Anne with an « e »

Par défaut

          Série canadienne de Moira Walley-Beckett avec Amybeth McNulty, Lucas Jade Zumann, Geraldine James, RH Thomson

          L’histoire d’une jeune fille adoptée qui se bat envers et contre tout pour se faire accepter et gagner l’affection de son nouvel entourage. En 1890, une adolescente qui a été maltraitée des années durant en orphelinat et par un chapelet de familles d’accueil atterrit par erreur dans le foyer d’une vieille dame sans enfant et de son frère. Avec le temps, Anne, 13 ans, va illuminer leur vie et celle de leur petite communauté grâce à son esprit fantasque, sa vive intelligence et son imagination débordante.

Anne with an e

          Voici LA série qui va adoucir votre rentrée. Je suis tombée dessus totalement par hasard. Je cherchais une nouvelle série à regarder. J’étais fatiguée et je voulais quelque chose de pas trop intello, pas trop pesant, pas trop neuneu non plus si possible et comme je n’aime pas particulièrement les comédies mes choix étaient assez limités. Je me suis dit que ça pouvait être « mignon » voire carrément sympathique, un peu dans le genre Tom Sawyer. Je ne savais pas au juste à quoi m’attendre et clairement sur le papier ce n’était pas sensé être un truc que j’apprécie particulièrement, juste un passe-temps pas trop prise de tête.

Anne with an e

          Au premier épisode j’ai eu un doute. L’univers faisait un peu « Petite maison dans la prairie » (même si j’étais fan quand j’étais gamine). Mais surtout cette mioche, elle parle sans cesse, pas une seconde de répit, elle est extrêmement agaçante. Mais aussi étrangement attachante. Et puis elle parle un joli anglais en articulant bien, je comprends presque tout ce qu’elle dit (ce qui vu mon niveau d’anglais tient du miracle). On finit par s’habituer plus ou moins à ses tirades d’un lyrisme exacerbé, voire même à leur trouver un certain charme. Et c’est donc comme ça que j’ai enchaîné les deux saisons en à peine quelques jours… Pour ma défense j’étais vraiment malade et je ne pouvais pas faire grand chose d’autre de mes journées.

Anne with an e

          Je dois donc le confesser, Anne with an « e » c’est trop choupinou, ça fait fondre votre petit cœur – fut-il de pierre – et ça fait un bien fou au moral. C’est la série que j’aurais aimé avoir quand j’étais à l’école. Je n’étais pas exactement aimée, on me trouvait bizarre et on m’embêtait à cause de mes tâches de rousseur (entre autres). Ah et je passais ma vie le nez dans les bouquins aussi. Bon, les ressemblances s’arrêtent là, je ne suis ni orpheline ni bavarde mais ça aurait suffi à me remonter le moral après des journées difficiles je pense. Etrangement, ça m’a quand même donné l’impression de soigner les bleus à l’âme même avec 25 ans de retard !

Anne with an e

          De nombreux sujets sont évoqués au cours des deux saisons, ça parle d’amitié, de famille, de racisme, de tolérance, de mensonge, de différence… L’éducation est au cœur du message avec une forte incitation à croire en ses rêves et à s’émanciper. Le tout est toujours très bienveillant sans être trop niais (les enfants étant au centre de l’histoire, on est aussi plus conciliants avec le trop plein de bons sentiments). Je ne vous en dis pas plus sur l’histoire, les péripéties sont nombreuses et ce serait dommage de vous gâcher le plaisir de la découverte. C’est une très jolie série pleine de bienveillance sans trop tomber dans la mièvrerie. Certains personnages sont peut-être un peu caricaturaux mais avec le temps des nuances apparaissent dans les caractères de chacun et ils ont le mérite de représenter un panel de comportements assez larges. L’espièglerie du personnage principal est quant à elle un régal. Sans hésiter, la série qui a illuminé ma rentrée.

L’intelligence des arbres

Par défaut

Documentaire allemand de Julia Dordel et Guido Tölke

          Un forestier en Allemagne, Peter Wohlleben, a observé que les arbres de sa région communiquent les uns avec les autres en s’occupant avec amour de leur progéniture, de leurs anciens et des arbres voisins quand ils sont malades. Il a écrit le bestseller « La Vie Secrète des Arbres » (vendu à plus d’1 million d’exemplaires) qui a émerveillé les amoureux de la nature. Ses affirmations ont été confirmées par des scientifiques à l’Université du « British Columbia » au Canada. Ce documentaire montre le travail minutieux et passionnant des scientifiques, nécessaire à la compréhension des interactions entre les arbres ainsi que les conséquences de cette découverte.

