Archives de Catégorie: Mes lectures

Tous les livres qui me sont passés entre les mains…

Sylvain TESSON, Dans les forêts de Sibérie

Par défaut

          Pour ce retour sur les articles qui ont marqué le blog, voici Dans les forêts de Sibérie. Si certains articles ont eu bien plus de succès, j’ai pris un grand plaisir à partager mon avis sur ce texte que j’avais adoré. J’espère avoir donné envie à quelques uns de découvrir le lac Baïkal aux côtés de Sylvain Tesson.

Madimado's Blog

          Sylvain Tesson est un aventurier qui a parcouru le monde. Et puis, il a décidé de s’arrêter, de cesser de vadrouiller pendant quelques mois. Une confrontation au vide et au silence, loin de l’humanité. Pour sa retraite solitaire, il a choisi une cabane, sur les rives du lac Baïkal où il a passé six mois avec pour seule compagnie des livres, des cigares et de la vodka. 

          Le Grand Nord m’a toujours fascinée. Une cabane surchauffée, au milieu d’une mer de glace, remplie de livres et où l’on peut boire du thé brûlant à longueur de journée s’approche assez de l’idée que je me fais du paradis. Je n’aime pas le froid mais j’ai toujours rêvé de me confronter à ces températures extrêmes. Parce qu’après avoir souffert dehors, après avoir cru qu’on allait perdre ses orteils en pêchant ou ses…

View original post 466 mots de plus

Les hauts de Hurlevent

Par défaut

          Lorsque Mr Earnshaw ramène d’un voyage un enfant abandonné, Heathcliff, les réactions de ses enfants évoquent les orages qui s’abattent sur le domaine des Hauts du Hurlevent. Le fils Hindley n’accepte pas cet enfant sombre et lui fait vivre un enfer. La fille, Catherine, se lie très vite à lui, d’un amour insaisissable et fusionnel. Tous trois grandissent, dans cet amas de sentiments aussi forts qu’opposés.

          Si j’ai réduit un peu réduit le rythme dans ma découverte (ou redécouverte pour certains) des classiques de la littérature, je continue tout de même à en intercaler quelques uns dans mes arrivées de romans contemporains. C’est cette fois à la littérature anglaise que je m’attaque avec les célèbres Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë. Je ne savais pas au juste à quoi m’attendre – même si j’avais déjà entendu parler de l’histoire bien sûr, et que j’en avais même lu des extraits il y a fort longtemps.

Couverture des Hauts de Hurlevent

          Je dois avouer avoir été un peu déçue par le style. Je ne sais pas si c’est dû à la traduction mais je l’ai trouvé assez terne. Ca n’a pas très bien vieilli et ça manque un peu de rythme. Mais je m’y suis assez vite habituée. Il faut dire que l’histoire s’avère assez prenante. Les histoires de famille et moi ne sommes pas franchement inséparables mais je dois avouer avoir trouvé dans celle-ci un ton tellement particulier et empreint de désespoir que c’en est tout à fait fascinant. On ne peut s’empêcher de se demander comment les personnages ont bien pu en arriver là.

          Le gros point fort de ce roman, ce sont ses personnages donc, assez atypiques, et surtout qui entretiennent des relations qui le sont encore plus. C’est vraiment un aspect du livre que j’ai adoré et qui est inhabituel pour cette période où tout était quand même assez codifié. Pas étonnant que sur le moment le roman n’est pas rencontré un succès fou. C’est très sombre et dérangeant. S’il y a quelques longueurs – notamment sur la fin – et malgré un style qui manque de fraîcheur, j’ai beaucoup aimé ce roman au thème inhabituel extrêmement bien traité.

Portrait d'Emily Brontë par son frère

Les gens orgueilleux se forgent à eux-mêmes de pénibles tourments.

_______________

Mon amour pour Linton est comme le feuillage dans les bois : le temps le transformera, je le sais bien, comme l’hiver transforme les arbres. Mon amour pour Heathcliff ressemble aux rochers immuables qui sont en dessous : source de peu de joie apparente, mais nécessité.

