Genius, à la rencontre de Thomas Wolfe

Par défaut

Biopic, drame britannico-américain de Michael Grandage avec Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman
Écrivain à la personnalité hors du commun, Thomas Wolfe est révélé par le grand éditeur Maxwell Perkins, qui a découvert F. Scott Fitzgerald et Ernest Hemingway. Wolfe ne tarde pas à connaître la célébrité, séduisant les critiques grâce à son talent littéraire fulgurant.
Malgré leurs différences, l’auteur et son éditeur nouent une amitié profonde, complexe et tendre, qui marquera leur vie à jamais.

368568.jpg-r_1920_1080-f_jpg-q_x-xxyxx

Vous l’aurez remarqué, je vais très peu au cinéma depuis le début de l’année. Trop peu. Bien trop peu. Je comptais y remédier mais ça n’en prend pour le moment pas du tout le chemin. Bref, je manque à tous mes devoirs. J’ai quand même réussi à trouver la motivation pour aller voir Genius, qui n’était pourtant pas spécialement prioritaire sur ma liste de films à voir (loin s’en faut). Mais bon, vous savez ce que c’est, j’ai fait des études d’édition, dès que le sujet vient sur le tapis, la curiosité l’emporte ! Je ne savais pas grand chose de ce film avant d’aller le voir, si ce n’est qu’il concernait Thomas Wolfe et son éditeur, écrivain de je n’ai par ailleurs rien lu et qui me semblait assez obscur (sur ce point, je n’avais peut-être pas tort). Autant dire que c’était bien maigre comme informations.

Genius, Jude Law

J’ai été assez surprise de constater que le casting était aux petits oignons : Colin Firth, Jude Law, Nicole Kidman… Quitte à paraître ridicule, je me suis même dit que c’était un peu trop impeccable comme casting, ça sentait presque l’embrouille cette histoire. Kidman est un peu jeune pour le rôle (l’amante de Wolfe est censée être bien plus âgée que lui, ce qui en l’occurrence ne saute pas du tout aux yeux), pour le reste je dois admettre avoir été agréablement surprise. J’avais peur que Jude Law soit un peu fade pour incarner un tel personnage mais j’ai été étonnée de constater qu’il faisait un génie au bord de la folie diablement convaincant ! Quant à Colin Firth, le rôle de cet éditeur paternaliste lui va à merveille. Beau casting donc. C’est d’ailleurs un des points forts de ce film dont je n’attendais pas grand chose.

Genius, Colin Firth

Pour le reste, ça demeure classique. Un biopic assez sage et sans grande surprise. La photo est très soignée avec quelque plans magnifiques, pour qui aime les ambiances très marquées tout du moins (le côté sépia virerait presque ridicule tant il est forcé). L’esthétique, même si elle reste convenue, n’en est pas moins le deuxième gros point fort du film. Malheureusement, ce que certains plans apportent en esthétique, ils l’ôtent en fluidité, la mise en scène aurait mérité d’être un peu plus inspirée, à la hauteur de la folie de son personnage. La musique est quant à elle un peu pesante par moments mais s’avère assez variée pour éviter de trop long moments de malaise. Malgré tout, l’histoire est intéressante – quand on s’intéresse à l’édition du moins – et j’ai trouvé les textes de Wolfe admirablement mis en valeur. Ca m’a donné envie de les lire en version bilingue, moi qui suis nulle en anglais ! La question de la place de l’éditeur dans le processus créatif est évoquée mais aurait sans doute mérité d’être plus centrale. Finalement, malgré un joli casting et quelques très beaux plans, un film un trop convenu pour convaincre vraiment. 

