Asta, de Jón Kalman Stefánsson

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          Reykjavik, au début des années 50. Sigvaldi et Helga décident de nommer leur deuxième fille Ásta, d’après une grande héroïne de la littérature islandaise. Un prénom signifiant – à une lettre près – amour en islandais qui ne peut que porter chance à leur fille… Des années plus tard, Sigvaldi tombe d’une échelle et se remémore toute son existence : il n’a pas été un père à la hauteur, et la vie d’Ásta n’a pas tenu cette promesse de bonheur.

          On continue avec cette rentrée littéraire dont je semble définitivement ne jamais devoir venir à bout. D’habitude je m’y consacre de début août à début novembre mais cette année il me reste encore pas mal de titres à lire… La faute à des titres peu enthousiasmants et au rythme d’escargot qui s’ensuit. J’avais beaucoup entendu parler d’Asta, souvent j’aime beaucoup la littérature islandaise, j’avais donc hâte de le découvrir. C’était un des romans de cette rentrée dont j’attendais le plus. Alors, ça valait le coup d’attendre ?

Couverture du roman Asta de Jon Kalman Stefansson

          Dès le début, j’ai été assez déroutée par ce roman, la tournure du récit est assez particulière et d’un chapitre sur l’autre on change de protagoniste sans crier gare. J’ai trouvé que c’était assez difficile à suivre et très (trop ?) décousu. Même si j’aimais bien le ton employé, j’ai eu le plus grand mal à rentrer dans cette histoire. Le récit sur certains personnages m’a plus intéressé que d’autres et j’ai longtemps trouvé Asta elle-même assez antipathique. J’ai commencé à m’intéresser un peu plus à son cas quand elle est arrivée à la ferme. Ca sentait le drame, je me suis un peu retrouvée prise à cette histoire malgré moi. Bon, mes espoirs en matière de noirceur ont été déçus mais ce n’est pas bien grave, j’appréciais enfin la poésie de ce texte.

          Pourtant je n’ai jamais réussi à accrocher vraiment. La prose est belle, il y a des passages que j’ai beaucoup appréciés, j’ai bien aimé l’idée que l’auteur prenne autant de libertés dans la manière de raconter mais c’était trop décousu pour moi. A chaque chapitre il m’a fallu du temps pour comprendre qui parlait, j’ai parfois eu beaucoup de mal avec la chronologie aussi. Je pensais une fois passée la moitié que j’avais enfin réussi à me couler dans ce rythme si particulier et à me laisser porter mais arrivée à la fin je me suis rendu compte que je n’avais pas bien saisi où l’auteur voulait en venir (mais veut-il vraiment en venir quelque part ?), ce qui m’a laissé un petit goût d’inachevé. Malgré toute la beauté du style, j’ai eu du mal à me laisser aller à l’émotion. Si j’ai trouvé ce texte poétique et la plume agréable, les changements de personnages et d’époques m’ont déroutée. Ca n’en demeure pas moins un des jolis textes de cette rentrée.

Jon Kalman Stefansson, portrait

Photo Roberto Frankenberg

Être un bon paysan est depuis toujours considéré comme la réussite suprême en Islande. C’est ce qui compte le plus. La seule chose qui permette vraiment de prouver votre valeur d’être humain.

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Pour tromper le monde, je m’habille avec élégance chaque fois que je sors. J’allume mon sourire. Je maquille un peu ma tristesse puis je mets mes lunettes de soleil pour que personne ne remarque ton absence au fond de mes yeux.

 

Terres d’Arle

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          Il y a de cela deux ans, j’ai découvert Caverna, un jeu dans la lignée du célèbre Agricola, toujours par Uwe Rosenberg. Le principe est un peu le même, sauf qu’en plus de cultiver des champs et élever du bétail, on doit aussi creuser des mines, en bons nains qui se respectent. A 7 joueurs qui ne se connaissaient pas et pour la plupart ne connaissaient pas le jeu, c’est une longue, très longue aventure qui s’annonce. Les parties sont annoncées en 120 min, pour notre première on a mis quelque chose comme 5h. Je ne regrette rien, j’ai a-do-ré. Malheureusement, nous avons rarement l’occasion de sortir des monstres pareils, on a donc décidé d’emprunter la version à 2 joueurs d’Agricola, Terre d’Arle, pour les longues soirées d’hiver (ou les courtes soirées d’été, peu importe).

