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Au pied de la falaise – Möko

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          A travers un véritable cycle de vie, Akou n’a de cesse d’apprendre : apprendre l’étroitesse du lien qui unit la vie à la mort lors de la perte de son grand-père ; apprendre aux côtés de son père, chef de village ; apprendre le pouvoir de l’ombre et de la lumière ; apprendre à travers un rituel initiatique à devenir un Homme ; apprendre l’amour, la vie de famille, l’entraide… et apprendre à nouveau à perdre…

Couverte d'Au pied de la falaise de Möko

          On m’a offert ce roman graphique pour mon anniversaire en m’en disant le plus grand bien. J’avais hâte de le découvrir, d’autant plus que les dessins sont magnifiques. J’avoue avoir eu un peu de mal au début. Je n’arrivais pas vraiment à rentrer dedans, à savoir où ça menait. Je trouvais les historiettes sympas mais voilà, ce n’était pas non plus le gros coup de cœur. J’aimais bien mais sans plus quoi. J’ai tout de même continué ma lecture, espérant que ça s’arrangerait un peu au fil des pages. Et j’ai bien fait !

          Au fur et à mesure, une trame se dessine, on comprend mieux le lien entre les scénettes et on commence à comprendre les personnages, leur univers, leur culture. C’est un peu long à se mettre en place mais ça vaut le coup d’être un peu patient tellement chaque élément finit par prendre sens pour former un tout très cohérent. Le personnage principal est attachant et j’ai eu beaucoup de mal à le quitter en fermant ce livre.

          J’ai beaucoup aimé les dessins, très beaux et poétiques, et le texte assez concis sonne très juste. Mais le projet est bien plus vaste avec également de la musique et de la danse conçues pour accompagner le texte. J’ai écouté l’album juste après avoir fini ma lecture et je dois avouer avoir été séduite par le résultat. Un magnifique projet qui allie plusieurs disciplines et un roman graphique aussi esthétique que touchant (pour en savoir plus, c’est ici). Malgré un début en demie-teinte, un vrai coup de cœur.

Planche d'Au pied de la falaise de Möko

Ma famille, c’est comme une maison où les enfants sont les briques de terre qui délimitent la grandeur du foyer. Je ne suis que le toit de paille qui les protégera de toutes les intempéries… le pilier central étant Ma Soleil !

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La bêtise, c’est comme l’huile… on a beau nettoyer, il en restera toujours un peu dans une calebasse qui en a contenu.

Le guide du mauvais père

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          Oublier le passage de la petite souris, traumatiser sa fille avec une terrifiante histoire d’arbre qui pousse dans l’estomac, dénicher des conseils peu avisés pour encourager fiston à taper plus fort sur le punching bag… Guy Delisle, un mauvais père ? Non, un auteur de bande dessinée qui sait puiser l’imagination là où elle se trouve, avec un sens aigu de l’observation et une bonne dose d’autodérision.

Couverture du Guide du mauvais père T1

          De Guy Delisle j’avais adoré Pyongyang (l’article qui me vaut une véritable inondation de ma boîtes de spams). Son humour avait fait mouche et j’avais bien envie de voir ce qu’il avait fait d’autre. Sheng-Zen m’a moins convaincue mais j’avais toujours autant envie de continuer ma découverte de ses BD. Quand j’ai voulu faire un cadeau à des amis sur le point d’adopté, la libraire m’a conseillé « Le guide du mauvais père ». Bon, certes, c’était très éloigné de ce que je cherchais mais bon, je trouvais ça plutôt drôle alors… Alors j’ai pris les 2 premiers tomes (il semblerait qu’il y en ait 3 mais j’ai fait avec qu’il y avait en rayon). Et comme ils sont gentils, ils m’ont même laissé les lire, ce qui me donne l’occasion de vous en parler.