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur

Par défaut

Dans une petite ville d’Alabama, au moment de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Homme intègre et rigoureux, cet avocat est commis d’office pour défendre un Noir accusé d’avoir violé une Blanche. Celui-ci risque la peine de mort.

ne tirez pas sur l'oiseau moqueur

Il y avait très longtemps que je voulais lire ce roman. Dans l’ensemble, j’avais entendu dire le plus grand bien de ce classique de la littérature américaine. J’avais quand même entendu quelques personnes dire qu’elles avaient eu du mal à rentrer dedans et qu’elles avaient trouvé le style un peu vieillot, j’étais donc assez pressée de voir par moi-même ce qu’il en était. Eh bien franchement, je n’ai pas du tout été déçue. J’ai de suite accroché avec le style et je me suis très vite attachée au personnage principal qui ne manque pas de caractère. Cette petite fille vive et intelligente ne peux que nous faire fondre. Le début lui est essentiellement consacré et paraîtra peut-être un peu long à certains, avec beaucoup de jeux d’enfants qui pourraient sembler futiles quand on sait que le roman traite avant tout de racisme. Pourtant j’ai trouvé que ça permettait de se familiariser avec les personnages, leur caractère et leur univers, ce qui aide également à comprendre le contexte, les remarques de notre petite héroïne n’étant pas toujours aussi anodines qu’il y paraît.

Vers la moitié du roman, l’ambiance change peu à peu. Atticus, le papa de Scoutt, est avocat et accepte de défendre un homme noir accusé du viol d’une jeune fille blanche, tout en sachant que c’est perdu d’avance. Les tensions montent dans leur petite communauté et la famille se retrouve au centre des quolibets. Il est intéressant de voir la situation à travers les yeux d’une petite fille qui n’a pas du tout les mêmes a priori ni la même vision des choses que les adultes. Son innocence fait paraître la situation plus cruelle encore et fait ressortir la bêtise des gens qui l’entourent. Le procédé est pour le moins habile est très efficace, d’autant plus qu’il offre une certaine légèreté à l’ensemble tout à fait bienvenue. Si ce roman dénonce avant tout la ségrégation, il n’est pas tendre non plus quant à la place laissée aux femmes. Aujourd’hui cela peut sembler anodin mais à l’époque de la publication de ce texte, il fallait un certain courage pour s’attaquer au sujet et ce livre a fait grand bruit. Il a obtenu le prix Pulitzer en 1961. Dans ce roman (son premier et longtemps unique), Harper Lee dénonce le racisme avec humour et sensibilité. J’ai reposé ce livre bouleversée. Une réputation de chef-d’oeuvre qui est loin d’être usurpée. 

Harper Lee

Je voudrais que tu comprennes ce qu’est le vrai courage. C’est savoir que tu pars battu d’avance, et malgrè cela, agir quand même et tenir jusqu’au bout.

_______________

Avant de vivre en paix avec les autres, je dois vivre en paix avec moi-même. La seule chose qui ne doive pas céder à la loi de la majorité est la conscience de l’individu.

______________

Il y a des gens qui … qui sont si préoccupés par l’autre monde qu’ils n’ont jamais appris à vivre dans celui-ci et tu n’as qu’à descendre la rue pour en voir les résultats.

Rentrée littéraire : sorties attendues

Par défaut

          La rentrée littéraire est de retour avec ses 560 romans dont une soixantaine de nouveaux écrivains (66 précisément) et sa course aux prix littéraires. Cette année, beaucoup d’auteurs que j’aime sont au rendez-vous. J’avais trouvé la rentrée dernière un peu tristounette, m’y intéressant très peu (vous pouvez toutefois la retrouver ici), mais j’avoue faire preuve cette fois d’une certaine excitation à l’idée de retrouver mes chouchous. La rentrée littéraire pour moi c’est un peu un an sur deux… Je suis loin d’avoir parcouru la liste de toutes les sorties mais voici ce que j’ai retenu des sorties des prochaines semaines.

Les auteurs que j’attends :

