Flight

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Drame américain de Robert Zemeckis avec Denzel Washington, Don Cheadle, Kelly Reilly

          Whip est pilote de ligne expérimenté. Lors d’un vol, un incident grave survient et il parvient miraculeusement à faire atterrir l’appareil. Il aurait pu devenir un héros mais il est alcoolique et avait bu avant le vol, sa compagnie va essayer de se décharger en lui mettant l’accident sur le dos.

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          Le film démarre avec le vol catastrophe. Je ne suis pas franchement une adepte du genre mais j’ai trouvé le passage sur l’accident très réussi. On a beau savoir qu’il va réussir à se poser, l’ambiance anxiogène est très bien reconstituée. Sans nul doute la partie du film que j’ai préférée ! Je m’attendais à tout autre chose pour la suite. Je pensais qu’ayant sauvé tous ces gens en étant saoul, le pilote douterait de lui, de son rôle dans tout ça, de son nouveau statut de héros. C’est tout l’inverse ! Alors qu’il est imbus de lui-même et crie sur tous les toits que sans lui tout le monde serait mort (ce qui est vrai d’ailleurs), ce sont les autres qui l’accablent et tiennent à rejeter sur lui la responsabilité d’un accident qui ne peut en aucun cas lui incomber. J’avoue avoir été un peu perplexe et assez sceptique face à ces réactions pour le moins surprenantes. Je me suis finalement dit que ça devait être typiquement américain…

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          Malgré cette bizarrerie, l’histoire reste assez réussie, avec un anti-héros un peu paumé assez loin des stéréotypes du genre. C’est d’ailleurs là que se trouve tout l’intérêt du film, dans cette volonté de sortir un peu des sentiers battus et de présenter des personnages nuancés. Malheureusement, si l’idée était très bonne, ça se gâte sérieusement sur la fin. Si pendant quasi toute la durée du film, malgré quelques maladresses, un certain équilibre est conservé grâce aux tâtonnements de Whip et à des opinions assez diverses qui se confrontent, la fin est une véritable catastrophe. On sombre dans un moralisme d’une incroyable lourdeur avec une touche de religiosité en prime. Inutile de dire que ça gâche tout le film, dont l’intérêt tenait justement dans le côté un peu incertain d’un point de vue moral. Ca commence sur les chapeaux de roue et ça s’enfonce dans le cliché sur la fin. Un film assez moyen qui malgré de bonnes idées peine à décoller et finit par s’écraser lamentablement.

Sully, un Clint Eastwood plutôt terne

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Biopic, drame américain de Clint Eastwood avec Tom Hanks, Aaron Eckhart, Laura Linney.
L’histoire vraie du pilote d’US Airways qui sauva ses passagers en amerrissant sur l’Hudson en 2009.
Le 15 janvier 2009, le monde a assisté au « miracle sur l’Hudson » accompli par le commandant « Sully » Sullenberger : en effet, celui-ci a réussi à poser son appareil sur les eaux glacées du fleuve Hudson, sauvant ainsi la vie des 155 passagers à bord.

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          Sans grande originalité (oui, ça m’arrive des fois), j’aime beaucoup Clint Eastwood, qui a signé bon nombre de chefs-d’œuvre ces dernières décennies. Je ne les ai pas tous vus, loin de là, mais il est assez rare que je rate ses nouveautés au cinéma. Il n’y avait donc aucune raison que je fasse exception avec celui-là, surtout que ceux qui l’avaient vu m’en avaient dit du bien. Ils m’avaient dit exactement « un peu tire-larme mais ça fonctionne alors ça va ». Bon, je ne verse pas trop dans le mélo, mais si c’est bien fait, pourquoi pas, je ne suis pas totalement sans cœur non plus. Et puis non seulement il y a Tom Hanks dedans, une valeur sure, mais surtout je n’avais pas vu de film avec Aaron Eckhart depuis des lustres. Je n’avais pas la moindre idée de quoi ça pouvait bien parler et le synopsis ne m’a guère renseignée, qu’à cela ne tienne, j’aurais le plaisir de la découverte !

Sully

          Bon, plaisir, plaisir, faut le dire vite… Finalement les deux phrases insipides du synopsis résument parfaitement ce film. Il ne se passe pas grand chose et il n’y a au final pas grand chose à en dire (je vous écris donc pour ne rien dire, oui oui, parfaitement). L’histoire n’est pas franchement palpitante. Le sujet m’a sérieusement rappelé Flight mais au lieu d’y avoir du bon et du très mauvais ça se contente de rester plat. En soit, ça pourrait être intéressant je suppose : il y a de l’action avec le presque-crash, de l’injustice avec les assureurs qui cherchent quelqu’un à qui faire porter le chapeau, de l’amitié et de l’amour, tout ce qu’il faut quoi ! Sauf que dans les faits, ça ronronne. C’est plutôt consensuel comme film, on ne peut pas dire que ça cherche à faire de vagues. Ca aurait mérité un peu plus de nerf et de pointer du doigt l’absurdité de système avec plus de véhémence ! La réalisation est bien sûr très léchée et c’est très bien joué, ce qui sauve un peu le film. La musique est sirupeuse à souhait et m’a exaspérée. Si ce n’est pas à proprement parler mauvais (loin s’en faut), on s’ennuie un peu quand même, je m’attendais à bien mieux. Sans grand intérêt.

