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Les orphelins du mal, de Nicolas d’Estienne d’orves

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          1995, en Allemagne. Le même jour, quatre hommes sont découverts, une ampoule de cyanure brisée dans la bouche, nus, la main droite coupée. Une seule certitude: les quatre hommes sont tous nés dans un Lebensborn, l’organisation la plus secrète des nazis, des haras humains où les SS faisaient naître de petits aryens pour réaliser leur rêve dément d’une race pure. Les autorités allemandes étouffent l’affaire.

Les orphelins du Mal

          Le premier roman que j’ai lu de Nicolas d’Estienne d’Orves, c’était il y a quelques années, lors d’une rentrée littéraire, Les fidélités successives. Ce roman chaudement recommandé par mon libraire avait été un véritable coup de cœur. Quand j’ai vu dans la bibliothèque d’une amie ce texte sur la même période, je lui ai donc immédiatement emprunté, même si j’aurai finalement mis bien du temps à me décider à le lire. Et j’avoue avoir été bien moins séduite que je m’y attendais… Je vais essayer de vous expliquer pourquoi. Ce roman m’a laissée très mitigée et trouver les mots justes ne va pas être une mince affaire.

          Au début, même si je n’ai pas trouvé le style aussi bon que dans ses romans suivants, j’ai bien accroché avec l’histoire, qui démarre franchement très fort. On sent vite que ça va être tordu à souhait. Finalement, d’un chapitre à l’autre, on suit plusieurs personnages, à plusieurs époques. Ce n’est pas si compliqué mais il m’a fallu un peu temps pour arriver à suivre sans m’y perdre. Certains personnages sont beaucoup plus réussis que d’autre, c’est de ce côté-là assez inégal. J’ai bien aimé l’enquêteur du sud-ouest, éminemment sympathique (chauvine, moi ?!), en revanche la jeune fille qui mène l’enquête m’a paru insipide et agaçante.

Nicolas d'Estienne d'Orves

          Plus les chapitres défilent, et plus j’ai trouvé le style un peu faiblard. Ca se lit, bien même, mais ça manque d’envergure, de tenue. Mais surtout, plus on avance plus l’histoire devient improbable. Au début, ça va encore, les premiers rebondissements piquent notre intérêt mais plus ça va, plus c’est le grand n’importe quoi. Pour atteindre sur la fin de véritables sommets en la matière (si, si, je vous jure…). Et pourtant, malgré un nombre de défauts incalculables, un style au mieux moyen, une histoire qui part dans tous les sens, on ne peut s’empêcher de tourner les pages de manière frénétique. A tel point que j’ai fini les 750 pages de ce roman en moins de 48h !

          Quelle explication à cela ? Euh… Un plaisir coupable ? Une fascination pour cette fresque délirante ? Aucune idée. Il faut noter toutefois que l’auteur est très bien documenté sur les croyances nazies les plus improbables – notamment une histoire avec les cathares – et les horreurs commises aussi bien que celles envisagées. C’est souvent assez glauque mais le fond historique est solide et n’est pas pour rien dans la fascination qu’exerce ce roman. Fort heureusement, depuis l’auteur a fait des progrès et a un peu canalisé la fougue de ses jeunes années, je suis très curieuse de lire son nouveau roman sur l’après-guerre, sorti ces jours-ci. Un roman assez mal écrit, improbable, dont les grosses ficelles et les rebondissements improbables épuisent le lecteur et qui pourtant garde un pouvoir de fascination tout à fait étonnant.

Personne ne gagne, Jack Black

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          De San-Francisco au Canada, de trains de marchandises en fumeries d’opium, d’arnaques en perçages de coffres, du désespoir à l’euphorie, Jack Black est un bandit: parfois derrière les barreaux, toujours en fuite. Avec ironie, sagesse et compassion, il nous entraîne sur la route au tournant du XXe siècle. Personne ne gagne est un hymne à une existence affranchie des conventions.

Personne ne gagne, Black Jack, couverture

          Disons-le tout net, la première chose qui donne envie de lire ce livre c’est sa couverture. Pour un format semi-poche à moins de 12€, il est tout simplement magnifique avec sa couv’ noire et argent. Gros coup de foudre pour son design. Ce livre est de toute beauté. Bon, dommage que le papier ne soit pas d’aussi bonne qualité mais il a l’avantage d’être fin et donc peu encombrant au vu du nombre de pages. Mon sac à main apprécie. Bon les considérations esthétiques étant passées, il est comment ce livre ? Je dois avouer qu’il m’est tombé dans les mains par hasard et que je ne savais pas trop de quoi ça parlait. J’ai beaucoup aimé le début. Un style un peu désuet mais vif et pas dénué d’humour et surtout une histoire qui sent bon l’aventure et le vagabondage qui n’est pas sans rappeler Jack London.

