Archives de Catégorie: Cinéma

Les films vu en salle ou parfois depuis ma télé

La mort de Staline

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          Comédie, film historique américano-franco-britannique de Armando Iannucci avec Steve Buscemi, Simon Russell Beale, Jeffrey Tambor
  Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c’est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée – comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov – la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l’URSS est à portée de main.

Affiche du film La mort de Staline

          J’avais entendu dire beaucoup de bien de ce film inspiré d’une BD, présenté comme étant très drôle. J’étais vraiment curieuse de savoir comment le sujet pourtant pas léger avait été tourné en dérision. Et je dois admettre avoir été assez étonnée dès les premières minutes par le ton du film. Certes, c’est drôle mais dans le genre ultra cynique. Pas sure que ce soit très éloigné de la réalité, il y a juste la pointe de distance nécessaire pour montrer le ridicule de ces personnages dopés au pouvoir. Ca ne fonctionne pas trop mal, il faut dire aussi qu’il n’y avait pas besoin d’en rajouter beaucoup pour rendre la situation risible…

Image du film La mort de Staline

          Bon, du coup la bonne nouvelle quand même c’est que c’est un film intelligent sur les dérives du pouvoir et qu’en plus d’un point de vue historique c’est sérieux (l’occasion de réviser mon Histoire russe qui laisse à désirer). Par contre il ne faut pas s’attendre non plus à de gros fous rires, on rit franchement jaune. Je pense que je suis pourtant bien lotie côté humour noir mais là il y a quand même un sacré niveau ! Dans l’ensemble j’ai bien aimé ce film mais j’avoue m’être sentie souvent un peu malmenée par cet humour bien grinçant, pas toujours très fin et parfois un peu lourd et répétitif. Pas facile de trouver le ton juste. Au final, si j’ai trouvé l’idée du film audacieuse, j’en suis tout de même ressortie un peu perplexe.

Red Sparrow

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          Film thriller, espionnage américain de Francis Lawrence avec Jennifer Lawrence, Joel Edgerton, Matthias Schoenaerts
          Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents. Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.

Affiche du film Red Sparrow

          Je suis supposée dire quelque chose sur ce film il paraît… Je repousse depuis des semaines en espérant que l’inspiration viendra mais pas du tout. J’aime bien Jennifer Lawrence et les films d’espionnages, donc même si la bande-annonce m’avait moyennement convaincue, j’étais intriguée. J’en avais entendu dire globalement du mal. Au mieux les critiques le jugeaient médiocre. J’ai quand même voulu voir par moi-même. Et là, le fait rare, unique presque ! Je n’ai pas d’avis. Je sais, quand on me connaît, c’est perturbant.

Image du film Red Sparrow

          Essayons de décortiquer. Visuellement déjà, c’est propre. Esthétique pas hyper originale mais efficace. J’aime bien. Le scénario ? Bah film d’espionnage là encore pas révolutionnaire mais prometteur. Il y a un truc qui déconne, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Je me laisse prendre par l’histoire, j’accroche plutôt bien, c’est pas trop mal ficelé. N’empêche, il y a un truc qui coince un peu. Pas assez fluide ? pas assez rythmé ? trop tarabiscoté pour pas grand chose ? Pas la moindre idée. Casting ? Bah ça passe mais l’interprétation n’est pas non plus à se taper le cul par terre. Le faux accent russe est clairement une mauvaise idée. Le visage de cire « parce que ça a l’air de faire espion » non plus d’ailleurs.

Image du film Red Sparrow

          Bon, autre problème, l’héroïne est une femme, c’est rare dans un film d’espionnage, ça commençait super bien. Mais c’est ultra sexiste ! En gros ses seuls atouts c’est son cul et son cœur de pierre. Et encore le second c’est que du bluff vu qu’elle salope le boulot en tombant amoureuse du premier venu. Non mais sérieux quoi ! Bonjour l’image rétrograde de la femme. Je sais, à l’époque… blablabla, mais bon un message un peu positif aurait pu se cacher derrière. Bah non. Le verdict ? Un ensemble convenu qui traîne parfois en longueur, des maladresses mais un résultat malgré tout assez divertissant.

