Archives de Tag: gastronomie

Arpège, un déjeuner chez Alain Passard

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          Pour l’anniversaire de ma maman, elles nous a invitées dans un restaurant qu’elle rêvait d’essayer depuis fort longtemps : L’Arpège d’Alain Passard. L’homme cultive lui-même ses légumes. Il possède pour cela un cheval et se fait livrer chaque matin en légumes frais et de saison. Sa cuisine les met au cœur de l’assiette. Il les travaille sans les dénaturer, ce qui lui a valu d’obtenir 3 étoiles au guide Michelin. Autant vous dire que j’avais hâte de goûter à sa cuisine !

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          Le restaurant est d’une étonnante sobriété. Rue de Varenne, entouré de ministères, la façade passe totalement inaperçue. C’est à peine si le nom figure dessus. Même simplicité à l’intérieur : tables en bois clair, nappes blanches et quelques légumes en déco. La salle était réservée, nous étions donc dans le salon, dans une jolie cave voûtée. La pièces est petite mais agréable, la vaisselle simple mais jolie, sur la table, un Opinel qui nous accompagne durant tout le repas (ainsi que du pain maison avec un excellent beurre salé) et un petit panier plein de légumes en guise de composition florale. On est loin du décorum des palaces et on se sent de suite à l’aise avec des serveurs pour le moins sympathiques.

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          Trois menus sont proposés à 140, 240 et 320€. Eh oui, quand même ! Les étoilés, ce n’est pas donné. Le 1° menu est une surprise du chef. Le 2° tout légume. Et le dernier terre et mer. Nous avons opté pour le 1° sans trop savoir à quoi nous attendre donc. Nous avons été plus qu’agréablement surprises. C’est un vrai festival que ce menu en 12 plats ! Essentiellement des légumes – ce qui n’est franchement pas pour me déplaire – mais aussi un plat de volaille, un de poisson et deux desserts. Sans compter les amuse-bouche et mignardises. Tout est absolument délicieux, même si bien sûr certains plats sortent du lot, comme l’asperge, le risotto aux petits légumes ou encore le mille-feuille.

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          Ce repas était un vrai régal ! Le chef est passé entre les tables et a discuté un bon moment de choses et d’autres, ce qui fut une excellente surprise. Le service est aux petits soins et vraiment adorable. Dans l’assiette, les surprises se multiplient. Chaque plat est très goûteux, on retrouve bien le goût de chaque élément. Les assaisonnements sont souvent à base d’herbes, ce que j’apprécie particulièrement. On aime toujours certains plats plus que d’autres mais il n’y en a aucun qui ne soit pas reparti vide et saucé (ce n’est pas chic mais c’était trop bon alors je m’en fiche !). J’ai d’ailleurs pris peu de photos, un peu parce que les plats ne sont pas très spectaculaires visuellement parlant et beaucoup parce que j’étais trop occupée à manger.

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          Côté produits, le mois d’avril n’était peut-être pas la meilleure saison avec essentiellement des asperges, des betteraves, des carottes et des navets (beurk !). Aucun fruit. Même si les légumes de printemps commençaient à pointer leur nez, je crois que j’aurais plus apprécié d’y déjeuner en été, quand poivrons, tomates et courgettes s’invitent sur les tables. Ce n’est était pas moins délicieux et ne m’a donné que plus envie d’y retourner. Seul bémol parmi les mignardises, le petit chou à la chantilly… au navet (!) qui m’a laissé un goût amer. La tartelette au petits-pois en dessert était quant à elle… intéressante. Ce repas était un sans faute de bout en bout et un excellent moment. Je n’hésiterai pas à casser ma tirelire pour renouveler l’expérience. Une table à recommander à tous les amoureux des légumes sans la moindre hésitation.

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Arpège

Alain Passard

84 rue de Varenne

75007 Paris

Menu à partir de 140€

Fermé le week-end

Un dîner chez Michel et Sébastien Bras

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          Michel et Sébastien Bras, un père et un fils qui ont su faire de leur restaurant de Laguiole un repère de la gastronomie. 3 étoiles que le père a su transmettre à son fils. Une cuisine a base de produits de l’Aubrac et de plantes fraîchement cueillies pour une cuisine de saison au plus près de la nature. J’avais hâte d’y goûter !

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           La première chose qui impressionne quand on arrive chez les Bras, c’est la vue exceptionnelle sur le plateau de l’Aubrac qui s’offre à nous. Elle est de toute beauté et la terrasse qui ressemble à une proue de bateau est idéale pour en profiter. La décoration de la salle est très sobre mais avec ses grandes baies vitrées, elle offre une vue exceptionnelle. Nous avons d’ailleurs pu profiter d’un coucher de soleil absolument fabuleux.