          L’histoire est assez riche en péripéties et j’ai beaucoup aimé l’aspect très aventureux. Je n’avais pas lu la quatrième de couverture et arrivée environ à la moitié du roman, j’ai été obligée de vérifiée quand ç’avait été écrit et par qui. Le roman a été publié pour la première fois en 1926, ça explique donc certaines expressions passées de mode et un style parfois un rien pompeux : tout s’explique. Quant à l’auteur, c’est plus ou moins sa vie qu’il nous raconte, lui-même ayant été voleur et vagabond et ayant passé pas mal de temps en prison. Pas étonnant que ça me rappelle les romans de London sur les bas fonds ! C’est bien écrit et l’auteur a un sacré talent de conteur, ils nous amène à ses côtés à l’aventure, qu’il nous narre avec un certain recul et parsème de réflexions sur sa vie.

Si j’ai adoré le premier tiers, j’ai par la suite trouvé qu’il y avait quelques longueurs. Mais ça n’en est pas moins palpitant. Vols, prison, vagabondage… ça s’enchaîne à un rythme effréné. On a ensuite bien sûr ses préférences en terme de récit, l’aspect aventure ayant tendance à avoir ma préférence. Même si je dois avouer qu’à un moment j’ai presque ressenti un trop plein de péripéties : ça part tellement dans tous les sens que parfois j’aurais aimé plus de « sentiment » (oui oui, je vous jure). La fin quand à elle m’a un peu déçue. Je chipote, cependant, ce roman reste une excellente surprise. C’est bien écrit, c’est rythmé, un plaisir malgré quelques longueurs. Encore une bonne pioche chez Monsieur Toussaint Louverture. Une vraie belle découverte que ce roman surprenant et intemporel.

Portrait de Jack Black

Quarante ans que je suis sur terre, et regarde où j’en suis. J’ai pas un sou à moi. S’il pleuvait de la soupe, j’aurais même pas de quoi m’acheter une cuillère, la liste de mes dettes est plus longue que la corde à linge d’une veuve.

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Je ne trouvais pas ça très correct de sa part, mais qu’est-ce que je pouvais faire ? Je n’étais qu’un pauvre voleur, un honnête voleur à la merci d’un avocat de grand chemin.

Gold

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Aventure, drame américain de Stephen Gaghan avec Matthew McConaughey, Bryce Dallas Howard, Édgar Ramírez
Kenny Wells a grandi dans le milieu des chercheurs d’or. Mais on ne peut pas dire que la chance lui ait souri. Il vend le peu qu’il lui reste et part à l’autre bout de la planète : en Indonésie. Il a la conviction qu’il y trouvera de l’or. Il s’associe avec le légendaire géologue Mike Acosta, ils vont devoir affronter ensemble la nature, les institutions financières de Wall Street et les pires complots…

Affiche de Gold de Stephen Gaghan

           Certains ici le savent sans doute, je suis une grande fan de Matthew McConaughey. Je trouve cet acteur juste exceptionnel (opinion fort répandue, vous noterez). Quand je l’ai vu à l’affiche de ce film, je ne savais pas de quoi ça parlait, l’accroche n’était pas terrible mais ça m’a donné envie quand même. Dimanche donc, après être allée voter, j’ai décidé d’aller le voir histoire de me changer les idées en attendant l’annonce des résultats (méthode fort efficace au demeurant). Je cherchais un film léger et même si je n’en avais vu que l’affiche, ça me semblait être adapté. Je ne me suis pas trop trompée. Bon choix vues les circonstances !

Kenny Wells (Matthew McConaughey)

           Sans être un grand film, c’est un bon divertissement. Le personnage principal est un prospecteur minier fauché à la recherche du bon filon pour se refaire. Il y a des hauts et des bas, des très hauts et des très bas même et franchement, je me suis plutôt laissée prendre au jeu. Le personnage principal n’est pas hyper sympathique : tocard alcoolique, un peu barge et assez arrogant, il est passablement agaçant. Son acolyte est quant à lui arrogant tout court. Beau duo ! Mais d’un autre côté, ce n’est pas plus mal qu’il soit un minimum humain. Le reste des personnages est très en retrait, voire quasi-inexistants.

