Archives d’Auteur: Madimado

À propos de Madimado

Des livres, des films, des spectacles, des expos : de la culture !

Lectures féminines

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Vous le savez sans doute, le 8 mars est la journée internationale des droits de la femme. Pour l’occasion des libraires et blogueurs proposent de lire uniquement des plumes féminines durant le mois de mars. Je dois admettre qu’au quotidien je ne sélectionne pas mes lectures selon le genre de leur auteur mais au final, ce dernières années ça s’équilibre à peu près. Je lis donc déjà pas mal d’autrices contemporaines. Quand on me demande conseil sur les œuvres écrites par des femmes, je n’ai pas trop de mal à répondre, en revanche, on ajoute bien souvent « je voudrais également que le personnage principal soit une femme » et là, je ne sais que rarement quoi répondre ! C’est décidé, ce mois de mars sera donc l’occasion de lire uniquement des livres écrits par des femmes et dans lesquels les femmes sont à l’honneur.

Je publie cet article avec beaucoup de retard. Je change un peu mes plans au passage en en faisant le premier d’une série de listes de lectures à thème. J’en publierai une semaine – chaque lundi – pour vous donner des idées de lecture ou de relecture durant le confinement.

En farfouillant dans ma bibliothèque, je me suis aperçue que beaucoup de livres que j’avais prévu de lire dans un futur plus ou moins proche correspondaient à cette description. Me sont également revenus en mémoire tout à coup beaucoup de livres qui correspondaient à cette description, lus plus ou moins récemment. Je vous ai donc préparé une petite liste des livres que je suis susceptible de lire durant les prochaines semaines, mais aussi de livres déjà lus où vous pourrez chercher l’inspiration si la thématique vous tente. J’ai volontairement choisi des choses très éclectiques et non pas uniquement des livres engagés. Essais, romans, mais aussi BD ou albums jeunesse, j’espère que certains de ces titres vous donneront envie de vous y plonger.

livres

Romans

La couleur des rêves, Rose Tremain
Le prieuré de l’oranger, Samantha Shannon
Le livre des secrets, Fiona Kidman
Agatha Raisin, sale temps pour les sorcières, HC Beaton
Le poids du passé, Charlotte Link
L’aviatrice, Paule McLain
Fille de la campagne, Edna O’Brien
C’est moi qui éteins les lumières, Zoya Pirzad
Si vous recevez cette lettre, Sarah Blake
Voix endormies, Dulce Chalcon

Non fiction

Sorcières, Mona Chollet
Je te vois reine des quatre parties du monde, Alexandra Lapierre
Un ange à ma table, Janet Frame
La femme au temps des cathédrales, Régine Pernoud
Le cri du sablier, Chloé Delaume

BD/Jeunesse

Tamara Drewe, Possy Simmonds
La page blanche, Pénélope Baguieu
Réclamez des contes, Delphine Jacquot
Fées de légende, Anja Klauss et Christine Pompéï
La demoiselle de Wellington, Dorothée Platek

romans, essais

20 titres pour faire honneur aux femmes. Essentiellement des romans puisque ça demeure mon genre de prédilection. Je regrette qu’il n’y ait pas plus de variété dans les origines des autrices, des continents entiers ne sont pas représentés. J’ai pioché dans mes livres en attente, le choix était donc limité. Bien sûr je ne pourrai pas tout lire – d’autant plus que certains sont de sacrés pavés – mais je vais essayer d’en découvrir autant que possible (malheureusement, certains attendront pour cause de confinement loin d’une partie de ma bibliothèque).

Ces dernières années, j’ai découvert beaucoup de romans qui collent à cette thématique féminine que je me suis imposée pour le mois de mars. Certains ont été d’énormes coups de cœur, j’en profite donc pour ajouter une seconde liste avec une sélection de livres à découvrir ou redécouvrir. Des classiques, des livres à succès et d’autres passés inaperçus. Pas de doute, la prochaine fois qu’on me demande un roman écrit par une femme avec une femme comme personnage principal, je saurai cette fois quoi répondre ! J’espère que vous trouverez dans cette grande sélection de coups de cœur des lectures inspirantes.

