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Tous les livres qui me sont passés entre les mains…

L’âme des guerriers

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        Portrait sans complaisance du peuple maori, L’Ame des guerriers décrit les convulsions d’une civilisation à l’agonie dans la sordide banlieue d’une métropole de Nouvelle-Zélande. Privés d’emploi et de raisons de vivre, cramponnés à l’alcool, les héritiers de l’épopée ancestrale vont de défis absurdes en sanglants affrontements — pitoyable caricature des héroïsmes de jadis. Femmes et enfants paient dans leur chair, et parfois de leur vie, des égarements où se joue l’ »honneur » de mâles en plein désarroi. Contre cette fratricide communauté des bas-fonds s’élève alors, violente et rédemptrice, la voix d’une femme, Beth. Bouleversant hommage à une culture menacée et à des individus entraînés vers une forme de suicide collectif, L’Ame des guerriers a été récompensé par le Pen Club Award 1991 du premier roman, et porté à l’écran en 1995 par Lee Tamahori.

          Il y a quelques mois, j’avais fait une première tentative avec ce roman et j’avais trouvé ça… comment dire ? Illisible ? Un style plus sec qu’un coup de trique, violent as fuck, impossible de passer la page 10, mon cerveau était en ébullition. Pourtant, allez savoir pourquoi, au lieu de me dire comme d’habitude dans ce genre de situation « pourquoi s’emmerder alors qu’il y a tant de choses à lire ? », j’ai pensé « je vais le laisser de côté, je dois être fatiguée, je retenterai plus tard ». Et je le pensais vraiment. Bon, peut-être un peu parce que je déteste qu’on me résiste. En général quand j’abandonne au bout de 10 pages c’est que le style est d’une platitude qui ferait ressembler la Belgique aux Alpes suisses en comparaison. Bien plus rares sont les romans dont je trouve le style trop… trop quoi d’ailleurs ? Dur ? Je ne pouvais pas m’avouer vaincue si facilement.

Couverture de l'Ame des guerriers d'Alan Duff

          Les mois ont passé et j’ai continué à regarder ce roman dans ma bibliothèque avec un oeil méfiant. Plusieurs fois j’ai voulu le ressortir mais franchement, en repensant à la souffrance sans fond qu’avaient été ces 10 premières pages, je ne me sentais pas prête. Et puis le jour est venu où je me suis dit que c’était ridicule et qu’il était temps de retenter ma chance. Au pire, je pourrais toujours l’abandonner une seconde fois et ne jamais y revenir. J’étais dans de meilleures dispositions que la fois précédente. J’avais vainement tenté de lire Maudits juste avant et j’avais trouvé le style tellement imbuvable que je me suis dit qu’à côté ça devrait passer tout seul. Il y avait de l’idée… Ca a failli fonctionner. En tout cas, j’ai passé les 20 premières pages plus facilement que la première fois (enfin, je les ai passées tout court quoi). Mais bon dieu que c’est dur à lire !

          J’ai continué bravement. Je voulais quand même savoir si en dehors d’une mère de famille qui regarde par sa fenêtre son quartier désolé il y avait une histoire à un moment. Non parce que ce qui m’intéressait moi c’était la culture maorie au départ hein. Eh bien laissez-moi vous dire que j’ai bien fait d’insister. Quel coup de poing ce livre ! Je n’étais pas prête à ça. Alors oui, c’est extrêmement difficile à lire, avec un style décousu, sec, violent, mais wouah… je n’ai pas les mots pour décrire un choc pareil. Je ne crois pas pouvoir vraiment parler de coup de cœur vu que ce livre est plutôt du genre à vous arracher le cœur et les tripes et à les piétiner pour vous laisser vide et anéanti.

