Trois films en demi-teinte sur le blog

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Le grand jeu, de Nicolas Pariser

Pierre Blum, un écrivain de quarante ans qui a connu son heure de gloire au début des années 2000, rencontre, un soir, sur la terrasse d’un casino, un homme mystérieux, Joseph Paskin. Influent dans le monde politique, charismatique, manipulateur, il passe bientôt à Pierre une commande étrange qui le replongera dans un passé qu’il aurait préféré oublier et mettra sa vie en danger.

Le grand jeu, afficheJe n’avais pas entendu parler de ce film mais j’y suis allée pour l’affiche : j’aime beaucoup André Dussolier et on voit trop rarement Melvil Poupaud au cinéma. Je ne pouvais pas rater ça. Je ne savais absolument pas de quoi il retournait, ce qui en général m’aide à vrai dire à apprécier un film : pas d’attentes spécifiques et disproportionnées, je me contente de découvrir. Pourtant malgré ces excellentes dispositions, j’ai été déçue. L’histoire m’a laissée un peu perplexe. Je l’ai trouvée fortement improbable et assez alambiquée ; pas au point de décrocher totalement du film non plus, mais je suis restée circonspecte. Je n’ai trouvé aucun des personnages vraiment attachants et les situations périlleuses dans lesquelles ils se mettent par leurs magouilles m’ont laissée de marbre. Le propos en soi est plutôt intéressant même s’il peut paraître sombrer légèrement dans la paranoïa. Les jeux de pouvoir et les hommes de l’ombre exercent toujours sur moi une certaine fascination. Ce qu’il manque ici, c’est un point de départ un peu plus solide pour nous faire rentrer dans l’histoire et surtout du rythme ! Ce film en manque cruellement. Pas qu’il ne se passe rien mais pourtant le spectateur reste passif et s’ennuie pour tout dire un peu. Ce sont les acteurs qui tiennent ce film et l’empêchent de sombrer mais ils ne parviennent pas tout à fait à le rendre convaincant. De bonnes idées, un bon casting mais une réalisation un peu mollassonne pour un résultat mitigé.

Youth, de Paolo Sorrentino

Fred et Mick, deux vieux amis approchant les quatre-vingts ans, profitent de leurs vacances dans un bel hôtel au pied des Alpes. Fred, compositeur et chef d’orchestre désormais à la retraite, n’a aucune intention de revenir à la carrière musicale qu’il a abandonnée depuis longtemps, tandis que Mick, réalisateur, travaille toujours, s’empressant de terminer le scénario de son dernier film. Les deux amis savent que le temps leur est compté et décident de faire face à leur avenir ensemble.

Youth, afficheJ’avais a-do-ré le dernier film de Paolo Sorrentino, La grande Bellezza. J’en étais ressortie totalement envoûtée, avec l’impression d’avoir fait un long voyage dans une Rome totalement hors du temps. Etrangement, je me suis dit plus tard que j’aurais aussi bien pu détester ce film démesurément esthétisant, intello et parfois abscons. Mais j’en suis immédiatement tombée amoureuse et que voulez-vous, l’amour, ça ne se commande pas. J’attendais donc avec impatience de retrouver ce réalisateur. Le miracle ne s’est pas produit deux fois. J’ai pourtant retrouvé dans ce film ce que j’avais aimé dans le précédent : une photo hyper travaillée, un rythme particulier, un côté foncièrement absurde et un désespoir non teinté d’ironie. Tout y est, mais en moins bien. J’ai beaucoup aimé les acteurs, j’ai trouvé qu’il y avait dans ce film de très bonnes choses, mais je me suis ennuyée. Un peu. J’ai eu du mal à rentrer dedans. C’était un peu étrange ce mélange d’ennui léger et curiosité. Pas vraiment désagréable à vrai dire. Malgré des qualités de réalisation indéniables ce film ne m’a qu’à demi-convaincue, sans doute en raison d’un sujet qui ne me passionne pas vraiment.

Les cowboys, de Tom Bidegain

Une grande prairie, un rassemblement country western quelque part dans l’est de la France. Alain est l’un des piliers de cette communauté. Il danse avec Kelly, sa fille de 16 ans sous l’oeil attendri de sa femme et de leur jeune fils Kid. Mais ce jour là Kelly disparaît. La vie de la famille s’effondre. Alain n’aura alors de cesse que de chercher sa fille, au prix de l’amour des siens et de tout ce qu’il possédait.

Les cowboys, afficheVoici un des films de la fin d’année dont on a pas mal parlé. J’en avais entendu dire beaucoup de bien et j’étais très curieuse d’aller voir ce film au sujet fort et à l’univers à part. Si dans l’ensemble j’ai bien aimé – en grande partie en raison de l’excellente performance de François Damiens, assez inattendu dans ce rôle – j’ai quand même trouvé à ce film un certain nombre de défauts. L’ambiance western belge est un peu curieuse mais j’ai bien aimé (le problème, c’est cette envie furieuse que ça m’a donné de comparer avec Alabama Monroe qui 1) n’a rien à voir et 2) est incomparable). L’histoire prend le temps de se mettre en place sans trop traîner en longueur et la détresse des parents est très bien rendue. Jusque-là, tout va bien. C’est ensuite que les choses se corsent. J’ai continué à aimer ce film très prenant mais je dois avouer que j’aurais un léger doute à émettre sur la crédibilité de l’histoire. Je comprends qu’un père (ou un frère) soit prêt à tout pour retrouver sa fille mais là ça va quand même très très loin. Un peu trop loin même sans doute. Malgré le capital sympathie énorme de ce film certains épisodes m’ont un peu gênée : trop c’est trop. Ceci dit, ils permettent de développer sur le fanatisme religieux et l’embrigadement, qui sont finalement les vrais sujets de ce films. C’est passionnant, c’est d’actualité, mais le propos est parfois un peu lourd dans sa forme. Quoiqu’il y ait quelques longueurs et que l’histoire soit un peu extrême sur certains points, ce film très bien joué a le mérite de s’attaquer à un sujet terriblement actuel. Malgré des maladresses, les bonnes intentions et le côté généreux l’emportent.

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  1. J’ai bien aimé Youth justement à cause de ce rythme très particulier, un peu lent, plat. C’est surprenant au début, il faut qu’on s’habitue au peu d’action, mais je trouve que pour le coup il détend. J’ai beaucoup aimé l’histoire un peu absurde et pince-sans-rire. Mais c’est vrai qu’il y a quelques longueurs, pour le coup 🙂

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