          Serge Joncour, un auteur que j’affectionne particulièrement pour son humour noir et qui publie avec une régularité de métronome au rythme d’un roman tous les deux ans. Les retours sont très positifs (j’ai la vague impression que toute la bloguosphère l’a reçu sauf moi, snif) et j’ai hâte de le lire. Andréï Makine, un de mes auteurs préférés depuis La musique d’une vie et La vie d’un homme inconnu. Même si son œuvre oscille entre des demies réussites et des romans bouleversants, on n’est jamais réellement déçu. Laurent Gaudé, j’ai lu peu de choses de lui mais j’ai chaque fois été très convaincue. Sa plume poétique sort du lot, je ne sais pas encore si j’aurai l’occasion de l’acheter mais il fait partie des sorties que j’attends. Jean-Claude Lalumière, j’avais adoré son premier roman, détesté le deuxième et moyennement le troisième, qu’en sera-t-il du dernier ? Sophie Daull, il y a un an, elle était la révélation de la rentrée littéraire avec un roman bouleversant sur la mort de sa fille. Elle revient avec un texte sur sa mère qui je l’espère aura la même force. Jim Fergus, l’auteur de La fille sauvage. Fervent défenseur de la culture amérindienne, il signe une œuvre de qualité et ses romans sont bien trop rares à mon goût, la parution d’un nouvel opus, la suite de l’excellent Mille femmes blanches est un petit événement littéraire. J’ai découvert Joyce Maynard, il y a deux ans et j’aime beaucoup ce qu’elle fait. Des polars psychologiques assez sombres et diablement efficaces, je suis impatiente de découvrir le dernier. Jim Harrison, un maître de la littérature des grands espaces américaine. Il est mort il y a quelques mois et ceci est un roman posthume. Je préfère les œuvres achevées mais je serais quand même curieuse d’y jeter un œil.

v2 sig

Les livres lus ou à lire :

          Déjà dans ma bibliothèque, des livres reçus en service de presse. J’en ai lus certains, d’autres pas encore. Pour la plupart, je n’en connaissais pas les auteurs. J’y ai déjà trouvé beaucoup de bonnes surprises dont je vous parlerai bientôt (d’ici la fin du mois, histoire qu’on ait un peu plus avancé dans les sorties).
Yaak Valley Montana, Voici venir les rêveurs, La légende, Vie prolongée d’Arthur Rimbaud, Un travail comme un autre, Une nuit Markovitch, M pour Mabel, Muse, The girls, La suture, L’indolente, La tentation d’être heureux, Ainsi fleurit le mal, Watership down, Vintage. Et qui sait, peut-être que d’autres viendront.

Mais aussi :

          Laurent Mauvignier, Philippe Forest, Véronique Ovaldé, Amélie Nothomb, Yasmina Khadra, Yasmina Reza, Jonathan Coe, Sophie Adriansen, Jean-Paul Dubois, Karine Tuil, Eric-Emmanuel Schmitt, Audur Ava Olafsdottir, Antonio Muñoz Molina, Jean-Michel Guenassia, Amos Oz, Tonino Benacquista, Eric Faye, Laurence Tardieu, Philippe Delerm, Chloé Delaume, Philippe Sollers, Marie Ndiaye, Fannie Flagg, Pascal Quignard, Salman Rushdie, Nathacha Appanah, Jean d’Ormesson, Catherine Cusset, Jean Teulé. Liste non-exhaustive, cela va sans dire.

         Et vous, vous avez fait vos repérages pour la rentrée ? Lesquels prévoyez-vous de lire pour bien finir l’été ?

1500 !

Par défaut

          Eh oui, je viens de signer mon 1 500° billet sur ce blog ! Qui l’eut cru ? Quand je pense que quand je l’ai ouvert il y a un peu plus de 6 ans dans l’espoir d’intégrer une école média (que je n’ai jamais faite), j’y allais à reculons. Je trouvais indécent de se mettre ainsi en avant sur internet et de partager des avis pas plus légitimes que d’autres. Et puis j’ai fait des rencontres. Des blogueurs avec qui j’ai échangé régulièrement, avec qui j’ai créé un club lecture mort depuis bien longtemps, avec qui j’ai bu du thé et mangé des pâtisseries… Certains n’étaient que de passage, d’autre sont devenus des amis et c’est aux uns comme aux autres que j’ai pensé dans les rares moments de doute. Ces échanges sont bien trop précieux pour les abandonner au premier coup de flemme venu !

