (avec Le feu sur la montagne) et Katrina Kalda (pour Un roman estonien) auraient pu en être. Ce dernier ayant été chroniqué en 1° en 2011, je ne jurerais pas qu’il n’a pas été lu fin 2010, ce qui lui a valu son élimination. Quand à l’autre malheureux, je lui ai préféré le reportage de Florence Aubenas dans une volonté de mettre dans ce classement au moins un livre qui ne soit pas un roman. C’est injuste, mais c’est ainsi. Enfin, concernant Jack London, Construire un feu, aurait également pu recevoir les honneurs, simplement le 1° lu a été le 1° choisi. Ces livres ne sont peut-être pas tous parmi les meilleurs d’un point de vue littéraire mais j’ai pris un grand plaisir à les lire et chacun d’eux m’a marqué à sa manière.

          L’année 2011 a été riches en lectures pour moi (100 tout rond !!!!), bonnes dans l’ensemble. Je les aurais simplement souhaitées plus variées, ce sera pour l’année prochaine j’espère. Deux autres livres, dont je n’ai pas encore parlé ici, ont également marqué mon année. Ce sont deux livres de cuisine, Ritz et A la table de l’histoire. Deux petits bijoux sur lesquels j’ai eu la chance de travailler et dont la sortie en librairie m’a emplie de joie. Je vous les présenterai bientôt. Je ferai sans doute aussi d’ici peu un article plus général sur mes lectures de 2011, pour ceux qui n’auraient pas suivi. Et pour vous, quels livres vous ont marqué cette année ?