Une chambre en Inde

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Il y a deux ans, j’avais adoré Macbeth, la dernière création d’Ariane Mnouchkine au théâtre du Soleil. Figure majeure de la scène contemporaine, il y avait longtemps que j’avais envie de découvrir son travail et je n’avais pas été déçue ! Les lieux d’abord m’avaient enchantée : parés de leurs plus beaux atours pour l’occasion. L’ambiance ensuite. Et enfin l’inventivité et l’intelligence de la mise en scène. Tout était parfait et rappelait avec force à quel point le théâtre peut être beau. Je n’avais donc qu’une hâte, voir sa nouvelle création et nous avons choisi le soir de Noël pour cela (enfin la veille, la représentation de Noël ayant été annulée faute d’intéressés). Cette fois il ne s’agit pas d’un classique mais d’une création originale, un texte écrit par la troupe. Ca se passe en Inde, ça laissait espérer un beau décor et des costumes chatoyants, j’étais confiante.

Déjà, la déco des lieux m’a moyennement emballée. Les murs repeints dans des tons de rose et de vert assortis à néons multicolores font un effet assez étrange je trouve et pas franchement heureux. Je m’attendais à quelque chose de moins kitch. Mais bon, c’est un détail, une petite déception sans grande incidence. Malheureusement, j’ai très vite compris que la pièce allait représenter une déception d’une toute autre ampleur… Dès les premières secondes, j’ai su que ça allait être long et difficile. Déjà, l’intrigue est un peu tarabiscotée. Grosso modo, on parle d’une troupe d’acteurs partis monter un spectacle en Inde, la directrice meurt, une femme la remplace, qui semble fort peu inspirée par la tâche qui lui incombe et part à la recherche d’une « vision ». La pièce s’ouvre sur sa chambre donc et elle commence à se lamenter en en faisant des caisses avec une voix assez horripilante…

J’ai espéré que ça allait s’arranger peu à peu, ou que j’allais m’habituer, mais non, pas du tout. L’histoire part dans tous les sens, l’humour est absurde (très pipi/caca, à prendre au sens propre) et on peine à saisir quelle direction ça va prendre. C’est d’ailleurs tout le problème : ça ne mène nulle part. Beaucoup d’idée sont évoquées, sur la création artistique et sa place dans la société – ce qui semble pertinent vu le sujet de la pièce – mais aussi sur la guerre en Syrie ou l’écologie. Le plus souvent les sujets sont à peine effleurés et ne semblent pas toujours trouver leur place dans l’histoire principale. Ajoutez à ça des scènes de chant interminables. Ca donne une résultat pour le moins brouillon. On a l’impression que chacun a voulu caser son sujet de prédilection, sans soucis de cohérence. Si certaines choses sont intéressantes, il aurait fallu encore un gros travail pour canaliser tout ça et arriver à un résultat construit. Je me suis ennuyée ferme face à cette pièce qui n’arrive pas à trouver sa voie. Grosse déception. Espérons que leur prochaine création sera plus réussie.

Une chambre en Inde

Une chambre en Inde

Théâtre du Soleil
La Cartoucherie – Vincennes
01 43 74 24 08

Jusqu’au 10 février puis du 3 mars au 21 mai et du 16 juin au 19 juillet
Du mercredi au vendredi à 19h30, le samedi à 16h, le dimanche à 13h30
Plein tarif, 40 €

Paterson

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          Comédie dramatique américaine de Jim Jarmush avec Adam Driver, Golshifteh Farahani, Rizwan Manji

          Paterson vit à Paterson, New Jersey, cette ville des poètes, de William Carlos Williams à Allen Ginsberg, aujourd’hui en décrépitude. Chauffeur de bus d’une trentaine d’années, il mène une vie réglée aux côtés de Laura, qui multiplie projets et expériences avec enthousiasme et de Marvin, bouledogue anglais. Chaque jour, Paterson écrit des poèmes sur un carnet secret qui ne le quitte pas…

Paterson, affiche

          Allez, commençons fort avec la première chronique de 2017 histoire de bien mériter le titre de ce blog. Il s’agit du dernier film vu en 2016, qui ne fut pas loin d’être le pire. J’aurai connu quelques beaux moments d’ennui au cinéma l’année dernière, bien que j’aie vu relativement peu de films. Paterson est une espèce de quintessence de l’ennui. A ce niveau, ça touche presque au sublime (j’ai bien dit presque…). Ayant fait des études littéraires, je suis toujours intéressée par les films sur des écrivains, poètes ou éditeurs, même s’il faut bien admettre que ce n’est pas toujours une réussite. Je suis allée voir Paterson sans trop savoir où je mettais les pieds : ça parlait d’un poète, ça me semblait déjà être un bon début. Bon, c’était peut-être un peu optimiste. Quant à Jim Jarmush, parfois j’aime, parfois je déteste, dur de dire donc à quoi s’attendre. Dès les premières images, j’ai su qu’entre Paterson et moi ça n’allait pas être le grand amour.

