Archives de Catégorie: Culture en vrac

Expos, théâtre, séries TV, musique : la page du fourre-tout culturel !

Don’t starve

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          On change un peu d’univers avec aujourd’hui un petit jeu de survie. Quand on me l’a présenté, j’ai trouvé que ça avait l’air tout mignon et j’ai choisi de m’y mettre pour occuper les journées de grosse fatigue. J’ai de suite bien aimé les graphismes 2D et je me suis dit que ça me changerait un peu. Finalement, ce jeu très simple en apparence s’est avéré plus retords que prévu. Le mécanisme de base est simple et intuitif : on clique sur les éléments du décor pour les ramasser, ils se mettent automatiquement dans l’inventaire et lorsqu’on a récolté ce qu’il faut on peut produire des objets.

          Pour assurer sa survie il faut de la nourriture et du bois pour faire du feu (qui rend les aliments meilleurs mais surtout éloigne les monstres la nuit). Voilà pour la base de la base. Ensuite ça se complexifie peu à peu. En effet, l’hiver arrive vite et il faut de bonnes réserves de bois et de provisions mais aussi de quoi résister au froid. Sans oublier de se mettre à l’abri des attaques et de trouver des armes pour se défendre. Vos journées vont être bien occupées ! Le tout dans un univers burtonnien assez délectable.

Don't Starve

          Comme je le disais, les mécaniques de jeu sont simples, on le prend très vite en main même si on n’est pas un joueur invétéré. En revanche, si comme moi on préfère explorer la map plutôt que de mettre en place un plan d’action précis et efficace, on pourrait bien avoir quelques surprises l’hiver venu (toujours cette bonne vieille histoire de cigale et de fourmi en somme). Toutefois, avec un peu d’expérience – et donc beaucoup d’acharnement – on finit par progresser. En revanche, si vous parvenez à dépasser les 100 jours de survie, sachez que vous êtes ensuite plus ou moins intouchables, ce qui rend les choses assez monotones.

          Ma phase préférée du jeu reste clairement le début avec l’exploration. Certains personnages sont également plus agréables à jouer que d’autres. Le jeu assure un peu d’imprévu avec quelques monstres deci delà. Le jeu est parfois un peu répétitif mais on est généralement assez agacé d’être mort bêtement (de froid, de faim ou de dépression) pour avoir envie de recommencer une partie aussi sec.Je me suis fait avoir plus d’une fois à recommencer une partie par pur esprit de revanche.

          J’ai testé les différentes extensions et là, c’est une autre paire de manches ! Reign of giants est la moins difficile à gérer, elle reste relativement proche de l’univers de départ, même si elle le complexifie pas mal, rendant les choses autrement plus ardues. En plus des hivers, il faut maintenant gérer les étés qui s’avèrent encore pires avec leurs boules de feu qui tombent du ciel. Je n’ai pas réussi à en passer un seul…

          Quant à Shipwrrecked, non seulement il y a le système été/hiver de l’enfer mais en plus tout se passe sur l’eau avec des îlots minuscules et des singes qui piquent tout. Je passe mon temps à me perdre à la recherche de ressources et meurs lamentablement de faim ou de dépression en quelques jours. Bien trop ardu pour moi ! Il existe également une version à plusieurs joueurs que je n’ai pas eu l’occasion d’essayer. Que vous préfériez la version basique ou une variante plus complexe, seul ou à plusieurs, si vous avez du temps devant vous, Don’t Starve s’avère un jeu efficace et passablement addictif.

Réversible : les 7 doigts de la main au Bataclan

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          Je vous en avais déjà parlé l’année dernière, Les sept doigts de la main reviennent à Paris avec leur nouveau spectacle, Réversible. J’avais adoré Traces, meilleur spectacle de cirque vu à ce jour, énorme coup de foudre rempli d’humour et de performances incroyables. Réversible est dans un tout autre genre et je dois avouer avoir été sur le coup un peu déçue. Alors, verdict après cette deuxième fois ?