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          Dans l’assiette, la relative sobriété de la cuisine – comme de la déco d’ailleurs – m’a étonnée. Au menu, on trouve entre autres une salade d’herbes encore plus belle que bonne, de l’agneau avec de l’aligot (j’adore ça mais là j’ai cru que j’allais exploser) ou encore du homard avec une vinaigrette à la myrtille qui était juste à tomber ! Parce que certes c’est simple, mais qu’est-ce que c’est bon !

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          Souvent dans les grands restaurants, je suis déçue par les desserts, rarement à la hauteur. Ici, ils sont largement au niveau de ce qui précède, voire même légèrement supérieurs pour un repas qui se termine en beauté. Sébastien Bras a même réussi à me faire aimer les figues, l’un des très rares fruits que je n’apprécie  habituellement pas. J’aurais pu en manger des kilos si je n’avais pas déjà été aussi repue ! Un délice !

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          Evidemment, ce type de restaurant n’est pas donné et reste réservé à des occasions particulières (en l’occurrence le départ à la retraite de ma maman – au passage je remercie d’ailleurs ses collègues pour cette riche idée et mes parents de m’avoir gentiment invitée). Toutefois, la maison Bras n’est pas parmi les plus chères, comptez autour de 150€ par personne.

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          On m’avait vanté cette adresse pour son originalité et son côté marquant. A vrai dire, si j’ai tout trouvé excellent, la surprise a rarement été au rendez-vous au cours du repas. J’ai aimé qu’on puisse visiter les cuisines, ça restera pour moi le moment le plus fort de la soirée malgré un passage trop bref (foutue timidité), suivi de près par le fabuleux coucher de soleil qui a donné a ce repas une teinte toute particulière.

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          L’accueil est adorable et plein de petites attentions que j’ai beaucoup appréciées. C’est finalement le tout qui fait que cette soirée restera pour moi mémorable, même si je ne garderai sans doute pas le souvenir de chaque plat comme ça a pu être le cas chez Marc Veyrat ou Jean-Luc Rabanel. Une très belle soirée dans une adresse à part, entre tradition et modernité, qui met la nature au cœur de l’assiette. 

Lapérouse

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          Le restaurant Lapérouse est une des plus vieilles maisons parisiennes. J’avais eu l’occasion d’en admirer la magnifique devanture en allant déjeuner chez leurs voisins (les excellents Bouquinistes) et j’avais très envie de savoir si les mets étaient à la hauteur de cet écrin. Voilà qui est fait…

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          Lapérouse est un restaurant pour le moins onéreux, toutefois, comme dans la plupart des grands restaurants parisiens, un menu plus abordable est proposé le midi. La formule est à 55€ entrée/plat/dessert avec un verre de vin. Deux choix sont proposés pour chacun des plats. Nous étions deux et avons testé les deux entrées et les deux plats, nous avons en revanche pris le même dessert. Au menu donc : carpaccio de crevette à la bergamote et bar au citron confit d’un côté, pâté en croûte et veau orloff de l’autre, suivis d’ananas rôti à la citronnelle.

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          Dans les assiettes, tout est impeccable. C’est bon, c’est copieux, original juste ce qu’il faut. On commence par des amuses-bouche, puis un délicieux pain accompagné de beurre salé. Mes crevettes étaient un vrai délice ! Quant à la portion de pâté en croûte, elle était des plus généreuse et accompagnée d’une salade aux copeaux de truffe. De même pour les plat. Les portions étaient généreuses et les accompagnements de mon plat absolument divins : une purée d’artichauts au délicat goût de fumée et des lanières de pomme-de-terre à l’encre de seiche très surprenantes. Le sans faute continue avec le dessert, tout aussi généreux, et tout aussi bon ! Même les mignardises sont impeccables, bien que nous ayons manqué un peu d’appétit pour pleinement en profiter.

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          Toutefois, quelques petits points négatifs à noter tout de même… Le service est fort sympathique mais assez peu professionnel. J’ai pris en apéritif une coupe de champagne rosé, on m’amène du blanc, vite remplacé, certes, mais tout de même. Quant à l’eau, j’ai demandé une carafe, on nous a servi de l’eau minérale, autrement plus onéreuse. Ensuite, le temps d’attente entre l’entrée et le plat a été extrêmement long, alors que le restaurant était quasiment vide et qu’on nous avait demandé si nous étions pressées. Ce qui n’a pas empêché le plat d’arriver presque froid. Quelques détails qui dénotent un peu dans un pareil cadre et surtout à un tel prix. Heureusement que les serveurs sont aimables, ce qui rattrape un peu ces défauts. Lapérouse n’est certainement pas le meilleur rapport qualité/prix de Paris mais reste une très bonne adresse. Les mets sont raffinés, les portions généreuses et le lieux splendide. Une belle découverte et un très bon moment.