Affiche de l'intelligence des arbres

          Avant de voir le documentaire, j’avais beaucoup entendu parler du livre – que je ne comptais pas spécialement lire dans l’immédiat. Je ne pensais pas non plus aller voir le film d’ailleurs mais puisqu’il passait quand j’étais chez mes parents, autant en profiter. Je dois bien avouer être restée assez perplexe et ne pas trop savoir qu’en dire… Je vais quand même essayer. Le documentaire se divise en deux parties : une première sur les plantes et une seconde sur les arbres. Le tout est globalement axé sur les systèmes de communication des végétaux et les défenses mises en œuvre en cas d’agression extérieure. J’avais peur d’un truc très « new age » mais non, la plupart des intervenants sont assez convaincants et explosent clairement leurs recherches.

image extraite de l'intelligence des arbres

          Les plantes tout d’abord. J’avoue que j’ignorais à peu près tout des découvertes récentes faites à leur sujet. Il faut dire que la botanique est moi ne sommes pas très copines. Je n’ai jamais été passionnée par les plantes. Je les aime bien, elles ont longtemps fait partie de mon environnement mais on ne peut pas dire que je les connaisse vraiment (mais si d’après certains le fait que je reconnaisse la plupart des végétaux les plus courant est déjà perçu comme une source de savoir inestimable). J’ai trouvé intéressantes certaines des théories évoquées même si je ne suis pas sure d’avoir toujours bien réussi à voir où ça menait et ce qui reliait tout ça. Certains témoignages sont passionnants, d’autres un peu moins, mais j’ai eu du mal à faire le lien entre les informations et à me faire une idée plus globale. Mais c’est peut-être normal étant donné que ces recherches sont récentes et évoquent plusieurs pistes, on manque sans doute encore d’éléments pour bien comprendre les choses dans leur globalité. J’ai trouvé le tout intéressant mais un peu brouillon.

image extraite de l'intelligence des arbres

          Le début de la partie sur les arbres m’a plus convaincue. Tous les témoignages allant dans le même sens, j’ai trouvé qu’il était plus facile de se faire une idée précise du fonctionnement de la communication entre les arbres, qui est expliqué de manière très claire et détaillée. J’ai trouvé ça vraiment très intéressant. En revanche, un gros morceau de cette seconde partie de documentaire est consacré aux recherches en laboratoire pour corroborer les observations des scientifiques et des gardes forestiers. Ca tourne assez vite en rond et une fois qu’on a compris le principe ça s’avère assez soporifique. Ca donne un peu une impression de remplissage. C’est dommage. Dans l’ensemble j’ai trouvé ces deux documentaires intéressants mais inégaux dans le rythme même si les recherches qu’ils exposent pourraient aboutir à une bien meilleure gestion des sols notamment. Le tout est assez brouillon et ne m’a pas vraiment emballée même si ça offre de pistes de réflexion intéressantes.

Août, le bilan

Par défaut

          Un mois d’août hyper calme de mon côté. J’avais prévu de très nombreuses lectures pour la rentrée littéraire mais j’avance à une allure d’escargot. 7 romans lus tout de même. Essentiellement des nouveautés donc mais pas vraiment de coup de coeur. J’ai bien aimé l’originalité de La Massaia (et cette plume !) et l’histoire de La révolte mais dans l’ensemble j’ai eu beaucoup de mal à finir le moindre roman.

          Pas beaucoup de cinéma non plus avec seulement 3 films vus. Mais août est toujours un mois bien calme de ce côté-là et il y a bien longtemps maintenant que je délaisse les salles obscures. J’ai beaucoup aimé Woman at war et Mary Shelley, malgré ses défauts, m’a donné l’envie de relire Frankestein (ce que j’ai fait, ça m’a extrêmement déçue).

v2 sig

          Pas de sorties, d’expos, de musées, de concerts. L’été, c’est repos (oui bon, le reste de l’année aussi). Quelques sorties prévues en septembre, le théâtre me manque terriblement, je vais essayer de trouver quelques pièces sympa à aller voir. Pas mal de choses me tentent au cinéma et il me reste beaucoup de livres de la rentrée littéraire à finir. Je ne devrais pas m’ennuyer !

Les thrillers du printemps

Par défaut

La promesse, de Tony Cavanaugh

Le roman qui va vous donner des sueurs froides

Darian Richards a laissé derrière lui un cortège de vies anéanties. Épuisé par cette litanie de souffrances, il a pris une retraite solitaire dans le Queensland. Mais les démons sont partout. Et dans la région, depuis quelques mois, des adolescentes disparaissent sans laisser de traces.