          Et puis ma santé a fait des siennes. Au début j’ai tenu bon, conservant mon rythme de 5 articles par semaines, avant de flancher peu à peu. Ma mémoire et ma concentration ne sont plus ce qu’elles étaient, ma plume n’est plus si acérée, la qualité des articles s’en ressent, les visites aussi. J’ai sérieusement pensé à arrêter parfois, j’y pense encore quand je vois à quel point je galère pour deux pauvres articles par semaine, dans le meilleur des cas. Mais il reste les fidèles et puis il me faut bien une jauge pour voir à quel point ma tête déraille, le blog est parfait pour ça ! Et honnêtement, après plus de 6 ans, même si parfois on voudrait lâcher du lest, difficile d’abandonner tant d’heures de travail derrière soi. C’est qu’on s’y attache finalement à ces petites choses.

1500

          Petit retour pour l’occasion sur les articles-phare, qui le sont parfois devenus bien malgré moi. J’ai honte de certains de mes premiers articles et si je m’écoutais je les supprimerais ou les réécrirais intégralement ! Les articles les plus vus sont Barbara Samson, On n’est pas sérieux quand on a 17 ans avec près de 20 000 visiteurs ! Primo Lévi, Si c’est un homme. Sylvain Tesson, Dans les forêts de Sibérie. Les plus belles bibliothèques de Paris, qui chaque jour reçoivent leur lot de visiteurs. Les troubadours, avec 11 500 visites tout à fait inespérées. Le record quotidien de visites revient toutefois à mon article sur Van Gogh et Hiroshige à la Pinacothèque avec plus 4000 visites en une journée… exclusivement japonaises ! Parfois un article qui n’a eu quasi aucune vue à sa sortie fait tout à coup un carton ou inversement, un article qui attirait du monde retourne se planquer au fond d’un placard. La plupart des articles « à succès » ont été publiés en 2011-2012 et bien souvent les nouveaux articles attirent sur le moment très peu de visiteurs. Tout cela reste encore aujourd’hui pour moi particulièrement mystérieux !

          1 500 articles. Ca en fait des sujets abordés, des joies et des déceptions, des coups de cœur et des coups de gueule. Quelques invitations à des spectacles et événements culturels dont je profite trop peu, des livres en service de presse, de plus en plus au fil du temps, au point que je croule sous la littérature contemporaine, moi qui avait pris la résolution de me remettre aux classiques. Je me suis essayée aux articles thématiques que je reprends finalement un peu à travers les articles groupés. La photo, les escapades et la cuisine ont disparu (même si les archives restent, pour le moment du moins), faute d’énergie pour m’y consacrer. On se recentre donc sur la culture, et surtout la littérature puisqu’en ce moment mes sorties sont bien chiches, même côté cinéma. Dans l’ensemble, foule de bons moments, beaucoup de plaisir à écrire, même si c’est un peu galère en ce moment, et plein de jolies rencontres. Je voulais vous organiser un petit concours pour fêter ça mais je n’ai pas eu l’énergie de m’y consacrer, je garde toutefois l’idée en tête, vous n’êtes pas à l’abri d’une bonne surprise. En attendant, j’essaie de m’y remettre sérieusement, en espérant que je vais réussir à reprendre le rythme peu à peu et que je vous retrouverai bientôt pour le 2 000°.

Histoires de famille

Par défaut

Ah la famille ! Elle doit être après l’amour le sujet le plus couru des écrivains et cinéastes. Source d’inspiration inépuisable, pour le meilleur ou pour le pire. De l’amour à la haine, voici quelques histoires de famille dont je me suis délectée ces dernières semaines (voire ces derniers mois vu le retard dans mes chroniques) en films, livres ou séries, il y en a pour tous les goûts.

Béliers, de Grímur Hákonarson

Comédie dramatique islandaise avec Sigurður Sigurjónsson, Theodór Júlíusson, Charlotte Bøving
Dans une vallée isolée d’Islande, deux frères qui ne se parlent plus depuis quarante ans vont devoir s’unir pour sauver ce qu’ils ont de plus précieux : leurs béliers.