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Lapérouse

51 quai des Grands Augustins

75006 Paris

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Veuillez excuser la piètre qualité des images, je n’avais malheureusement pas pris mon appareil et mon téléphone ne fait pas de miracles (surtout sans retouches…).

La littérature gourmande, de François Rabelais à Marcel Proust

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          Du Moyen Age à nos jours, romancier, poètes et dramaturges ont célébré la bonne chère. Cet ouvrage propose 150 extraits des plus belles pages consacrées à l’art culinaire. La Fontaine, Musset, Dumas… les plus grand noms sont représentés dans cet éloge de la gourmandise. Des pages de la littérature française qui vous feront saliver d’envie !

         Cette nouvelles collection initiée chez Eyrolles intitulée « Les plus belles pages » propose un concept intéressant de recueil de grands textes de la littérature française, connus ou moins connus, rassemblés autour d’un thème. Les deux premiers à paraître sont La littérature érotique et La littérature gourmande (que voici). Bien sûr, je me suis jetée sur ce dernier dès que j’en ai entendu parler ! Alors, qu’en est-il à la lecture ? Tout d’abord, j’ai été surprise par la sobriété de la couverture. Si elle est épurée et plutôt agréable à regarder, elle ne m’a pas franchement évoqué la gourmandise (bien que j’adore les cerises). Je crois que j’imaginais quelque chose d’à la fois plus classique et moins sobre. Je pense qu’en magasin, je ne serais pas allée vers ce livre, faute de faire un lien couverture/contenu. Ah, toujours le fameux horizon d’attente de Jauss ! Quant à la maquette intérieure, elle reste trop « scolaire ». Que ce soit la typographie, la mise en page, le choix du papier, tout m’a rappelé un aride livre de théorie littéraire écrit par quelque obscur professeur. Eyrolles n’a pas su sortir de sa spécialisation très technique pour nous offrir un produit à l’enrobage plus appétissant et grand public, c’est bien dommage !

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          En effet, le contenu est quant à lui fort intéressant. Je commence par le petit détail qui me fait tiquer histoire d’en être débarrassée : le livre est sous-titré « De François Rabelais à Marcel Proust » mais commence au Moyen Age pour finir dans les années 60… Il aurait plutôt dû s’intituler « De Marco Polo à Marguerite Duras ». Je chipote me direz-vous… Oui peut-être, je suis un peu tatillonne question lexique mais bon hein, si les mots ont un sens ce n’est pas pour rien ! « De… à… » qu’on le veuille ou non ça marque un début et une fin c’est donc plutôt mieux si on peut en respecter au moins approximativement le sens… Ceci dit, le recueil de texte est vaste et offre un panel varié de la littérature gourmande, tant dans les styles que dans les époques. La partie contemporaine aurait mérité d’être un peu plus étoffée, en revanche, j’ai beaucoup apprécié de découvrir certains auteurs médiévaux. Pour chaque période, une introduction sur la place de la gastronomie nous replace dans le contexte ; quant aux textes, ils s’ouvrent par une petite présentation originale de leur auteur. Ces parties explicatives sont à la fois concises et intéressantes. Les extraits, connus ou moins connus, sont très bien choisis et quelques recettes viennent même s’y glisser. On regrette vraiment cette présentation un peu austère qui ne met pas assez en valeur un contenu pourtant palpitant. Un livre à la fois enrichissant et distrayant qui nous met l’eau à la bouche !

Les séductions du palais

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          Cette exposition s’intéresse à la gastronomie chinoise, elle est d’ailleurs sous-titrée « cuisiner et manger en Chine ». Comment la gastronomie est née et a évolué ? Quelle est la place de la cuisine dans la cuisine dans la société ? Une centaine d’objets qui nous font découvrir les traditions de la table chinoise.

          Aimant particulièrement la cuisine chinoise, je me devais d’aller voir ça. Les explications sur l’évolution de la gastronomie et sa place dans la société, et notamment dans les relations diplomatiques sont très bien faites et assez complètes. La nourriture ne pouvant pas se conserver, se sont les contenants qui sont exposés. J’ai trouvé la répartition harmonieuse entre les différentes époques et les objets bien mis en valeur. La scénographie est intelligente et très réussie. Sur les murs on trouve également des recettes correspondant à chaque époque représentée.

          Une exposition intéressante à laquelle je reprocherais simplement de ne proposer aucun cliché des plats proposés alors même que certains sont tout à fait faisables à notre époque. Ca manque donc un peu d’images à mettre sur tous ces mots bien appétissants histoire de se faire une idée plus précise de tous ces mets et de rendre le tout plus ludique, les seules qu’on peut apercevoir se trouvant dans une vidéo contemporaine en toute fin de parcours. Car finalement, si l’exposition tourne entièrement autour de la gastronomie, celle-ci brille par son absence ; c’est un peu dommage. Ceci étant dit, le tout reste complet, très bien conçu et absolument passionnant.