Couverture de La PromesseLe choc de ce printemps côté roman noir. Je ne dirais pas forcément qu’il est meilleur que les autres quant à l’écriture ou l’originalité de l’histoire mais c’est celui qui m’a le plus amenée dans son univers. Un peu trop même… Un flic qui fuit la ville pour prendre sa retraite à la campagne et se tenir éloigné des ennuis. Jusque-là la trame est classique, tout comme le personnage de flic solitaire. Quant à l’intrigue, des jeunes filles qui disparaissent sans laisser de traces : encore une valeur sure. Simple et efficace en somme. Mais ce qui déroute vraiment dans ce roman, c’est le « méchant ». Certains passages sont écrits avec son point de vue et franchement, ça fait froid dans le dos. Il y a avait longtemps que ça ne m’étais plus arrivée mais je n’ai pas pu fermer l’œil avant de 1/ connaître la fin et 2/ savoir ce taré hors d’état de nuire. Une nuit blanche à dévorer ce roman parfois dérangeant, comme je le faisais adolescente avec les plus tordus des Stephen King. J’ai adoré retrouver cette sensation, cette immersion totale dans l’univers de l’auteur. Un univers sombre et dérangeant pour ce thriller terriblement efficace.

Un tombeau sur l’île rouge, de Jean Eli Chab

Plongée dans les traditions malgaches

À Ambotemena, petit village au sud de Madagascar, un tombeau a été profané. Les os ont été retrouvés dans une décharge, une trentaine de kilomètres plus loin. Alors que le jeune inspecteur Monza est chargé de les ramener à bon port, il comprend qu’une jeune femme a déjà été accusée à tort.

Couverture d'Un tombeau sur l'île rougeAprès un roman aussi fort que La promesse, je dois avouer que le reste a eu tendance à me sembler bien fade, et c’est un peu le cas de ce roman. J’ai bien aimé que l’intrigue ait pour base les fondements de la culture malgache que ça m’a ainsi permis d’un peu découvrir. En revanche j’ai trouvé l’écriture plutôt moyenne, elle manque de rythme et de personnalité. C’est un peu plat. Sans compter quelques lourdeurs de style : l’auteur balance en boucle du « le jeune policier » alors qu’il doit avoir la quarantaine (à ce qu’il m’a semblé, mais je me trompe peut-être) et paraît bien désabusé, ce manque de vocabulaire pour le désigner s’est avéré terriblement agaçant. Heureusement qu’il s’avère assez sympathique quoique parfois un peu balourd. Je n’ai pas trouvé qu’il y avait beaucoup d’originalité dans ce texte qui a un peu de mal à envoûter le lecteur malgré un contexte intéressant. Il reste toutefois agréable à lire et permet au moins de découvrir quelques bribes de la culture malgache.

Le pensionnat des innocentes, d’Angela Marsons

Victimes, ou capables ?

Kim Stone, inspectrice rebelle et solitaire, se voit confier une nouvelle enquête. Teresa Wyatt, directrice d’école, a été retrouvée noyée dans sa baignoire. Peu de temps avant sa mort, elle s’était intéressée à une fouille archéologique prévue autour d’un foyer d’accueil où elle avait travaillé avant que le lieu ne soit entièrement détruit par les flammes.

Le pensionnat des innocentesJe ne sais pas trop quoi penser de ce roman que j’ai pourtant pris un certain plaisir à lire. La personnage principale est assez attachante dans son genre même si elle s’avère un peu trop caricaturale pour convaincre totalement, la jeune flic manque encore un peu de relief. L’intrigue est plutôt prenante et j’ai bien aimé qu’elle mette en scène des jeunes filles vivant dans un foyer (encore du déjà vu, je sais, mais c’est plutôt bien fait en l’occurrence). Dans l’ensemble c’est assez agréable à lire malgré quelques maladresses, notamment avec des tentatives d’intégrer des passages « émotion » qui ne collent pas du tout avec le caractère de l’héroïne et donnent l’impression de pièces rapportées. Quant à l’intrigue, s’il y a une bonne base, elle aurait mérité d’être un peu plus corsée. La fin est pas mal tirée par les cheveux mais le tout fonctionne à peu près. S’il y a de bonnes idées dans l’ensemble, je suis plus mitigée sur la mise en œuvre, toutefois la nervosité du style empêche de trop s’arrêter sur les lourdeurs. Pas parfait mais plutôt efficace.

Sous nos yeux, de Cara Hunter

Une famille pas si parfaite

Alerte enlèvement : la petite Daisy Mason, 8 ans, a disparu lors d’une fête, donnée dans le jardin de ses parents. Elle était déguisée en pâquerette : elle portait une robe, des collants et des chaussures vertes, ainsi qu’une coiffe avec des pétales blancs. Et personne n’a rien vu.