Michael Acosta (Edgar Ramírez)

           L’histoire est riche en rebondissements, plus ou moins intéressants et plus ou moins bien traités, mais on n’a pas le temps de s’ennuyer et ça reste assez divertissant, malgré quelques moments peut-être un peu lents. Matthew McConaughey n’est vraiment pas à son avantage dans ce film : dégarni et bedonnant, on l’a connu sous un jour meilleur. On l’a connu plus inspiré dans l’interprétation aussi d’ailleurs. Son charisme et son énergie sauvent toutefois la mise même si son interprétation exubérante tranche avec une mise en scène trop sage. C’est d’ailleurs le principal défaut de ce film : c’est d’un classique ! Aucune originalité en vue.

Kenny Wells (Matthew McConaughey) und Michael Acosta (Edgar Ramírez)

           Or et self-made man, c’est déjà vu mais en général ça ne fonctionne pas trop mal. Tout le monde aime les histoires de réussite non. Ce n’est pas le type de sujet qui me touche le plus mais pour décompresser pendant 2h, ça a plutôt tendance à fonctionner. L’histoire ne manque pas de rebondissements et aurait mérité un traitement un peu plus nerveux ou décalé pour convaincre vraiment. C’est plan-plan et pas franchement très inspiré. Toujours est-il que malgré les défauts de ce film et un côté bien trop sage, j’ai passé un bon moment devant cette histoire à rebondissements.

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Les annales de la compagnie noire

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          Depuis des siècles, les souvenirs de la Compagnie noire sont consignés dans les présentes annales. Depuis des siècles, la troupe se loue au plus offrant et les batailles qu’elle a livrées ont déjà rempli maints volumes. Jamais pourtant elle n’aura traversé de période aussi trouble. Entrée au service de la Dame et de ses sorciers, la Compagnie participe à l’une des plus sanglantes campagnes de son histoire. Les combats incessants, la magie noire qui empuantit l’air… bientôt les hommes tombent comme des mouches, et ceux qui restent debout se demandent s’ils ont choisi le bon camp. Ce sont des mercenaires dépravés, violents et ignares, sans foi ni loi, mais même eux peuvent avoir peur, très peur…

glen cook

          J’ai lu un peu de fantasy dans mon adolescence mais il y a fort longtemps que j’ai délaissé le genre. Et puis, il y a quelques années, je me suis procuré les 3 premiers tomes de la Compagnie Noire. A vrai dire, je croyais que c’étaient les seuls que comprenait la série et c’est ce qui m’a motivée à me lancer, ce n’était pas trop long, ça fait toujours moins peur. Bon, après avoir commencé le 1° tome, je me suis renseignée et c’est n’est pas 3 mais 13 tomes que compte cette série ! Ils sont tous plus ou moins 400 pages. Pour la lecture rapide, c’est raté ! Qu’à cela ne tienne, une fois cette lecture entamée, impossible de s’arrêter. Toutefois, je ne pouvais pas me permettre de les lire d’une traite (je n’avais pas encore fini mon master à ce moment et les lectures, ce n’était pas ce qui me manquait). Mais la bonne nouvelle, c’est que les tomes fonctionnent par 2 ou 3, avec souvent pas mal de temps écoulé de l’un à l’autre et parfois des changements de narrateur. Il n’est donc pas trop difficile de couper sa lecture, d’autant plus que l’auteur rappelle le passé de manière régulière par petites touches subtiles. J’avais arrêté de vous parler de chaque tome un à un (trop répétitif), voici donc mon avis complet sur la série.

          Cette série a été immédiatement un énorme coup de cœur. Déjà, parce que c’est très bien écrit. Et qui plus est exceptionnellement bien traduit. La richesse de la langue est incroyable (avec quelques expressions typiques du sud dont certaines que je ne connaissais qu’en occitan !) et il n’est pas rare que je doive sortir le dictionnaire pour vérifier tel ou tel vocable. J’ai rarement vu tant de niveaux de langue se côtoyer, c’est un vrai bonheur ! La richesse du vocabulaire est juste exceptionnelle. Ces romans sont d’ailleurs sans doute le meilleur rempart à l’argument – parfois vrai – selon lequel la fantasy serait de la littérature de bas étage mal écrite. Glen Cook jongle avec les mots avec un talent fou. Côté style donc, un énorme coup de foudre. Je rêverais d’être capable d’écrire aussi bien.

