Candelaria

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          Comédie dramatique colombiano-cubaine de Jhonny Hendrix Hinestroza avec Veronica Lynn, Alden Knight, Philipp Hochmair
La Havane, 1995. Au plus fort de l’embargo américain, les Cubains traversent une crise économique sans précédent. Parmi eux, Candelaria et Victor Hugo, 150 ans à eux deux, vivent de bric et de broc jusqu’au jour où Candelaria rentre à la maison avec une petite trouvaille qui pourrait bien raviver la passion de leur jeunesse…

Affiche du film Candelaria

          La bonne surprise ciné du mois de juin. J’avais hésité à plusieurs reprises à aller voir ce film mais le sujet me tentait moyennement et j’avais peur que ce ne soit pas trop fait pour me plaire. Et puis, il est passé dans au cinéma itinérant chez mes parents, et c’est ce qui m’a finalement décidée à aller le voir un peu après tout le monde. Je peux vous dire que j’ai bien fait, c’est un des films que j’ai préférés ces dernières semaines !

Image du film Candelaria

          Le sujet de la sexualité des seniors n’est pas forcément des plus facile à aborder sans se montrer indélicat. C’est pourtant un pari plus que réussi. Le film suggère (largement même) sans jamais être choquant ou paraître déplacé. Il traite le sujet avec beaucoup de simplicité et de bienveillance. Les acteurs sont assez exceptionnels et ont la bonne humeur communicative. Malheureusement l’acteur principal est décédé durant le tournage.

Image du film Candelaria

          Le film a également pour fond la société cubaine et les restrictions. Des sujets de société qu’il intègre assez bien dans l’histoire, sans l’alourdir, tout en parvenant à nous faire entrevoir la vie à Cuba. Si j’ai bien trouvé une qualité à ce film c’est sa délicatesse et sa bienveillance. Il est juste et touchant. Je l’ai trouvé à la fois doux et émouvant. Plus d’une fois, il m’aura surprise à sourire face à une histoire que pourtant je redoutais un peu. Si le tout manque un peu d’ampleur, sans être un chef-d’œuvre, Candelaria est un joli film sur un sujet peu exploité.

La petite fille sur la banquise

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           J’ai neuf ans. Un dimanche de mai, je rentre seule de la fête de l’école, un monsieur me suit. Un jour blanc. Après, la confusion. Année après année, avancer dans la nuit. Quand on n’a pas les mots, on se tait, on s’enferme, on s’éteint, alors les mots, je les ai cherchés. Longtemps. Et de mots en mots, je me suis mise à écrire.

           Voici un de mes gros coups de cœur de ce printemps. Je ne savais pas exactement a quoi m’attendre. Le titre un peu enfantin ne m’inspirait pas plus que ça, en revanche le thème m’intéressait. J’en avais un peu entendu parler et toujours en bien, j’étais donc curieuse de découvrir ce texte. Dès le début, j’ai beaucoup aimé. Le style est en apparence simple mais plus travaillé qu’il n’y paraît, il crée de suite une empathie avec le personnage tout en gardant une certaine légèreté. C’est d’ailleurs une des grosses réussites de ce roman. L’autre gros point fort étant bien sûr l’histoire.

Couverture de La petite fille sur la banquise, Adélaïde Bon

           On entre de suite dans le vif du sujet, puisque le roman commence de suite après qu’une petite fille ait subi des attouchements. Toute sa vie va s’en trouver bouleversée et elle va se construire sans en avoir conscience autour de ce traumatisme, mettant en place des mécanismes qu’elle-même ignore et qui la détruisent. C’est sa propre histoire que raconte ici Adélaïde Bon. Ses difficultés à l’adolescence, ses problèmes relationnels, l’image faussée qu’elle a d’elle-même, ses relations souvent compliquées avec les hommes, sa quête de réponses… Toutes ces choses qui vont peu à peu se décanter quand on retrouve l’homme qui l’a agressée.

           C’est un parcours long et difficile qu’elle nous livre. J’ai retrouvé dans ce texte des choses qui me parlent et qui pourraient s’appliquer à beaucoup de femmes autour de moi qui pourtant n’ont pas vécu des traumatismes de cette ampleur. Il y ait des schémas récurrents qui se mettent en place après des agressions sexuelles, qui sont d’autant plus importants que la victime était jeune. Le constater a été une prise de conscience assez rude. Un soulagement aussi. L’auteur a un recul incroyable sur sa propre histoire et il s’en dégage une forme de douceur qui fait un bien fou. J’ai conseillé ce roman à de nombreuses femmes autour de moi qui, je le sais, s’y retrouveront et se sentirons un peu moins seules après ça. Un roman magnifique et juste à mettre entre toutes les mains. Essentiel, salutaire.

Portrait d'Adélaïde Bon

Je suis ce qu’il reste d’une femme après qu’on l’a violée. Et de l’écrire me renoue, me relie, me répare.

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Sourire, dissimuler, s’épuiser. Passer chaque journée en dehors de soi. Se vivre déportée, sans que nul ne sache. Elle rit toujours, peut-être un peu plus qu’avant, c’est qu’elle a le cœur si lourd que quand la joie lui vient, elle s’y jette.

Juin, le bilan

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          Un mois de juin pas trop mal ma foi. Enfin un peu moins de fatigue ! Ca ne saute peut-être pas au yeux pour ceux qui me côtoient tous les jours vu le temps que je passe encore à dormir mais j’ai enfin l’impression d’être éveillée quand j’ai les yeux ouverts, ça ne m’était plus arrivé depuis des années ! Bon, côté sorties, ça ne se ressent pas encore trop, mais peut-être que ça viendra. Toujours pas de théâtre en juin, un petit concert très sympa, un festival de reggae en région parisienne et c’est tout (c’est déjà pas mal).

