Les déctives sauvages – Roberto Bolaño

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          Arturo et Ulises sont les leader du jeune mouvement poétique réal-viscéraliste, quand Juan Garcia Madero les rejoint, c’est tout son univers qui bascule. A leur contact, il va commencer à voir le monde différemment et passer subitement de l’enfance à l’âge adulte. Mais pour les autres membres aussi la vie est parfois bien compliquée…

          On m’avait beaucoup parlé de ce livre et on m’en avait dit le plus grand bien : « un vrai chef-d’œuvre », « on ne peut plus le lâcher une fois qu’on l’a commencé », « à découvrir absolument », longue fut la litanie des compliments… Malheureusement, malgré un enthousiasme certain au moment de l’achat, je n’ai pas eu l’occasion de le lire de suite et le nombre de pages conséquents (930 tout de même) m’a un peu découragé de le sortir de ma bibliothèque. Jusqu’à cet été où je me suis enfin décidée à faire un effort et à me lancer dans cette aventure au long cours. Je dois bien l’admettre, dès les premières pages, j’ai craint que le temps ne me paraisse un peu long en compagnie de nos amis poètes. Si le style est agréable, il manque un peu de finesse à mon goût et à moins d’une grande maîtrise, je préfère souvent les narrations à la troisième personne pour ce type de texte aux multiples personnages dont les destinées s’entrecroisent.

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          Si j’ai eu un peu de mal à accrocher au début, j’ai toutefois assez rapidement eu envie de connaître la suite. Un sentiment étrange : je n’étais pas passionnée par ce livre et pourtant juste assez intriguée pour ne pas non plus m’ennuyer au point de vouloir le lâcher. Je doit admettre que le sujet ne m’a guère enthousiasmée… Roberto Bolaño invente un mouvement poétique proche des surréalistes qui réunit une poignée d’adolescents rêveurs et un peu paumés. L’occasion de réfléchir sur le rôle de la poésie – même si l’auteur ne fait guère dans le discours pontifiant. Je dois admettre que ce n’est pas ce que j’attends d’un roman (à moins toujours d’un talent exceptionnel), et que pour répondre à ce type d’interrogations, je préfère lire un essai, à mon humble avis bien plus apte à y répondre. Les bande d’adolescent me sont en soi plutôt antipathique, sans doute parce que j’ai toujours été moi-même très solitaire. Toujours est-il que ça me parle peu.

          Qu’ai-je donc aimé dans ce roman ? En voilà une question qu’elle est bonne ! Eh bien j’ai aimé cette polyphonie dans laquelle on déambule et se perd, l’ambition du projet et la folie des personnages, qui ne sont pas sans rappeler certaines oeuvres de Dostoïevski. On trouve dans ce roman tous les élément de la jeunesse, de l’amour à l’amitié, de l’enthousiasme à la perte des illusions. Cette volonté de tout montrer est louable et l’auteur y réussit très bien. Les personnages d’Arturo et Ulises sont à la fois charismatiques et inquiétants, ils exercent sur le lecteur une certaine fascination qui le pousse à les suivre dans leurs aventures qui les mènent toujours plus loin dans les bas-fonds. S’il y a bien une vraie réussite dans ce roman, ce sont ces personnages crépusculaires. Il y a quelques très beaux passages, avec un certain Amadeo et deux jeunes gens. Un certain suspens aussi, avec une course-poursuite d’un coté et de l’autre la recherche d’une poète nommée Césarea et retirée du monde depuis longtemps. Une lecture intéressante même si un peu trop intellectualisante par moments, ce qui colle mal avec un coté parfois un peu « brouillon ». Les personnages sont particulièrement intéressants et j’ai beaucoup aimé le petit air d’aventure qui souffle entre ces pages. Un auteur et un texte à découvrir.

Bolano

J’ai su, pendant cette seconde de lucidité, que publier un livre de ce type allait m’attirer la poisse, qu’avoir ce type assis devant moi dans mon bureau, qui me regardait avec ses yeux vides sur le point de s’endormir, allait m’attirer la poisse, que la poisse était probablement en train de planer au-dessus du toit de mes éditions comme un corbeau puant ou un avion d’Aerolineas Mexicanas destiné à s’écraser contre le bâtiment ou se trouvaient mes bureaux.

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Avec une voix d’outre-tombe don Pancracio a mentionné la foule de ses admirateurs. Ensuite la petite légion de ses plagiaires. Et pour finir l’équipe de basket de ses détracteurs.

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L’amour ni la toux ne se peuvent dissimuler. Mais était-ce l’amour ce que ces deux jeunes gens éprouvaient l’un pour l’autre ?

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