Archives d’Auteur: Madimado

À propos de Madimado

Des livres, des films, des spectacles, des expos : de la culture !

Le bilan des 1600

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          Ca fait longtemps que je n’ai pas mis un article un peu personnel sur le blog. La semaine dernière, j’ai publié mon 1600° article. 1600 ! Vous imaginez ? D’accord, il faut dire qu’en 7 ans j’ai eu le temps d’écrire aussi. Mais même si j’écris bien moins qu’avant, l’air de rien, ça commence à chiffrer. Les 5 premières années du blog, j’ai écrit tous les jours ou presque. J’ai rencontré plein de gens, j’ai pris un plaisir fou à ce que je faisais et j’ai eu bien plus de visites que j’en espérais.

          Et puis j’ai eu des problèmes de santé. Au début, j’ai continué à écrire autant mais ça a fini par devenir compliqué puis complètement impossible. J’ai écrit moins, moins bien aussi mais je n’ai pas totalement laissé tombé, bien que l’envie s’en soit parfois fait sentir et qu’il y ait eu des période de pause. Petit à petit, les visites s’en sont ressenties. Depuis quelques temps, je suis revenue à des publications plus régulières. D’abord 2 articles par semaine, puis 3. Certes, ce n’est pas les 5 ou 6 d’il y a quelques années, mais ce n’est déjà pas si mal.

          Pourtant, les visites continuent à s’effondrer. Au début, j’ai essayé de ne pas y faire attention, je me suis dit que ça finirait bien par remonter avec du temps et de la patience. Mais non, ça continue à baisser inexorablement et c’est assez minant. L’impression d’écrire dans le vide. Le moment de la remise en question a fini par arriver : est-ce que je dois continuer ? Si l’écriture est moins facile et qu’il n’y a plus personne pour me lire, pour quoi faire ? Je ne suis toujours pas sure d’avoir trouvé la réponse.

          La première raison, c’est bien sûr l’attachement à ce blog. 7 ans de travail, ça ne se jette pas à la poubelle comme ça ! Et puis les petits mots d’encouragement de gens que j’apprécie, voire que j’admire. Je me suis rendue compte aussi qu’avec le temps, beaucoup de mes abonnés n’étaient plus actifs sur internet et que je faisais sans doute moins l’effort d’aller en pêcher de nouveaux : commenter chez les autres, partager constamment sur les réseaux sociaux, être présent partout, tout le temps… Ca prend une énergie dingue ! Si je n’ai pas arrêté, c’est vrai que j’ai quand même baissé le rythme.

          Il y a aussi les catégories qui ont disparu du blog faute de temps et de matière : la cuisine et la photo. Bien sûr, j’adore toujours ça mais ça prend moins de place dans ma vie en ce moment, j’ai donc supprimé ces deux catégories pour me recentrer sur la culture, me privant ainsi d’une grosse partie de mon trafic. Côté lecture je suis dans une longue phase d’exploration de la littérature contemporaine. J’y prends beaucoup de plaisir mais c’est sans doute moins porteur que les classiques côté visites. J’ai sans doute un peu raté le virage réseaux sociaux. Je suis assez active sur Twitter mais c’est à peu près tout. Et entre temps Youtube a pris énormément de place chez les amoureux des livres, nous pauvres blogueurs sommes totalement dépassés, de vrais dinosaures.

          Je ne suis pas sure de changer grand chose côté contenu. Je délaisse peu à peu les articles groupés mis en place lorsque j’écrivais moins, mais je continuerai à en faire quelques uns à l’occasion. Je vais essayer de faire un peu de tri dans le blog : revoir les mises en pages qui ont sauté, vérifier les liens inactifs, refaire mes catégories. Avec 1600 articles au compteur, c’est un travail de fourmi ! Comme toujours, toute suggestion est la bienvenue. J’hésite à remettre le rendez-vous du samedi : l’actu de la semaine, même si je ne suis plus autant plongée dans l’actu qu’avant. Au mieux de sa forme, ce blog attirait près de 400 visiteurs par jour. Aujourd’hui il y a des jours où j’en ai à peine 40, c’est absolument décourageant.