Paterson, film

          Je ne saurais expliquer l’ennui mortel qui se dégage de ce film. Le personnage ne m’a absolument pas été sympathique et les poèmes qu’il écrit sont une insulte à la poésie (le poème sur la boîte d’allumettes, tellement palpitant…). Forcément, ça n’aide pas trop à apprécier. A part ça, il ne se passe à peu près rien. Voire rien du tout. J’ai dormi un certain temps face à ce vide intersidéral. En me réveillant, j’ai eu l’impression de n’avoir rien raté – à part une dose d’ennui supplémentaire – vu que je n’ai eu aucun mal à suivre. J’ai fini par partir avant la fin tant j’étais assommée par cette histoire désespérément creuse. Pourtant je ne parlerais pas spécialement d’un mauvais film : juste d’un ennui rare. Les gens dans la salle ont ri à plusieurs reprises, je n’ai jamais compris pour quoi. Je suis visiblement passée à côté de quelque chose. J’aurais pu choisir mieux pour finir l’année.  

Mes résolutions pour 2017

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          Ah la période des bilans et résolutions ! Je ne couperai pas à la tradition encore cette année. Vu que 2016 était franchement pourrie comme année, je compte faire mieux en 2017, ça ne devrait pas être trop dur.
Mes objectifs : le premier, retrouver la santé. Malheureusement ça ne dépend pas de moi mais ce serait sympa que ça arrive avant la fin de l’année (dit-elle pour quoi ? la 4° année consécutive ?). Pour le blog, m’en tenir à 2 articles par semaine, voire 3, me paraît pas mal. On est loin des 5 à 6 auxquels je prétendais avant mais ça me semble honnête. Retourner au cinéma une fois par semaine. Essayer de voir plus de classiques – j’ai commencé, mais ce n’est pas encore assez – disons au moins un par mois. Voir une expo au moins tous les deux mois (ne soyons pas trop ambitieux). Et un spectacle par mois (ça je devrais y arriver). Garder à peu près mon rythme de lecture actuel, soit une centaine de livres dans l’année. Quelques excursions loin de Paris et voir plus souvent mes amis. Et je crois que ce sera tout. Ce n’est pas énorme, ça me semble réalisable, mais je sais la volonté que ça va me demander vu mon état de fatigue avancé.

cinema

          Mon bilan 2016 est plus que mitigé. Côté cinéma, c’est une catastrophe, avec seulement 34 films vus (contre 63 l’année dernière). Ca faisait bien longtemps que j’avais aussi peu fréquenté les salles obscures. Parmi mes coups de cœur, Tempête, La saison des femmes, Merci Patron !, Dalton Trumbo ou encore Comancheria. Quelques déceptions aussi dont Théo et Hugo dans le même bateau, L’avenir ou La fille du train.
En revanche, beaucoup de films vus depuis chez moi (environ 150 !). Beaucoup de conneries, il faut bien le dire, mais aussi quelques jolies surprises comme Et dieu créa la femme, The salvation, Mustang, American beauty, A peine j’ouvre les yeux, Made in France, The lobster et tant d’autres ! Toujours pas mal de séries aussi (une petite quarantaine à vue de nez). Beaucoup de nouveautés comme The young pope, This is us, Odile Katteridge, The five, Jessica Jones ou Devil’s play. Mais aussi quelques nouvelles saisons comme Shameless, Olivia Pope ou Wentworth (pour mes chouchoutes, mais il y en a eu bien d’autres). L’avantage d’être malade c’est qu’on ne manque pas de temps à passer devant la télé, même si on oublie la moitié de ce qu’on voit.