livres

Romans

Jane Eyre, Charlotte Brontë
Orgueil et Préjugés, Jane Austen
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee
L’empreinte de toute chose, Elizabeth Gilbert
Aurora, Kentuky, Carolyn D. Wall
Esprit d’hiver, Laura Kasischke
A l’orée du verger, Tracy Chevalier
La fille du roi des marais, Karen Dionne
Sacrifice, Joyce Carol Oates
Les règles d’usage, Joyce Maynard
Certaines n’avaient jamais vu la mer, Julie Otsuka
La joueuse de go, Shan Sha
De pierre et d’os, Bérangère Cournut
Reste aussi longtemps que tu voudras, Mélanie Taquet
Les indomptées, Nathalie Bauer
Le courage qu’il faut aux rivières, Emmanuelle Favier
Appelez-moi Lorca Horowitz, Anne Plantagenet
La terre qui penche, Carole Martinez
Rien ne s’oppose à la nuit, Delphine de Vigan
Rose-Mercie, Maggy Belin Biais
Les putes voilées n’iront jamais au paradis, Chahdortt Djavann
Notre Dame du Nil, Scholastique Mukasonga
No home, Yaa Gyasi
Si la lune éclaire nos pas, Nadia Hashimi
La huitième vie, Nino Haratischwili
Les vaches de Staline, Sofi Oksanen
Ces instants-là, Herbjorg Wassmo
L’embellie, Audur Ava Olafdottir
Une famille comme il faut, Rosa Ventrella
Maria Vittoria, Elise Valmorbida

Non fiction

La fille au sourire de perles, Clemantine Wamarya
Les rêveurs, Isabelle Carré
Ici le femmes ne rêvent pas, Rana Ahmad
L’écart, Amy Liptrot
La petite fille sur la banquise, Adelaïde Bon
Si c’est une femme, Sarah Helm
L’esclavage raconté à ma fille, Christiane Taubira
Artemisia, Alexandra Lapierre
Camille, mon envolée, Sophie Daull
La vie sans fards, Marise Condé

BD/Jeunesse

Opium, Laure Garancher
Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos
Chimère(s), Melanÿn, Vincent et Christophe Pellinq
La vraie vie d’Agatha Christie, Anna Martinetti et Guillaume Lebeau
Isadora Duncan, Josepha Mougenot et Jules Stromboni
L’oiseau magique, Yveline Féray et Anne Romby
Murmure à la lune, Kim Hyang Yi
La tour du silence, Christine Féret-Fleury
Le bleu est une couleur chaude, Julie Maroh
Lulu, il était une fois une princesse, Lulu Inthesky

La nuit du cerf

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          Il y a deux ans, j’avais découvert le cirque Le Roux avec leur premier spectacle, The elephant in the room. Si je n’avais pas accroché avec leur humour potache, j’avais adoré la mise en scène hyper originale et extrêmement bien maîtrisée et la qualité des acrobaties avait fini de me séduire. Malgré un début un peu longuet, j’avais finalement beaucoup aimé ce spectacle inventif. J’étais donc curieuse de découvrir leur nouvelle création, La nuit du cerf, cette fois présentée au Théâtre Libre. Vous pouvez retrouver mon avis complet sur leur premier spectacle ici.

Affiche du spectacle La nuit du cerf

          On reste tout à fait dans le même esprit, avec une référence marquée au cinéma et un aspect très théâtral. Dans l’ensemble, beaucoup des remarques faites sur leur premier spectacle pourraient tout à fait s’appliquer à celui-ci, on est vraiment dans la même veine. J’avais une petite préférence pour le côté noir et blanc du précédent spectacle, mais encore une fois, la mise en scène très travaillée est une vraie réussite. J’aurais aimé que le parallèle avec le cinéma soit un peu plus exploité toutefois l’ensemble fonctionne plutôt bien avec une esthétique très marquée. Ils parviennent à construire un univers fort dans chacune de leurs créations.

La nuit du Cerf 2019

©Jean-Marc Helies

          A mes yeux, le point faible de spectacle est à chercher du côté de l’humour et plus globalement de l’écriture. C’est souvent très lourd… Il faut dire que je ne suis pas une adepte des blagues potaches et le vaudeville m’ennuie terriblement. Le côté surjoué n’aide pas et il y a toujours un clair problème de rythme (même si c’est cette fois un peu moins marqué) : il y a certaines longueurs et l’écriture manque cruellement de précision. On est entre cirque et théâtre et c’est vraiment très bavard. Dommage, ça plombe un peu l’ambiance par moment, avec un auteur de talent, ils pourraient faire quelque chose de vraiment exceptionnel, c’est bien là leur principal point faible.

- La nuit du Cerf 2019

©Jean-Marc Helies

          Heureusement, la qualité des numéros est toujours au rendez-vous. Les numéros de main à mains sont absolument époustouflants. C’est enlevé, rythmé, on croirait assister à un ballet. Leur sens aigu de la mise en scène met parfaitement en valeur les numéros de hautes volée qui sont proposés. C’est un véritable régal. Je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser la surprise mais le dernier numéro m’a particulièrement éblouie. C’est très original, poétique et virtuose à la fois. J’en suis restée bouche bée d’admiration. Malgré quelques maladresses dans l’écriture du texte, le cirque Le Roux propose un spectacle inventif et original, avec une mise en scène soignée, un univers décalé et des numéros très réussis. Une troupe à suivre !

