Une Vie de Guy de Maupassant

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          À dix-sept ans, Jeanne quitte enfin le couvent. Dans le désœuvrement des jours et la solitude des espérances, elle attend l’amour… Elle a si souvent pressenti le frémissement des cœurs, l’élan des âmes, espéré ces bonheurs-là. Aussi, lorsqu’il paraît, le reconnaît-elle sans peine. L’être créé pour elle… Le même écho s’éveille en leurs cœurs.
Le mariage scellera leur amour. Mais que suit-elle, lorsque le voile se déchire, des grandes étreintes, des secrets d’alcôves, des désirs d’hommes ? Que sait-elle de l’amour sinon sa poésie ? Alors ils se regardent… Les illusions, à peine écloses, déjà se fanent et bientôt ne sont plus. C’est une vie qui se déroule…

Couverture de Une vie, Le livre de Poche

          Je continue ma série « classiques de la littérature » avec cette fois un roman de Guy de Maupassant. Pourquoi celui-ci plutôt qu’un autre ? un peu par hasard à vrai dire. Je le connaissais de nom mais je n’avais aucune idée de quoi ça pouvait bien parler. Heureusement d’ailleurs que je n’avais pas lu le résumé ci-dessus sinon je n’aurais jamais ouvert ce roman. Si j’ai lu beaucoup de nouvelles de Maupassant, je connais en revanche très mal ses romans. Je garde de Pierre et Jean lu au lycée le souvenir d’un ennui mortel et je comptais bien essayer de me réconcilier avec les romans de l’auteur. Je ne savais pas trop à quoi m’attendre avec celui-ci dont je ne connaissais pas l’histoire mais j’espérais retrouver toute la justesse et la noirceur de ses nouvelles. J’ai donc commencé ma lecture dans un bel élan d’enthousiasme (oui, encore).

          Je dois avouer avoir été un peu déçue. Le début est assez « mignon », pour ne pas dire mièvre, avec cette jeune fille naïve qui sort du couvent et tombe amoureuse pour la premier fois avec de grands élans de romantisme. Pas franchement ma tasse de thé (ou ma bolée de cidre en l’occurrence). Comme on s’en doute, l’idylle est de courte durée et tout ça tourne assez mal. Toutefois, si c’est loin d’être tout rose et que ça décrit sans doute très bien l’isolement d’une bourgeoise du XIX° siècle maltraitée par son mari, on ne me pas dire que j’aie éprouvé une énorme compassion pour le personnage que je trouve grosso modo fade et sans intérêt. Les deux sont assez caricaturaux dans leur genre et ce n’est pas franchement évident de s’y reconnaître. Heureusement, le style très maîtrisé et la brièveté de ce roman le rendent agréable à lire et ne permettent pas vraiment d’avoir le temps de se lasser. Si ce livre ne manque pas de qualités, notamment stylistiques, je trouve qu’il n’a pas la force des nouvelles de l’auteur.

Portrait de Guy de Maupassant

On pleure parfois les illusions avec autant de tristesse que les morts.

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Ses relations avec Julien avaient changé complètement. Il semblait tout autre depuis le retour de leur voyage de noces, comme un acteur qui a fini son rôle et reprend sa figure ordinaire. C’est à peine s’il s’occupait d’elle, s’il lui parlait même ; toute trace d’amour avait subitement disparu ; et les nuits étaient rares où il pénétrait dans sa chambre.

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Elle semait partout des souvenirs comme on jette des graines en terre, de ces souvenirs dont les racines tiennent jusqu’à la mort.

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