Mes lectures

La femme qui reste, Anne de Rochas

Dans l’Allemagne exsangue et tumultueuse des années 1920, le Bauhaus est plus qu’une école d’art. C’est une promesse. Une communauté dont le but est de mettre en forme l’idée de l’Homme nouveau. En 1926, l’école s’installe à Dessau. Dans le grand bâtiment de verre et d’acier, Clara, Holger et Théo se rencontrent, créant une sorte de Jules et Jim.
À Berlin, toute proche, le temps s’assombrit. Les convictions artistiques ou politiques ne sont pas les seuls facteurs qui décident du cours d’une vie. Ce sont aussi, entre rêves d’Amérique et désirs de Russie, d’autres raisons et déraisons. Lorsque l’école sera prise dans les vents contraires de l’Histoire, les étudiants feront leurs propres choix. À qui, à quoi rester fidèle, lorsqu’il faut continuer ?

Couverture du roman La femme qui reste

J’avais entendu le plus grand bien de ce premier roman dont le thème me tentait beaucoup. J’ai beaucoup lu sur cette période et ça m’intéressait d’avoir un point de vue un peu différent. Eh bien je dois avouer que j’ai été plutôt déçue. Ce livre parle très peu de la guerre finalement et beaucoup des années qui ont précédé au Bahaus. Je ne savais rien de ce mouvement, m’intéressant assez peu au design. Ca a posé problème dans cette lecture.

En effet, l’auteur s’appesantit vraiment beaucoup sur le fonctionnement de l’école : la construction, les cours, les professeurs, les fêtes… Tout est décrit dans les moindres détails. C’est long, c’est très long, c’est très très long. Et quand on ne voit que vaguement de quoi ça parle, ce n’est pas particulièrement palpitant. J’ai continué en me disant que ce n’était qu’un long préambule mais j’ai trouvé ça fastidieux (et c’est ainsi que j’ai définitivement pris un retard monstre dans mes lectures de la rentrée puisque j’ai passé près d’un mois sur ce texte…).

A vrai dire, je faisais erreur, le vif du sujet c’était ça justement. Une longue description hyper documentée du Bahaus. Finalement la montée du nazisme est en toile de fond pour le moins discrète. Quant à la guerre et ses conséquences, il y a tellement d’ellipses sur cette partie qu’elle en devient plus ou moins inconsistante. J’ai trouvé ça dommage, j’aurais aimé qu’on s’appesantisse plus sur les choix des trois personnages et leurs conséquences plutôt que sur des détails d’architecture.

Le roman reste dans l’ensemble agréable à lire, le style est classique et un peu pesant à mon goût – la faute aux trop nombreuses descriptions d’une grande minutie – mais assez plaisant. J’ai eu l’impression que l’auteur avait effectué de nombreuses recherches et tenait absolument à mettre tout ce qu’elle savait dans ce texte, ce qui donne un résultat pas très subtil. Pourtant, on s’attache aux personnages, un peu stéréotypés mais pas inintéressants. Les choix quant au développement de l’histoire en revanche m’ont moyennement convaincue et je me suis souvent ennuyée. Une lecture en demi-teinte qui malgré des qualités m’a laissée sur ma faim.

Portrait d'Anne de Rochas

Elle voudrait une boule de verre, transparente, naïve, de celles qui préservent un monde en réduction. Il y aurait, posée sur un bout de prairie, un bâtiment de verre et de blancheur, non loin une rivière, en la secouant, elle ferait voltiger tous les moments heureux, ils tourbillonneraient, retomberaient, et elle recommencerait, encore et encore, et ce serait joli.


Ils l’ont promenée dans leur réalité, fiers de lui montrer le rêve qu’ils ont eux-mêmes oublié. Elle n’en a trouvé que des morceaux épars. Les mots n’ont plus le même sens. Elle a déjà connu cela, avant.

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