Portrait d'Alan Duff

          Le roman alterne les points de vues de plusieurs membres de la même famille. La mère larguée et alcoolique qui fait de son mieux, le père tout aussi alcoolique et violent, l’adolescente pleine d’espoirs pour son avenir… C’est intéressant de voir comment chacun se perçoit et perçoit les autres. Le moins qu’on puisse dire c’est que dans l’ensemble ça ne respire pas l’espoir. Je ne vous en dirai pas plus sur l’histoire si ce n’est que c’est un drame familial qui semble relativement banal, mais relaté avec une telle force qu’elle n’a noué la gorge d’un bout à l’autre. Jamais je n’avais lu le désespoir raconté avec une telle force. Au fil des pages j’ai senti une boule se former dans mon ventre, un grand vide intérieur et les larmes sur le point de m’étouffer. Jamais un auteur ne m’avait fait ressentir à ce point ce que c’est qu’être privé de tout espoir. Je vous jure, Alan Duff c’est le détraqueur de la littérature. On pourrait mettre un message pour prévenir sur la couverture « Toi qui entre ici abandonne toute espérance ».

          C’est terriblement dur aussi bien dans le ton que sur le fond. C’est par moments d’une telle violence que j’ai eu envie de fermer les yeux. La force d’évocation des mots dans ce texte est juste incroyable. Il a été adapté en film qui avait apparemment été considéré comme un choc brutal. Quand je vois le choc des mots, je l’imagine sans peine, je ne suis pas sure que j’aurais pu soutenir les images (je compte quand même regarder le film un de ces jours par curiosité). Après une montée en tension insoutenable pendant les 2 premiers tiers du roman, la fin apporte une vague note d’espérance. Alan Duff dresse un portrait sans concession de la culture maorie dans les cités et de la perte des racines. Mais il tente également d’amener des pistes de réflexion sur comment on est arrivé là et comment en sortir. Je ne mettrais pas ce roman entre toutes les mains, il est violent, ardu, brutal, cette lecture est loin d’être une partie de plaisir. Jamais je n’avais refermé un livre aussi bouleversée. Pas émue non, profondément ébranlée. Un roman d’une puissance rare, sans concessions, un très grand texte.

Affiche du film l'âme des guerriers

…douze ans, seulement, juste un peu plus jeune que ta pauvre soeur, et je devais m’occuper de mes deux petits frères et d’une soeur encore bébé. On était quatre. Et quatre pères différents. Tu trouves pas ça incroyable, Nig ?
Quatre pères différents. Et il n’en reste pas un. Un jour, bon, elle est partie faire la foire, m’a laissée avec les gosses, rien à bouffer dans les placards à part un paquet de céréales et même pas de lait pour aller avec , tu vois ? …
elle est pas revenue ce soir là. J’ai passé la moitié de la nuit sans dormir parce que j’avais la trouille, tu vois , des fantômes, des cambrioleurs, des sadiques. Même le noir me faisait flipper.

Le bruissement des feuilles, Karen Viggers

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          Miki, dix-sept ans, vit coupée du monde depuis l’incendie qui a coûté la vie à ses parents. Sous le joug de son frère Kurt, un chrétien fondamentaliste, elle travaille comme serveuse dans leur restaurant et le soir, se rêve en héroïne de romans. Lors d’une escapade secrète en forêt, elle fait la rencontre de Leon, un garde forestier tout juste installé en Tasmanie. Les deux jeunes gens se donnent alors une mission extraordinaire : sauver les diables de Tasmanie de l’extinction.

          J’avais entendu dire beaucoup de bien du précédent ouvrage de Karen Viggers. Je ne l’avais pas lu mais quand j’ai su qu’elle en sortait un nouveau, je me suis dit que ce serait l’occasion de la découvrir. On y retrouve d’ailleurs le même personnage, mais ne pas avoir lu le premier ne gêne en rien la lecture de celui-ci, les deux histoires sont indépendantes et on ne trouve que quelques références discrètes à ce qui s’est passé précédemment. Si vous en avez toutefois l’occasion, c’est évidemment toujours plus agréable de lire les choses dans le bon ordre.