L’actu de la semaine (16/02)

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Le pape Benoît XVI a démissionné. Un geste historique qui a bouleversé la sphère chrétienne et a déchaîné les médias. Si le fait n’est pas sans précédents, la dernière démission d’un souverain pontife remonte  plusieurs siècles, à un temps où l’information ne circulait pas aussi aisément. Agé de 85 ans, il ne se sent plus apte à assurer ses fonctions, tant physiquement que mentalement, et renoncera à son ministère le 28 février prochain. Commencera alors le Conclave, auquel il ne prendra pas part. L’Eglise espère avoir un nouveau pape pour Pâques.

Le mariage pour tous a été adopté par l’Assemblée Nationale. Après des discussions interminables (110h !) et le dépôt de nombre d’amendements plus improbables les uns que les autres, le texte sur le mariage pour tous a été soumis au vote mardi et adopté. Il doit maintenant être examiné par le Sénat. Toutefois, les opposants à la loi Taubira ne s’avouent pas vaincus et ont signé une pétition à son encontre qui a recueilli près de 700 000 signatures.

Une météorite a explosé au dessus de l’Oural, en Russie. Elle a blessé 1000 personnes à Tcheliabinsk et sa région. La plupart des blessures sont légères. Il n’y a pas eu de morts et a piori seulement deux blessés graves. Une vive lumière blanche est apparue à 9h20 accompagne d’une boule incadescente dont certains fragments ont atteint la Terre et c’est l’onde de choc qui est à l’origine des principaux dégâts. Un fait très rare par l’ampleur de son bilan humain.

Oscar Pistorius emprisonné pour meurtre. Le célèbre athlète sud-africain – le premier sportif équipé de deux prothèses en carbone à courir avec les valides aux JO 2012 – aurait tué sa petite amie le soir de la Saint-Valentin. Il fréquentait Reeva Steenkamp, une mannequin de 30 ans, depuis plusieurs mois, et d’après les voisins leurs disputes étaient fréquentes. Il aurait tiré sur elle à 4 reprises à travers la porte de la salle de bain, entraînant sa mort. Bien que tout l’accuse, il a rejeté les charges retenues contre lui.

Le scandale de la viande de cheval prend de l’ampleur. Je vous en parlais la semaine dernière, dans certains produits surgelés, le boeuf était en réalité du cheval. L’enquête diligentée par le gouvernement met en cause Spanghero, un grossiste qui achète de la viande et la revend à des entreprises comme Comigel, qui fabrique des plats cuisinés qu’elle revend elle-même à Findus, Picart ou aux marques distributeurs (un jour il faudra m’expliquer la nécessité d’autant d’intermédiaire et comment il peut être économiquement intéressant de faire traverser toute l’Europe à un produit avant de le mettre en rayon…). L’entreprise est accusée d’avoir acheté sciemment de la viande de cheval en Roumanie et de l’avoir revendue comme de la viande de boeuf et l’agrément sanitaire lui a été retiré. Les dirigeants de l’entreprise admettent une négligence mais se défendent d’avoir fraudé sciemment.

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Le mot de la semaine sera GODELUREAU :  » (fam.) Jeune homme aux manières affectées et qui se plaît à courtiser les femmes. »

Les sorties ciné

L’ogre de la Taïga : 4 courts métrages qui reprennent des contes russes qui évoquent des thèmes universels comme le mensonge ou la quête du bonheur. Enfant, j’avais adoré un conte russe en dessin animé dont j’ai oublié le nom, adulte, j’ai continué à aimer le cinéma russe, qu’on voit trop peu, ces contes ne pouvaient donc pas ne pas être dans ma sélection de la semaine !

Scialla : Bruno était professeur et écrivain, de son talent et de sa passion il ne reste plus grand chose à part quelques cours à domicile donné à contre-coeur, parmi ses élèves, Luca, pas plus brillant qu’un autre ; mais un jour la mère du garçon lui apprend qu’il est son père et qu’il va devoir l’héberger quelques temps. La critique sur ce film n’est pas exceptionnelle mais j’aime bien les comédies italienne alors ça me tente bien quand même.

Ici et là-bas : Pedro vient retrouver sa famille au Mexique après avoir travaillé aux Etats-Unis, il aspire à une vie tranquille et au bonheur simple de vivre parmi les siens. Là encore, le type de films que j’apprécie particulièrement, j’espère avoir l’occasion de le voir.

Une sélection ciné hors des sentiers battus cette semaine mais à noter aussi la sortie de trois gros films un peu incontournables : Flight, une histoire de sauvetage qui semble intéressante avec Denzel Washington, un film qui me tentait assez mais certaines critiques m’ont un peu refroidie ; Passion, le dernier De Palma sur fond de manipulation dont je n’arrive pas à décider si j’ai ou non envie de le voir ; et Les Misérablesadaptation cinématographique de la comédie musicale qui me semble assez éloignée de l’univers hugolien et dont je pense me passer.

Bonne semaine à tous !