Archives d’Auteur: Madimado

À propos de Madimado

Des livres, des films, des spectacles, des expos : de la culture !

Terres d’Arle

Par défaut

          Il y a de cela deux ans, j’ai découvert Caverna, un jeu dans la lignée du célèbre Agricola, toujours par Uwe Rosenberg. Le principe est un peu le même, sauf qu’en plus de cultiver des champs et élever du bétail, on doit aussi creuser des mines, en bons nains qui se respectent. A 7 joueurs qui ne se connaissaient pas et pour la plupart ne connaissaient pas le jeu, c’est une longue, très longue aventure qui s’annonce. Les parties sont annoncées en 120 min, pour notre première on a mis quelque chose comme 5h. Je ne regrette rien, j’ai a-do-ré. Malheureusement, nous avons rarement l’occasion de sortir des monstres pareils, on a donc décidé d’emprunter la version à 2 joueurs d’Agricola, Terre d’Arle, pour les longues soirées d’hiver (ou les courtes soirées d’été, peu importe).

Terres d'Arle

          Pas de mines dans Terre d’Arle (sans « s » parce qu’on n’est pas en Camargue mais en Frise). Comme dans Agricola, on est des fermiers, on cultive donc des champs, on élève du bétail et on fait un peu de commerce. Sauf que là, on n’est que deux. La boîte est assez volumineuse (doux euphémisme) et les règles sont d’une incroyable longueur. C’est terriblement fastidieux à lire et pourrait en décourager plus d’un. Le plus simple reste encore de mettre le plateau en place – ce qui n’est déjà pas une mince affaire – et d’aviser ensuite. Une fois qu’on a tous sous les yeux, c’est finalement assez intuitif, le plateau étant extrêmement bien conçu. Après un ou deux tours de jeu, vous n’aurez normalement quasiment plus besoin de vous reporter aux règles. C’est dur de s’y mettre mais finalement, une fois qu’on y est, ça se passe bien.

Terres d'Arle

Le plateau qui fait peur !

          Le temps dans Terre d’Arle se divise en deux saisons où on peut effectuer des actions différentes. Et on se rend compte une fois qu’on connaît le jeu et qu’on commence à vouloir élaborer des stratégies que ça passe très vite. Le plateau est très bien conçu et après quelques tours pour se familiariser avec le jeu, c’est assez fluide et il n’y a que très rarement besoin de se reporter aux règles : tout est écrit devant vous. Les parties peuvent aller relativement vite (ça reste un gros jeu, inutile d’espérer le finir en 1/2h), à condition de ne pas passer des heures à réfléchir avant chaque action, ce qui s’avère parfois difficile tant il y a de possibilités. Nombreuses sont les stratégies qui peuvent mener à la victoire, même si certaines nous on semblé un peu plus évidentes que d’autres. Rien n’est jamais gagné d’avance et dans l’ensemble, la plupart des parties que nous avons faites étaient assez équilibrées malgré des stratégies totalement divergentes. Même après plusieurs parties, on prend toujours autant plaisir à sortir ce jeu. Un gros gros coup de cœur.

Miss Sarajevo, d’Ingrid Thobois

Par défaut

          Printemps 1993. Joaquim, vingt ans, débarque au milieu de Sarajevo assiégée. Armé de son seul appareil photo, il cherche à échapper à son enfance et à se confronter à la mort. Cette mort que vient de choisir sa jeune sœur Viviane, fatiguée d’expier dans l’anorexie un tabou familial jamais levé. Été 2017. Joaquim apprend le décès de son père. Le temps d’un Paris-Rouen, lui reviennent en rafales les souvenirs de sa famille bourgeoise, apparemment sans défaut, verrouillée autour de son secret. Mais peut-on réellement se libérer du fardeau familial ? Quel est, au bout du compte, le prix du non-dit ?

Couverture de Miss Sarajevo d'Ingrid Thobois

          Je ne sais pas trop raconter sur ce roman qui dans l’ensemble m’a plutôt ennuyée. Le style n’est pas désagréable mais est loin d’être transcendant (ce qui est visiblement le leitmotiv de cette rentrée…). Quant à l’histoire… ça aurait pu être intéressant ce mec qui raconte ses souvenirs à Sarajevo, ses rapports à sa famille, le lien entre tout ça. Sauf que c’est terriblement décousu et au final assez banal. Après quelques pages de découverte du style et de l’univers de l’auteur, je me suis ennuyée (surtout dans les passages qui se passent en France). Le personnage manque de profondeur et n’est guère plus qu’un ado mal dégrossi, même si on doit lui reconnaître des circonstances atténuantes, c’est assez vite lassant.

