Archives d’Auteur: Madimado

À propos de Madimado

Des livres, des films, des spectacles, des expos : de la culture !

Janvier, le bilan

Par défaut

          Un mois de janvier qui est passé étrangement vite alors que d’habitude je n’en vois pas la fin. J’ai passé pas mal de temps à lire. J’ai enfin fini les livres de septembre envoyés par les maisons d’édition (Alléluia !) – il me reste simplement ceux de mes auteurs chouchous que je gardais pour la fin et dont j’ai décidé de reporter la lecture histoire de sortir un peu le nez de cet amoncellement de nouveautés. 7 livres lus en janvier et quasi que des bonnes surprises. Enfin je retrouve le plaisir de lire ! Parmi eux Toutes les histoires d’amour du monde qui m’a permis de découvrir la jolie plume de Baptiste Beaulieu, Désert solitaire qui m’a filé un bourdon pas croyable, Jacob, Jacob, guère plus joyeux mais absolument magnifique.

v2 sig

          3 films vus en salle. Il y en avait au moins le double que j’aurais voulu voir mais entre des tonnes de rendez-vous médicaux et pas mal de fatigue, je n’ai pas trop eu l’occasion d’aller au ciné. Mais là encore, bonne pioche. J’ai apprécié Edmond, même si j’avais préféré la pièce de théâtre et j’ai adoré Les invisibles, j’en ressortie toute émue.
Peu de films TV et côté séries, j’ai enfin vu la saison un de La casa de papel. Je me suis vraiment laissée prendre au jeu et j’ai apprécié de pouvoir écouter de l’espagnol et suivre quasi sans avoir à regarder les sous-titres.
Pour les jeux, Northgard est toujours à l’honneur (même que je progresse). Et on joue régulièrement à Azul qu’on apprécie beaucoup. Confirmation également de mon amour pour L’âge de pierre.

          Côté sorties, le mois aura été musical avec les Franglaises et leur bonne humeur communicative, Ibrahim Maalouf et l’excellentes prestations de Tigran Hamasyan dont je découvrais le talent.
Pas d’expos cette fois alors que pas mal de choses me tentaient mais j’essaierai de me rattraper au printemps.

Janet, Michèle Fitoussi

Par défaut

          L’histoire de Janet Flanner est indissociable de celle du New Yorker, dont elle fut la correspondante à Paris pendant un demi-siècle. Féministe, pacifiste, gay, séductrice, brillante styliste à l’humour mordant, cette Américaine fut une figure du Paris intellectuel et artistique d’après-guerre. Dès les années trente, elle perçut la menace totalitaire. Chroniqueuse de la vie parisienne, elle s’improvisa alors journaliste politique et enquêtrice, et parcourut l’Europe pour témoigner de son temps

          Quand j’ai ouvert ce roman, je n’avais visiblement pas bien lu la quatrième de couverture puisque je n’avais pas compris qu’il se déroulait quasi intégralement à Paris. Mon enthousiasme s’en est trouvé refroidi. J’avoue que quand je suis à Paris, j’ai tendance à préférer les récit d’ailleurs… Et puis une américaine, journaliste à Paris pendant l’entre deux guerres, ça sentait légèrement le cliché et le snobisme parisien. Enfin, aussi bien j’avais ce roman entre les mains, autant le lire.

Couverture du roman Janet de Michèle Fitoussi

          Les premières pages ne m’ont pas vraiment passionnée pour tout vous dire mais j’ai continué (un peu par flemme de choisir un autre moment dans une période où rien ne me plaisait) et finalement, petit à petit, ça devient plus intéressant. Assez vite même pour tout avouer. Il faut dire que le personnage de Janet est haut en couleurs. Un peu agaçant parfois mais loin d’être inintéressant. Plus on avance dans le roman et plus à travers elle c’est la scène culturelle parisienne de l’époque qu’on découvre. Un peu trop parfois, avec un amoncellement d’anecdotes et de noms célèbres qui a tendance à virer un peu à l’étalage indécent, sans apporter grand chose à l’histoire parfois.

          Mais dans l’ensemble, ce petit défaut qui aurait pu me décourager s’il avait pris de plus amples proportions, est contre-balancé par le peinture de la ville que peint l’auteur à travers les yeux de son personnage. Une femme qui voit son univers changer avec le temps, passer d’une époque à l’autre. J’ai aimé ce Paris depuis longtemps disparu vu par les yeux d’une américaine qui a finalement passé une grande partie de sa vie en France. J’ai aimé aussi découvrir le parcours de cette femme hors du commun. Sans être forcément un grand roman, il est très agréable à lire et aborde avec une certaine justesse l’évolution de la société. Mais surtout, il offre une belle rencontre avec son personnage et est un joli hommage à Janet Flanner et au New Yorker.

Michèle Fitoussi

Née peu avant le XXe siècle, elle avait tout connu de ses progrès, de sa beauté, de sa folie, de ses horreurs. rebelle géographique, elle avait eu de la chance d’habiter Paris, la plus belle ville du monde, qui l’avait fait renaître et l’avait modelée. Rester si longtemps en France ne l’avait pas rendue moins Américaine, mais sans doute plus civilisée.

_______________

La télévision fit plus sa renommé auprès du public que quarante cinq ans de presse écrite et quelques recueils de textes. Et pourtant, elle n’aimait pas ce média qui distrayait les foules et les empêchait de lire.