 

The rider

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          Drame américain de Chloé Zhao avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau
          Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu’après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu’il ne peut plus s’adonner à l’équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d’une nouvelle identité et tente de définir ce qu’implique être un homme au cœur de l’Amérique.

Affiche du film The Rider

          Attention, film le plus perturbant de ce début d’année. Je suis allée voir The ride sur un malentendu. Je voulais aller voir ? je ne me rappelais plus du titre, j’ai vu un cheval sur l’affiche, j’ai cru que c’était ça. Pas du tout. En même temps je ne pouvais pas non plus savoir qu’il y avait 2 films du Far West avec un gus à cheval sur l’affiche qui sortaient en même temps non plus. Bref. Dès les premières images ce film m’a mise particulièrement mal à l’aise. C’est cru et plutôt direct dans son genre.

Image du film The Rider

          Ce film est pour le moins minimaliste, avec des personnages taiseux et un univers austère. J’aime le cinéma intimiste mais là, je n’étais pas préparée je crois. J’ai eu le plus grand mal à rentrer dans cet univers inhospitalier. Quant au personnage principal, on ne peut pas dire qu’il ait déclenché immédiatement une vive sympathie. Ca ne s’annonçait pas très bien… J’ai même hésité un moment à partir. Et puis, finalement, j’ai fini par trouver une certaine beauté à tout ça. Les dialogues sont assez peu nombreux, tout est dans le non dit. Mais peu à peu les relations entre les personnages se construisent et s’avèrent intéressantes.

Image du film The Rider

          C’est également au passage une immersion dans l’Amérique profonde, celle qu’on voit finalement peu au cinéma. Rien que pour ça, ça vaut le coup de découvrir ce film on ne peut plus éloigné Hollywood et ses paillettes. Le film a été tourné dans une réserve indienne, chez les cowboys lakotas qui mènent une vide rude. Le film est très proche du documentaire : la réalisatrice filme une histoire vraie où les acteurs amateurs jouent leur propre rôle. Et ça fonctionne bien, ils ont une présence assez incroyable qui m’a rappelé Tempête, que j’avais adoré. J’ai trouvé qu’il y a avait beaucoup de justesse dans ce film, que ce soit dans les relations entre les personnages ou dans les réactions du jeune homme, même si j’ai parfois eu l’impression de manquer de références pour bien en comprendre toutes les subtilités. Un film fort et déroutant dont je suis ressortie un peu sonnée.

Deux films sur l’adolescence

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Call me by your name

          Drame, romance franco-italo-americain de Luca Guadagnino avec Armie Hammer, Timothée Chalamet, Michael Stuhlbarg
          Été 1983. Elio, 17 ans, passe ses vacances dans la villa de sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais.

Affiche du film Call me by your name

          J’avais entendu le plus grand bien de ce film. Si fin, si émouvant. Tout ça tout ça. Sur le papier ça ne me tentait absolument pas mais devant un tel déluge d’éloges, j’ai cédé à la curiosité et laissé mes doutes de côté. Franchement, j’en viens en penser que parfois être bornée et obtuse évite bien des déconvenues. Enfin, on peut aussi raisonnablement supposer que je commence à bien me connaître. Dès le début, ce n’est pas passé. Mais alors pas du tout. Je ne vais pas me faire beaucoup d’amis avec cette critique mais je vais essayer d’expliquer mon ressenti – qui, cela va de soi, n’engage que moi (au cas où ce ne serait pas clair pour tout le monde…). D’un point de vue purement esthétique, je n’ai pas grand chose à reprocher à ce film. Je n’ai pas trouvé ça fou-fou visuellement mais c’est propre et plutôt bien fait. Les acteurs sont un peu fades mais là encore, ça va. L’histoire en revanche, ç’a été plus compliqué.