BéliersDepuis quelques années déjà, je suis fascinée par l’Islande, ses paysages grandioses et son folklore à part. Et plus j’en apprends, pire c’est, il va falloir que je finisse par y aller. En attendant, j’essaie de m’intéresser un peu à la littérature et au cinéma du pays, même si jusqu’à présent les occasions n’ont pas été aussi fréquentes que je l’aurais souhaité. Il y a deux ans, j’étais tombée sous le charme de l’excellent La lettre à Helga. Quand j’ai entendu parler de ce film, j’espérais vraiment y retrouver le même univers avec la campagne islandaise, ses moutons et ses querelles intestines. Ca a plus ou moins été le cas. Je m’attendais à plus accrocher avec le paysage qui est ici assez terne. Pour le reste : deux frères qui ne se parlent plus et des histoires de moutons, c’est tout à fait ce qui était attendu. Il y a une certaine rudesse dans ce film très sobre. Elle tient sans doute tant au climat qu’au caractère de ses protagonistes. Pourtant, il est également loin d’être dénué de poésie, ni même d’humour. J’ai beaucoup aimé découvrir le quotidien assez atypique de ces deux éleveurs de moutons et j’ai trouvé que leur relation difficile sonnait très juste. Un film sensible et rude à la fois qui mérite d’être découvert.

Tempête, de Samuel Coollardey

Drame français avec Dominique Leborne, Matteo Leborne, Mailys Leborne
A 36 ans, Dom est marin pêcheur en haute mer et ne rentre que quelques jours par mois à terre. En dépit de ses longues absences, il a la garde de ses deux enfants. Dom fait tout pour être un père à la hauteur. Il rêve même d’avoir sa propre affaire, un petit bateau de pêche à la journée qu’il exploiterait avec son fils.

TempêteTempête, c’est mon énorme coup de cœur ciné de début 2016. A vrai dire, ce film ne me tentait pas du tout. Ni le sujet intimiste, ni le fait qu’il s’agisse d’acteurs amateurs ne m’inspirait confiance. J’y suis allée un peu par dépit, et beaucoup parce que le monsieur à la caisse me l’a vendu avec force enthousiasme. Je ne le remercierai jamais assez tellement j’ai trouvé ce film beau. Le réalisateur a travaillé pendant un an avec un pêcheur et ils ont réfléchi ensemble à comment raconter son histoire. Il joue son propre rôle, avec toute sa famille. C’est à la fois un peu mis en scène et très proche de la réalité, ni fiction ni documentaire, un hybride intriguant. Au début j’ai trouvé que c’était un peu lent mais je suis rentrée dans l’histoire petit à petit. Les galères s’enchaînent et on s’attache terriblement à cette famille en pleine tempête. Le marin est taillé pour être acteur : quel charisme ! Il porte le film à lui seul, même si les autres sont loin de démériter. L’émotion est palpable de bout en bout alors qu’ils rejouent des moments difficile de leur vie, leur donnant une autre mesure. C’est absolument magnifique, le genre de film à vous réconcilier avec un cinéma intimiste à petit budget.

Ma critique complète est à découvrir ici.

Saint-Amour, de Benoît Delépine et Gustave Kervern

Comédie dramatique franco-belge avec Gérard Depardieu, Benoît Poelvoorde, Vincent Lacoste
Tous les ans, Bruno fait la route des vins… sans quitter le salon de l’Agriculture ! Mais cette année, son père, Jean, venu y présenter son taureau champion Nabuchodonosor, décide sur un coup de tête de l’emmener faire une vraie route des vins afin de se rapprocher de lui.

Saint-AmourA l’opposé de Tempête, il y a Saint-Amour, un des pires films vus en 2016 (avec celui dont je vous parle dans la foulée). A vrai dire, je comptais absolument pas le voir. Malheureusement, tête en l’air que je suis je me suis trompée de salle en voulant aller voir Ave, César ! et m’en suis rendu compte trop tard pour corriger mon erreur. J’étais prête à faire un effort pour profiter un minimum du film malgré tout mais franchement, j’ai eu le plus grand mal à rentrer dedans. Je me suis ennuyée à périr et j’ai à peu près tout trouvé mauvais dans ce film au casting pourtant assez imposant (un peu trop justement). J’ai trouvé ça d’une lourdeur ! L’humour n’a absolument pas fait mouche, je n’ai pas souri une seule fois, et j’ai encore moins été touchée par cette relation père-fils pas très subtile. Bon, il faut dire aussi que les vaches je connais un peu et que le côté « paysan dur et tendre à la fois » ne m’apparaît pas comme très exotique. C’est déjà pas mal quand ça ne sombre pas dans la caricature franchement insultante (ce qui est ici limite le cas). Les problèmes relationnels des uns et des autres m’ont tapé sur le système et l’arrivée de Céline Salette – que pourtant j’adore – n’a rien arrangé à l’affaire, l’histoire tournant alors au grand n’importe quoi. Bref, un des pires films qu’il m’ait été donné de voir dernièrement.