Reversible Les 7 doigts de la main

Photo : Alexandre Galliez

          C’est vrai que c’est un peu moins foufou que le spectacle précédant mais dans son genre, c’est très bien aussi. Plus poétique, avec une mise en scène et des lumières beaucoup plus travaillées. La performance est bien présente mais peut être moins mise en avant, avec des choses pas toujours aussi spectaculaires qui nous font parfois un peu oublier l’incroyable difficulté des numéros. C’est varié, il y a du rythme et il y a quelques perles, notamment un numéro au cerceau de toute beauté. C’est parfois drôle, souvent touchant. Il y a eu quelques petits ratés dans cette représentation (ils seraient donc humains ?!) mais toujours très bien rattrapés. Le spectacle n’était pas exactement le même que l’année précédente, il y a eu de petites modifications/améliorations (notamment sur le visuel) : c’est encore plus beau.

Reversible Les 7 doigts de la main

Photo : Alexandre Galliez

          Nous avons passé un très bon moment et la comparaison avec son prédécesseur passée, j’ai beaucoup mieux apprécié ce spectacle que la première fois. C’est poétique, la mise en scène est millimétrée, les lumières et musiques sont super, il y a du rythme, ça raconte une histoire et les numéros sont très travaillés. Tout est impeccable de bout en bout, avec quand même la petite touche d’humour qui fait leur charme. Il n’y a vraiment pas grand chose à y redire ! C’est du cirque de haut vol. Un spectacle époustouflant et poétique à la fois, à découvrir à la Seine Musicale jusqu’au 10 juin 2018. Places de 17€50 à 65€.

Madimado's Blog

          L’année dernière, j’étais tombée sous le charme de Traces. Je découvrais les 7 doigts de la main, leur inventivité et leur sens de la performance. C’avait été un véritable coup de foudre. A ce jour sans doute le meilleur spectacle de cirque que j’ai pu voir (et pourtant j’en ai vu quelques uns !). Un émerveillement de chaque instant. Quand j’ai su qu’ils présentaient à Paris leur nouveau spectacle, je me suis jetée sur l’occasion. Je ne vous raconte pas à quel point j’étais surexcitée ! Cette fois, ce n’est pas à Bobino que ça se passe mais au Bataclan. Je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller et j’avoue que ça a quand même été un gros moment d’émotion. Difficile d’oublier les événements qui s’y sont déroulés. La salle flambant neuve a été refaite à l’identique. Elle est magnifique.

cirque Bataclan

         Le spectacle se construit autour d’un hommage aux…

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Tabarnak : un spectacle survolté à Bobino

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          Un peu de cirque sur le blog parce que ça commençait à faire longtemps ! Il faut dire que je ne sors pas des masses en ce moment. Je ne connaissais pas le cirque Alfonse mais je n’ai encore jamais été déçue par la programmation de Bobino et ça avait l’air d’être du cirque contemporain comme je les aime. Tabarnak est, comme son nom l’indique, un spectacle québecois. Entre cirque contemporain, théâtre et musique, le spectacle est assez déroutant et unique en son genre. Le Cirque Alfonse est un cirque familial, créé par la famille Carabinier-Lépine et leurs amis proches, perpétuant la tradition du cirque familial itinérant. Une jolie promesse.

Tabarnak à Bobino, affiche

         Sur scène, un joyeux bordel accueille le spectateur. Dès l’arrivée dans la salle, on sait qu’on a affaire à de gais lurons. Ils sont habillés de chemise blanches comme au XIX° s. et tricotent en attendant le début du spectacle qu’ils définissent eux-mêmes comme une « messe à gogo surréaliste, happening musical débridé, office exubérant et festif ». J’ai beaucoup aimé l’univers que ces artistes complètement déjantés arrivent à mettre en place. Ca respire la bonne humeur. Ils chauffent la salle, ils jouent avec le public, ils font rire : j’ai rarement vu une aussi bonne ambiance lors d’un spectacle de cirque. Ils sont rayonnants, un vrai régal.

