Les chats persans, de Bahman GHOBADI

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          Depuis longtemps, j’hésite : dois-je ou ne dois-je pas intégrer à ce blog des films ratés au cinéma et vus lors de leur diffusion à la télé ? Et si oui, lesquels ? Comment choisir ? Je ne peux pas mettre toutes les émissions que je regarde, la tache serait immense (autant qu’inutile). Mettre uniquement ceux que j’aime ne collerait que très moyennement avec l’esprit de ce blog. Mettre aussi alors ceux que j’ai longtemps attendus et qui m’ont déçue ? Je n’ai jamais réussi à me décider, et je me passais donc jusqu’à présent de critiquer des films qui ne passent plus en salle. Aujourd’hui est le début d’une ère nouvelle : pour la 1° fois, je me décide à parler d’un film vu à la télé. A la fois parce que la nécessité de partager cette expérience m’est apparue comme une évidence, et un peu aussi parce que là tout de suite je suis à court d’autre idée pour un article (ben oui, soyons honnête, un article par jour, ce n’est pas évident).

          Drame iranien de Bahman Ghobadi avec Negar shaqhaqhi, Ashkan Koshanejad, Hamed Behdad.

          Une jeune femme et un de ses amis décident de monter un groupe de musique underground, avec l’espoir de pouvoir sortir du pays pour se produire à l’étranger, notamment en Angleterre. Ils partent à la recherche de musiciens prêts à se lancer dans l’aventure. Les autorisations officielles sont dures à obtenir. Ils devront se battre pour tenter de réaliser leur rêve, sombrant souvent dans l’illégalité, avec les risques que cela comporte. Pourront-ils aller au bout de leurs convictions ?

          Je tenais à voir ce film quand il est sorti en salles. Cependant, pour une raison que j’ignore (ne serait-ce pas cette tendance à toujours reporter au lendemain ?), je l’ai raté. J’ai donc profité de sa diffusion sur Canal+ récemment pour réparer cette erreur. Les films longtemps attendus déçoivent souvent, surtout que le passage au petit écran s’avère souvent difficile. Eh bien, ce film a tenu ses promesses. A mi-chemin entre documentaire et fiction, il retrace l’histoire de jeunes passionnés de musique dans un monde où les libertés sont très limitées. Il me paraissait très intéressant de s’intéresser de plus près à cette vague libertaire iranienne dont on n’entend que trop peu parler.

 

          Ce film retrace assez bien je pense la réalité du pays. Peu de libertés mais une jeunesse qui n’a pas encore totalement perdu espoir. Un dynamisme incroyable et une créativité rare, mais s’ilsrestent confinés dans des caves. La musique rock qui est au centre du film lui donne une énergie propre à captiver le spectateur occidental, faisant peut-être parfois un peu oublier le coeur du problème. Cependant, le fond social est bien présent. Il s’agit bien là d’un film politique, appel au secours de jeunes artistes iraniens avides de liberté et de reconnaissance. On ne tombe jamais dans le misérabilisme et l’auto-apitoiement (même lorsque cela serait justifié). Au final, sans doute un message d’espoir. Tourné à la va-vite, sans autorisation, ce film est une belle réussite, malgré quelques faiblesses, l’énergie communicative qu’il dégage en fait un moment fort du cinéma. Prix spécial du jury à Cannes, Un certain regard, largement mérité. Un film qui vaut le détour, pour découvrir un aspect méconnu de la société iranienne et rendre hommage à l’engagement de ceux qui l’ont tourné, car ne l’oublions pas, réalisateurs et acteurs ont risqué leur vie pour que ces images nous parviennent.

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  1. C’est effectivement un très beau film sur la jeunesse qui ne réclame pas grand chose finalement,la liberté.

    Ce film on peut le rapprocher au Persepolis de Marjane Satrapi qui décrivait les mêmes envies de liberté au moment de la révolution qui allait renverser le régime corrompu du shah,mais très vite par le pouvoir fut confisqué par les religieux, les rêve fut de courte durée

    Le temps passe mais les idéaux de liberté sont toujours là,espérons que très vite le régime odieux des mollahs tombe…

    • Ca ne nous paraît pas beaucoup et c’est en même temps si dur à obtenir. Ca m’a en effet fait penser à « Persepolis », que j’ai oublié de citer dans mon article. Je trouvé « Les chats persans » moins sombre et un peu plus optimiste. Le sujet est le même mais le traitement est très différent, les deux films se complètent assez bien. Ils montrent en tout cas que les artistes iraniens sont très créatifs, malgré le régime répressif. Espérons qu’ils pourront bientôt s’exprimer librement.

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