L’avenir, de Mia Hansen-Løve

Drame franco-allemand avec Isabelle Huppert, André Marcon, Roman Kolinka
Nathalie est professeur de philosophie dans un lycée parisien. Passionnée par son travail, elle aime par-dessus tout transmettre son goût de la pensée. Mariée, deux enfants, elle partage sa vie entre sa famille, ses anciens élèves et sa mère, très possessive. Un jour, son mari lui annonce qu’il part vivre avec une autre femme.

L'avenirTant qu’on en est aux ratés cinématographiques, parlons donc de L’avenir, film encensé par la critique et qui m’a agacée à un point assez extraordinaire. Dès les premières minutes j’ai senti qu’il y avait bien peu de chances que j’accroche avec cette histoire intello bien pensante. J’aime beaucoup Isabelle Huppert mais je l’avais rarement trouvée aussi maniérée. Je crois qu’il va me falloir un certain temps avant d’arriver à apprécier de nouveau ses performances d’actrice. Le sujet ne m’a pas intéressée le moins du monde. Deux profs de philo, à l’approche de la retraite et qui ont l’air de s’emmerder sérieusement. Bon, bon, bon, voilà quoi, c’est pas qu’on s’en fout mais… ah ben si, c’est exactement ça en fait ! Il la trompe, elle craque pour un jeunot qui a décidé d’aller faire du fromage de chèvre dans un trou paumé, ça aligne cliché sur cliché avec un aplomb déconcertant, rien ne nous est épargné. Visuellement, j’ai trouvé ça plat et sans grand intérêt. Je ne garde aucun souvenir de la musique, à part me semble-t-il un peu de classique par-ci par-là. C’est pompeux et le discours des personnages est absolument imbuvable. Ca pue la pédanterie de l’intello bourgeois parisien. De la même réalisatrice, j’avais détesté Un amour de jeunesse et j’ai retrouvé exactement les mêmes défauts. Des personnages antipathiques, une histoire convenue, un immense moment d’ennui et d’exaspération.

D’autres vies que la mienne, Emmanuel Carrère

À quelques mois d’intervalle, la vie m’a rendu témoin des deux événements qui me font le plus peur au monde : la mort d’un enfant pour ses parents, celle d’une jeune femme pour ses enfants et son mari.
Quelqu’un m’a dit alors : tu es écrivain, pourquoi n’écris-tu pas notre histoire ?

D'autres vies que la mienneJe n’avais jusque-là lu qu’un seul livre d’Emmanuel Carrère (Limonov) que j’avais beaucoup apprécié, j’avais donc hâte d’entamer celui-ci. Malheureusement j’ai été assez déçue. J’ai beaucoup aimé le début, la partie qui se passe en Thaïlande suite au tsunami. J’ai trouvé que ça posait des questions intéressantes et que l’effort d’honnêteté était des plus louables. Dommage que ça ne continue pas sur cette lancée. La partie plus axée sur la famille, beaucoup plus intime, m’a profondément ennuyée. Malheureusement elle représente la quasi-totalité du livre. Ce sont souvent des sujets qui m’inspirent assez peu et ça n’a pas vraiment fait exception à la règle. Même le style m’a moins emballée que ce que j’aurais cru. C’est très bien écrit pourtant mais j’y ai trouvé une certaine froideur qui m’a surprise étant donné le sujet (question d’éducation en l’occurrence je pense). Finalement mon intérêt s’est émoussé au fil de la lecture. J’ai trouvé que ce texte manquait d’unité, tant dans le style que dans le sujet du récit. Il y a toutefois quelques moments de grâce au milieu de ce texte assez inégal. Malgré certaines qualités, une lecture très mitigée et plutôt décevante.

