Archives de Catégorie: Culture en vrac

Expos, théâtre, séries TV, musique : la page du fourre-tout culturel !

Réversible : les 7 doigts de la main au Bataclan

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          L’année dernière, j’étais tombée sous le charme de Traces. Je découvrais les 7 doigts de la main, leur inventivité et leur sens de la performance. C’avait été un véritable coup de foudre. A ce jour sans doute le meilleur spectacle de cirque que j’ai pu voir (et pourtant j’en ai vu quelques uns !). Un émerveillement de chaque instant. Quand j’ai su qu’ils présentaient à Paris leur nouveau spectacle, je me suis jetée sur l’occasion. Je ne vous raconte pas à quel point j’étais surexcitée ! Cette fois, ce n’est pas à Bobino que ça se passe mais au Bataclan. Je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller et j’avoue que ça a quand même été un gros moment d’émotion. Difficile d’oublier les événements qui s’y sont déroulés. La salle flambant neuve a été refaite à l’identique. Elle est magnifique.

cirque Bataclan

         Le spectacle se construit autour d’un hommage aux grands-parents (que j’ai parfois eu un peu de mal à suivre mais on s’en fiche dans l’ensemble c’est assez touchant), dans un univers un peu vieillot. Le décor est assez simple en apparence mais très bien exploité, il sert de support à tous les numéros ou presque et est en constante évolution, donnant beaucoup de mouvement et de rythme au spectacle. Au début j’ai eu peur de ne pas trop accrocher mais finalement, après quelques minutes, je me suis laissée séduire . On est moins dans la performance que dans Traces, ce qui pour tout dire m’a un peu déçue : leurs numéros de main à main étaient tellement beaux ! Mais bon, si les acrobaties sont moins spectaculaires, ça n’en reste pas moins du très haut niveau.

cirque Bataclan

         Les numéros sont variés avec quelques acrobaties bien sûr mais aussi du jonglage, de la danse ou du hula-hoop. Ca semble tellement facile qu’on en oublierait presque à quel point ce qu’ils accomplissent est incroyable. C’est beau, c’est poétique et la mise en scène est très soignée. Il y a également une grande attention portée au choix de la musique qui est très entraînante. Les deux heures de spectacle passent à une vitesse folle. On est émerveillés de bout en bout par les numéros qui s’enchaînent à un rythme infernal. On retrouve à la fois l’énergie et l’inventivité du précédent spectacle mais dans quelque chose de totalement différent. Il y a dans ce spectacle de l’humour, du rythme, de la poésie, de l’ingéniosité et beaucoup, beaucoup de talent. Un grand moment.

reversible affiche

Réversible

Les 7 doigts de la main

Bataclan
50 boulevard Voltaire
75011 Paris

Jusqu’au 1° avril 2017

Places de 25 à 60€

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Musée des arts et métiers

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          J’ai découvert le musée des Arts et métiers relativement récemment. Je ne suis pas parisienne et il m’a fallu du temps pour en entendre parler. A priori, ce n’était pas une priorité étant donnée que côté musées mon truc ça a toujours plutôt été la peinture, très classique qui plus est. Et puis, pour les 60 ans de mon papa, je me suis dit que ce serait sympa de faire quelque chose avec lui. Il était ingénieur, les machines, je me suis dit que ça devrait lui plaire. J’étais curieuse aussi mais peut-être pas démesurément enthousiaste. Ca avait l’air sympa mais les machines, je n’y connais à peu près rien, même si certaines sont fascinantes. Ce que je n’avais pas prévu, c’est l’énorme coup de foudre que j’ai eu pour ce musée. Ce lieu est absolument exceptionnel.

 Musée des arts et métiers Musée des arts et métiers Musée des arts et métiers

          La collection du musée est très belle. Il y a toutes sortes d’instruments scientifiques et de machines plus ou moins farfelues. Une mine d’information sur l’évolution des techniques. Même quand on n’y connaît rien, c’est passionnant. Il faut dire que les domaines couverts sont large : moteurs, instruments de mesure, appareils photo, métiers à tisser, chacun y trouvera quelque chose qui l’intéresse. Il y a des visites guidées gratuites chaque jour qui aident à mieux appréhender les collections et sont absolument passionnantes. Pensez à vérifier les horaires avant votre venue afin d’en profiter au mieux.