          J’espère qu’avec du temps et de la patience, ça remontera un peu et surtout que je retrouverai le plaisir d’échanger avec une communauté active. Aujourd’hui les 3/4 de mes visites viennent d’articles écrits il y a 5 ou 6 ans ! Les petits nouveaux sont plus ou moins invisibles. Je n’ai évidemment pas de solution miracle, j’espère simplement ne pas être à cette charnière qui me dit qu’il est temps d’arrêter et de passer à autre chose sans que je m’en rende compte. Même si je suppose qu’un blog ne peut pas vraiment être éternel. Il est pour moi un vrai pense-bête : il contient toutes mes lectures, toutes mes sorties, tous mes bons et mauvais moments depuis 7 ans, comment s’en séparer ?

          Je suppose que tout blogueur a eu ses moments de doute et de découragement, je suis déjà hyper chanceuse d’avoir passé 5 années sans le moindre nuage. J’espère qu’il y en aura d’autres. Je remercie ceux qui sont présents depuis tout ce temps et font vivre cette page. Depuis toutes ces années, je sais qu’il y a des types d’articles qui marchent généralement mieux que d’autres mais je ne me résous pas à choisir mes lectures ou mes sorties en fonction de ce qui pourrait plaire. Restons spontané ! Peut-être un peu trop ? Je suppose qu’avec le temps, on prend ses petites habitudes, on se renouvelle moins. Je ne sais pas si j’arriverai à redonner un nouveau souffle à ce blog, mais on va essayer. Et vous, vous est-il déjà arriver de tout remettre en cause ?

Shakespeare romantique

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          Il y a quelques temps j’ai eu l’occasion d’aller découvrir l’exposition « Shakespeare romantique » à Saint-Omer. Etant assez fascinée par Shakespeare (et ne voyant pas bien ce qu’il venait faire chez les romantiques), j’étais très curieuse de savoir de quoi il retournait. Je n’étais jamais allée à Saint-Omer – ni dans la région – et j’ai trouvé la ville très mignonne. C’est facilement accessible depuis Paris et ça se fait très bien dans la journée, grâce au TGV jusqu’à Lille. C’est donc tout à fait envisageable de se lever un peu tôt et d’aller découvrir l’exposition et la ville sans avoir à y dormir. Même si vu le prix des billets (comptez 60 à 80€ l’aller-retour), autant y dormir et profiter du week-end pour découvrir un peu la région.

Exposition Shakespeare romantique

          Je dois dire que j’ai été agréablement surprise par cette exposition. Elle commence par ce qui fut son point de départ : la découverte d’une édition originale du théâtre de William Shakespeare. Un livre rare dont j’ai beaucoup aimé entendre conter l’histoire de la découverte, d’autant plus que c’est un auteur que j’apprécie. Et puis vous l savez, les livres sont clairement mon point faible ! Je ne connaissais pas vraiment les liens entre les romantiques et l’œuvre de William Shakespeare, j’ai beaucoup aimé les découvrir et j’ai appris pas mal de choses. Shakespeare était au début du XIX° s. assez peu connu en France, mais son théâtre revient sur le devant de la scène à la fin du XVIII° s. en Angleterre et au début du XIX° s. en France, créant un réel engouement chez de nombreux artistes, notamment Delacroix.

Exposition Shakespeare romantique

          Les œuvres exposées sont plus ou moins intéressantes mais il y a quelques belles pièces et de grands noms s’y retrouvent avec des prêts du musée Delacroix et du Louvre. La scénographie est réussie et poétique, avec de jolies silhouettes sculptées qui nous plongent dans l’univers des pièces de Shakespeare. Dommage que certains éclairages créent de gros reflets sur certaines œuvres sous vitrine (comme souvent). Le parcours est chronologique et bien conçu. Il y a également une volonté d’interaction avec des tableaux tactiles pour les enfants et les visiteurs mal-voyants. Une programmation est également prévue autour de l’exposition avec des visites théâtralisées et des lectures. Dans l’ensemble, c’est une très jolie exposition, intéressante qui plus est. L’occasion pour les amoureux de Shakespeare d’aller découvrir Saint-Omer, une petite ville qui ne manque pas de charme.

Bandeau de l'exposition Shakespeare romantique

Shakespeare romantique

Musée de l’hôtel Sandelin
14 rue Carnot 62500 Saint-Omer

Jusqu’au 30 août 2017

Du mercredi au dimanche, de 10h à 12h et de 14h à 18h
Ouvert le lundi et le mardi aux groupes, uniquement sur réservation
Fermé les jours fériés

Plein tarif : 5€50

A Cuba Libre

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          L’autre soir j’ai été invitée à une soirée autour de Cuba à l’occasion de la semaine de l’Amérique latine. Au programme, de jeunes artistes qui chantaient des classiques du répertoire puis la présentation d’extraits d’une comédie musicale qui est en train d’être montée. L’occasion d’appâter aussi bien le journaliste que les investisseurs. Alors, cette soirée ?

