Archives d’Auteur: Madimado

À propos de Madimado

Des livres, des films, des spectacles, des expos : de la culture !

Exposition Homère au Louvre Lens

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L’une des expositions les plus ambitieuses jamais consacrée à Homère, l’auteur de l’Iliade et de l’Odyssée, ces deux célèbres épopées qui sont au fondement de toute la culture occidentale. Elle offre une plongée inédite dans la richesse du monde homérique, un univers aussi beau que mystérieux.

          Il y a peu, je suis allée passer un week-end dans les Hauts de France, région que je connais fort mal alors qu’elle est si proche de Paris ! A programme, passage à Douai puis à Lens. L’occasion de découvrir un peu mieux le secteur mais surtout d’aller faire un tour au Louvre Lens. Je n’ai plus trop la possibilité d’aller voir des expositions mais j’ai profité d’être de sortie pour aller voir celle consacrée à Homère. Je ne suis pas du tout une spécialiste de littérature de l’Antiquité mais ado j’ai adoré suivre les aventures d’Ulysse. J’étais très curieuse de voir comme ç’a avait été interprété.

         J’ai suivi une visite guidée, ce qui ne m’arrive… jamais. En effet j’ai tendance à préférer découvrir les œuvres à mon rythme et souvent la lecture des panneaux me suffit pour une première approche (enfin, s’ils sont bien faits). Je dois avouer avoir été un peu déçue… La visite reprend essentiellement l’histoire d’Homère – enfin, le peu qu’on en connaît – et résume grosso modo l’Iliade et l’Odyssée. J’ai beau ne pas être une grande spécialiste d’Homère, ayant quand même fait un master de lettres où j’ai vaguement entendu parler de lui, je me suis ennuyée sévère. Après enquête dans notre groupe, c’était mitigé : ceux qui connaissaient Homère ce sont ennuyés, les autres ont trouvé ça passionnant.

         Comme on parle beaucoup de l’auteur et de ses textes, on s’arrête finalement très peu sur les œuvres exposées, c’est un peu dommage. Elles m’ont donné l’impression de servir d’illustration au discours alors qu’à mon sens elles auraient dû être au centre de l’attention. Dans les deux premières parties (consacrée à Homère, puis à l’Iliade), peu d’œuvres ont attiré mon regard. Beaucoup sont très classiques, poteries ou sculptures de l’Antiquité, tableaux du XIX° assez académiques, pas trop ma tasse de thé. Mais bon, c’est toujours sympa d’avoir un aperçu des représentations autour d’un texte.

         Sans surprise la dernière partie de l’exposition, consacrée à l’Odyssée, m’a beaucoup plus emballée. Il faut dire que le retour d’Ulysse est fascinant : sirènes, sorcières, géants, on n’a pas franchement le temps de s’ennuyer ! Et c’est clairement propice aux représentations les plus folles. Il y a de très belles œuvres dans cette partie de l’expo qui valent le déplacement, notamment une très belle série d’illustrations de Chagall. Si j’ai été un peu déçue par l’introduction, cette partie-là a été un gros coup de cœur. L’exposition semble finalement plutôt s’adresser à ceux qui connaissent mal Homère et sert de très bonne introduction à son œuvre. Les autres apprécieront toutefois la beauté des pièces exposées. Si j’ai été un peu déçue par certains aspects, j’ai quand même beaucoup apprécié de voir de si belles interprétations de ces mythes fondateurs. 

Exposition Homère Louvre Lens

Homère

Musée du Louvre Lens

Tlj sauf le mardi de 10h à 18h
Plein tarif 10€

Jusqu’au 22 juillet

Avril, le bilan

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Un mois d’avril plutôt bien rempli côté lectures avec 7 livres lus ! 6 romans dont 3 polars et une BD. Ca faisait un petit moment que je ne lisais plus trop de romans policiers et je prends plaisir à m’y remettre. Coup de coeur pour La fille au sourire de perles et Le bruissement des feuilles.

Aucun film vu… Grosse panne de motivation pour le cinéma. Moi qui voulais y retourner plus souvent c’est raté. C’est cher quand on n’a pas d’abonnement et entre la fatigue et les douleurs ça reste assez galère pour moi. J’ai compensé en regardant une petite dizaine de films depuis chez moi (là aussi on est bien loin du nombre astronomique de films vus certaines années mais ce n’est déjà pas si mal). Quelques trucs sympas mais pas de gros coup de coeur.