 Musée des arts et métiers Musée des arts et métiers Musée des arts et métiers

          Et puis, surtout, les lieux et la scénographie sont magnifiques. Un avion qui ressemble à une chauve-souris géante suspendu au-dessus d’un escalier monumental, des voitures dans une ancienne chapelle baignée de lumière : on en prend plein la vue. Il y a beaucoup de choses à voir dans ce musée où on apprend énormément, difficile de tout faire en une fois. Prévoyez du temps pour votre visite et ciblez-la peut-être autour d’un ou deux thèmes qui vous intéressent. Le musée prévoit d’ailleurs des parcours thématiques. N’hésitez pas à y amener vos enfants, je suis sure que c’est le genre d’endroit à faire naître des vocations. Un lieu magique que je n’ai pas fini d’explorer ni de faire découvrir.

Musée des arts et métiers

Musée des Arts et Métiers

60 rue Réaumur
75003 Paris

Tous les jours de 10h à 18h
De 10h à 21h30 le jeudi
Fermé le lundi

Billet plein tarif exposition + musée : 9€

La peinture américaine des années 30

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          Dans la série expositions du mois de janvier, voici la petite dernière. Je suis forcée d’admettre qu’en dehors de Hopper je n’y connais à peu près rien en peinture américaine des années 30. Ni en peinture américaine tout court d’ailleurs. C’était donc l’occasion de découvrir, d’autant plus que j’aime beaucoup le musée de l’Orangerie. Bon, très franchement, je ne suis pas très inspirée pour vous en parler… Il y avait du bon, du moins bon, très peu de choses que je connaissais et j’ai un peu de mal à synthétiser tout ça. L’exposition s’est achevée entre-temps malheureusement, je l’ai vue durant ses derniers jours, vous ne pourrez donc pas vous rattraper si vous l’avez ratée.

American landscape, Charles Sheeler

American landscape, Charles Sheeler

          Le premier gros problème de cette visite ne tient pas du tout à l’accrochage mais à la foule qui se pressait devant chaque tableau. Il y a avait longtemps que je n’avais pas vu autant de monde dans une expo (sans doute parce qu’il y a longtemps que je ne fréquente plus les expos…). J’avoue que ça m’a pas mal dérangée. Étant donné que je suis très loin de maîtriser le sujet et absolument incapable de savoir de qui est tel ou tel tableau sans les cartels, le fait de ne pas pouvoir m’approcher pour lire (à moins d’être très très patiente ou de jouer des coudes) m’a gênée dans la visite et m’a empêchée d’en profiter pleinement.

Pat Whalen, Alice Neel

Pat Whalen, Alice Neel

          L’accrochage était plutôt agréable avec une lumière qui mettait bien en valeur les tableaux (c’est la base mais ce n’est pas toujours le cas). Le fil rouge est les années 30 donc, avec comme sous-titre « The age of anxiety ». Parlant. Il y a à la fois de la diversité dans les styles et une grande cohérence dans cette exposition. Le texte est très présent : d’une part avec des présentations assez larges des différents aspects de cette période mais aussi des cartels explicatifs sous chaque tableau ou presque, parlant à la fois du peintre et de son travail. J’ai trouvé ça très complet et bien fait même si c’est d’autant plus dommage de n’avoir pas pu tout lire. Je n’ai dans l’ensemble pas été très emballée par ces toiles souvent assez austères – petit coup de cœur pour le travail de Grant Wood tout de même – mais j’ai été contente de découvrir beaucoup de choses que je ne connaissais pas, tant du côté des peintres que des divers aspects de cette période. Une exposition qui ne m’a pas charmée mais m’a appris beaucoup de choses. Intéressant.

Aventuriers des mers

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          On continue dans la (courte) série expos avec un style différent. Direction l’institut du Monde Arabe. Un endroit qui réserve souvent de belles surprises. Le titre de l’exposition est en tout cas prometteur et invite au voyage. On est dans le bain avant même l’entrée avec un très beau bateau devant le bâtiment qui nous donne instantanément envie d’en découvrir plus. Comme toujours dans ce musée (pour ce que j’en ai vu en tout cas), la scénographie est assez belle avec notamment des lumières très travaillées qui créent une ambiance intimiste que j’ai trouvée agréable. Après bon… je dois avouer que les aspects commerciaux ne me passionnent pas plus que ça – ou en tout cas ce n’est pas exactement ce à quoi je m’attendais – et j’ai trouvé qu’ils étaient beaucoup mis en avant, ce qui est au fond logique vu que ça reste quand même la première raison de naviguer.

