La huitième vie

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          Géorgie, 1917. Stasia rêve d’une carrière de danseuse étoile à Paris lorsqu’elle s’éprend de Simon Iachi. La révolution qui éclate en octobre contraint les deux amoureux à précipiter leur mariage. Allemagne, 2006. Niza, l’arrière-petite fille de Stasia, s’est installée à Berlin depuis plusieurs années pour fuir le poids d’un passé familial trop douloureux. De Londres à Berlin, de Vienne à Tbilissi, de Saint-Pétersbourg à Moscou, le destin romanesque et parfois tragique des membres de cette famille géorgienne s’enchevêtre étroitement à l’histoire du sombre XXe siècle.

          On continue avec la rentrée littéraire de janvier et pas mal de retard. J’étais presque dans les temps, j’étais fière, j’enchaînais les lectures à la vitesse d’une tempête de neige au mois de janvier. Et puis j’ai commencé ce roman, pensant naïvement que ce serait une lecture rapide. C’est le gros inconvénient de la liseuse : il manque des infos essentielles comme le nombre de pages. 960 en grand format en l’occurrence. Et le moins qu’on puisse dire c’est que c’est dense ! Je n’avais jamais lu de littérature géorgienne et je ne connais rien à l’histoire du pays. Autant vous dire que ça a fait pas mal d’infos à assimiler. C’était très intéressant mais on ne peut pas dire que j’aie avancé vite. Beaucoup de personnages, une période assez vaste et mouvementée, ça demande de se plonger dedans et de prendre le temps, ce qui des fois ne fait pas de mal (même si ce n’était pas trop le moment…).

La huitième vie, couverture

          Ce roman, véritable fresque familiale, est particulièrement prenant. Il commence au début du siècle dernier, dans une Géorgie prospère et ensoleillée. Mais le voisin russe est quelque peu encombrant et ça ne va pas s’arranger avec l’arrivée au pouvoir de Lénine et la grande URSS. Loin de moi l’idée de vous relater les détails, l’histoire de ce pays est aussi mouvementée que complexe. J’ai appris beaucoup de choses, malheureusement je n’ai pas retenu. On suit cette famille de génération en génération, avec une centrée essentiellement autour d’un personnage, Stasia : de son père à son arrière-arrière-petite-fille, c’est l’histoire de sa lignée qui est retracée ici, et à travers elle l’histoire de la Géorgie. Forcément, en un siècle, il se passe pas mal de choses, aussi bien dans une famille que dans un pays.

          Les personnages sont assez fouillés et très différents les uns des autres, bien qu’appartenant à la même famille, ça donne parfois l’impression d’un étalage de caractères, même si ce sentiment s’estompe au fil des pages. Mais plus que les individus en eux-mêmes, ce sont les relations au sein de la famille qui sont intéressantes, et surtout leur évolution. Ca sonne dans l’ensemble assez juste. J’ai surtout trouvé que c’était très bien écrit, il y a beaucoup de subtilité et de profondeur dans le style. Le récit est quant à lui particulièrement bien mené et s’il y a quelques longueurs (normal vu le pavé), il n’y a pas grand chose à enlever. Bien sûr, certains passages, certains personnages ou certains évènements nous touchent plus que d’autre mais l’ensemble est très cohérent et bien pensé. Un très beau texte, prenant, intelligent, instructif et émouvant. Une belle découverte.

Nino Haratischwili

Oui, jadis, je me suis cramponné à l’illusion que les mots pouvaient changer les choses. Que tout dire, tout exprimer pouvait faciliter les choses.

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Ne pas combler les attentes. Ne pas mériter l’amour. Ne pas entrevoir l’illusion d’un salut.

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  1. Pingback: Février, le bilan | Madimado's Blog

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