Cirque Le Roux, La nuit du cerf

©Frank W Ockenfels

La nuit du Cerf
Cirque Le Roux

Théâtre Libre
4, bd de Strasbourg
75010 PAris

Jusqu’au 9 février 2020
A partir de 16€

De pierre et d’os, Bérengère Cournut

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          Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

          J’ai eu ce roman à Noël et cette première lecture de 2020 aura été un énorme coup de cœur. Dès les premières lignes, je suis tombée amoureuse du style, très poétique et un peu âpre à la fois. Il nous plonge dans un monde à part, un monde dur et inhospitalier où mythe et réalité se rencontrent. C’est terriblement beau. Je crois que j’aurais pu lire indéfiniment juste pour le plaisir de me laisser bercer par cette mélopée. Mais si le style m’a bouleversée, l’histoire n’est pas en reste !

Couverture du roman De Pierre et d'os

          Je ne connaissais quasiment rien aux traditions inuites et à leur mode de vie, à part un ou deux documentaires à la télé. J’avais tout à apprendre et j’ai été fascinée par ce que j’ai découvert. Je me suis toujours intéressée aux modes de vies traditionnels, aux croyances et habitudes différentes des miennes, particulièrement lorsque les conditions de vie sont difficiles. Je trouve toujours intéressant de voir comment l’humain parvient à s’adapter à un environnement inhospitalier.

          Le récit suit le parcours d’une jeune femme. Elle échappe de peu à la mort et un long chemin semé d’embûches l’attend. A travers elle on découvre un peu le mode de vie inuit, à la fois dans les aspects pratiques (la construction des campements ou l’alimentation par exemple), les traditions mais aussi les légendes qui se mêlent au quotidien. Un aspect que j’ai particulièrement apprécié, qui est très présent, la frontière entre le monde des esprits et celui des humains étant souvent un peu flou dans le récit, ce qui ajoute encore à la poésie de ce texte.

          J’ai lu ce roman quasi d’une traite, difficile de le refermer une fois qu’on s’est glissés dans ses pages. Intelligent, bien écrit, visiblement très bien documenté, ce texte m’a séduite tant par le fond que par la forme. Sans doute tout le monde n’accrochera-t-il pas avec cet univers et ce ton si particuliers mais je doute que ce roman puisse laisser indifférent. Un texte fort, poignant, poétique, une voix qui sort du lot et m’a bouleversée.

Portrait de Bérengère Cournut, auteur

Nous découvrons ensemble, avec la même joie, le même émerveillement, le tout nouveau manteau de neige. Désormais, le jour naît de la terre. La faible clarté du ciel est généreusement reflétée par une infinité de cristaux. La neige tombée durant la nuit est si légère qu’elle semble respirer comme un énorme ours blanc.

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Être un poids pour la banquise, c’est une chose ; être un poids pour soi-même et le groupe, c’en est une autre – qui n’est pas souhaitable.

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Nous devons maintenant inventer la nuit qui vient.

D’origine italienne

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          « Je n’ai jamais entendu parler italien dans ma famille, pas même un mot, une expression, et pendant toutes les années où nous sommes allés déjeuner chaque dimanche chez mes grands-parents maternels, j’ai invariablement mangé du poulet rôti avec des pommes de terre. Jamais de pâtes. Pas une fois.
Ces racines-là semblent avoir été arrachées. Tranchées net. Pourquoi ? Je l’ignore. M’ont-elles manqué ? Je n’ai pas cherché à le savoir, n’ai pas posé de questions. »

           Je connais mal Anne Plantagenet mais j’ai vraiment beaucoup aimé les deux livres que j’ai lus d’elle : Pour les siècles des siècles, mais aussi et surtout Appelez-moi Lorca Horowitz. J’avais donc hâte d’ouvrir un autre de ses romans et à vrai dire, je n’ai même pas regardé de quoi ça causait avant de l’ouvrir. Il s’agit finalement d’une sorte d’autobiographie. Ou devrais-je appeler ça une autofiction plutôt ? Je ne saurais trop dire, la frontière est assez floue, en tout cas, l’autrice nous parle de sa vie. Et surtout de ses rapports à sa mère.

Couverture du livre "D'origine italienne" d'Anne Plantagenet

           Anne Plantagenet a écrit il y a quelques années un texte intitulé Trois jours à Oran, le récit du voyage qu’elle a accompli avec son père sur les lieux où il a passé son enfance. Avec ce nouveau texte, elle semble vouloir rendre la pareille à sa mère, d’origine italienne donc, non pas en l’accompagnant dans ce pays qu’elle-même n’a jamais connu mais en se posant avec elle cette question des origines.