Affiche de la soirée A cuba libre

          La première partie était un peu inégale mais il y a toutefois eu de jolies choses. Il y a une chanteuse que j’ai beaucoup aimée, tout en délicatesse, mais aussi un groupe plus traditionnel avec un chanteur à la voix incroyable (j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le petit concert improvisé qui s’en est suivi au bar pendant l’entracte). Il y a également eu un peu de danse, j’ai notamment été très impressionnée par un des danseurs et par certains mouvements de groupe très réussis. A l’entracte, de très belles photos de Cuba en noir et blanc étaient exposées ainsi que des affiches que je n’ai malheureusement pas vues tant il y avait de monde.

#Libre

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          Pour la comédie musicale, difficile de juger sans avoir tout vu, même si ça donne une première idée. Dans l’ensemble, j’ai trouvé que c’était plutôt prometteur. J’ai beaucoup aimé les deux acteurs principaux. Dans l’ensemble, il y a de très belles voix dans ce casting et j’ai beaucoup aimé la partie orchestrale. J’ai en revanche trouvé dommage qu’il n’y ait pas plus de parties dansée mais ce sera peut-être le cas dans la versions définitive. Les paroles n’étaient pas toujours faciles à comprendre mais je pense que c’était un simple problème de balance. Enfin, difficile de saisir toutes les subtilités de l’histoire quand on ne l’a pas dans son intégralité mais ça semble prometteur. Ca m’a donné envie d’aller la voir lors de sa sortie.

Dead of winter

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          Je parle peu – ou plutôt pas – de jeux de société sur le blog, pourtant, j’adore ça ! J’en ai peu mais je suis toujours partante pour une soirée jeux chez des amis. Je ne suis pas très calée en stratégie pourtant j’aime assez les gros jeux, j’apprécie donc qu’une petite part de hasard vienne s’y glisser pour rééquilibrer un peu les forces. On nous a offert Dead of Winter pour notre anniversaire l’année dernière. Une riche idée. J’avoue que l’univers zombies ce n’est pas mon truc du tout. Je ne regarde jamais de films « d’horreur », je n’aime pas ça. Retrouver cette ambiance dans un jeu me tentait donc moyennement.

          Finalement, malgré mes réticences, j’ai de suite adoré ce jeu. Les règles sont au premier abord un peu costaud mais s’avèrent plus simples qu’il n’y paraît. Une fois qu’on les a lues en entier (comptez une demie-heure), plus besoin d’y revenir, le résumé des phases de jeu suffit amplement. Bon point donc, on peut très vite commencer à jouer de manière fluide. Après 1 ou 2 tours vous vous sentirez à votre aise. Chaque joueur joue à son tour, avec plusieurs phases de jeu que je vous épargne. Ca impressionne un peu au début mais c’est assez simple.

Dead of winter

          L’originalité de ce jeu, c’est que c’est à la fois collaboratif et chacun pour soi. On a un objectif commun (en gros ne pas mourir de faim ou survivre aux zombies), essentiel à la victoire. Ensuite, chacun a un objectif personnel (accumuler de la nourriture, des médicaments ou des armes par exemple) qui définit qui est le gagnant. L’objectif personnel peut parfois entrer en conflit avec l’objectif commun – difficile en effet de garder de la nourriture pour soi quand il faut également en accumuler pour l’objectif commun ! Il peut également y avoir un traître, dont l’objectif est totalement différent : en gros, vous faire perdre. C’est donc potentiellement un joyeux bordel ! Ajoutez ça à ça le risque de mourir de froid ou attaqué par un zombie, autant vous dire qu’on ne s’ennuie pas.

          Le jeu se joue de 2 à 5. A 2, pas de traîtres ni d’objectifs personnels, c’est de la pure coop. Je n’aime habituellement pas trop ça mais je trouve que dans ce jeu-là, ça fonctionne particulièrement bien, en particulier en raison des doutes sur les intentions des uns et des autres dès qu’on est plusieurs. On peut choisir entre des durées de parties courte, moyenne ou longue et un niveau normal ou difficile. Déjà, en normal, ce n’est pas si simple de gagner ! C’est que c’est coriace le zombie. L’univers du jeu est assez immersif. De petits évènements nous plongent en pleine apocalypse. C’est une des choses que je préfère dans ce jeu, la narration est bien faite et on se retrouve plongé dans cet univers froid et sombre comme si on y était.