Image du film Call me by your name

          La famille d’intellos dans laquelle se passe l’histoire m’a exaspérée au plus haut point. Le côté « on parle 3 langues selon l’humeur du moment et on se traduit du Virgile comme ça, peinard, pour passer la soirée » m’est sorti par les yeux au bout d’à peu près 5 secondes (j’ai dit Virgile au pif, mais on s’en fout, vous avez compris l’idée). Ils sont imbuvables. Pédants, têtes à claques, dégoulinants d’auto-suffisance. Et leur mioche mignon-et-pas-trop-con-mais-un-brin-boudeur-et-blasé-de-la-vie c’est pas franchement mieux. Sauf que lui au moins, il a l’excuse de l’adolescence. Quant à leur hôte, plutôt bel homme mais arrogant et dans l’ensemble sans grand intérêt. Voilà pour la galerie de personnages. Partant de là, à moins qu’il ne choisissent brutalement de s’entre-tuer, mettant ainsi fin au supplice de leur conversation, il y avait fort peu de chance que je goûte à toute la subtilité de ce film. Le reste n’aura été qu’un long, très long, trop long moment d’ennui dont je ne voyais jamais venir la fin. Ni le début d’ailleurs. J’ai trouvé ça lisse, plat et teeeellement lent.

Image du film Call me by your name

          Pour ceux qui ne me connaissent pas, notons quand même que la délicatesse des amours naissantes est un truc qui m’assomme profondément. C’est déjà un moment que je n’aime pas vivre alors l’observer chez les autres, très peu pour moi. Et là, clairement, ça prend son temps. Ca m’a rappelé D’amour et d’eau fraîche ou Un amour de jeunesse. Il y a une seule grande qualité que je reconnais à ce film, c’est que le fait que le gosse découvre son homosexualité ne change strictement rien à l’histoire, c’est tout aussi chiant que s’il avait été hétéro. Ca change, c’est reposant. On passera sur la différence d’âge qui met mal à l’ais. Seul joli moment du film, le plan final, je n’irai quand même pas jusqu’à dire que ça valait le coup de rester pour voir ça. Je crois que je devine vaguement ce qui peut toucher dans ce film, les premiers émois, la découverte de la sexualité, tout ça. Ca m’a laissé parfaitement de marbre mais je suppose qu’on peut s’y retrouver. C’est en tout un type de cinéma auquel je reste totalement hermétique. Mon plus grand moment d’ennui depuis longtemps.

Lady Bird

          Comédie dramatique américaine de Greta Gerwig avec Saoirse Ronan, Laurie Metcalf, Tracy Letts
  Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi.

Affiche de Lady Bird

          Immédiatement après le premier film, j’ai enchaîné avec le second. La bande-annonce m’avait intriguée même si je n’étais pas très sure de savoir si j’avais vraiment envie de le voir pour autant. Mais j’étais devant le cinéma, il était là et je suis curieuse, c’était donc parti pour un second film sur l’adolescence le même jour. J’aurais dû à un moment me dire que c’était une mauvaise idée mais non, j’ai juste pensé : j’ai atteints le summum de l’ennui, ça ne peut pas être pire. Ce n’était pas faux. Mon avis sur Lady bird est plus mitigé. Sans franchement accrocher, je l’ai déjà trouvé plus intéressant (et moins soporifique). Esthétiquement, c’est sans doute moins chiadé, mais c’est aussi moins pédant (et ça, c’est bien).