          J’ai trouvé que la psychologie du personnage aurait méritée d’être un peu plus fouillée. Ca reste dans l’ensemble assez superficiel dans le traitement des émotions et des mécanismes de défenses mis en place. C’est dommage parce que je trouve que cette histoire avait un joli potentiel mais elle reste au final trop à la surface des choses. Il y a quelques jolis passages et des pistes de réflexions pas inintéressantes mais ça manque cruellement de corps. J’ai eu du mal à voir où l’auteur voulait en venir avec cette histoire qui s’avérait prometteuse et s’avère assez brouillon. De belles intentions mais un résultat assez mitigé. Si ça reste agréable à lire malgré quelques lourdeurs, ça manque de profondeur et l’auteur ne semble jamais aller au bout de sa réflexion. Dommage.

Portrait d'Ingrid Thobois

L’imminence du départ, ce spasme entre la certitude d’un quai et le doute d’une destination, déstabilise un grand nombre de voyageurs. On a beau avoir lu les panneaux d’affichage, vérifié les écrans, rien n’y fait: le parallélisme des quais et des trains semble une invite à se tromper de voie, à se tromper de vie.

_______________

Choisir de cesser de vivre, ce n’est pas forcément choisir de mourir.

Octobre, le bilan

Par défaut

          Un mois d’octobre assez étrange de mon côté. Après un mois de septembre bien tristounet, octobre s’est avéré moins déprimant et j’en ai donc profité pour me promener un peu et traîner au soleil tant qu’il était dans les parages. Je n’ai donc rien fait d’autre que… ne rien faire ! Mais pour une fois c’était volontaire et ça fait du bien. 7 livres lus ce mois-ci. Je suis toujours en galère avec la rentrée littéraire dont je ne vois pas le bout… Les révélations ne s’enchaînent toujours pas mais j’ai bien aimé Asta. J’ai aussi enfin la BD Le combat ordinaire que j’ai beaucoup aimée.

          Pas de sortie ciné ce mois-ci. Décidément, l’inconditionnelle de cinéma qu’on ne sortait pas des salles obscures est manque d’envie depuis bien longtemps. Allez savoir pourquoi mais en ce moment (depuis bien 2/3 ans quand même) je ne suis plus du tout attirée par le cinéma alors que j’ai toujours adoré ça ! Certains films me tentent mais de là à me déplacer il y a un monde… Même chez moi, je suis passée de plusieurs films par semaine à 1 ou 2 par mois. Ca ne me manque pas vraiment d’ailleurs. Un grand mystère.

v2 sig

          En revanche j’ai recommencé à regarder des séries. J’ai eu une jolie surprise avec Mindhunter et les jours où je suis malade j’aime bien me vautrer devant Call the Midwife, c’est plein de bons sentiments mais ça a un côté apaisant.

          Pas d’expos ou de spectacles en octobre. Pourtant beaucoup de choses me tentaient mais je n’avais pas trop envie de m’enfermer dedans. C’a vraiment été le mois des balades le nez au vent. J’ai fait quelques repérages pour la fin de l’année, on va voir ce que je sélectionne au final et ce que ma santé me laisse aller voir. Un mois d’octobre bien pauvre culturellement donc mais aussi très agréable avec même quelques sorties hors de Paris, histoire de se préparer à passer l’hiver.

Peppermint

Par défaut

          Thriller, action américain de Pierre Morel avec Jennifer Garner, John Ortiz, John Gallagher Jr.

          Riley North est une jeune mère de famille dont le mari et la petite fille viennent d’être assassinés par un gang. Face à système judiciaire corrompu qui remet en liberté les meurtriers qu’elle avait pourtant formellement identifiés, Riley décide de prendre les armes pour faire payer tous ceux qui, de prêt ou de loin, sont impliqués.

Affiche du film Peppermint

          Pour tout vous avouer, je ne pensais pas vraiment aller voir ce film, même si j’étais curieuse de revoir Jennifer Garner dans un film d’action. Non, j’étais au cinéma pour voir Blackkklansman. On est arrivés 3 min en retard et on nous annoncé à la caisse que le film avait déjà commencé. A l’UGC, alors qu’il y a toujours 20 min de pubs… Après vérification, on ne nous a pas menti, le film commençait bien pile poil à l’heure de la séance, le truc qui n’arrive juste jamais. Pas de bol. Puisqu’on était là, on est donc allé voir ce qui passait à l’heure où on y était. Et voilà comment je me retrouve à vous parler de ce film.

Image extraite du film Peppertmint

          Je n’étais pas hyper emballée en rentrant dans la salle, j’avais peur d’un scénario vu et revu et d’une certaine dose d’ennui, même si au fond je reste bon public pour ce type de film. Mais finalement, j’ai passé un bon moment. Certains ingrédients sentent un peu le réchauffé (une fille canon, une histoire de vengeance et un ripou) mais dans l’ensemble il faut bien admettre que ça s’éloigne un peu des codes du genre. Le personnage est assez réussi je trouve, elle passe de mère modèle à folle furieuse en l’espace d’une fusillade et ça fonctionne plutôt bien. Le point de départ du film s’avère assez efficace.