          Relativement peu de lectures alors que pourtant j’ai eu l’impression de passer mon temps un livre à la main. Seulement 4 livres lus. Que des thrillers. J’ai bien aimé Principes mortels. Un drame familial plutôt bien ficelé et assez original avec son petit côté roman régional.

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          3 films vus, ce n’est pas énorme mais c’est plutôt mieux que ces derniers mois. J’ai beaucoup aimé Candeleria. C’est tout doux et ça donne le sourire. Pas d’autre coup de cœur pour cette fois.
Peu de films vus depuis la maison mais tout de même le surprenant Metropia. Peu de séries également. J’ai fini la saison 1 de The Crown qui a été une bonne surprise.

          Les premiers romans arrivent pour la rentrée de septembre. Je n’ai même pas fini de lire les sorties de juin… Comme souvent j’ai un peu la tête sous l’eau avec les nouveautés. Au cinéma, j’aimerais voir Woman at war, pas vraiment d’autres ambitions pour le moment. J’ai noté plein de séries pour tenir tout l’été, je n’ai pas encore décidé par laquelle commencer. Et vous, vous avez passé un bon mois de juin ?

Le musée des colporteurs

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          Il y a 3 ans, je suis allée pour la première fois au musée des colporteurs, dans la vallée d’Oust. J’y suis retournée ce printemps avec Cléa et le coup de cœur a été le même que la première fois. Un endroit hors de temps que je trouve magique. Il semblait donc essentiel de vous en parler ! Le musée se situe dans la maison Souquet, qui a été en activité de 1824 à 1960.

Boîte de colportage

Boîte de colportage

          Dans les vallées ariégeoises, au XIX° siècle et au début du XX°, nombreux sont ceux qui ont pris les routes pour devenir colporteurs ou montreurs d’ours, notamment dans les vallées d’Oust et d’Ercé. Les habitants étaient nombreux et la terre ne donnait pas toujours assez, il fallait bien trouver de quoi vivre et pour cela beaucoup ont dû partir au loin.

          Evidemment, pour vendre des chapelets, des épices ou des bijoux de pacotille sur les routes, il fallait bien s’approvisionner quelque part. Et pour ça rien, de plus simple, rendez-vous à Soueix au magasin général ! Vous y trouverez de tout. On peut même vous avancer la première commande et ensuite vous pourrez vous approvisionner même depuis l’autre côté de l’Atlantique. On a retrouvé la correspondance de 140 colporteurs dans la boutique.

          C’est ce magasin récemment rénové qui constitue le musée. La première partie présente brièvement l’histoire des colporteurs et le trajets de certains d’entre eux. Certains sont allés jusqu’en Amérique du Sud ! Ensuite, on passe dans le magasin à proprement parler. Une vraie caverne d’Ali Baba où on trouve de tout. Je pourrais passer des heures chez eux à tout regarder. L’occasion de découvrir un pan important de notre belle région tout en en prenant plein les yeux. Pas mal non ?

Musée des colporteurs

Le musée

Musée des colporteurs

6 rue Principale
09140 Soueix-Rogalle

En juillet-août, ouvert tlj de 15h à 19h
Le reste de l’année, renseignements au 06.82.26.24.13

Entrée 2€

Plaire, aimer et courir vite

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          Comédie dramatique de Christophe Honoré avec Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste, Denis Podalydès
1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

Affiche de Plaire, aimer et courir vite

          Certains d’entre vous s’en souviennent peut-être, il y a quelques années, j’ai consacré mon mémoire de master à la littérature sur le sida, autour notamment d’Hervé Guibert. J’avais décidé d’élargir le sujet dans ma dernière partie au cinéma. J’ai donc vus quelques films sur ce thème et lorsque quelque chose de nouveau sort sur la période, je suis toujours très curieuse d’aller le découvrir histoire de compléter ma culture autour de ce sujet. Je ne pouvais donc pas rater le dernier film de Christophe Honoré.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Je dois avouer que face aux sujets qui touchent à l’intime j’ai toujours un peu peur de m’ennuyer. Je suis assez peu portée sur les histoires de cœur au cinéma et je n’aime pas quand la maladie devient un tire-larmes, ce qui malheureusement trop souvent le cas. En la matière, je suis plutôt adepte de sobriété. J’étais donc circonspecte. Et finalement, malgré les défauts du film, j’ai trouvé que c’était une jolie surprise.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Mon coup de cœur va à l’interprétation, d’une incroyable justesse. Les 3 acteurs principaux sont rayonnants. Ce n’est pas forcément une grosse surprise concernant Denis Podalydès et Vincent Lacoste mais je ne connaissais pas l’acteur principal et j’ai été subjuguée (oui, rien que ça). Il mérite à lui seul le détour. On l’avait déjà vu dans l’Inconnu du lac mais j’étais visiblement trop occupée à m’ennuyer pour le repérer. En tout cas, le trio infernal fonctionne et c’est un régal de les suivre.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Comme toujours chez Honoré, la bande-son est également fort bien choisie. L’histoire est jolie et sonne juste, sans larmoiements inutiles, sans forcer l’émotion. Presque pas assez. C’est tellement délicat que même les situations les plus extrêmes ne nous tirent pas une larme, à peine un petit pincement au cœur. D’un côté j’admire ce parti pris de mettre plus en avant la beauté d’une relation nouvelle et la joie qu’elle apporte plutôt que l’échéance imminente de la mort, ça donne au tout une certaine fraîcheur qui contraste avec le sujet. Ca donne un film doux et joyeux, mélancolique parfois, peut-être pas un chef-d’œuvre mais un joli moment.