Couverture du roman Le bruissement des feuilles de Karen Viggers

          Dès les premières lignes, j’ai été séduite par le style que j’ai trouvé très beau. C’est bien écrit et agréable à lire. J’ai été vraiment surprise par la qualité de l’écriture, je ne sais pas pourquoi mais je ne m’attendais pas à ça, j’imaginais quelque chose de plus « facile », de la littérature assez légère du genre qu’on embarque avec soi pour la plage. Mais non, si le style est relativement sobre il a pourtant un petit je ne sais quoi qui m’a touchée. Je ne saurais l’expliquer au juste mais d’une certaine manière je me suis un peu reconnue dedans. Je crois que c’était juste exactement ce que j’avais envie de lire J’ai dévoré les 200 premières pages en quelques heures à peine ! Une fois ce livre commencé, je n’arrivais plus à le lâcher !

          Les personnages sont touchants. Je me suis rapidement attachée à eux et j’avais envie de savoir ce qui allait leur arriver. Comment Leon va-t-il réussir à s’intégrer dans sa nouvelle vie ? Sera-t-il finalement accepté par ses voisins ? Et Miki, arrivera-t-elle à se détacher de son frère qui la tient éloignée du monde ? Comment ? On a envie de savoir. Assez pour ne plus arriver à lâcher le livre une fois entamé. La galerie des personnages est très réussie, c’est clairement l’un des points forts de ce texte. Pour ne rien gâcher, le roman a pour toile de fond les réserves du Sud de l’Australie. L’autrice décrit les paysages avec une grande force évocatrice et on se croirait presque transportés dans ces forêts aux arbres géants.

Le diable de Tasmanie, photo de Mariusz Prusaczyk

Le diable de Tasmanie, photo de Mariusz Prusaczyk

          Il y a un sérieux fond de combat écologique dans ce roman qui n’est pas pour me déplaire. Il y est largement question de la sauvegarde du diable de Tasmanie (qui a une place centrale dans le texte) mais sont aussi abordées des questions telles que la déforestation d’une manière que j’ai trouvée intéressante. En effet, la parole est donnée aux deux parties : les bûcherons qui défendent leur gagne-pain et le garde forestier qui veut préserver le territoire. Des pistes de réflexion pour dépasser ce clivage sont abordées. C’est un des aspects du texte que j’ai apprécié, son engagement et la sensibilisation assez subtile à la préservation de l’environnement.

          Si j’ai dévoré la première moitié du texte d’une traite, la deuxième moitié est un peu en-dessous je trouve. Le rythme est moins maîtrisé, il y a quelques longueurs. J’ai été agréablement surprise de voir que l’histoire prenait un tour vaguement moins attendu que ce que j’imaginais, cependant sur la fin j’ai eu l’impression que les réactions des personnages se font parfois un peu plus niaises. D’engagé le textes glisse doucement vers des aspects parfois un peu mièvres qui m’ont un peu interpellée. Heureusement, ça reste quand même assez discret pour ne pas gâcher l’ensemble. Si j’ai été un peu déçue par les dernières pages qui m’ont semblé moins maîtrisées que le début du roman, j’ai beaucoup aimé le style de Karen Viggers et les thèmes abordés. Ca m’a donné envie de lire ses précédents romans et malgré un certain agacement parfois face aux réactions des personnages, j’ai refermé ce livre en me demandant ce qu’ils allaient devenir et je me suis surprise à espérer une suite que je lirai avec grand plaisir.

Portrait de karen Viggers

Le paysage comptait plusieurs strates. Comme les gens. Les arbres. Chaque élément complétait les autres et chaque élément était différent. Elle aimait la façon tout cela s’imbriquait pour former un tout. Un paysage. Un pays. Un monde. Tout était là.

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Miki voulait aussi naître au monde et rencontrer des gens. Avoir une chance de faire leur connaissance. D’être indépendante. De tomber amoureuse. De se tromper. Mais elle voyait quand tout cela pourrait arriver. Pour l’instant, elle devrait trouver son bonheur dans les livres.