Couverture de Sous nos yeuxPlus encore que le précédent, ce roman m’a laissée mitigée. Ca se lit très bien, avec une trame là encore pas très originale – une petite fille disparaît, la famille est accusée et les méchants secrets ressortent. C’est simple et efficace avec un style pas franchement flamboyant mais qui se laisse oublier (c’est déjà ça…). La première partie est un peu lente, ça met du temps à se mettre en place, ça manque de rythme. Et puis ensuite au contraire ça s’emballe un peu. Vers la moitié du roman, j’ai soudainement eu l’impression que l’auteur cherchait à brouiller les pistes à tout prix, en ne lésinant pas sur la péripétie improbable au besoin : ça en devient assez brouillon pour un résultat pas terrible terrible puisqu’au final on continue à soupçonner les parents malgré tout. Bien que la trame tienne à peu près la route, l’auteur se perd un peu en chemin en voulant trop en faire. On sent un petit manque d’inventivité. Pas désagréable à lire mais tout à fait dispensable.

Principes mortels, de Jacques Saussey

Temps d’orage à la ferme

Franck fuit le naufrage du foyer familial pour réviser son bac chez son oncle et sa tante, dans une ferme isolée de la Creuse où quatre ans plus tôt, son cousin a trouvé la mort sur une route qu’il connaissait pourtant depuis son enfance. Cette tragédie a ouvert une plaie qui ne s’est jamais refermée. Elle ronge insidieusement le cœur de ses proches.

Couverture de Principes mortelsCe roman m’a étonnée. En le commençant, j’ai eu l’impression d’un roman régionaliste, avec le parisien qui débarque chez sa tante à la ferme. D’autant plus que le style est assez classique (et pas mal du tout d’ailleurs). Mais on sent poindre bien vite le drame familial. La mort du cousin de Franck a laissé des plaies ouvertes dans sa famille mais aussi quelques zones d’ombres qu’il compte bien éclairer. Le tout sur fond de travaux à la ferme et d’amour de vacances. Un mélange plus original qu’il n’y paraît. D’autant plus qu’on se rend compte assez vite que tout n’est pas rose dans la famille Servin et que le front uni se fissure rapidement… Si tous les indices sont mis en place au fur et à mesure de l’histoire, le dénouement m’a tout de même surprise. J’ai beaucoup aimé l’originalité de l’intrigue et l’ambiance que l’auteur parvient à mettre en place. Une jolie surprise.

Mon programme pour la rentrée littéraire

Par défaut

          En cette rentrée, sont attendus 567 nouveaux romans, dont 381 français et 94 premiers romans. Proportion qui a l’air de se retrouver à peu près dans ma sélection (enfin, à la louche, je n’ai pas étudié ça de près). Comme chaque année, j’ai prévu de lire une vingtaine de titres pour la rentrée littéraire 2018, même si je m’y suis prise un peu tard (comme d’habitude à vrai dire) et qu’au vu de mes premières lectures, mon enthousiasme s’est un peu étiolé : ça ne commence pas très fort. Pourtant, ça reste une période de l’année qui est pour moi aussi bien l’occasion de découvrir de nouveaux noms que de retrouver des auteurs que j’aime. Un grand bain de littérature contemporaine toujours riche en découvertes. Voici par ordre de sortie les romans que j’ai déjà reçus :

atelier-livres

dt02820livre20ouvert2021.jpg

Auxquels devraient s’ajouter :

          J’avais commencé par une liste plus courte que d’habitude cette année avec une dizaine de titres, mais je me suis finalement laissée tenter par beaucoup d’auteurs que je ne connaissais pas ou seulement de nom, dans des styles a priori très différents. En effet, cette année, je n’ai demandé en service de presse que des auteurs que je n’avais jamais lus ! Même dans les éditeurs, je suis un peu sortie de mes habitudes. J’espère que j’aurai de bonnes surprises. Bien sûr, il est probable que 2 ou 3 titres s’ajoutent encore à cette liste selon les retours que j’aurais eu, d’autant plus qu’il y a déjà pas mal d’autres titres que j’ai repérés ! Comme chaque année, le plus dur reste de choisir, sachant qu’il est impossible de tout lire. Pour le moment, après 5 lectures, j’avoue être très mitigée alors que j’avais sélectionné mes lectures avec le plus grand soin. Déception donc. Et vous, vous suivez la rentrée littéraire ? Quels sont les romans qui vous ont surpris ou que vous attendez ?