Cirque Alfonse, Bobino

Photo : Nicolas Descoteaux

         Côté performance, ce n’est peut-être pas ce que j’ai vu de plus spectaculaire mais ils se défendent bien. Il faut dire qu’entre Les 7 doigts de la main qui accomplissent prouesse sur prouesse et la compagnie XY qui rend fade à peu près tout numéro de main à main, j’ai été très gâtée ses dernières années. Il y a deux très bons acrobates dans la troupe (je soupçonne qu’ils sont habituellement 3 mais qu’il y a eu une blessée lors d’un petit raté en tout début de spectacle) et j’ai trouvé que l’un d’eux notamment tenait vraiment le spectacle par son énergie et son charisme. C’est bien simple, plus il fait des trucs fous, plus il rayonne : un véritable soleil. On voit que cette troupe prend un énorme plaisir à ce qu’elle fait et leur bonheur est communicatif. Ils sont totalement barrés et essaient plein de trucs fous avec une certaine réussite. J’ai grandement apprécié leur audace.

Cirque Alfonse

Photo : Audric Gagnon

         J’ai beaucoup aimé l’histoire que raconte ce spectacle. Il nous transporte dans un Québec d’un autre temps, avec beaucoup d’humour et de tendresse. Les musiciens sont un gros plus et donnent une énorme pêche à l’ensemble. Il y a une bonne dose d’inventivité dans les numéros, j’ai souvent eu l’impression qu’ils s’étaient dit : « tiens, qu’est-ce qu’on pourrait faire de plus fou / de plus improbable ? ». Ca fonctionne dans l’ensemble assez bien. Il y a quelques passages peut-être un peu brouillon qui mériteraient d’être affinés mais c’est vraiment histoire de chipoter. On passe un très bon moment avec le cirque Alfonse qui propose de très belles choses avec une énergie et une bonne humeur communicatives. Que du bonheur !

Cirque Alfonse, Bobino

Photo : Audric Gagnon

Tabarnak – Cirque Alfonse

Du 16 mai au 09 juin

Bobino

14 – 20 rue de la Gaîté
75014 Paris

De 19 à 49€

Van Gogh et le Japon

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          Il y a quelques semaines, j’ai eu l’immense chance de faire un aller-retour à Amsterdam pour aller découvrir l’exposition Van Gogh et le Japon. Lorsque je suis allée à Amsterdam pour la première fois, je me souviens avoir été éblouie par le musée Van Gogh. Je n’avais pas eu l’occasion d’y retourner depuis. Lorsque j’ai reçu l’invitation, je me suis dit que l’aller-retour pour voir une exposition était un peu exagéré mais après réflexion, c’est une ville que j’aime, un musée que je voulais revoir, ce n’est pas si loin et puis Van Gogh quoi. Ni une ni deux, j’ai pris mes billets de bus pour pouvoir être présente.

Van Gogh and Japan

          J’avais déjà quelques notions sur les inspirations japonaises de Van Gogh, étant allée voir les expositions (puisque c’était en deux parties) Hiroshige/Van Gogh à la Pinacothèque il y a quelques années. Je ne connaissais pas Hiroshige et j’avais pris un grand plaisir à découvrir ses estampes. Quant à la partie sur Van Gogh, elle mettait bien en avant les influences plus ou moins directes des estampes sur ses toiles (même si cela était présenté de manière assez « scolaire », ça permettait de se faire de suite une image claire et de repérer facilement les inspirations). J’avais été assez fascinée par le lien entre les deux artistes que je n’avais jusqu’alors jamais soupçonné.

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          Ici c’est de manière plus large le lien entre Van Gogh et le Japon qui est mis en avant. Van Gogh possédait une collection de 600 estampes japonaises qui ont inspiré son travail à partir de son aménagement à Paris. Le musée Van Gogh possède aujourd’hui une grande partie de cette collection. Toutefois leur qualité étant très variable, le musée a choisi d’exposer également des œuvres qui ne viennent pas de la collection personnelle de l’artiste mais ont pu l’influencer par des reproductions, afin d’assurer une certaine harmonie dans l’accrochage. Le lien entre les estampes japonaises et les œuvres de Van Gogh est parfois tellement flagrant qu’il se passe d’explications. C’est assez bluffant de voir à quel point il s’est nourri de cet art, proposent souvent des réinterprétation de thèmes japonais, quasi à l’identique (si ce n’est la technique utilisée, évidemment).