Image extraite du film Peppermint

          Ce qui est un peu dommage, c’est l’absence totale de suspense : on sait qu’elle est trop forte et qu’elle va dézinguer tous les méchants sur son passage, si possible en les faisant bien flipper tant qu’elle y est. Ca manque d’un petit soupçon de doute pour nous tenir en haleine. D’ailleurs le personnage est un vrai roc, sans la moindre fissure, là aussi un peu plus de nuance n’aurait pas été malvenu. Toutefois, le rythme est soutenu et ma foi, on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer. Le seul point qui m’a un peu dérangée, c’est la toute fin, qui offre un peu trop de réponses à mon goût. Pour le reste, même si son potentiel n’est malheureusement pas exploité au mieux, ça reste un bon divertissement.

Cuisine et confessions

Par défaut

          Je vous en ai déjà parlé ici et , depuis que j’ai découvert la compagnie québécoise Les sept doigts de la main, je suis instantanément tombée amoureuse. J’avais adoré Traces. J’avais ri, j’avais été impressionnée et clairement j’en suis ressortie en me disant que même si la mise en scène était parfois un peu brouillon, c’était le meilleur spectacle de cirque que j’avais jamais vu – et de loin ! Je le pense toujours d’ailleurs. J’ai vu des mises en scènes plus léchées, des spectacles plus décalés encore, des numéros plus impressionnants… Mais un spectacle qui allie à la fois une telle variété, un tel dynamisme, un tel niveau de performance et de l’humour en prime, ça non, je n’ai pas trouvé.

Affiche de Cuisine et confessions

          Quand j’ai entendu dire qu’ils avaient un spectacle sur la cuisine, j’ai aussitôt regardé les dates. A l’époque, le plus près était un festival en Belgique. Entre le transport, le logement et le prix des billets ça faisait un sacré budget. Ca me démangeait (très fort même) mais au prix d’un effort surhumain, j’ai décidé d’être raisonnable. Quand j’ai appris qu’ils passaient à Paris et que deux invitations m’attendaient, j’étais au comble du bonheur. Je pense que mes cris de joie résonnent encore aux oreilles de mes pauvres voisins. Parce que je vous le dis, pour moi, Cuisine et confessions et sans hésiter le spectacle de cette fin d’année ! La troupe que nous avons vue n’est pas tout à fait celle des photos, ça change souvent dans la compagnie. Ca n’a pas grande importance mais je tenais toutefois à le signaler pour les plus pointilleux.

Cuisine et confessions

          Évidement, j’aurais pu être déçue. C’est le risque quand on attend quelque chose avec une telle impatience. Et bien pas-du-tout. J’ai une fois de plus adoré. Je ne sais pas si je ne le mettrais pas en n°1 dans mon cœur même… Tout n’était pas parfait, il y a eu pas mal de petits ratés dans cette représentation (je remarque que c’est souvent le cas pour les 1e, même quand le spectacle tourne déjà depuis longtemps et c’est peut-être dû aussi aux changements dans la troupe). Mais ça allie cirque et cuisine, avec un décor qui a forcément tout pour me plaire et qui une fois de plus s’avère très ingénieux : comment je pourrais résister ? C’est bien simple, je ne peux pas et au bout de 5 min je me prenais déjà à rêver d’une coloc avec des gens qui feraient des acrobaties dans notre cuisine géante tout en discutant et cuisinant. C’est un joyeux bordel à la bonne humeur communicative. J’ai trouvé la musique très bien choisie et comme chaque fois j’ai été admirative de leur inventivité.

Cuisine et confessions

          Malgré quelques petits ratés, j’ai beaucoup aimé le numéro d’acrobaties où ils sautent dans des cerceaux (admirez la précision du style, je n’ai aucune idée de comment on appelle ça). Le numéro de diabolo est assez dingue aussi et… endiablé ! Un des meilleurs que j’aie pu voir. Mais mon numéro favori a sans doute été celui de tissus. C’est souvent assez lent mais là il est très bien amené, dynamique, poétique, et très impressionnant. Je n’en avais jamais vu d’aussi réussi. S’il y a quelques temps morts, dans l’ensemble le spectacle est très rythmé. Il y a de l’humour mais aussi pas mal d’émotion. Chaque artiste raconte son rapport à la cuisine et certains témoignages sont assez poignants. Chaque spectacle de la compagnie intègre en partie l’histoire de ses artistes et j’ai trouvé que c’était celui où cette partie était la plus réussie. On repart avec l’impression de les connaître un peu. Maintenant j’ai encore plus envie d’aller voir les autres spectacles de la troupe il paraît qu’il y en a un qui passe à Moscou en ce moment… A moins que je ne retourne voir celui-ci pour Noël ? J’ai ri, j’ai été émue, j’ai été impressionnée : ce spectacle m’a totalement conquise : courrez-y !

Cuisine et confessions
Les 7 doigts de la main

Bobino
14-20 rue de la Gaîté
75014 Paris

Jusqu’au 12 janvier 2019
De 16 à 58€