Le guide du mauvais père

          Je dois avouer que ces deux premiers tomes m’ont souvent fait sourire. Même si au fond ce n’est pas si horrible que ça. Ca sent même terriblement le vécu ! La plupart des histoires sont décalées et certaines sont vraiment drôles. J’ai bien peur que beaucoup de parents ne se soient déjà retrouvés dans certaines des situations décrites par l’auteur que ce soit l’oubli du passage de la petite souris ou s’emballer totalement et raconter des choses horribles à ses enfants sans s’en rendre compte, créant un vent de panique. Ma préférée est le père qui oublie de faire faire les devoirs à son fils pour jouer aux jeux vidéo. De petites scènes du quotidien où beaucoup pourraient bien se retrouver. Bref, ce petit livre sans prétention est agréable à lire et devrait décomplexer bien des parents.

Pablo, t1 : Max Jacob

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          Ce 1er opus de Pablo commence au Bateau-Lavoir, logement pour bohèmes situé au sommet de la Butte, où Picasso rencontra Fernande, le premier grand amour de sa vie. Il en fera des centaines de portraits. Au cœur de leur existence, il y aura entre autres Max Jacob.

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          Depuis le temps qu’il attend dans ma bibliothèque, ça y est, j’ai enfin lu le tome 1 de Pablo, la BD sur Picasso dont on a tant parlé. J’avais reçu le tome 2 à une occasion dont je ne me souviens plus et devant le chroniquer rapidement, je m’étais retrouvée à le lire en premier, bien que ce ne soit pas l’idéal de prendre les choses dans le désordre. Je n’avais pas du tout accroché avec le dessin, un peu « brouillon » à mon goût, ni avec la police utilisée, qui fait un peu écriture manuscrite version patte de mouche et est assez difficile à lire. Pourtant, même si mon avis était assez mitigé, j’avais été plutôt intéressée par l’histoire qui m’avait appris pas mal de choses. La série compte 4 tomes et je me disais que je verrais si ça valait le coup d’acheter les 2 dernier après avoir lu le premier.

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          Bon, si le deuxième tome m’avait presque convaincue, le premier n’a pas eu le même effet… Évidemment, les reproches sur le dessin et surtout la typo sont les mêmes, mais surtout, on ne peut pas dire que l’arrivée du jeune Pablo à Paris m’ait passionnée. Ca peine à démarrer et il est franchement tête à claque. Autant j’avais trouvé que le tome 2 éclairait bien la vie de l’artiste, autant là j’ai trouvé que ça peinait à trouver une ligne directrice claire : ça part un peu dans tous les sens et j’ai eu le plus grand mal à me passionner pour les frasques d’étudiant du futur maître du cubisme. J’ai trouvé les personnages presque plus insupportables les uns que les autres.

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          Je relis au passage mon article sur le premier tome qui commence à dater sérieusement et je me rends compte que sur le style, j’y disais la même chose quasiment mot pour mot. Mais non, je ne suis pas du tout du genre à avoir des idées arrêtées voyons… Bref, je pense que si j’avais commencé par le tome 1 comme les gens normaux, je n’aurais jamais lu la suite de cette série. Pourtant, l’histoire du 2 et son ambiance m’avaient vraiment séduite. Du coup je suis un peu perdue là. Alors on fait quoi ? Je ne pense pas acheter les deux derniers tomes mais j’espère avoir l’occasion de les emprunter pour les lire et me faire un avis plus tranché sur cette série qui a bien quelques défauts mais dont le sujet n’en reste pas moins prometteur.

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Comme convenu

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          L’histoire très largement autobiographique du déménagement de l’auteur à San Francisco en 2013 avec sa famille, en tant que co-fondatrice d’un studio de jeux vidéo… Et les déconvenues qui en découleront

Comme convenu

          On m’avait pas mal parlé de cette BD. Mon copain travaille dans le jeu vidéo et donc cette histoire de créateurs de jeu qui montent une boîte et partent vivre en Californie était sensée lui parler. J’étais très curieuse de voir ce que ça allait donner et j’ai pour tout dire été assez déçue. Je m’attendais à quelque chose de très drôle et à beaucoup d’auto-dérision. Je crois que c’est le style graphique qui me faisait dire ça. Un dessin assez frais, avec un côté presque enfantin plutôt sympa. Ca me rappelait un style un peu à la Bagieu ou dans cette veine là. Sauf que c’est finalement moyennement le cas dans le texte.