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Côté séries, quelques nouveautés avec Umbrella academy que j’ai trouvée plutôt sympa, Atypical et Outlander que je découvre enfin et qui me laisse pour le moment un peu perplexe.
Pas trop de nouveautés jeux mais comme Anno 1800 sort et que je n’avais jamais joué à aucun jeu de la franchise, j’ai testé Anno 1404. Ca me plaît bien et j’ai déjà passé pas mal d’heures de jeu dessus.

Peu de sorties mais je suis allée passer un week-end dans les Hauts-de-France et j’ai pu découvrir l’expo Homère au Louvre-Lens. Je n’ai été qu’à demie convaincue par la visite guidée mais il y a quelques belles œuvres exposées.
J’ai aussi assisté à un concert à de Who’s the cuban à Paris, une jolie découverte.

Le chant des revenants, Jesmyn Ward

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          Jojo n’a que treize ans mais c’est déjà l’homme de la maison. Son grand-père lui a tout appris : nourrir les animaux, s’occuper de sa grand-mère, veiller sur Kayla sa petite sœur. De son autre famille, Jojo ne sait pas grand-chose. Ces blancs n’ont jamais accepté que leur fils fasse des enfants à une noire. Quant à son père, Michael, il le connaît peu, d’autant qu’il purge une peine de prison. Et puis il y a Leonie, sa mère qui n’avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Elle aimerait être une meilleure mère. Quand elle apprend que Michael va sortir de prison et qui décide d’embarquer les enfants en voiture pour un voyage plein de dangers, de fantômes mais aussi de promesses…

          J’avais entendu dire le plus grand bien de ce roman. Il a d’ailleurs obtenu plusieurs prix récemment. J’ai donc entamé ma lecture avec un enthousiasme certain qui malheureusement est bien vite retombé. Je ne sais absolument pas quoi penser de ce texte. C’est original, on peut s’accorder là-dessus, mais pour le reste, je suis perplexe. Je n’ai pas trop accroché avec le style. C’est bien écrit pourtant. Mais je ne sais pas pourquoi, les mots peinaient vraiment à m’évoquer des images, ce qui complique quand même pas mal la lecture…

Couverture du roman Le chant des revenants de Jesmyn Ward

          Difficile pour moi de parler de ce roman. Je ne sais pas trop qu’en penser dans la mesure où j’y ai trouvé des choses intéressantes et une plume particulière mais où je n’ai pas trop réussi à rentrer dedans. Je l’ai quand même fini mais sans grande conviction. J’ai trouvé le début très abrupt. J’ai eu un peu de mal à savoir à quelle époque et dans quel milieu on se situait. Il m’a fallu du temps pour trouver mes repères et j’ai bien cru que j’allais me décourager avant d’y arriver. Finalement j’ai fini par comprendre à peu près de quoi il retournait mais si cette sensation d’être bousculée s’est un peu estompée, elle n’a jamais tout à fait disparu durant ma lecture.

          Le personnage principal est un petit garçon attachant, ce qui est clairement le point fort du texte. Même si par moments il a fini par m’agacer, dans l’ensemble on s’identifie quand même pas mal à lui et on a envie de le protéger de cette vie qui ne lui a pas fait beaucoup de cadeaux. En y réfléchissant les personnages sont tous plutôt réussis, chacun dans son genre. La grand-mère malade apporte une certaine douceur, le grand-père bourru est protecteur, la mère est clairement l’élément perturbateur du récit, le père est quand à lui largement absent. Ca pourrait paraître un peu cliché mais la galerie de personnage est une réussite. Une histoire de famille dysfonctionnelle et d’une mère paumée dépassée par les événements que j’ai trouvé souvent bancale mais qui dans l’ensemble s’avère assez crédible.

          En soi ça avait tout pour me plaire avec le recul. J’aime bien les drames et je me rends compte que je lis souvent des textes autour de la famille en ce moment. Mais voilà, le style m’a freinée, j’ai peiné à rentrer dans l’histoire, je n’ai pas trouvé cette lecture très agréable. Et quand j’ai commencé à l’apprécier un peu plus, un côté ésotérique est venu se greffer au récit et m’a fait de nouveau décrocher. Je ne m’y attendais pas et je n’ai pas réussi à apprécier la poésie du style qui m’a totalement laissée de marbre. Si ce roman a clairement des qualités et n’est pas inintéressant, à aucun moment je n’ai réussi à réellement l’apprécier. Je dois toutefois reconnaître à l’auteur un univers bien à part et un style qui n’est pas dénué d’une certaine beauté. La brutalité du style et l’aspect mystique m’ont déconcertée et je me suis sentie malmenée de bout en bout. Une lecture déroutante, je suis clairement passée à côté de ce texte déconcertant.

