Vivre la cité : deux films sur l’intégration

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Patries, de Cheyenne Carron

 

          Sébastien et ses parents viennent d’emménager en banlieue parisienne. A son arrivée, il essaie de se faire accepter par un groupe de jeunes issus de l’immigration Africaine. Malgré le rejet qu’il subit, une amitié complexe se noue avec Pierre, un jeune Camerounais en quête d’identité.

patries-cheyenne-carronLe sujet de ce film me tentait bien même si je ne savais pas trop à quoi m’attendre. J’ai extrêmement surprise par le choix du noir et blanc pour lequel j’ai un parti-pris clairement positif. Ca commençait bien. La première scène est assez déroutante, et ce sentiment de ne pas bien comprendre les tenants et les aboutissants du film a perduré jusqu’à la fin. Le film traite d’intégration, un sujet brûlant. Un petit blanc qui peine à s’intégrer dans une cité craignos, ceux qui le rejettent qui peinent eux-même à s’intégrer en France, le problème est complexe et les préjugés nombreux. Le noir et blanc vient appuyer cette fracture entre noirs et blanc d’une manière assez simpliste qui m’a à vrai dire un peu choquée quand j’en ai pris conscience. Ca fonctionne mais ça manque de subtilité. Certains le savent déjà, je suis très sensible aux engueulades au cinéma qui m’angoissent fortement. Si ici ça ne gueule pas à proprement parler (enfin pas trop), il y a quand même beaucoup de moments où le ton monte et les longs « débats » inutiles ne manquent pas. Autant dire que ça n’a pas toujours été simple pour moi… En revanche, je tiens à signaler la très belle bande-son, une des grandes réussites du film. Les acteurs aussi sont franchement bons, rien à dire de ce côté-là. La question des racines et de l’intégration est très intéressante mais j’ai trouvé que le propos manquait de clarté. Un film au sujet fort qui comporte de très belles scènes mais dont le fond du propos m’a un peu échappé.

Fatima, de Philippe Faucon

 

          Fatima vit seule avec ses deux filles : Souad, 15 ans, adolescente en révolte, et Nesrine, 18 ans, qui commence des études de médecine. Fatima maîtrise mal le français et le vit comme une frustration dans ses rapports quotidiens avec ses filles. Toutes deux sont sa fierté, son moteur, son inquiétude aussi. Afin de leur offrir le meilleur avenir possible, Fatima travaille comme femme de ménage avec des horaires décalés. Un jour, elle chute dans un escalier. En arrêt de travail, Fatima se met à écrire en arabe ce qu’il ne lui a pas été possible de dire jusque-là en français à ses filles.

Fatima affiche film

J’avais entendu du dire du bien de ce film et j’étais assez curieuse de voir ce que ça donnait. Je dois quand même admettre que je craignais un peu les engueulades familiales que laissait supposer le synopsis. Ce n’est pas si terrible que je le craignais. Il y a certes quelques moments de tension mais dans l’ensemble ça reste plutôt serein. Pourtant, même si je trouvais que le sujet de l’intégration à travers une famille était intéressant, je n’ai été que moyennement convaincue. J’ai trouvé le jeu d’acteur assez inégal et parfois agaçant. La réalisation est classique et très minimaliste, ça se rapprocherait presque du documentaire, avec peu d’acteurs et une histoire d’un grand réalisme, ce qui n’est pas pour me déplaire, on se sent ainsi plus proches des personnages. Malheureusement, j’ai trouvé que ça manquait un peu d’émotion (je sais, je suis sans cœur), j’ai eu un peu de mal à me passionner pour l’histoire de cette famille qui finalement m’a semblé assez banale. J’aurais aimé que la place de l’écriture dans la vie de la mère soit plus mise en avant. La sobriété, c’est bien, mais là c’est un peu trop à mon goût. Cela dit, le film demeure sympathique, j’ai juste trouvé qu’il manquait un peu de corps. Ca m’a donné envie de lire un des livres écrits par la femme de ménage qui a inspiré ce scénario. Une petite déception, je m’attendais à une histoire plus forte, la faute sans doute à une réalisation un peu trop sage. Dommage.

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  1. Plus ou moins sur cette même question, il y a aussi « Des poupées et des anges » (je ne me souviens plus des détails car je l’ai vu il y a longtemps mais j’avais adoré Leïla Bekhti dedans), et Arte a repassé récemment « La désintégration », assez impressionnant.

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