Barbara SAMSON, On n’est pas sérieux quand on a 17 ans

Par défaut

          Le petit dernier de la série « Les stars du blog ». L’article le plus lu avec plus de 25000 lecteurs ! Je dois avouer que ce chiffre m’impressionne. J’ai écrit cet article lorsque je travaillais sur mon mémoire consacré à Hervé Guibert et son roman « A l’ami qui ne m’a pas sauvé la vie« . Je me suis beaucoup intéressée au sida dans la littérature à cette époque et c’est dans ce cadre que j’ai lu le témoignage de Barbara Samson. Une découverte avec un regard un peu particulier donc puisque je le comparais à ds textes sur le même thème bien plus littéraires et aboutis. Je ne pensais pas recevoir autant de retours et j’avoue que si j’avais su j’aurais probablement tourné les choses de manière très différente. Mais il paraît que mon honnêteté fait mon charme, voici donc un parfait exemple de « critique assassine ».

Madimado's Blog

          Barbara a 17 ans. Elle aime pour la première fois. Il est séropositif et elle ne le sait pas. Elle apprendra quelques mois plus tard qu’elle a été contaminée. Elle témoigne ici pour partager son expérience, pour faire connaître cette maladie qui fait des ravages depuis quelques années (le livre paraît en 1994) et informer le grand public.

          Soyons honnête, ce livre n’a qu’un intérêt très limité. Sur le moment, il a fait pleurer dans les chaumières : une jeune fille de 17 ans condamnée à mort, ça a de quoi émouvoir. L’histoire est plus contrastée. La jeune fille est en réalité dépressive et a fait plusieurs tentatives de suicide. Elle apprend très vite que son amoureux est un ancien toxicomane (qui va bien vite replonger) séropositif mais décide de continuer sa relation avec lui sans pour autant prendre les précautions qui s’imposent, dans une volonté avouée de jouer avec…

View original post 458 mots de plus

Les ratés de l’automne

Par défaut

          A l’automne, j’ai comme chaque année lu un certain nombre de romans de la rentrée littéraire. Je vous ai déjà parlé de ceux que j’avais plus ou moins aimés. Il m’en reste 3 ou 4 à lire que je n’ouvrirai sans doute jamais, les sorties de janvier puis de juin étant venues s’y ajouter depuis. J’ai même déjà reçu les premiers romans de la rentrée 2018. Il est donc plus que temps de vous parler des quelques déceptions et moments de perplexité rencontrés lors de la rentrée 2017.

Des hommes qui lisent, Edouard Philippe

 

          Lorsque je regarde ma bibliothèque, je vois ce que j’ai appris et une bonne partie de ce que j’aime. Ces livres m’ont construit. Des romans, des essais, des manuels, des bandes dessinées, le tout mélangé, mûri ou oublié, redécouvert et discuté. Une bibliothèque est comme le « lieu de mémoire » de notre existence. Elle nous chuchote d’anciennes joies, murmure nos lacunes et trahit des promesses de lecture.

Couverture de Des hommes qui lisentPédant et nombriliste. Si j’avais fait le lien entre notre Premier Ministre et ce livre, je ne l’aurais clairement jamais ouvert (et j’aurais bien fait). Mais sur le moment, j’ai été attirée par le titre, par le sujet, tout ça, je n’ai absolument pas fait le rapprochement. Surtout que bon, au moment où j’ai reçu ce livre, sa nomination était encore toute fraîche, je n’étais pas familiarisée avec le nom (je ne le suis toujours pas tout à fait à vrai dire). Bref, il y a eu une grave erreur de casting. Dès les premières pages j’ai détesté. Ce que j’ai retenu de ce livre ? « Moi je, moi je, moi je ». Le mec, sait tout, a tout fait, se croit au-dessus de tout le monde. Totalement imbu de lui-même. Style ? bof. Et encore, je suis sympa. Teneur intellectuelle ? proche du néant. Intérêt global ? Aucun.

Lire rend libre. Plus encore que sous les ors de ses palais, la République vit dans ses bibliothèques.

Le ciel ne parle pas, Morgan Sportes

 

          1609 : Christóvão Ferreira, jeune jésuite portugais plein de ferveur chrétienne, débarque à Nagasaki. Accueillis d’abord avec sympathie, les missionnaires sont bientôt suspects aux yeux des shoguns Tokugawa. Il a alors le choix : mourir en martyr comme tant de ses semblables ou apostasier et travailler dans les rangs de l’Inquisition nippone…

Couverture du Le ciel ne parle pasTrès bien écrit mais chiant. Autre genre totalement. Ici l’écriture est pour le moins chiadée. Franchement, côté style ça envoie du pâté. L’histoire est plutôt intéressante aussi. Ou devrait l’être, je ne sais pas trop. En tout cas c’est intriguant et inhabituel, ce qui est déjà beaucoup. Malheureusement, la mayonnaise de prend pas à tous les coups, même avec les meilleures intentions. Je n’ai pas accroché. C’est assez lent, trop tarabiscoté à mon goût et bon, disons-le bien, je suis au niveau zéro de la spiritualité, la religion a une fâcheuse tendance à m’ennuyer profondément. Dommage, il y avait du potentiel. Mais n’hésitez pas à aller y jeter un œil si l’histoire vous attire, le style mérite le détour.