Terres d'Arle

          Pas de mines dans Terre d’Arle (sans « s » parce qu’on n’est pas en Camargue mais en Frise). Comme dans Agricola, on est des fermiers, on cultive donc des champs, on élève du bétail et on fait un peu de commerce. Sauf que là, on n’est que deux. La boîte est assez volumineuse (doux euphémisme) et les règles sont d’une incroyable longueur. C’est terriblement fastidieux à lire et pourrait en décourager plus d’un. Le plus simple reste encore de mettre le plateau en place – ce qui n’est déjà pas une mince affaire – et d’aviser ensuite. Une fois qu’on a tous sous les yeux, c’est finalement assez intuitif, le plateau étant extrêmement bien conçu. Après un ou deux tours de jeu, vous n’aurez normalement quasiment plus besoin de vous reporter aux règles. C’est dur de s’y mettre mais finalement, une fois qu’on y est, ça se passe bien.

Terres d'Arle

Le plateau qui fait peur !

          Le temps dans Terre d’Arle se divise en deux saisons où on peut effectuer des actions différentes. Et on se rend compte une fois qu’on connaît le jeu et qu’on commence à vouloir élaborer des stratégies que ça passe très vite. Le plateau est très bien conçu et après quelques tours pour se familiariser avec le jeu, c’est assez fluide et il n’y a que très rarement besoin de se reporter aux règles : tout est écrit devant vous. Les parties peuvent aller relativement vite (ça reste un gros jeu, inutile d’espérer le finir en 1/2h), à condition de ne pas passer des heures à réfléchir avant chaque action, ce qui s’avère parfois difficile tant il y a de possibilités. Nombreuses sont les stratégies qui peuvent mener à la victoire, même si certaines nous on semblé un peu plus évidentes que d’autres. Rien n’est jamais gagné d’avance et dans l’ensemble, la plupart des parties que nous avons faites étaient assez équilibrées malgré des stratégies totalement divergentes. Même après plusieurs parties, on prend toujours autant plaisir à sortir ce jeu. Un gros gros coup de cœur.

Miss Sarajevo, d’Ingrid Thobois

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          Printemps 1993. Joaquim, vingt ans, débarque au milieu de Sarajevo assiégée. Armé de son seul appareil photo, il cherche à échapper à son enfance et à se confronter à la mort. Cette mort que vient de choisir sa jeune sœur Viviane, fatiguée d’expier dans l’anorexie un tabou familial jamais levé. Été 2017. Joaquim apprend le décès de son père. Le temps d’un Paris-Rouen, lui reviennent en rafales les souvenirs de sa famille bourgeoise, apparemment sans défaut, verrouillée autour de son secret. Mais peut-on réellement se libérer du fardeau familial ? Quel est, au bout du compte, le prix du non-dit ?

Couverture de Miss Sarajevo d'Ingrid Thobois

          Je ne sais pas trop raconter sur ce roman qui dans l’ensemble m’a plutôt ennuyée. Le style n’est pas désagréable mais est loin d’être transcendant (ce qui est visiblement le leitmotiv de cette rentrée…). Quant à l’histoire… ça aurait pu être intéressant ce mec qui raconte ses souvenirs à Sarajevo, ses rapports à sa famille, le lien entre tout ça. Sauf que c’est terriblement décousu et au final assez banal. Après quelques pages de découverte du style et de l’univers de l’auteur, je me suis ennuyée (surtout dans les passages qui se passent en France). Le personnage manque de profondeur et n’est guère plus qu’un ado mal dégrossi, même si on doit lui reconnaître des circonstances atténuantes, c’est assez vite lassant.

          J’ai trouvé que la psychologie du personnage aurait méritée d’être un peu plus fouillée. Ca reste dans l’ensemble assez superficiel dans le traitement des émotions et des mécanismes de défenses mis en place. C’est dommage parce que je trouve que cette histoire avait un joli potentiel mais elle reste au final trop à la surface des choses. Il y a quelques jolis passages et des pistes de réflexions pas inintéressantes mais ça manque cruellement de corps. J’ai eu du mal à voir où l’auteur voulait en venir avec cette histoire qui s’avérait prometteuse et s’avère assez brouillon. De belles intentions mais un résultat assez mitigé. Si ça reste agréable à lire malgré quelques lourdeurs, ça manque de profondeur et l’auteur ne semble jamais aller au bout de sa réflexion. Dommage.

Portrait d'Ingrid Thobois

L’imminence du départ, ce spasme entre la certitude d’un quai et le doute d’une destination, déstabilise un grand nombre de voyageurs. On a beau avoir lu les panneaux d’affichage, vérifié les écrans, rien n’y fait: le parallélisme des quais et des trains semble une invite à se tromper de voie, à se tromper de vie.

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Choisir de cesser de vivre, ce n’est pas forcément choisir de mourir.