Aventuriers des mers

          Je n’ai toutefois pas pu m’empêcher d’être un peu déçue. Les objets présentés sont assez hétéroclites, surtout dans la deuxième partie, et j’ai trouvé que ça manquait d’unité. Il y a également une certaine impression de vide qui se dégage. L’exposition m’a semblé un peu courte et pas assez fournie. Il y a beaucoup de textes mais la période couverte est large et c’est donc nécessairement compliqué d’approfondir suffisamment pour bien comprendre les enjeux de ce thème. J’ai eu du mal à appréhender les choses dans leur globalité. Ou alors j’étais fatiguée, c’est possible aussi. En revanche, il y a de nombreuses vidéos, notamment sur des marins célèbres. J’ai beaucoup aimé cette idée, même si la réalisation m’a moins emballée : des visages sans corps racontent des histoires qu’il nous faut écouter debout au milieu du passage et bien souvent, le son de ces vidéos a un peu parasité mes lectures. Ca permet toutefois de se pencher sur des aspects intéressants et plus ludiques du sujet.

Aventuriers des mers

          Il y a également une vidéo d’un conte que j’ai bien aimée, une histoire de test de bateau dans les conditions de l’époque qui est intéressante et une vidéo sur des pêcheurs traditionnels que j’ai bien aimée mais m’a semblé moins pertinente étant donné que cet aspect n’est pas réellement évoqué durant l’exposition. J’en oublie surement car de ce côté-là le matériau est assez riche. Dans l’ensemble, si nous avons vu quelques jolies pièces, j’aurai aimé que certains aspects soient plus approfondis (plus de matière autour des épices ou des tissus par exemple) et l’ensemble m’a paru un peu léger malgré de gros efforts pour fournir un contenu diversifié. La partie que j’ai préféré reste la cartographie avec quelques pièces impressionnantes. Le thème me tentait beaucoup mais cette exposition ne m’a malheureusement qu’à demi séduite.

aventuriers-des-mers

Aventuriers des mers

Institut du Monde Arabe
1 Rue des Fossés Saint-Bernard
75005 Paris

Du mardi au vendredi de 10h à 18h
Samedi, dimanche et jours fériés de 10h à 19h

Plein tarif, 12€

Amargi, anti-tragédie de la dette

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          Bon soyons honnêtes, le sujet de cette pièce ne me tentait pas du tout. J’y suis allée parce que mon copain avait adoré la précédente pièce de l’auteur – Judith Bernard – et que pour une fois que c’est lui qui voulait me traîner au théâtre je ne pouvais décemment pas refuser. Sans être totalement nulle en économie, on ne peut pas dire que je maîtrise le sujet ou que je m’y intéresse outre mesure. Je m’y intéresse juste assez pour trouver le monde de la finance abject et avoir envie de m’enfouir sous ma couette, mais je ne suis clairement pas assez calée pour envisager une issue optimiste. Le sujet est ardu et franchement obscur pour le néophyte. La seule pièce que j’aie vu qui traitait plus ou moins d’économie, c’était La septième vague que j’avais détesté. Je n’y allais donc pas avec un enthousiasme débordant cette fois. Direction la Manufacture des Abbesses pour la dernière représentation.

Amargi, affiche

          Certes, le sujet n’est très drôle mais il y a finalement pas mal d’humour dans la manière dont c’est traité et c’est fait de manière très pédagogique. C’est clair, complet (enfin, autant que ça peut l’être en 1h30 bien sûr) et bien expliqué. On comprend tout, ce qui est déjà énorme. C’est même intéressant. J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans au début. On commence par le fonctionnement des prêts et des banques, ce qui n’est pas la partie la plus palpitante – ni la plus simple ! Ensuite on passe à l’histoire de la dette, et là, ça devient passionnant. J’avoue que je n’y connaissais rien en histoire de la dette, quand c’était né, comment, comment ça avait évolué : autant de questions que je ne m’étais jamais posées ou très vaguement. Le nom de la pièce vient de là. Amargi c’est l’annulation de la dette en Mésopotamie. De toutes les dettes, pour éviter les révoltes. Il semblerait que depuis le système ait été légèrement perverti.

Amargi, photo de Vincent Blanqui

Amargi, photo de Vincent Blanqui

          La mise en scène manque malheureusement de moyens mais est très inventive et permet de visualiser assez bien des problèmes somme toute plutôt abstraits. C’est d’ailleurs ce qui fait que la partie historique fonctionne mieux, il y avait encore un aspect un minimum concret et logique à la chose. Il y a un musicien qui joue essentiellement des percutions (mais pas que), ce qui ajoute de la profondeur au texte en en soulignant le rythme. J’ai également été assez convaincue par la performance des cinq acteurs qui parviennent à nous embarquer dans cet univers difficile. Si j’ai trouvé que la partie historique était la plus intéressante, j’ai également bien aimé qu’une solution pour sortir de l’impasse dans laquelle nous semblons être soit apportée, même si elle semble forcément un peu utopiste. Inutile de dire que cette pièce au sujet ardu est très engagée et je l’ai finalement beaucoup appréciée. On en ressort moins bête et plus optimiste, c’est assez rare pour être souligné.