Dead of winter

          Il y a donc un certain suspens dans les parties, étant donné qu’elles sont loin d’être gagnées d’avance et que des évènements imprévus sont susceptibles de nous faire perdre même lorsqu’on pense toucher au but. Du suspens donc, un traître potentiel, une lutte acharnée contre des hordes de zombies et la famine qui menace : on risque pas vraiment de s’ennuyer ! Nous avons fait plusieurs parties, assez différentes les unes des autres et qui se sont toujours avérées l’occasion de bien rire de nos propres mésaventures. Nerfs fragiles s’abstenir ! Et on n’a pas encore essayé le niveau difficile… Un jeu facile à sortir, dont la durée de partie est adaptable et sympa quelque soit le nombre de joueurs. Que demander de plus ? Alors, prêts à affronter l’hiver ?

Personne ne gagne, Jack Black

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          De San-Francisco au Canada, de trains de marchandises en fumeries d’opium, d’arnaques en perçages de coffres, du désespoir à l’euphorie, Jack Black est un bandit: parfois derrière les barreaux, toujours en fuite. Avec ironie, sagesse et compassion, il nous entraîne sur la route au tournant du XXe siècle. Personne ne gagne est un hymne à une existence affranchie des conventions.

Personne ne gagne, Black Jack, couverture

          Disons-le tout net, la première chose qui donne envie de lire ce livre c’est sa couverture. Pour un format semi-poche à moins de 12€, il est tout simplement magnifique avec sa couv’ noire et argent. Gros coup de foudre pour son design. Ce livre est de toute beauté. Bon, dommage que le papier ne soit pas d’aussi bonne qualité mais il a l’avantage d’être fin et donc peu encombrant au vu du nombre de pages. Mon sac à main apprécie. Bon les considérations esthétiques étant passées, il est comment ce livre ? Je dois avouer qu’il m’est tombé dans les mains par hasard et que je ne savais pas trop de quoi ça parlait. J’ai beaucoup aimé le début. Un style un peu désuet mais vif et pas dénué d’humour et surtout une histoire qui sent bon l’aventure et le vagabondage qui n’est pas sans rappeler Jack London.

          L’histoire est assez riche en péripéties et j’ai beaucoup aimé l’aspect très aventureux. Je n’avais pas lu la quatrième de couverture et arrivée environ à la moitié du roman, j’ai été obligée de vérifiée quand ç’avait été écrit et par qui. Le roman a été publié pour la première fois en 1926, ça explique donc certaines expressions passées de mode et un style parfois un rien pompeux : tout s’explique. Quant à l’auteur, c’est plus ou moins sa vie qu’il nous raconte, lui-même ayant été voleur et vagabond et ayant passé pas mal de temps en prison. Pas étonnant que ça me rappelle les romans de London sur les bas fonds ! C’est bien écrit et l’auteur a un sacré talent de conteur, ils nous amène à ses côtés à l’aventure, qu’il nous narre avec un certain recul et parsème de réflexions sur sa vie.

Si j’ai adoré le premier tiers, j’ai par la suite trouvé qu’il y avait quelques longueurs. Mais ça n’en est pas moins palpitant. Vols, prison, vagabondage… ça s’enchaîne à un rythme effréné. On a ensuite bien sûr ses préférences en terme de récit, l’aspect aventure ayant tendance à avoir ma préférence. Même si je dois avouer qu’à un moment j’ai presque ressenti un trop plein de péripéties : ça part tellement dans tous les sens que parfois j’aurais aimé plus de « sentiment » (oui oui, je vous jure). La fin quand à elle m’a un peu déçue. Je chipote, cependant, ce roman reste une excellente surprise. C’est bien écrit, c’est rythmé, un plaisir malgré quelques longueurs. Encore une bonne pioche chez Monsieur Toussaint Louverture. Une vraie belle découverte que ce roman surprenant et intemporel.

Portrait de Jack Black

Quarante ans que je suis sur terre, et regarde où j’en suis. J’ai pas un sou à moi. S’il pleuvait de la soupe, j’aurais même pas de quoi m’acheter une cuillère, la liste de mes dettes est plus longue que la corde à linge d’une veuve.

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Je ne trouvais pas ça très correct de sa part, mais qu’est-ce que je pouvais faire ? Je n’étais qu’un pauvre voleur, un honnête voleur à la merci d’un avocat de grand chemin.