Image de Lady Bird

          J’ai bien aimé le personnage de Lady Bird. Je n’ai absolument pas réussi à m’y identifier – il faut dire aussi que je n’étais pas franchement ce genre d’ado – mais que la réalisatrice avait réussi à crée un personnage qui avait du caractère et un certain charisme. Elle a un côté touchant et m’a été plutôt sympathique. Quant aux relations entre les personnages (la mère, la meilleure copine boulotte, les nouvelles copines friquées…) elles sonnent juste et sont clairement le point fort de ce film par ailleurs très bien joué. C’est donc plutôt positif dans l’ensemble. Au-delà de ça, je n’ai toutefois pas été vraiment touchée par cette histoire qui aurait peut-être mérité plus de rythme et de profondeur pour vraiment convaincre. Le sujet ne m’a pas vraiment transportée et j’ai trouvé au final le film sympa-sans-plus malgré un personnage prometteur. Si ce film m’a arraché quelques sourires, on reste loin du coup de cœur.

Moi, Tonya

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          Biopic, comédie dramatique américaine de Craig Gillespie avec Margot Robbie, Allison Janney, Sebastian Stan
En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression…

Affiche du film Moi, Tonya

          Je dois bien admettre que je n’étais pas au comble de l’enthousiasme en allant voir ce film. J’aime bien le patinage artistique mais je ne savais pas de qui ça causait (je suis un peu jeune pour avoir suivi l’affaire) et bon, un biopic sur une patineuse, j’avais peur de m’ennuyer un peu. Mais il se trouve aussi que ça allait être ma première expérience de film en anglais non sous-titré et vu mon faible niveau (catastrophique ?), un truc un minimum terre à terre ne semblait pas être de trop. Ca semblait assez adapté. Et puis comme mon acolyte était super motivé, autant suivre le mouvement. Je vous jure, un film en anglais, j’avais peur.

Image extraite du film Moi, Tonya

          Dès les premières minutes, j’ai été conquise. J’ai de suite su à quel point j’avais sous-estimé ce film. Non, ce n’est pas juste un biopic sur Tonya Harling, star controversée du patinage des années 90, au franc-parler excessif assorti de relations houleuses avec son entourage. C’est un excellent film noir d’un cynisme sans pareil. Je suis restée scotchée. Bon, évidemment, comme ce n’est pas aussi « premier degré » que prévu, le pendant c’est que le niveau d’anglais est un peu plus élevé que ce que j’espérais : argot à la pelle et débit de mitraillette au programme ! Heureusement que les images parlent d’elles-mêmes parce que franchement, côté vocabulaire j’étais totalement larguée !

Image extraite du film Moi, Tonya

          Le film est construit comme un thriller. Avec des interviews de Tonya et de ses proches face caméra qui laissent supposer un drame à venir dont ils viendraient témoigner. Ils viennent ponctuer l’histoire de la patineuse, qu’on suit depuis son enfance et ses premiers pas sur la glace. Le tout crée une ambiance particulière et une certaine tension. Mais surtout ça donne un sacré rythme à l’ensemble. Les personnages sont hauts en couleurs. Le franc parler et le cynisme sont de sortie ! Ca crée une galerie hautement improbable dans le milieu tout lisse et tout propre du patinage artistique. Le tout tenu par un casting impeccable. La mère notamment est assez géniale dans son genre. Le décalage est tout à fait délectable.

Image extraite du film Moi, Tonya

          Certains trouveront le film méchant (il l’est) et assez peu subtil (c’est sûr qu’il tient plutôt du char d’assaut que de la ballerine) mais j’ai trouvé que c’était justement ce qui faisait son charme : aux antipodes du politiquement correct, irrévérencieux à souhaits, ce film ose tout avec une énergie communicative. Plutôt audacieux pour le biopic d’une patineuse. C’est aussi inattendu que jouissif et l’ensemble est plutôt bien réalisé, avec un sens du rythme et un dynamisme qui rattrapent quelques lourdeurs. Il y a dans la biographie de Tonya Harling un potentiel digne des meilleurs polars. Drôle, incisif, bien construit, c’est la meilleure surprise de ce début d’année.