cirque

          Peu de sorties en 2016. J’ai passé la 1° moitié de l’année à rater les spectacles de mes abonnements et je n’en ai pas repris en septembre. 12 spectacles vus tout de même. A peu près moitié moins que chaque année mais un par mois, ce n’est pas si mal. Beaucoup de cirque cette année dans mes coups de cœur avec Maputo Mozambique, Traces, Le cirque invisible ou encore Beyond. Mais aussi Valjean à la Folie théâtre.
J’ai eu l’occasion de tester quelques jeux vidéo (une quinzaine je pense, dont certains que je connaissais déjà), comme Don’t starve (qui a bien occupé mes mois d’immobilisation), Divinity, Uncharted 4 et Life is strange, Et des jeux de société (une vingtaine) parmi lesquels Dungeon lords, Carlson city, Dead of winter, In Z road ou Caverna. Je n’en parle pour le moment pas sur le blog mais cela viendra peut-être.
Du côté du blog, sale année. Peu d’articles – moins de 100, soit trois fois mois que les années précédentes (plus de deux fois moins que l’année dernière, qui n’était déjà pas terrible). Les visites sont à l’avenant : rares. J’ai repris un rythme à peu près régulier en fin d’année, avec deux articles par semaine, et les visites repartent peu à peu, bien que timidement. En revanche, ça ne fonctionne pas trop mal sur les réseaux sociaux.

livres

          Lecture enfin. De loin mon activité principale cette année avec 108 livres lus. Je n’ai pas fait de comptes précis concernant la répartition mais je dirais environ 20 BD et albums, 10 essais, 70 romans et un peu de théâtre et poésie. J’avais décidé d’essayer de varier mes lectures en 2016. J’ai lu plus d’essais que d’habitude, sur des sujets variés, ce qui est plutôt une bonne chose. Beaucoup plus de polars et de littérature étrangère également, j’ai pris un grand plaisir à retrouver des genres que j’avais un peu délaissés. En revanche, pour quelqu’un qui voulait se remettre aux classiques, c’est raté ! Deux seulement, tout le reste était des nouveautés… Je n’en avais jamais autant lu mais le blog m’a permis de me pencher de très près sur les sorties et j’en ai profité pour découvrir de nouveaux auteurs.
Vu la tournure qu’ont pris les évènements, je n’ai même pas jeté un œil à ma liste de lectures avec seulement 2 livres lus sur 15. Un score encore pire que chaque année mais une année lecture palpitante ! Parmi mes très nombreux coups de cœur on trouve entre autres Appelez-moi Lorca Horowitz, Dedans se sont des loups, Daddy love, A l’orée du verger, Les putes voilées n’iront jamais au paradis, Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Même les pêcheurs ont le mal de mer, Une nuit Markovitch, L’archipel d’une autre vie, Les règles d’usage, Repose-toi sur moi, Watership down, La vengeance des mères et Vera Kaplan. Et pour la BD : Junk (dont j’ai visiblement oublié de vous parler), Les vieux fourneaux (un véritable coup de foudre !), Le maître d’armes ou encore Magasin général (que je n’ai pas encore tout à fait fini).

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          Bien que je n’aie pas tenu compte de la liste de l’année précédente, je vais refaire une liste des 15 livres que je veux sortir de ma bibliothèque en 2017. Je ne vais pas y remettre les mêmes que chaque année, histoire de changer un peu, ça donne une liste assez imprévue qui m’apportera j’espère de belles surprises même si elle manque sans doute un peu de variété dans les genres. Je ne lirai peut-être bien aucun de ces titres vu la tonne de nouveautés qui m’attend déjà mais bon, j’aime bien jeter un œil de temps en temps aux livres qui sommeillent dans ma bibliothèque, cette liste me rappelle de ne pas les oublier.

Classiques

Les aventures d’Alice au pays des Merveilles, Lewis Carroll
Pour qui sonne le glas, Ernest Hemingway
L’ignorance, Milan Kundera
Carnets du grand chemin, Julien Gracq
Gens de Dublin, James Joyce

Romans contemporains

Un homme de tempérament, David Lodge
Love and pop, Ryu Murakami
Amour dans une vallée enchantée, Anyi Wang
Voix endormies, Dulce Chacon
Train de nuit pour Lisbonne, Pascal Mercier

Autres

Voyageurs extraordinaires, John Keay
La page blanche, Boulet et Pénélope Bagieu
Le journal de mon père, Jirô Taniguchi
Carnets de terroir, Yves Camdeborde
Éléments de conversation culinaire, Anne-Sophie Pic

          J’espère que cette année sera un peu plus productive et moins fastidieuse que la précédente. Je n’ai pas de projets d’une ambition démesurée mais si j’arrive à m’y tenir ce ne sera déjà pas si mal ! Ça commence doucement mais je suis déjà replongée jusqu’au cou dans les sorties de la rentrée de janvier et j’ai vu ma première expo de l’année. Espérons que ça continue sur cette lancée. Et vous, quels sont vos projets pour 2017 ?

