Un livre et un film pour parler de l’exclusion

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          Dernièrement, j’ai gagné sur le blog de Filou un livre que je me suis empressée de commencer sur une immigrée qui arrive à Santorin et connaît l’exclusion, la faim et l’insécurité. La mesure de la dérive d’Alexander Maksik est un livre magnifique qui m’a bouleversée. Par le plus grand des hasards, alors que je lisais ce roman, je suis allée un soir au cinéma et les films qui m’intéressaient étant complets, je suis allée voir Au bord du monde, un titre aussi joli qu’énigmatique. Je n’avais pas la moindre idée de ce que c’était. C’est ma méthode « à la Breton », je rentre dans une salle au hasard (enfin, je choisis surtout le film qui passe à l’heure qui m’arrange), une méthode choix surréaliste qui offre parfois de belles surprises. Je dois avouer que pour la peine j’ai été franchement étonnée de tomber sur un documentaire consacré aux SDF parisiens. Moi qui allait au cinéma pour me remonter le moral ce soir-là, ç’a été un ratage complet. Mais je dois admette que j’ai quand même trouvé que la hasard faisait bien les choses puisque je restais totalement dans le thème de ma lecture du moment. Je vais donc en profiter pour vous parler des deux en même temps.

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           A la mesure de la dérive d’Alexander Maksik a été un énorme coup de cœur. On suit l’errance d’une jeune femme seule et sans le sous à Santorin. Elle doit lutter pour manger ou trouver un coin où dormir. On vit son histoire de l’intérieur et on apprend peu à peu à la connaître, par bribes. Ainsi, on découvre comment elle en est arrivée là. Des révélations qui s’avèrent souvent surprenantes. Je ne vais pas vous dévoiler ses origines et de son parcours étant donné que ses souvenirs qui reviennent peu à peu sont un fil conducteur du récit. L’écriture est fluide et très agréable. Ca m’a un peu rappelé une écriture de roman noir, efficace et qui met en place un certain suspens, ici autour du passé de son héroïne. Le récit est très émouvant. Le fait de se mettre à la place de cette jeune femme débarquée dans un pays inconnu sans la moindre ressource est troublant. Je crois qu’on peut dire que c’est la honte qui ressort le plus de ces pages, une volonté farouche de préserver un semblant de fierté malgré tout. La psychologie du personnage est très intéressante et on s’attache réellement à cette jeune femme qu’on regrette de quitter en refermant ce livre qui ne saurait laisser indifférent. Un roman fort et émouvant, manifique.

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          Dans un style très différent le documentaire Au bord du monde de Claus Drexel traite en grande partie du même sujet. Une autre forme d’exclusion mais les mêmes difficultés pour trouver où dormir et comment manger. Ce documentaire suit plusieurs SDF parisiens dans leur quotidien. Des profils très différents, des gens de tous les âges et visiblement de tous les milieux. Certains sont fous, d’autres étonnement cultivés. On ne sait pas comment ils sont arrivés là, quelle a été leur vie. On aimerait les connaître un peu mieux, c’est un peu dommage que cet aspect n’ait pas été évoqué avec eux. Malgré tout ce documentaire a le mérite de mettre en lumière des gens à qui la plupart du temps on jette à peine un regard. Il n’y a pas de jugement dans ce film, il se contente de donner la parole à ceux qui l’ont trop rarement et de montrer leur quotidien tel qu’il est, avec ses difficultés et ses moments de bonheur. On en ressort en regardant d’un peu plus près ceux qui nous entourent. Malgré ses défauts, un documentaire édifiant qui aurait mérité une diffusion bien plus large.

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  1. Livre et film c’est toujours intéressant. Deux façons d’aborder un même sujet, c’est riche et permet d’exercer sa réflexion.

  2. ah génial que tu ais aimé ce bouquin et merci beaucoup pour le lien!!
    C’est vrai que je n’ai pas lu le livre, préférant te l’envoyer tout neuf, mais le sujet et les-rares- échos que j’avais pu lire étaient positifs je pense que tu as gagné au change par rapport au premier choix :o)… quant au documentaire au bord du monde, j’en ai entendu parler, je crois même qu’il était nominé aux césars dans les meilleurs documentaires mais c’est vrai qu’aussi nécessaire soit il je peux comprendre que le sujet rebute un peu les gens qui vont au cinéma avant tout pour se changer les idées… j’ai tendance à toujours préférer la fiction pour de tels sujets, certainement une façon de me protéger, de me dire que ce n’est pas la réalité brute alors qu’un documentaire, sans l’artifice de la fiction est encore plus difficile à se prendre en pleine face… la mesure de la dérive vient de sortir en poche chez 10/18 tiens je vais relayer ton article en les pokant :o) très bonne journée à toi!!

    • Je comprends pour le documentaires, j’en vois beaucoup moins qu’avant justement parce qu’il manque cette distance rassurante de la fiction mais je regrette un peu de ne pas faire plus souvent l’effort. Celui-ci manque peut-être un peu de structure mais les personnages qu’il présente sont souvent surprenants et c’est déjà énorme de leur donner la parole de manière aussi libre.
      J’ai trouvé le livre vraiment excellent, merci beaucoup ! Et merci d’avoir relayé l’article 🙂 Très bonne journée à toi aussi

  3. Pingback: Mon bilan 2015 | Madimado's Blog

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