La croix japonaise, par tant d’aspects, est combien préférable à la croix romaine, combien plus soucieuse du confort du crucifié, ou, pour employer un terme technique, combien plus ergonomique ! Plus humaine, pour tout dire.

La Fontaine : une école buissonnière, Erik Orsenna

 

          Depuis l’enfance, il est notre ami. Et les animaux de ses Fables, notre famille. Agneau, corbeau, loup, mouche, grenouille, écrevisse ne nous ont plus jamais quittés. Malicieuse et sage compagnie ! Mais que savons-nous de La Fontaine, sans doute le plus grand poète de notre langue française ?

Couverture de La Fontaine une école buissonnièreTourne autour du pot. J’aime généralement bien Erik Orsenna et la légèreté de sa plume, son côté bienveillant, son amour des mots. C’est parfois un peu trop « facile » mais au fond ça reste toujours sympathique. J’avais beaucoup aimé sa biographie de Le Nôtre, c’est d’ailleurs avec ce texte que je l’ai découvert. Comme j’aime beaucoup La Fontaine et que c’est la même époque, j’étais séduite d’avance. Bon, encore une fois, la théorie et la pratique ont refusé de se rejoindre. Ca tourne en rond pendant trois plombes sur l’enfance de La Fontaine, ça se perd en digressions sans le moindre intérêt, j’ai carrément fini par lâcher l’affaire avant qu’on en arrive au cœur du sujet (mais y arrive-t-on seulement un jour ?). L’arnaque totale. Une des plus grosses déceptions de cette rentrée.

Quand vous voulez la vérité, allez recueillir les propos des crapules. La morale ne les embarrassant pas, ils n’ont pas leur pareil pour toucher juste.

Au nom des nuits profondes, Dorothée Werner

 

          Au début, tout était à sa place. Comme dans les bonnes familles, en parfaite baby-boomeuse, sa mère était passée de fille à papa à femme au foyer. D’abord fière de sa grossesse, et puis désemparée par la maternité. Convaincue de l’infériorité intrinsèque de son sexe, absente à elle-même comme aux autres, elle passait son temps à se plaindre d’un quotidien qui ne valait pas le mal qu’elle se donnait pour le vivre. Et puis tout a volé en éclats.

Couverture de Au nom des nuits profondesDécousu et illisible. Le thème de ce roman me tentait beaucoup. En plus ça avait l’air poétique, original et tout, ça a avait vraiment l’air chouette. Sauf que je n’ai rien compris. Pas un traitre mot. Je serais bien infoutue de dire de quoi ça cause. C’est totalement décousu et incohérent. J’ai lu ça un peu comme j’aurais lu dans une langue inconnue, juste pour me laisser porter par sa musique, mais bon, même ça ça ne m’a pas vraiment convaincue. C’est peut-être moi qui n’étais pas dans de bonnes dispositions sur ce coup, c’est tout à fait possible (ce ne serait pas une première non plus). En tout cas il est clair que je suis totalement passée à côté. Incompréhensible. Mon plus gros moment de perplexité de la rentrée.

L’enfance est un mirage et l’enfant se souvient de la tienne sous sa peau, jusqu’aux bruits et aux odeurs.

Les vents noirs, Arnaud de la Grange

 

          Au début du XXe siècle, entre la Sibérie et le désert du Taklamakan, paysages grandioses dont la démesure fait écho à celle des passions humaines, un homme part sur les traces d’un autre. Le lieutenant Verken doit, pour le compte du gouvernement français, arrêter un archéologue explorateur, Emile Thelliot.

Couverture de Les vents noirsBien écrit mais décousu. Je suis embêtée de mettre ce roman parmi les ratés parce qu’il ne l’ait pas vraiment. C’est juste que je ne sais pas trop quoi en dire donc faute de lui consacrer un article entier, il s’est un peu retrouvé ici par hasard. J’en suis désolée. C’est plutôt très bien écrit et l’histoire ne commençait pas mal non plus. D’ailleurs j’en suis venue à bout sans trop de peine. Mais je n’ai pas bien compris où l’auteur voulait en venir. Le sens, le but, le message ? Je n’en ai pas la moindre idée. J’ai trouvé que tout ça était un peu vain. Heureusement que le style maîtrisé vient compenser un récit qui ne semble mener nulle part. Et c’est super dommage parce qu’il y avait un gros potentiel. Plus que réellement raté, on dira quelque peu incompris.