Bel oiseau long courrier

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          Quand on m’a offert ce livre, j’ai de suite été séduite par son grand format paysage, son beau papier épais et sa couverture très élégante. Les planches de dessins de grues réalisées par Gaëlle Pelachaud sont accompagnées d’un poème de Françoise Clédat. Les illustrations à l’intérieur sont tout aussi belles que la couverture. Des oies à l’esthétique épurée vraiment magnifiques. Gros coup de cœur pour l’esthétique de ce livre. A tel point que je l’ai exposé plusieurs semaines dans notre salon pour mieux en profiter !

Couverture de Bel oiseau long courrier

          Je n’ai pas lu l’histoire de suite. Elle m’a moins séduite que les dessins. C’est très lyrique et je n’ai pas toujours vraiment vu où ça voulait en venir. Si la poésie des mots n’est pas dénuée de charme, ce n’est pas le type de texte auquel je suis la plus sensible. Merci à ma cousine pour ce beau cadeau qui m’a permis au passage de découvrir le magnifique travail des éditions Tarabuste. Gros coup de cœur pour la mise en page et les illustrations qui sont incroyablement belles, pleines de finesse et d’élégance.

Illustration de Bel oiseau long courrier

Du printemps et des migrants,
de toute éternité,
au jour qui allonge sans bruit,
leur cri à celui de l’oie mêlé,
à leur guise et dans les airs,
elles s’élèvent grues…

La fille au sourire de perles

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          Clemantine Wamariya a six ans quand le conflit rwandais éclate en 1994. Avec sa sœur Claire, quinze ans, elles doivent fuir les massacres et traversent sept pays d’Afrique pour échapper à la violence. Sans nouvelles de leur famille, elles affrontent la faim, la soif, les camps de réfugiés, la misère et la cruauté pendant six ans avant d’arriver aux États-Unis. À Chicago, les deux sœurs empruntent des chemins différents. Tandis que l’aînée, mère célibataire, a du mal à joindre les deux bouts, Clemantine, recueillie par une famille américaine, est promise à un avenir brillant. Un véritable rêve américain s’offre à elle : elle devient pom-pom girl et fait de brillantes études en école privée qui la mèneront jusqu’à Yale. Mais comment se reconstruire après une telle épreuve ?

          Vous le savez peut-être, j’ai toujours eu un faible pour les témoignages, notamment sur la guerre et/ou exil, j’étais donc contente de me lancer dans la lecture de celui-ci, d’autant plus que j’ai lu relativement peu de choses sur le Rwanda (à part un ou deux romans, mais que je me souvienne, aucun témoignage sur la fuite du pays). Lorsque la guerre éclate Clémantine est encore une petite fille. Elle et sa sœur sont envoyées chez leur grand-mère où leurs parents espèrent qu’elles seront à l’abri des combats. Elles échappent de peu au massacre dans le village et doivent fuir. Leur errance durera des années.

Couverture de La fille aux sourire de perles, Clémantine Wamariya

          L’histoire de ces deux sœurs est absolument incroyable. Des milliers de kilomètres parcourus sans savoir où aller. Aucun point chute et le malheur qui semble les poursuivre où qu’elles s’installent. Chaque moment de répit semble devoir se solder par un drame. Claire, la grande sœur, a une force de caractère impressionnante. Elle est inébranlable. Elle n’est qu’une adolescente et pourtant ses ressources semblent ne jamais devoir s’épuiser. Elle ne baisse jamais les bras et trouve toujours des solutions pour leur survie. Elle ne se contente pas de son sort de réfugiée et veut retrouver une vie « normale ».

          J’ai été très surprise dans ce récit. Il semble irréel tellement leur parcours est surhumain. Et ce ne sont que deux enfants ! J’ai lu pas mal de témoignages d’enfants fuyant la guerre mais pourtant j’ai trouvé celui-ci à part. Je crois que cela tient au fait que Claire, l’aînée, tient à garder la tête haute quelques soient les circonstances, elle ne s’avoue jamais vaincue et ne satisfait pas de son sort avant d’être aux Etats-Unis, où elle parvient à recréer un foyer et vivre librement. Il n’y a aucun pathos dans ce texte et même une distance qui peut paraître surprenante. C’est assez « froid » comme récit. Mécanique. La jeune fille s’en explique, disant que cette mise à distance était nécessaire dans la fuite.

