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Les exilés meurent aussi d’amour

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          Shirin a neuf ans quand elle s’installe à Paris avec ses parents, au lendemain de la révolution islamique en Iran. Dans cette tribu de réfugiés communistes, le quotidien n’a plus grand-chose à voir avec les fastes de Téhéran. Shirin découvre que les idéaux mentent et tuent.

          Les bonnes surprises de la rentrée de septembre se seront fait attendre (comment ça je suis super à la bourre dans mes articles ?!) mais elles se sont enchaînées sur la fin, me laissant finalement un goût  presque pas amer. Je n’irai pas jusqu’à dire que ça m’a fait oublié les 3 mois de souffrance où j’ai enchaîné les lectures au mieux médiocres mais ça m’aura au moins évité de me dégoûter définitivement de la littérature contemporaine, c’est déjà ça (non, je ne change pas d’avis, la rentrée littéraire 2018 reste le pire cru que j’ai connu !)

Couverture du roman Les exilés meurent aussi d'amour

          J’ai beaucoup aimé ce roman où on suit une petite fille et sa famille à leur arrivée en France. Voir le monde avec ses yeux apporte une certaines fraîcheur. Si des sujets sérieux sont abordés, il y a toujours un décalage dû à l’âge de la narratrice qui leur donne une touche de légèreté. C’est bien écrit et très agréable à lire. La famille – aussi dysfonctionnelle soit-elle – est décrite avec beaucoup de tendresse et on a vite l’impression d’en faire un peu partie. Les personnages ont des caractères forts, décrits avec un certain humour qui les rend attachants (enfin, presque tous).

          A travers cet histoire d’intégration, on en apprend pourtant un peu plus sur la culture iranienne et j’ai trouvé leur rapport à leur nouvelle patrie intéressant. Ils tentent de reproduire dans leur nouvel environnement la vie qu’ils ont laissé derrière eux et de trouver de nouveaux repères dans un monde qui leur est étranger. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteur, qui allie gravité et humour et raconte son histoire avec beaucoup de tendresse. Il y a un côté assez merveilleux dans sa manière de conter, même s’il s’estompe un peu au fil des pages, devenant plus sombre sur la fin. Un premier roman très réussi, intéressant et bien écrit. Une très belle surprise.

Portrait d'Abnousse Shalmani

Ce que rappelle ce « ghazal » à ma famille, c’est que pour elle, il ne faut jamais regarder la vérité en face et encore moins la dire (la dire, c’est l’accepter et c’est intolérable) et si le mari est homosexuel, mieux vaut raconter une histoire qui deviendra un mythe, une plaie béante dans le cœur des descendants

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Il est impossible de pleurer la nostalgie, c’est l’hymne national de l’exil. L’exil est une identité, un langage, un passé sans avenir. L’exil est une île où se retrouvent tous ceux qui n’ont ni le visage du pays natal ni celui du refuge : ceux qui sont trop vieux pour oublier et pas assez jeunes pour se fondre, ceux qui restent toute leur vie sur une île qui flotte sur des océans qui ne leur appartiendront jamais.