La terre parfois semblait se redresser sur ses coudes, comme si elle voulait se débarrasser d’une agaçante nuée de sapins posée sur son dos. Elle se faisait colline, elle devenait rocheuse. Puis, elle s’allongeait de nouveau sous son drap ivoirin.

Votre fatwa ne s’applique pas ici, Karima Bennoune

 

          Deux ans après les attentats du 13 novembre, les éditions Temps Présent publient la traduction de l’enquête exceptionnelle menée par Karima Bennoune pendant plusieurs années dans le monde musulman. Elle dresse le portrait d’opposants aux fondamentalistes islamistes dans de nombreux pays.

Couverture de Votre fatwa ne s'apllique pas iciPompeux et égocentrique. Le premier et le dernier essai lus cet automne auront de loin été les pires lectures de la rentrée. J’ai lu pas mal de choses sur le djihadisme, beaucoup de témoignages notamment, et jusque-là même quand le style n’était pas terrible, j’ai toujours trouvé ça super intéressant. Mais là ? C’est imbuvable. Je ne sais pas quel mystère l’auteur parvient à tout ramener à elle, ses recherches, son travail. Le pire de l’écriture universitaire condensé dans cet ouvrage. Ca m’est tombé des mains. A tel point que mon cerveau avait effacé toute trace de cet ouvrage de ma mémoire. C’est surement très intéressant sur le fond (je ne le saurai jamais) si on arrive à passer le cap du style. Vraiment pas ce qu’on fait de plus digeste sur le sujet…

          Parmi mes auteurs américaines favorites, deux sortaient des romans autobiographiques cet automne : Joyce Maynard avec le récit de la maladie de son mari et Joyce Carol Oates avec l’histoire de son enfance. Malgré tous mes efforts, je n’ai pas du tout accroché avec le premier, dont je vous parle ici. J’ai à peine lu quelques pages du second avant de de comprendre que clairement ce n’était pas le moment. A vrai dire je ne suis pas sure qu’il y ait beaucoup de moments où les histoires de famille me passionnent mais là il était clair que ça allait m’agacer très vite, je retenterai donc ma chance ultérieurement. Dans la série mauvaise pioche, le dernier Jean-Louis Fournier, on ne peut pas dire qu’il se soit foulé… Dans l’ensemble, la rentrée littéraire 2017 n’aura pas été un très bon cru pour moi avec assez peu de coups de cœur, espérons que j’aurai plus de chance avec celle de 2018.

4 thrillers

Par défaut

          Voici 4 thrillers lus récemment. 4 auteurs, 4 styles très différents. Vous y trouverez forcément votre bonheur.

Trois jours et une vie, de Pierre Lemaitre

 

          À la fin de décembre 1999, une surprenante série d’événements tragiques s’abattit sur Beauval, au premier rang desquels, bien sûr, la disparition du petit Rémi Desmedt. Dans cette région couverte de forêts, soumise à des rythmes lents, la disparition soudaine de cet enfant provoqua la stupeur et fut même considérée, par bien des habitants, comme le signe annonciateur des catastrophes à venir.

Couverture de Trois jours et une vieC’est le premier thriller que je lis de Pierre Lemaître dont je ne connaissais qu’Au revoir là-haut. J’ai de suite beaucoup aimé l’écriture, très fluide et agréable. Un vrai plaisir de retrouver sa plume ! L’histoire est assez originale et on se laisse vite prendre au jeu. Les personnages sont bien construits et les relations entre eux sont plutôt réussies. J’ai toutefois trouvé que ça l’enlisait un peu dans la deuxième partie du roman, j’ai eu plus de mal à m’y intéresser, le rythme y est moins soutenu et le suspens retombe. Il y a néanmoins un sursaut sur la fin, qui relance la curiosité et vient finir ce texte aussi bien qu’il a commencé. Un court roman prenant et bien écrit que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

Madame Courtin faisait en toutes choses ce qui devait se faire simplement parce que c’était ce que autour d’elle tout le monde faisait.

La fille du roi des marais, de Karen Dionne

 

          Enfin, Helena a la vie qu’elle mérite ! Un mari aimant, deux ravissantes petites filles, un travail qui occupe ses journées. Mais quand un détenu s’évade d’une prison de sa région, elle mesure son erreur : comment a-t-elle pu croire qu’elle pourrait tirer un trait sur son douloureux passé ? 