          Les réflexions sur l’exil, sur leur parcours, puis sur son intégration aux Etats-Unis sont très intéressantes. Elle a une grande lucidité sur les mécanismes de défense mis en place au fil des années. Elle parle également des lectures qui l’ont aidée à trouver des cas similaires au sien, notamment des textes sur la Shoa. Sociologiquement parlant j’ai trouvé ça vraiment passionnant. Un texte dur qui surprend par la distance que l’auteur garde avec sa propre histoire. Difficile de s’imaginer ce qu’elle a traversé, de s’identifier à cette petite fille qui a été obligée de grandir bien trop vite. Mais le témoignage est intéressant et la réflexion autour de son propre parcours m’a impressionnée.

Portrait de Clemantine Wamariya

Prendre soin des êtres aimés, dans mon monde, n’était pas fondé sur l’affection, mais sur la peur de les perdre.

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Je veux qu’ils comprennent que vouloir s’enfermer dans de petites cases en fonction de sa classe sociale, de son ethnie, de sa religion – de tout, en réalité – révèle une pauvreté d’esprit, un manque d’imagination. Le monde est cruel et sans intérêt lorsque l’on s’isole.

Opium, Laure Garancher

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          Ma fille, tu as bientôt vingt ans et tu maîtrise tous les aspects de la politique chinoise et britannique. Il est temps que tu accomplisses ta première mission. Tu vas entrer au service de la famille Elron en tant que domestique. Sir Elron organise le commerce  clandestin de l’opium à Canton. Tu dois tout savoir de ce qu’il fait !

Couverture d'Opium, Laure Garancher

          Voici un roman graphique acheté il y a fort longtemps pour la simple et bonne raison que je trouvais sa couverture vraiment trop belle. Depuis il sommeillait dans me bibliothèque. J’ai profité d’un petit tri dans mes livres pour le ressortir enfin. Comme je vous le disais donc, je trouve la couverture très belle. A l’intérieur, j’ai été un peu déçue, j’ai trouvé le dessins moins abouti que ce à quoi je m’attendais. En revanche les planches d’ouverture de chapitre sont de toute beauté. Énorme coup de cœur à chaque fois. L’illustratrice a vraiment un talent fou !

Planche extraite d'Opium

          L’histoire est très réussie je trouve. J’y ai appris pas mal de choses sur la Chine. Il y a un gros fond historique que j’ai bien apprécié. Mais on y retrouve également des relations familiales intéressantes et des personnages assez fouillés. Une jolie histoire d’amour aussi. Beaucoup de sujet sont abordés en peu de mots : art, politique, traditions… on a un aperçu assez vaste de la Chine de l’époque. J’ai trouvé agréable d’avoir une histoire aussi fouillée avec si peu de texte. Un bel équilibre et des dessins très parlants qui m’ont vraiment séduite.

Planche extraite d'opium, roman graphique

          J’ai finalement bien apprécié cette lecture. Le dessin est parfois un peu « figé » mais nous plonge dans une ambiance particulière que j’ai beaucoup aimée. C’est coloré et plein de détails. Les pages de début de chapitre sont vraiment magnifiques, j’en mettrais bien une reproduction chez moi ! L’histoire est dense et bien racontée. J’ai aimé sa construction et sa richesse même si j’aurais parfois apprécié que certains chapitres soient plus développés. J’ai trouvé ce livre surprenant, je n’ai pas le souvenir d’avoir lu quelque chose d’approchant. Il est à la fois très beau et instructif. Aussi agréable à lire qu’à regarder. Une jolie découverte.

Dessin d'Opium, Laure Garancher

Mais, pour penser comme un peintre chinois il va falloir oublier beaucoup de choses, la perspective par exemple.
Un peintre chinois peut mettre plusieurs points de vue dans un même dessin, imaginer avec son esprit de voir la même scène sous différents angles.
Un proverbe chinois dit qu’admirer un paysage peint revient à faire un voyage en restant allongé sur son lit.