Octobre, le bilan

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          Un mois d’octobre assez étrange de mon côté. Après un mois de septembre bien tristounet, octobre s’est avéré moins déprimant et j’en ai donc profité pour me promener un peu et traîner au soleil tant qu’il était dans les parages. Je n’ai donc rien fait d’autre que… ne rien faire ! Mais pour une fois c’était volontaire et ça fait du bien. 7 livres lus ce mois-ci. Je suis toujours en galère avec la rentrée littéraire dont je ne vois pas le bout… Les révélations ne s’enchaînent toujours pas mais j’ai bien aimé Asta. J’ai aussi enfin la BD Le combat ordinaire que j’ai beaucoup aimée.

          Pas de sortie ciné ce mois-ci. Décidément, l’inconditionnelle de cinéma qu’on ne sortait pas des salles obscures est manque d’envie depuis bien longtemps. Allez savoir pourquoi mais en ce moment (depuis bien 2/3 ans quand même) je ne suis plus du tout attirée par le cinéma alors que j’ai toujours adoré ça ! Certains films me tentent mais de là à me déplacer il y a un monde… Même chez moi, je suis passée de plusieurs films par semaine à 1 ou 2 par mois. Ca ne me manque pas vraiment d’ailleurs. Un grand mystère.

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          En revanche j’ai recommencé à regarder des séries. J’ai eu une jolie surprise avec Mindhunter et les jours où je suis malade j’aime bien me vautrer devant Call the Midwife, c’est plein de bons sentiments mais ça a un côté apaisant.

          Pas d’expos ou de spectacles en octobre. Pourtant beaucoup de choses me tentaient mais je n’avais pas trop envie de m’enfermer dedans. C’a vraiment été le mois des balades le nez au vent. J’ai fait quelques repérages pour la fin de l’année, on va voir ce que je sélectionne au final et ce que ma santé me laisse aller voir. Un mois d’octobre bien pauvre culturellement donc mais aussi très agréable avec même quelques sorties hors de Paris, histoire de se préparer à passer l’hiver.

Peppermint

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          Thriller, action américain de Pierre Morel avec Jennifer Garner, John Ortiz, John Gallagher Jr.

          Riley North est une jeune mère de famille dont le mari et la petite fille viennent d’être assassinés par un gang. Face à système judiciaire corrompu qui remet en liberté les meurtriers qu’elle avait pourtant formellement identifiés, Riley décide de prendre les armes pour faire payer tous ceux qui, de prêt ou de loin, sont impliqués.

Affiche du film Peppermint

          Pour tout vous avouer, je ne pensais pas vraiment aller voir ce film, même si j’étais curieuse de revoir Jennifer Garner dans un film d’action. Non, j’étais au cinéma pour voir Blackkklansman. On est arrivés 3 min en retard et on nous annoncé à la caisse que le film avait déjà commencé. A l’UGC, alors qu’il y a toujours 20 min de pubs… Après vérification, on ne nous a pas menti, le film commençait bien pile poil à l’heure de la séance, le truc qui n’arrive juste jamais. Pas de bol. Puisqu’on était là, on est donc allé voir ce qui passait à l’heure où on y était. Et voilà comment je me retrouve à vous parler de ce film.

Image extraite du film Peppertmint

          Je n’étais pas hyper emballée en rentrant dans la salle, j’avais peur d’un scénario vu et revu et d’une certaine dose d’ennui, même si au fond je reste bon public pour ce type de film. Mais finalement, j’ai passé un bon moment. Certains ingrédients sentent un peu le réchauffé (une fille canon, une histoire de vengeance et un ripou) mais dans l’ensemble il faut bien admettre que ça s’éloigne un peu des codes du genre. Le personnage est assez réussi je trouve, elle passe de mère modèle à folle furieuse en l’espace d’une fusillade et ça fonctionne plutôt bien. Le point de départ du film s’avère assez efficace.

Image extraite du film Peppermint

          Ce qui est un peu dommage, c’est l’absence totale de suspense : on sait qu’elle est trop forte et qu’elle va dézinguer tous les méchants sur son passage, si possible en les faisant bien flipper tant qu’elle y est. Ca manque d’un petit soupçon de doute pour nous tenir en haleine. D’ailleurs le personnage est un vrai roc, sans la moindre fissure, là aussi un peu plus de nuance n’aurait pas été malvenu. Toutefois, le rythme est soutenu et ma foi, on n’a vraiment pas le temps de s’ennuyer. Le seul point qui m’a un peu dérangée, c’est la toute fin, qui offre un peu trop de réponses à mon goût. Pour le reste, même si son potentiel n’est malheureusement pas exploité au mieux, ça reste un bon divertissement.