Cinéma

Lingui, les liens sacrés

Drame tchadien, 1H27, de Mahamat-Saleh Haroun avec Achouackh Abakar, Rihane Khalil Alio, Youssouf Djaoro

Dans les faubourgs de N’djaména au Tchad, Amina vit seule avec Maria, sa fille unique de quinze ans. Son monde déjà fragile s’écroule le jour où elle découvre que sa fille est enceinte. Cette grossesse, l’adolescente n’en veut pas. Dans un pays où l’avortement est non seulement condamné par la religion, mais aussi par la loi, Amina se retrouve face à un combat qui semble perdu d’avance…

Affiche du film Lingui

Le premier film vu en salles cette année est tchadien. C’est suffisamment rare pour m’avoir donné envie de me déplacer, d’autant plus que les thèmes abordés m’intéressaient. Il y est essentiellement question d’avortement, interdit dans le pays. Mais c’est aussi l’occasion de glisser entres autres quelques mots sur l’excision ou la place des femmes dans la tradition tchadienne. Sur le papier, c’était plutôt parti pour me plaire, c’est totalement mon style. Dans les faits, c’est plus mitigé…

Image extraite du film Lingui

L’histoire est assez simple : une ado tombe enceinte et veut avorter dans un pays où ce n’est pas possible. Elle vit seule avec sa mère qui l’a eue hors mariage, ce qui lui a valu d’être rejetée par sa famille et mise au ban de la société. Simple, efficace. C’est bien filmé et je trouve que dans l’ensemble ça fonctionne. Seulement il y a un hic : les dialogues. Ils sont excessivement mauvais. C’est plat, c’est mal écrit, c’est catastrophique. Sans compter une interprétation poussive. J’ai eu l’impression d’un gros effort consenti pour parler « sans accent » ce qui donne un ton neutre parfaitement robotique digne d’une voix de GPS.

Image extraite du film Lingui

Heureusement, il y a finalement assez peu de dialogue dans le film et les actrices parviennent à faire passer bien plus d’émotion par leur attitude ou leur regard que dans les atroces dialogues qui nous inflige le scénariste. Ca rattrape un peu le coup (fort heureusement le film n’est pas très bavard) et permet de laisser la place à quelques scènes touchantes malgré tout. J’ai assez aimé la manière dont les sujets pourtant sensibles sont abordés, frontalement, sans faux semblants. Dommage que le film ne parvienne jamais totalement à décoller en raison d’une écriture faiblarde, il y avait un beau potentiel, en grande partie sous exploité.

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