Bonne année à tous !

Décembre, le bilan

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Avec un peu de retard, voici mon bilan du mois écoulé. Un mois de décembre plutôt tranquille histoire de changer. Un peu moins de lectures que les mois précédents, avec 7 livres lus. Je me suis enfin attaquée à Cyrano de Bergerac, que je n’avais encore jamais lu. J’ai également beaucoup aimé le dernier Joyce Carol Oates, Sacrifice, et Vera Kaplan.

Côté cinéma, c’est toujours calme avec seulement 3 films vus et pas franchement de gros coup de cœur. Deux grosses déceptions mais tout de même un bon moment passé avec Snowden.
Une quinzaine de films vus sur petit écran et c’était très animation et film de Noël : beaucoup de bons sentiments au programme. J’ai revu Bridget Jones et Happiness Therapy : bonne humeur assurée.

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Très peu d’autres sorties mais tout de même une pièce de théâtre pour Noël : Une chambre en Inde au théâtre du Soleil. J’avais adoré Macbeth il y a deux ans mais là, grosse déception… J’ai trouvé ça brouillon et pour tout dire assez soporifique.
Rien d’autre à signaler en décembre à part quelques origamis pour décorer mon appart pour Noël. Un mois très calme donc malgré une forme relative comparée aux derniers mois. Espérons que 2017 sera plus dynamique !

Romans : les sorties de l’automne

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On continue avec les nouveautés littéraires qui auront décidément été à l’honneur sur le blog cette année. Je vous propose six romans sortis cet automne. Essentiellement de thriller et polar. Une sélection bien sombre mais qui m’aura réservé quelques jolies surprises.

Si la lune éclaire nos pas, de Nadia Hashimi

 

Kaboul est entre les mains des talibans. Depuis que son mari a été assassiné, Fereiba est livrée à elle-même. Si elle ne veut pas connaître le même sort, elle doit fuir. Elle entreprend un voyage périlleux avec ses trois enfants. Comme des milliers d’autres, elle traverse l’Iran, la Turquie, la Grèce, l’Italie et la France. Hélas, les routes de l’exil sont semées d’embûches : que devra-t-elle sacrifier pour de meilleurs lendemains ?

Si la lune éclaire nos pas, couvertureLe titre de ce roman ne laissait pas vraiment supposer une histoire qui allait m’emballer outre mesure. Je me méfie des titres très poétiques, ça sent toujours un peu le romantisme outrancier, mais en même temps, ça m’attire toujours au fond, parce qu’une belle histoire qui marche, c’est rare mais ça fait du bien. Bref, je me suis donc retrouvée avec ce livre entre les mains sans bien savoir pourquoi ni même de quoi ça parlait. Finalement, ç’a été une bonne surprise. J’avais lu en début d’année le témoignage d’un jeune garçon qui avait fui l’Afghanistan pour l’Angleterre. Cette version romancée d’une histoire similaire m’a beaucoup touchée. On suit la jeune femme qui est au cœur du récit bien avant qu’elle ne songe à quitter son pays. On apprend ainsi à la connaître, à se familiariser avec sa culture, à comprendre les raisons profondes de ce choix. C’est un peu mélo comme histoire, cette pauvre fille enchaîne sacrément les galères. Pourtant, étrangement, on y croit et ça fonctionne plutôt bien. L’écriture est agréable et on se prend d’affection pour cette famille au destin tragique. Un joli texte, sans doute un peu trop mélo parfois mais émouvant. Une belle surprise.

Peut-être qu’il vaut mieux mourir sur sa propre terre, plutôt qu’être chassé comme un chien errant partout où on passe.

Cognitum, de Stefan Palk

 

Dans un appartement parisien, un jeu sexuel en ligne tourne mal ; au fond d’une forêt africaine, une section de paras est anéantie sauvagement ; dans un réduit djihadiste de Syrie, on teste des produits redoutables. Yann Braque, lieutenant à la PJ, et Maxime Barelli, une capitaine des forces spéciales, vont se retrouver côte à côte face à une terrible épidémie technologique : Cognitum.