Il y a, dit-il, deux espèces d’hommes: ceux qui font souvent le rêve de tomber dans le vide et puis les autres. Les seconds ont été portés, et bien portés, ils vivent sur la terre ferme, s’y meuvent avec confiance. Les premiers au contraire souffriront toute leur vie de vertige et d’angoisse, du sentiment de ne pas exister réellement.

Pardonnable, impardonnable, Valérie Tong Cuong

Un après-midi d’été, alors qu’il se promène à vélo sur une route de campagne, Milo, douze ans, chute et se blesse grièvement.
Ses parents Céleste et Lino et sa grand-mère Jeanne se précipitent à son chevet. Très vite, chacun va chercher les raisons de l’accident. Ou plutôt le coupable.

Pardonnable impardonnableJe n’attendais pas grand chose de ce roman. Le titre ne m’inspirait pas outre mesure et je ne connaissais pas du tout l’auteur. Finalement, je m’y suis assez laissée prendre. Le style n’est pas exceptionnel mais il fait le boulot. C’est simple et plutôt efficace. Quant à l’histoire, bien que ce ne soit a priori pas trop mon genre (un peu trop intime à mon goût), j’ai pris beaucoup de plaisir à la découvrir. J’ai bien aimé l’alternance des points de vue et j’ai trouvé que les sentiments des uns et des autres étaient particulièrement bien décrits. On se retrouve forcément un peu dans au moins une de ces réactions très différentes face au drame qui touche cette famille. L’accident avec lequel commence cette histoire fait éclater cette famille en apparence sans histoires en faisant ressortir des secrets depuis longtemps enfouis. J’ai particulièrement apprécié la première partie, le moment où les tensions se nouent sans qu’on sache encore vraiment de quoi il retourne. La deuxième partie m’a moins emballée, ça va un peu loin je trouve et perd au passage en crédibilité. Heureusement, quand on arrive à ce moment-là de l’histoire, on est suffisamment curieux d’en savoir plus pour pardonner quelques imperfections. Sans être un grand roman, Pardonnable, impardonnable n’est pas dénué d’un certain charme.

J’ignorais, à l’époque, qu’il ne faut jamais accepter l’aide financière d’une mère fusionnelle : une fois le capital remboursé, les intérêts restent dus à vie.

Même les pêcheurs ont le mal de mer, Diane Peylin

Sur une île méditerranéenne, trois pêcheurs d’une même famille affrontent le passé, les regrets et le silence : Valente Orozco, le père, incapable de se remettre de la mort de sa femme Rocio, Rafa, le grand-père, inflexible avec Valente, et Salvi, le fils, qui a quitté l’île pour fuir un métier ingrat et une société patriarcale.

Même les pêcheurs ont le mal de merUne deuxième histoire de mer et de famille et là encore, un énorme coup de cœur. J’aimais beaucoup le titre de ce roman, pour le reste, j’étais moins sure de moi. J’ai de suite beaucoup accroché avec le style. Il y a un côté un peu rude et en même temps une grande sensibilité. Le récit commence par les doutes d’un jeune homme qui a quitté son île et qui à la mort de son grand père se voit assailli par les regrets. Assez vite, on sent poindre des secrets de famille bien cachés même s’il est difficile de mettre le doigt dessus. On découvre par la suite que le roman se divise en 3 parties (arrêtez de lire si vous voulez garder la surprise, même si ça n’a rien d’indispensable) : la seconde est consacrée au père et la dernière au grand-père (je ne compte pas la dernière, qui fait office d’épilogue). On se rend compte peu à peu que chacun a connu des moments de doutes et a eu une vie qui ne lui correspondait sans doute pas. Une famille de taiseux, qui se ressemblent plus qu’il y paraît et n’ont jamais su se parler. C’est beau, c’est très beau, dur aussi parfois, terriblement juste et émouvant. Un énorme coup de cœur.

J’avais du respect pour eux, pour leur travail éreintant, pour cette existence de misère, mais je ne voulais pas de cette vie-là.