Van Gogh and Japan

          S’il reprend certains sujets d’estampes, Van Gogh s’inspire aussi des couleurs et contrastes chers aux artistes japonais. Cela se ressent dans certains tableaux aux fonds colorés, mais aussi dans la manière de traiter la perspective (ou l’absence de perspective d’ailleurs). Van Gogh n’est jamais allé au Japon mais c’est la lumière et les couleurs japonaises qu’il est allé chercher en Provence. Son idée d’atelier d’artistes avec Gauguin est également inspirée de ce qui se faisait au Japon.  Peu à peu, on voit le peintre intégrer certains mécanismes. Suite à l’échec de son entreprise avec Gauguin, il se détache des estampes mais conserve dans sa manière de peindre des réflexes pris en observant les artistes japonais.

          J’ai trouvé passionnant de découvrir le Japon tel que Van Gogh se le représentait. Mais surtout de voir comment l’observation des artistes japonais a nourri son œuvre tout au long de sa vie. J’avais peur que cela reste abstrait pour moi mais cette exposition met parfaitement en avant le lien entre les estampes et les tableaux de Van Gogh et celui-ci est bien souvent visible sans lire les textes, qui ne font qu’apporter des explications complémentaires et nous aider à dégager de grands axes de compréhension. J’ai trouvé cela à la fois passionnant et assez intuitif dans l’appréhension des œuvres. Si vous avez l’occasion de faire la visite guidée en français, elle apporte un beau complément d’information. J’ai toujours beaucoup aimé Van Gogh mais cette exposition m’a aidée à mieux comprendre certains aspects de son œuvre comme de sa personnalité. Les toiles exposées sont splendides, j’ai pris un grand plaisir à découvrir cet accrochage riche et passionnant qui se passe bien souvent de mots. Si vous passez à Amsterdam, c’est l’exposition à ne pas manquer ce printemps !

Van Gogh and Japan

Du 23 mars au 24 juin 2018

Museumplein 6, Amsterdam

Tarif : 18€ gratuit pour les – de 18 ans
Audioguide pour 5€
Le catalogue d’exposition est disponible en néerlandais, anglais et français

Humanoptère

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          C’est avec beaucoup de retard que je vous parle de ce spectacle vu le mois dernier. J’avais vu sa présentation sur Arte et trouvé les propos de son créateur très intéressants. J’avais donc hâte de voir ce que ça donnait sur scène. On spectacle de jongle avec un message politique derrière, ça avait de quoi intriguer. C’est parti donc pour une expérience surprenante. Déjà, il faut le savoir, les mecs qui jonglent, ça me fascine sachant que je ne suis moi-même pas foutue de rattraper une balle. Je garde un souvenir ému d’un magnifique numéro du cirque Romanes notamment. L’occasion aussi de vous reparler de Maputo Mozambique que j’avais beaucoup aimé. Bref, j’avais hâte, d’autant plus que je ne connaissais pas Clément Dazin et la compagnie La main de l’homme.

Spectacle de jonglage Humanoptère

          Bon, admettons-le, je trouve qu’Arte s’est un peu emballé sur ce coup en décrivant ça comme étant entre jonglage, théâtre et danse. Certes on s’éloigne beaucoup, beaucoup du cirque traditionnel mais avec leur reportage je m’attendais à quelque chose qui ressemblait à Amargi et sa dénonciation de l’économie de marché. C’est pas tout à fait ça quand même… Du coup j’ai été surprise qu’il n’y ait quasi aucune parole et que le point de départ du spectacle – l’aspect inhumain que peut revêtir le monde du travail avec ses gestes répétitifs – ne soit pas lisible de suite. Un peu déroutant.

          Mais ce premier moment de surprise passé, ce spectacle a dévoilé pas mal de qualités. En effet, il y a dans la mise en scène quelque chose qui se rapproche énormément de la danse, notamment dans l’occupation de l’espace et le jeu d’alternance entre des parties hyper synchronisées et les « solos » des jongleurs. C’est très agréable de voir un spectacle aussi millimétré. Ensuite, au fil de spectacle le thème du travail ressort peu à peu et donne de la profondeur à l’ensemble. Enfin, si à première vue on n’est pas dans la performance technique pure, les nombreux moments où tous jonglent ensemble en parfaite synchro sont assez admirables. Finalement il m’aura fallu du temps pour rentrer dans ce spectacle et réellement l’apprécier. Une belle maîtrise technique, de l’originalité et une mise en scène impeccable pour ce spectacle aussi esthétique qu’intelligent.