Cognitum, couvertureLe reste de mon automne aura été très noir. Et ça a commencé avec Cognitum. Un roman dystopique assez flippant. J’avoue ne pas trop savoir par quel bout prendre les choses pour en parler. On est dans un futur proche (très proche même je dirais) où la nanotechnologie infiltre le corps pour « l’améliorer ». Évidemment, ça ne se passe pas aussi bien qu’on pourrait s’y attendre, il y a des accident, des abus, des morts. Le sujet est pour le moins porteur, et plutôt d’actualité. La mise en œuvre m’a un peu moins convaincue, même s’il y a pas mal de bonnes choses dans ce roman. On alterne entre plusieurs personnages. En soi c’est un procédé que j’ai tendance à apprécier, malheureusement là les chapitres sont très courts (ce qui est également appréciable généralement) et c’est difficile de s’attacher aux personnages en passant aussi vite de l’un à l’autre. D’autant plus que l’histoire est quand même très compliquée. J’ai trouvé qu’il y avait trop de choses, trop de ramifications pas toujours parfaitement maîtrisées pour que l’histoire reste percutante. Malgré certaines faiblesses dans la construction du récit, le sujet traité est intéressant et l’enquête policière plutôt prenante. Une lecture singulière.

Évanouies, de Megan Miranda

 

Nicolette s’était pourtant juré de ne jamais remettre les pieds à Cooley Ridge, sa ville natale. Dix ans plus tôt, sa meilleure amie Corinne a disparu, et son corps n’a jamais été retrouvé. Aujourd’hui, Nic doit rentrer chez elle pour s’occuper de son père. Mais Nic n’a pas sitôt posé le pied à Cooley Ridge qu’une nouvelle jeune femme disparaît. Le piège se referme.

Evanouies, couvertureBon, ma mémoire me joue des tours. Je me souviens de la couverture, du nom de l’auteur, très vaguement d’une disparition, d’avoir bien aimé ce livre mais… mais… de rien d’autre, aucun détail. Il va falloir que j’aille faire un sérieux tour dans mes notes. C’est rare que j’oublie un roman que j’ai bien aimé mais que voulez-vous, ma mémoire n’est plus ce qu’elle était. La trame n’est pas particulièrement originale : une jeune fille qui disparaît sans laisser de traces, sa meilleure amie qui revient chez elle 10 ans après encore hantée par le drame, rien de bien exceptionnel jusque-là. En revanche, la construction elle n’est pas banale. En effet, on commence 15 jours après le retour de la jeune femme dans la ville de son enfance et on remonte le temps jusqu’à son arrivée. J’ai bien aimé l’idée qui crée une tension intéressante. C’est assez étrange pour le lecteur d’avoir de plus en plus d’informations au fil de la lecture alors que le personnage lui en a de moins en moins. Je me suis parfois demandé si à la relecture je ne trouverais pas des failles dans cette chronologie inversée, j’ai eu par moments l’impression de l’auteur s’y perdait un peu. Malgré quelques faiblesses, ce roman fonctionne plutôt bien et parvient à mettre en place un beau suspens. Pas parfait mais assez prenant tout de même.

Ma mère n’est pas morte chez elle. Elle en avait l’intention mais je crois qu’à un moment donné elle avait aussi eu l’intention de vivre. C’est bien beau, une intention, mais ça repose parfois davantage sur l’espoir que sur la réalité.

On se souvient du nom des assassins, de Dominique Maisons

 

1909. Paris, est à cette époque le centre du monde culturel et politique et repousse la misère au-delà de ses murs. Paris regarde vers le ciel et se passionne pour les dirigeables et invente le divertissement de masse. Mais aussi inventer le crime moderne et sa médiatisation. La foule va prendre gout au sang, aux aventures immorales, au frisson bon marché.