Portrait de Jesmyn Ward

Des fois, on a beau chercher, le monde ne nous donne pas ce dont on a besoin. Des fois, il refuse.

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Je vieillissais la bouche tordue par l’amertume de ce qui m’était servi au grand banquet de la vie : moutarde brune et kakis verts, acides, pleins de promesses trahies et de déceptions.

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Il a su voir au-delà de ma peau café sans lait, de mes yeux noirs, de mes lèvres prune, et il m’a vue moi. Il a vu que j’étais une blessure ambulante, et il est venu me panser.

Une sirène à Paris, Mathias Malzieu

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          Juin 2016, la Seine est en crue et Gaspard Neige trouve sur les quais une sirène blessée qu’il ramène chez lui. Elle lui explique que tous les hommes qui entendent sa voix tombent amoureux d’elle et en meurent, mais, convaincu que son cœur est immunisé depuis sa rupture, Gaspard décide de la garder jusqu’au lendemain dans sa baignoire.

          J’aime beaucoup l’univers de Mathias Malzieu, sa plume si particulière, son inventivité, sa poésie. C’est toujours un plaisir de le retrouver avec un nouveau roman dont on se demande avant de débuter dans quelles fantaisies il va bien pouvoir nous embarquer. Je suis ses aventures littéraires depuis son tout premier roman et je n’ai été que bien rarement déçue (une seule fois à vrai dire). J’avais aimé la tendresse de son premier roman à l’écriture encore un peu bancale, j’avais admiré la précision de La mécanique du cœur à l’histoire si bien rodée, mais surtout j’étais tombée folle amoureuse du Plus petit baiser jamais recensé, un livre qui donne sérieusement envie de tomber amoureux.

Couverture du roman Une sirène à Paris, de Mathias Malzieu

          C’est donc avec impatience que j’attendais ce nouveau texte. J’avoue avoir mis un peu plus de temps à rentrer dedans. C’est bien écrit, toujours, on retrouve la même poésie, la même douce folie entre les lignes, pourtant il me manquait un petit je ne sais quoi, le petit plus qui aurait fait toute la différence. Je retrouvais la forme, toujours aussi maîtrisée (même si j’ai presque trouvé que ça y allait un peu fort sur les images par moments !), mais sur le fond je me retrouvais moins dans Gaspard que dans d’autres personnages. La magie n’a pas opéré de suite mais qu’importe, c’était une lecture agréable, j’avais bien le temps de me laisser séduire.

          Comme toujours chez Mathias Malzieu, il y a beaucoup de trouvailles assez géniales dans ce texte. J’irais bien prendre un verre au son du ukulélé dans ce bar caché dans la cale d’une péniche moi ! Après avoir vu Paris à travers les yeux de l’auteur, je trouvais ma propre version de la ville bien terne en comparaison. L’arrivée de la sirène bien sûr vient donner un nouveau souffle à l’histoire. Même si les début ne sont pas faciles, peu à peu on se fait à sa présence. On tombe amoureux en même temps que Gaspard et voit bien que cette sirène, elle risque fort de nous briser le cœur. Ca aura pris un peu de temps, mais elle aura finalement réussi à me séduire moi aussi.

          J’ai trouvé ce roman tout doux. On a envie de partager la vie des personnages, on voudrait voir le monde avec leurs yeux d’amoureux. Il y a beaucoup de tendresse et de respect dans la relation entre Gaspard et sa sirène et c’est si agréable à lire. On aime voir le personnage guérir peu à peu et apprendre à aimer à nouveau. Ce livre m’a fait penser à une bulle de savon, légère et irisée, qu’on suit des yeux avec émerveillement, le sourire aux lèvres. La fin m’a surprise et je l’ai trouvée belle. Je ne m’attendais pas à ça et je la trouve très réussie, elle clôt parfaitement cette jolie histoire un peu nostalgique.