glen cook

          Et l’histoire alors ? Ben déjà, avec un style pareil, le mec pourrait me parler de verrues plantaires que je serais au comble de l’admiration donc bon, il pourrait se payer le luxe d’une histoire bateau sans problème. Sauf que non, ça aussi c’est hyper réussi ! Je trouve souvent que les univers « magiques » ne sont pas assez construits et qu’il y a toujours un truc pas assez pensé qui me fait sortir du monde de l’auteur. Rares sont ceux qui trouvent grâce à mes yeux. Là l’univers est assez proche du notre (version plutôt médiévale : on est pied et à cheval et on guerroie avec des épées), la magie vient par petites touches où le mythe côtoie souvent la réalité. Elle prend la forme de déesses maléfiques, de démons invisibles ou de sorciers farceurs. Avec un petit tapis volant d’ici-delà. Et en fonction des régions traversées par nos héros, les croyances varient, laissant toujours traîner une part de mystère. Mais il arrive aussi qu’elle se fasse oublier, ou qu’en tout cas elle soit laissée plus en marge du récit, comme une sourde menace parfois un peu lente à ressurgir.

          La Compagnie noire, c’est grosso modo une troupe de mercenaires à l’éthique discutable mais à laquelle le sens de l’honneur et un certain sens de l’humour ne sont pas étrangers. Sa taille varie d’une poignée d’hommes à une véritable armée en fonction des coups du sort. L’histoire s’étend sur une vaste période (quelque chose que 40 ans je pense) avec donc pour la compagnie des membres et des employeurs changeants. On la voit évoluer, et ses membres avec elle. Sans oublier bien sûr un certain lot de trahisons et d’échecs qui viennent pimenter l’affaire. Parce que l’autre grande réussite de cette série, c’est que tout n’est pas rose pour nos héros. Loin s’en faut ! Il y a quelques sacrés cas sociaux dans ses rangs, certains personnages sont parfaitement antipathiques, ils ne sont pas toujours aussi fins stratèges qu’ils le voudraient (même si à vrai dire, c’est quand même ce qui est sensé leur sauver la mise à peu près tout le temps) et ils jouent parfois de malchance. En bref, ça ressemble assez la vraie vie. Les héros ne s’en sortant pas particulièrement mieux que les autres (enfin juste assez pour que l’histoire continue quand même).

glen cook

          Les livres que nous lisons sont sensés être les annales de la compagnie, où tous ses faits et gestes sont archivés avec plus ou moins de minutie. Celui qui les consigne change donc parfois d’un livre à l’autre avec un changement de style conséquent. Mon favori est indéniablement resté Toubib, celui qui ouvre le récit. Ca tombe bien, c’est au final lui qui a le plus souvent la parole. J’ai bien aimé l’idée qui est de plus assez bien exploitée et crée de la variété dans cette série fleuve. J’avais peur de ne jamais venir à bout de ses 13 tomes mais si j’ai pris tout mon temps, c’est avant tout pour faire durer le plaisir parce que franchement, c’est tellement prenant qu’il faut se faire violence pour ne pas enchaîner les tomes jusqu’au dernier.

          J’avais peu peur d’être déçue par la fin. Ca finit bien ? on se dit que c’est prévisible. Ca finit mal ? on est déçus pour les héros qu’on a suivi si longtemps. Jusqu’à la moitié du dernier tome, je n’ai pas été très sure de savoir comment ça allait finir. Après j’ai cru voir où ça allait et j’ai eu peur qu’en prenant un chemin assez attendu, la fin manque de panache. Alors certes, il y a une partie du dénouement qu’on peut anticiper maaaiiis, il y a des rebondissements jusqu’à la dernière ligne, et pas des moindres. J’ai trouvé que l’auteur ne s’en sortait pas mal du tout avec cette fin à la fois logique et surprenante. J’ai refermé ce livre en me sentant un peu orpheline et avec une grosse envie de jeter un œil à ce que Glen Cook a écrit d’autre (ainsi qu’aux traductions de Frank Reichert). Vous l’aurez compris, cette série aura été un énorme coup de cœur. Bien sûr, il y a des passages qu’on aime plus que d’autres, des moments un peu moins palpitants et des personnages qui ne nous inspirent pas toujours mais l’ensemble est d’excellente qualité et se tient très bien. Les rebondissements ne manquent jamais et le suspens est bien souvent au rendez-vous. Du grand art.

auteur

Le Mal est relatif, annaliste. On ne peut pas lui mettre d’étiquette. On ne peut ni le toucher, ni le goûter, ni l’entailler avec une épée. Le Mal dépend de quel côté on se trouve, de quel côté on pointe son doigt accusateur.