On se souvient du nom des assassins, couvertureVoilà un roman assez surprenant. A la fac j’avais un cour (où j’ai été assez peu assidue, avouons-le) sur le roman populaire : on est en plein dedans. On croirait à s’y méprendre un roman du début du XX° s. Le style est enlevé et très agréable. Ajoutez à ça une bonne vieille enquête policière dans les rues de Paris avec un auteur de romans-feuilleton comme héros et vous aurez un mélange détonnant. Bien que j’aie beaucoup apprécié cette lecture, je n’ai pas avancé très vite, ce qui m’a un peu empêché de rester dans la dynamique nécessaire pour l’apprécier pleinement. L’enquête est pleine de rebondissements, plus ou moins farfelus mais qui dans l’ensemble ne fonctionnent pas si mal. Ca traîne peut-être un peu en longueur mais les personnages sont attachants et le style enlevé ne manque pas de charme. Dommage que la résolution de l’enquête aille chercher une explication tarabiscotée qui aurait sans doute être pu mieux amener, on peine un peu à y croire. Un roman rocambolesque qui en fait parfois trop mais reste sympathique.

Sacrifice, de Joyce Carol Oates

 

1987, dans un quartier noir délabré d’une ville du New Jersey, une mère cherche partout sa fille, Sybilla, disparue depuis trois jours. L’adolescente sera retrouvée, ligotée, le corps barbouillé d’excréments et d’injures racistes, dans les sous-sols d’une vieille usine abandonnée. Emmenée aux urgences, elle accuse des « flics blancs » de l’avoir enlevée, battue et violée.

Sacrifice, couvertureJ’ai découvert Joyce Carol Oates il y a peu (oui, je ne suis pas en avance sur ce coup-là) et j’ai de suite beaucoup aimé sa plume précise et les thèmes très sombres qu’elle aborde. Après avoir lu d’elle un roman sur une disparition pour un autre sur un enlèvement et un viol d’enfant, on reste dans la même veine avec cette fois une jeune fille qui accuse des policiers blancs de kidnapping et de viol. L’écriture est très dure, imitant l’accent rocailleux de la rue. C’est très très sombre. Certains passages sont un peu difficiles à encaisser et l’évolution de l’histoire ne redonne pas exactement foi en l’espèce humaine. Mais l’auteur a le mérite dans ce roman de taper à la fois sur le racisme, la religion, l’administration et ceux qui exploitent les faibles qu’elle qu’en soit la manière. Elle n’est franchement pas tendre avec ses concitoyens mais ça sonne terriblement juste. Le récit s’inspire d’ailleurs de faits réels. C’est d’une violence inouïe mais je dois avouer avoir été totalement fascinée par ce roman que j’ai dévoré. Un roman engagé et fort qui ne laisse pas indifférent.

La victime d’un traumatisme ressemble à un animal blessé. En cherchant à l’aider, on risque d’exacerber sa souffrance.

Que le bête s’échappe, de Jesse et Jonathan Kellerman

 

Traumatisé par ses exploits récents, l’inspecteur Jacob Lev s’est remis à boire et passe ses journées à réviser des dossiers de cold cases dans un entrepôt désaffecté de Los Angeles. Un double meurtre non résolu retient son attention et l’amène à enquêter à Paris sur un cas similaire : les corps d’une mère et de son fils, retrouvés dans le Bois de Boulogne.

Que la bête s'échappe, couvertureQuand j’ai reçu ce livre, rien qu’à la couverture, je n’étais pas très inspirée. Quand j’ai commencé ma lecture, mes craintes se sont en partie trouvées fondées. Ça joue beaucoup sur le fantastique et je n’aime pas franchement les romans qui y ont recours. Je suis assez terre à terre et je n’aime pas trop qu’on mêle le monde « réel » et des éléments surnaturels. Je trouve que fonctionne rarement. Je préfère à la limite un univers créé de toutes pièces, mes attentes en matière de réalisme ne sont pas les mêmes. Pourtant, contre toute attente, je n’ai pas détesté ce roman et honnêtement, je me demande bien pourquoi. Il y a des rebondissements improbables, c’est tiré par les cheveux au possible et pourtant j’ai trouvé que ça se laissait lire. Je suppose que c’est dû à l’écriture, qui est agréable et dynamique, on est pris dans l’enquête et on ne nous laisse pas trop le temps de nous poser des questions sur sa crédibilité. C’est une suite mais on peut la lire sans problème sans avoir lu le premier volet. Je n’irais pas jusqu’à dire que j’ai vraiment aimé, trop de thèmes abordé qui me laissent de marbre, trop tarabiscoté, mais ça reste étrangement une lecture plutôt plaisante. Le genre de roman où on trouve un plaisir un peu coupable.

Un mois d’horreur, sur la totalité d’une existence… ce n’est rien. Un simple hoquet.