Shameless

Série, comédie dramatique américaine avec William H. Macy, Emmy Rossum, Jeremy Allen White
La famille Gallagher est pour le moins tourmentée. La mère, Monica, a abandonné ses enfants pour refaire sa vie avec une femme. Le père, Frank est alcoolique et complètement paumé. Pendant ce temps, Fiona, l’aînée, élève à 20 ans ses 5 frères et sœurs.

ShamelessShameless est le remake américain d’une série anglaise du même nom. Je n’ai pas vu la version anglaise (qui paraît-il est meilleure mais que je n’ai pas encore eu l’occasion de voir) mais la version américaine me fait beaucoup rire. Sans parler d’une grande série, elle est pour le moins divertissante. Ca part dans tous les sens, parents, amis, voisins, tous ont des caractères très différents mais sont aussi ravagés les uns que les autres. On suit leurs très nombreux déboires avec une certaine délectation. Ca y va fort en rebondissements, et plus on avance dans les saisons, pire c’est ! Un joyeux bordel assez jouissif. Sexe, drogue et mauvais esprit à volonté. Du point de vue de la réalisation, rien de bien original, c’est assez classique. La bande son en revanche est assez réussie et donne pas mal de peps à l’ensemble. Le rythme est sans nul doute le point fort de cette série complètement déjantée. Les acteurs sont également très bien choisis. Si cette série ne sort pas du lot par sa profondeur ou son esthétique comme certaines de ses consœurs, elle fait le boulot et nous divertit depuis 6 saisons.

Spotless

Série, comédie, drame, thriller franco-britannique d’Ed McCardie et Corinne Marrinan avec Marc-André Grondin, Denis Ménochet, Miranda Raison
Jean est un français installé à Londres, père de famille, il a monté une entreprise de nettoyage de scènes de crime. Quand son frère Martin débarque chez lui, il ne l’a pas vu depuis des années. Il ramène les problèmes avec lui.

SpotlessPas toujours simple de composer avec sa famille… Spotless en est le parfait exemple. Si la famille n’est pas tout à fait au centre de l’histoire, elle est le cœur du problème. Un frère complètement paumé qui débarque, quelques mauvaises décisions et notre père de famille discret se retrouve plongé dans l’univers du crime organisé. C’est à la fois sombre, caustique et complètement délirant. Cette série franco-britannique a pour elle un sujet original même si le développement est parfois un peu convenu. Le rythme est inégal, alternant entre des rebondissements farfelus et des moments plus intimes qui permettent aux personnages d’acquérir une certaine épaisseur. Sans être une grande série, elle se défend toutefois. Le mélange des genres fonctionne, on se laisse prendre au jeu de cette histoire improbable et on finit même par s’attacher un peu à ces personnages assez particuliers. C’est noir, c’est glauque, c’est drôle, et malgré quelques faiblesses ça fonctionne au final plutôt bien.

Un peu d’humour… en série toujours

Les séries humoristiques sur la famille fleurissent en ce moment. Parmi elles, About a boy, Casual ou encore Catastrophe. Je leur trouve pas mal de points communs : format court et famille déstructurée pour commencer. Elles s’avèrent toutes trois plutôt sympathiques sans arriver à convaincre vraiment. Les intentions de départ sont bonnes mais ça manque un peu de verve. About aboy, c’est l’histoire d’une mère célibataire hippie qui aménage avec son petit garçon assez spécial à côté de chez un musicien oisif. Les personnages sont caricaturaux, pourtant ils sont étrangement attachants et on se prend à sourire à cette amitié improbable. Casual, c’est une mère de famille fraîchement divorcée qui débarque avec sa fille adolescente chez son frère qui a créé un site de rencontres. Le point de départ est plutôt prometteur, les personnages sont sympathiques mais c’est trop sage et ça tourne un peu en rond dès la saison 2. Une rencontre, du sexe et une grossesse non désirée pour Catastrophe. Ca reste malheureusement assez prévisible et retombe assez vite dans la famille « classique » bien que quelque peu névrosée. Trois séries qui jouent un peu sur la même corde de la famille atypique et dysfonctionnelle, avec un résultat plutôt mitigée.