Comme convenu

          Le plus souvent, quand on lit un livre, on s’attache un minimum aux personnages principaux. Dans une BD auto-biographique ça aide quand même sacrément à apprécier en tout cas. Là, ç’a été tout le contraire. Le personnage apparaît comme foncièrement naïf, ce qui le rend très agaçant. Quand à son compagnon, il est parfaitement inexistant : il est là mais semble totalement dépourvu de caractère. Seul le chat est sympathique. Je pense que les petits défauts de chacun sont accentués mais au lieu de les rendre attachants ou de nous faire sourire, c’est parfaitement agaçant.

Comme convenu

Bon, dans l’ensemble, leur expérience n’est pas inintéressante. Ca pourrait arriver à tout le monde et je suis la première à admettre que j’aurais pu me faire avoir de la même manière et accepter à peu près n’importe quoi sous prétexte que mon travail me plaît. Ca m’a d’ailleurs rappelé quelques souvenirs. La seule différence c’est que j’en aurais rajouté deux tonnes dans l’auto-dérision et le cynisme si j’avais dû en parler. Il y a une vague tentative mais ça ne va pas assez loin et ça tombe complètement à plat. Trop gentillet. Je jetterai peut-être un œil quand même au blog pour voir comment ça finit parce que là ça nous laisse sur notre faim. Une BD en demie-teinte. Ca sonne juste, ça respire le vécu, mais on s’ennuie un peu et on s’agace des travers des personnages. Dommage, il y avait un beau potentiel.

Magasin général

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          J’avais entendu dire beaucoup de bien de cette BD mais je n’avais jusque-là jamais eu l’occasion de la lire. J’ai donc entamé cette lecture avec un enthousiasme certain. Je dois avouer que le premier tome m’a un peu déçue. Si je n’avais eu que celui-là sous la main, je n’aurais sans doute pas poursuivi ma lecture. C’est un peu long à démarrer et je n’ai pas vu de suite ce que ça avait d’exceptionnel. Comme souvent dans les premiers tomes, l’histoire met un peu de temps à se mettre en place.

Magasin général

         Le dessin est classique et très soigné. On ne peut pas dire qu’il soit très original mais j’ai apprécié sa précision et son côté un peu rétro qui cadre si bien avec l’histoire. Comme j’avais les neuf tomes sous la main, j’ai continué ma lecture. L’univers est un peu long à se construire mais on s’attache peu à peu aux personnages en apprenant à les découvrir. Chacun a son caractère, ses qualités, ses défauts et ses failles : ils sont terriblement humains. Leurs relations ne manquent pas d’intérêt… et de surprises !

Magasin général

         Il y a beaucoup de charme dans les expressions typiquement québecoises qui jalonnent ce texte et lui donnent une touche toute particulière. Les petits travers de chacun les rendent terriblement attachants et les relations entre les uns et les autres sont plus vraies que nature, avec leurs bons et leurs mauvais moments. On croirait presque faire nous aussi partie de cette vie de village.

Magasin général

         Certains tomes sont plus réussis que d’autres, il y a des personnages qu’on aime plus au moins mais dans l’ensemble on prend plaisir à lire cette BD pleine de rebondissements. Tripp et Loisel parviennent à nous amener mans leur monde délicieusement rétro qu’on ne quitte qu’à regrets. Une série qui nous fait souvent sourire et nous immerge dans un Québec d’un autre temps : c’est drôle et plein de tendresse, on en redemande.