           Ce n’est pas inintéressant mais je dois avouer que ça ne m’a pas touchée outre mesure. Notamment parce qu’on en est plus au stade du questionnement dans ce livre qu’à celui d’un voyage sur les traces de ses ancêtres. Moi qui suis assez peu portée sur l’introspection, ça ne me parle pas vraiment. L’autrice fait très souvent référence à Trois jours à Oran dans ce texte, ce que j’ai parfois trouvé dérangeant et m’a donné l’impression que ce livre-ci ne pouvait se lire qu’à l’aune du précédent.

           Si le style d’Anne Plantagenet est agréable et qu’elle amorce des réflexions plutôt intéressantes sur la famille et la quête de ses racines. J’avoue que je ne connais pas assez l’autrice pour vouloir spécialement me pencher sur sa vie et sa famille, ce texte ne m’a donc pas passionnée. J’ai l’ai trouvé dans l’ensemble assez fade et sans grand intérêt, à moins d’être un grand fan de l’auteur et de vouloir en apprendre plus sur elle et ses relations à sa famille.

Portrait d'Anne Plantagenet

Dans ma famille, les couples s’aiment pour la vie. Ils forment un territoire autarcique, se suffisent à eux-mêmes, sont soudés et fidèles. Ils se criblent d’habitudes, de manies, de mimétismes, s’agacent et se chamaillent, se disputent parfois durement, mais lorsque l’un de deux commence à faiblir, l’autre ploie aussitôt. Ils meurent vieux et restent unis dans la mort, sont enterrés côte à côte, tombe contre tombe, ou ensemble, dans le même caveau. Dans ma famille, les couples ne se séparent pas.

A son image, Jérôme Ferrari

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          Antonia, après un samedi passé à immortaliser un ma­riage sous l’objectif de son appareil photo, croise un groupe de légionnaires parmi lesquels elle reconnaît Dragan, jadis rencontré pendant la guerre en ex-Yougoslavie. Après des heures de conversation, la jeune femme décide de rejoindre le sud de l’île, où elle réside. Une embardée précipite sa voiture dans un ravin : elle est tuée sur le coup. L’office funèbre sera célébré par un prêtre qui n’est autre que son oncle et parrain. Dans la four­naise de la petite église, les images déferlent de toutes les mémoires.

Couverture de A son image de Jérôme Ferrari

          De Jérôme Ferrari, je n’avais lu que Le sermon sur la chute de Rome, que j’avais adoré. Ce roman lui avait d’ailleurs valu le prix Goncourt. Je gardais un très bon souvenir de cette lecture et du style de l’auteur. C’est donc un des rares romans de la rentrée littéraire 2018 que j’avais eu envie de découvrir. Car si j’en ai lu beaucoup, il y en a finalement bien peu que j’attendais. Et bizarrement, ce sont ceux-là que j’ai lus en dernier, attendant quasiment l’été suivant pour m’y atteler. Si certains ont tenu leurs promesses, celui-ci ne m’a en revanche pas particulièrement emballée.

          J’ai pris plaisir à retrouver la plume subtile de Jérôme Ferrari, son érudition qui ne vire jamais à la pédanterie, la douceur de ses tournures et la mélodie de ses mots. Il nous amène encore une fois en Corse, cette terre dont il parle si bien ; c’est un vrai régal de l’y suivre. D’un point de vue stylistique, il faut bien le dire, je n’ai pas été déçue. Concernant l’histoire en revanche, je reste un peu plus sur ma faim… Un livre qui tournait autour de la photo, voilà qui aurait dû me plaire ! Pourtant, j’ai trouvé qu’il y avait dans la manière dont le thème est traité quelque chose d’artificiel.

          On alterne entre passé et présent, autour de la figure d’Antonia. Si certains passages sont très beaux, d’autres m’ont paru quelque peu surfaits. J’ai parfois eu du mal à voir comment les choses s’articulaient entre elles. J’ai peiné à voir dans la succession des chapitres un tout cohérent. Difficile de totalement adhérer quand on a l’impression que le texte ne sait pas trop où il va. Cette impression de morcellement m’a gênée dans la lecture et si j’ai aimé le style et le décor, je n’ai pas trouvé l’histoire totalement aboutie. Elle m’a laissé un sentiment d’inachevé, comme s’il manquait le ciment pour lui donner sa stabilité.

Portrait de Jérome Ferrari, écrivain

Oui, les images sont une porte ouverte sur l’éternité. Mais la photographie ne dit rien de l’éternité, elle se complaît dans l’éphémère, atteste de l’irréversible et renvoie tout au néant.

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Mais vient le moment redoutable où il est impossible de se tenir plus longtemps à l’abri du rituel, il faut prononcer devant l’assemblée et devant le défunt les mots maladroits qu’on a choisis dans la solitude , dont on ne sait jamais s’ils seront trop mélodramatiques ou, au contraire trop désinvoltes.