Couverture de La fille du roi des maraisAttention, coup de cœur de ce début d’année. Je ne suis pas vraiment sure que ce soit spécialement un grand texte, ou ce thriller soit mieux qu’un autre, mais peu importe, une fois la première page lue je n’ai tout simplement plus pu le lâcher. Je l’ai dévoré d’une traite, tournant frénétiquement une page après l’autre : totalement jouissif ! J’ai adoré cet univers à part, au milieu des marais, et la relation ambigüe de la narratrice à son père, entre amour filial, admiration et rejet. J’ai trouvé la psychologie du personnage hyper intéressante et j’ai beaucoup aimé voir comment elle s’était construite. Bon, et puis quand on aime la nature, aussi taré puisse être le personnage du père, le côté survivor fascine un peu quand même. On alterne entre les souvenirs de la narratrice et son présent, apprenant peu à peu son histoire, j’ai trouvé ça très bien construit et prenant. Très juste. Un roman dont l’univers m’a totalement happée d’un bout à l’autre. Un vrai régal.

– Je ne voulais pas te faire de mal, déclare-t-il. Tu m’y as contraint.
Discours typique du pervers narcissique. Quoi qu’il se passe, c’est toujours de la faute des autres.

Silver water, de Stuart Neville

 

          Audra Kinney a rassemblé ses dernières forces pour fuir son mari, mis ses enfants dans la voiture, et foncé à travers les paysages accidentés de l’Arizona. Mais, par un étrange coup du sort, elle est arrêtée par la police sur une route a priori déserte. Ils découvrent dans son coffre de la drogue qu’elle n’y avait pas mis. Et le cauchemar commence…

Couverture de Silver WaterJ’ai beaucoup aimé ce thriller qui par certains côté n’a pas été sans me rappeler Stephen King (le fantastique en moins). Sans doute est-ce l’effet petite route perdue au milieu du désert et flic taré, ça m’a vaguement rappelé quelque chose. En tout cas, ça a éveillé mon intérêt dès les premières pages. Et il n’a pas franchement faibli par la suite ! Dès le départ, on va assez bien où mène l’intrigue (à des embrouilles en gros), pourtant un certain suspense se met en place et j’avoue avoir dévoré ce roman en me rongeant les ongles. La galerie de personnages est assez réussie, avec des histoires fortes et un certain soin apporté à la psychologie de chacun, même si bien sûr, certains m’ont plus convaincue que d’autres. Il y a une sorte d’alternance entre les passages « d’action » et les souvenirs de la mère de famille que j’ai trouvée réussie. Ca donne un équilibre au roman. Les rebondissements ne manquent pas et ces parties plus introspectives donnent une certaine profondeur au texte. J’ai trouvé ce texte efficace et agréable à lire, une bonne surprise.

Audra avait le cerveau douloureux. Le monde était devenu si fragile qu’elle s’imagina pouvoir le transpercer du bout du doigt. Tout avançait par soubresauts, trop lentement ou trop vite, et tout le monde parlait par à-coups inintelligibles.

Une bonne intention, de Solène Bakowski

 

          Mati a neuf ans. Elle a perdu sa maman. Son père s’enlise dans le deuil et sa grand-mère s’efforce, à sa manière, de recoller les morceaux. Un soir, la petite ne rentre pas de l’école.
On imagine le pire, évidemment. Comment croire que tout, pourtant, partait d’une bonne intention ?

Couverture d'Une bonne intentionSur le papier, ce roman me tentait bien. J’aimais beaucoup l’idée, je me disais vraiment que ça pouvait être intéressant. Évidemment, le risque avec ce genre de sujet, c’est que ça vire mièvre. Sans aller jusque-là, disons bien que je n’ai pas trouvé ça terrible. Le style est assez plat et c’est plein de bons sentiments, souvent un peu maladroits. Ce n’est même pas que ce soit si mal, simplement j’ai eu beaucoup de mal à avoir la moindre empathie pour les personnages et il y a eu quelques passages assez convenus qui m’ont fait sortir de l’histoire (déjà que je n’arrivais pas à rentrer dedans !). Finalement, je n’ai pas réussi à aller au bout de cette lecture, faute d’arriver à m’intéresser vraiment au sort des personnages. Dommage.

On croit qu’on a oublié, on croit qu’on n’a pas fait attention, et puis il suffit d’un objet, d’une parole, d’une musique et tout remonte à la surface, y compris des détails qu’on ne pensait pas avoir relevés sur le moment.