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Tu me connais, gamin. Je suis aussi insaisissable que fiente de chouette vaselinée.

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Avec les rois, on ne peut jamais savoir. Il ne réfléchissent pas comme les gens normaux. Comme s’ils étais plus ou moins hermétiques à la réalité.

The lost city of Z

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Film d’aventure américain de James Gray avec Charlie Hunnam, Sienna Miller, Tom Holland
Percy Fawcett est un colonel britannique reconnu et un mari aimant. En 1906, alors qu’il s’apprête à devenir père, la Société géographique royale d’Angleterre lui propose de partir en Amazonie afin de cartographier les frontières entre le Brésil et la Bolivie. Sur place, l’homme se prend de passion pour l’exploration et découvre des traces de ce qu’il pense être une cité perdue très ancienne.

affiche

Je suis assez friande de récits d’aventures. Je suis d’ailleurs un inconditionnelle de Sylvain Tesson et Jack London, un amour qui se retrouve bien sûr aussi au cinéma. Un film sur un explorateur du début du siècle dernier, ça ne pouvait que me parler. J’avais entendu dire que ce film était très esthétique mais pauvre en émotions mais il en fallait plus pour me décourager. Alors, convaincue ou pas par cette petite balade dans la jungle ? Je ne ferait peut-être à ce film les mêmes reproches que ceux que j’ai pu lire mais je ne le trouve pas exempt de défauts pour autant. 2h20 parfois un peu éprouvantes qui m’ont laissée mitigée.

james gray

On m’avait dit que c’était très esthétisant mais franchement (pas très étonnant venant de James Gray), je ne m’attendais pas à cette lumière d’un jaune douteux façon photo sépia qui aurait mal vieilli. Même si je ne les retrouve pas sur les photos – un problème d’écran peut-être ? Honnêtement j’ai trouvé ça perturbant, voire dérangeant, même si on finit par s’y habituer peu ou prou. En tout cas, même si je note un énorme travail sur la lumière, c’est plus raté qu’autre chose. En même temps, ce n’est pas pour ça que j’y allais, moi ce qui m’intéressait, c’est l’histoire. Alors ? on part à l’aventure, on a des sueurs froides face aux cannibales, on est surexcités à l’idée de partir à la recherche de cités perdues ? Bah… oui, non, bof. Bon, déjà, notre héros part à contre-coeur, il faut un peu de temps pour que lui même rentre dans sa propre histoire. On le comprend, aller faire des relevés à l’autre bout du monde dans la jungle alors qu’il a une femme super, ça n’avait pas l’air palpitant. C’est donc un peu long à démarrer mais ça permet de se familiariser avec le personnage.

james gray

Ce qui est plus surprenant, c’est que même une fois qu’il est lancé dans l’aventure, on reste un peu au bord de la route. Pourtant, j’ai été réellement intéressée par ce qu’il se passait. L’histoire a un énorme potentiel que j’ai finalement trouvé assez mal exploité. Il faut dire que l’histoire court sur plusieurs décennies, difficile donc de traiter le sujet en profondeur, on a l’impression que les évènements sont survolés, ce qui n’aide pas trop à rentrer dans le film, aussi intéressante que soit cette histoire. Ce n’est malheureusement pas très axé aventure dans la manière de traiter l’histoire, le parti pris est plutôt scientifique : juste les faits. Cet aspect clinique donne une certaine impression de froideur. On est loin des frasques d’un Indiana Jones. Pas que je me sois attendue à beaucoup d’action mais quand même, c’est un peu mou du genou.

james gray

C’est d’ailleurs à mon sens l’un des gros points faibles de ce film : ça se traîne un peu. Ca manque sérieusement de rythme alors même que ça semble passer trop rapidement sur les évènements. Étrange paradoxe. De plus j’ai trouvé qu’on ne s’attachait pas trop au personnage. Il a certes quelques bons côtés mais il n’est pas particulièrement sympathique. Pourtant, contrairement aux apparences, j’ai plutôt bien aimé ce film. Parmi les points positifs, la musique notamment, assez réussie. Je me suis intéressée à l’histoire, ça m’a même donné envie d’en apprendre plus sur cet homme. C’est juste qu’étant donné le potentiel je m’attendais à quelque chose d’un peu moins lisse, plus nerveux. D’un autre côté, pour une fois, on ne pourra pas dire que ça en fait trop dans le sentiment ! Un film dont l’esthétique léchée ne m’a pas convaincue et au rythme inégal mais dont l’histoire parvient tant bien que mal à nous faire voyager.

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