          Mathias Malzieu signe ici encore un joli roman. Je ne lui ai toutefois pas trouvé la profondeur du Plus petit baiser, je me suis demandé si les histoire malheureuses ne seyaient pas mieux à l’auteur mais on ne peut pas non plus inventer les spadramour tous les quatre matins ! Si ce n’est pas mon roman préféré, il reste dans la lignée de ses autres textes avec toujours la même inventivité, une écriture unique dont je ne me lasse pas et une façon de voir le monde que je prends toujours autant plaisir à retrouver. A défaut d’être son texte le plus touchant, il est peut-être bien le plus doux et c’est déjà beaucoup.

Portrait de Mathias Malzieu, Une sirène à Paris

L’ingrédient magique, c’est l’amour. Car il permet la cristallisation du rêve. Saupoudrez le tout d’une pincée de surprise, et votre vie aura un goût exquis.

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La nuit tombait sur Paris. Les peintres de crépuscule avaient fait du bon boulot : les ocres explosaient sur les quais humides, les nuages éventrés saignaient le long du fleuve.

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Rapetisser devant l’immensité du monde, s’exposer au sublime. Vérifier la houle comme on vérifie son courrier, partir pour se retrouver. S’inventer de nouveaux souvenirs. Se donner les moyens d’être surpris. Imaginer et travailler dur pour réduire l’écart entre rêve et réalité. Souder. Se souder. Résister. Tenir. Soutenir. Résister. Ne plus se contenter de regarder, apprendre à voir. Trouver. Se retrouver. Se perdre. Perdre. Donner. Recommencer. Vivre en accéléré pour tenir en équilibre entre le futur et le passé.

Les rêveurs

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          Quand l’enfance a pour décor les années 70, tout semble possible. Mais pour cette famille de rêveurs un peu déglinguée, formidablement touchante, le chemin de la liberté est périlleux. Isabelle Carré dit les couleurs acidulées de l’époque, la découverte du monde compliqué des adultes, leurs douloureuses métamorphoses, la force et la fragilité d’une jeune fille que le théâtre va révéler à elle-même. Une rare grâce d’écriture.

          Je n’attendais pas grand chose de ce roman d’Isabelle Carré. Je l’apprécie beaucoup comme actrice mais souvent quand il s’agit de prendre la plume, on se heurte à une déception. Pourtant j’ai été agréablement surprise. C’est bien écrit et très sensible. Le sujet n’est pas facile et l’actrice se livre dans ces pages avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité. Elle nous embarque dans l’univers à part de cette famille foutraque, une plongée haute en couleur dans une enfance chaotique dans les années 70.

Couverture du livre Les rêveurs d'Isabelle Carré

          Ce roman largement autobiographique est très agréable à lire. J’ai beaucoup aimé le style, c’est très bien écrit, il y a beaucoup de douceur dans ces lignes et une pointe de dérision qui allège le tout. C’est vif, léger et sensible à la fois. Isabelle Carré a décidément une très jolie plume. Du côté de l’écriture, ç’a été pour moi un coup de cœur. Quant à l’histoire je ne soupçonnais pas une enfance aussi mouvementée ! Une famille pas très conventionnelle et beaucoup d’accidents de parcours qu’elle raconte avec beaucoup de tendresse.

          L’auteur se livre sans fard dans ce texte qui se présente comme un roman mais est bien plus au fond une autobiographie. Beaucoup des événement qu’elle raconte s’avèrent assez difficile mais ce n’est jamais larmoyant et elle raconte ça à la fois avec beaucoup de délicatesse et une certaine distance. Elle parvient à trouver le ton juste et donne un côté universel aux questionnements qui l’ont aidée à se construire. Il y a une certaine poésie dans ces lignes. On retrouve dans ces lignes le naturel de cette femme discrète et lumineuse tout à la fois. J’ai trouvé ce texte extrêmement touchant, une écriture limpide et gracieuse pour ce récit tout en délicatesse, une très belle découverte.

Portrait d'Isabelle Carré

Pourquoi n’ai-je jamais su quitter les lieux que j’aimais ? Pourquoi est-ce si difficile de les laisser, d’accepter qu’on ne pourra pas les revoir car ils ne nous appartiennent plus, la porte s’est claquée pour toujours, le temps ne fera que nous en éloigner, à moins d’être un bon rêveur, celui qui se souvient toujours de ses rêves, de rêves si clairs et précis qu’ils permettent de s’y attarder encore, d’entrer à nouveau dans ces pièces de l’enfance, sans autre clé que le désir constant d’y revenir.