Les franglaises

Par défaut

          Ca faisait longtemps que j’entendais parler de ce spectacle, plusieurs années pour tout vous dire, pourtant je ne savais pas exactement de quoi il retournait. Je me rappelais avoir vu des affiches mais je n’avais aucun souvenir d’extrait de spectacle. En même temps je n’ai pas la télé donc ce n’est pas non plus très surprenant. Quand on m’a proposé de venir les découvrir sur scène, je me suis donc penchée de plus près sur la question. Le concept et simple : des chansons en anglais célèbres, traduites (et chantées) en français. Ca avait l’air marrant, j’y suis allée.

Affiche des Franglaises à Bobino

          J’avais un peu peur que sur tout un spectacle, ce qui est rigolo 5 min s’avère un peu lassant… J’y allais donc sans être bien sure d’arriver à rentrer dans leur univers. Franchement, dès les premières minutes, mes doutes se sont dissipés. Ils ont une énergie folle et une belle présence sur scène. Le début du spectacle invite le public à participer, ce qui tend de suite à mettre une bonne ambiance. Très vite on s’aperçoit que nos gais lurons sont aussi (et surtout) de bons musiciens, on est là pour rigoler, mais pas que, on écoute aussi de la bonne musique mais en VF s’il vous plaît.

Les Franglaises

          Au cas où vous en douteriez les chansons en anglais ne sont guère plus spirituelles que leurs consœurs françaises. Les traductions sont très bien faites et les interprétations ne manquent pas d’humour. La première partie du spectacle n’aura été pour moi qu’un long fou-rire. La seconde partie est plus mise en scène, on se rapproche du théâtre. J’avoue avoir un peu moins accroché pour une raison toute simple : je hais les engueulades, même factices, ça me met extrêmement mal à l’aise et je les évite autant que possible au cinéma comme au théâtre (mais pas tant que ça dans la vie bizarrement, allez comprendre !).

Les franglaises

          Malgré ce petit bémol qui m’a un peu gâché la fin du spectacle où les cris hystériques sont trop nombreux à mon goût, l’humour est toujours au rendez-vous et on ne se lasse pas d’entendre nos chansons préférées avec des paroles qu’on peut enfin comprendre. On en profite pour en découvrir certaines sous un tout autre jour… J’ai tellement aimé que j’ai bien failli acheter le livret de paroles à la fin pour les apprendre par cœur et pouvoir chanter à tue-tête les paroles françaises chaque fois que j’en aurais l’occasion. Je ne l’ai pas fait mais je regrette amèrement. Un très bon spectacle, drôle, enlevé et original que je ne peux que vous recommander.

Rentrée littéraire 2018 : les déceptions

Par défaut

          Je sais, je sais, j’ai des mois de retard pour vous parler de la rentrée littéraire 2018. Mais il faut dire que les déceptions se sont enchaînées et j’ai eu le plus grand mal à en venir à bout. Il y aura même deux articles qui leur seront consacrés : celui-ci, sur les vrai bonnes grosses déceptions, les livres qui me sont tombés des mains ; et un autre sur le demi-déceptions, les livres que j’aurais pu aimer dont je n’ai pourtant pas réussi à venir à bout. Voici donc mes flops de la rentrée.

 

Capitaine, Adrien Bosc

 

          Le 24 mars 1941, le Capitaine-Paul-Lemerle quitte le port de Marseille, avec à son bord les réprouvés de la France de Vichy et d’une Europe en feu, les immigrés de l’Est et républicains espagnols en exil, les juifs et apatrides, les écrivains surréalistes et artistes décadents, les savants et affairistes.

Couverture de Capitaine d'Adrien BoscLe premier roman que j’ai lu de cette rentrée. J’avais entendu dire le plus grand bien du précédent roman d’Adrien Bosc et n’ayant jamais rien lu de lui j’avais donc hâte de découvrir sa plume. D’autant plus que c’est une période qui m’attire ça avait donc de bonnes chances de me plaire. Déception immédiate. Ce livre a un des styles les plus imbuvables que j’ai jamais lus (ce qui n’est pas peu dire !). Ce n’est pas à proprement parler mal écrit. L’auteur emploie un vocabulaire ronflant, fait des phrases tarabiscotées et étale sa culture autant qu’il le peut. J’ai rarement vu un déballage aussi indécent. C’est brouillon, pompeux, pédant, en bref, illisible. Grand moment de perplexité mêlée d’agacement. A mes yeux un des pires titres de cette rentrée.

Lam fut frappé par cette façon si particulière que Paris offrait de vivre, entre cloche et vernissages. Il rencontra André Masson, Georges Bataille, Oscar Dominguez, Asger Jorn, Victor Brauner ou Joan Miró.

Empreintes de crabe, Patrice Nganang

 

          C’est la première fois que Nithap rend visite à son fils installé aux États-Unis. Il a accepté de quitter Bangwa, cette ville où il a toujours vécu. Mais le séjour se prolonge : Nithap est malade et son fils veut le garder auprès de lui. Celui-ci refuse que son père se laisse mourir. Il entend connaître enfin cet homme si secret auprès duquel il a grandi.

Couverture d'Empreintes de crabe de Patrice NganangLe sujet m’attirait beaucoup. Je ne suis pas spécialement férue d’affaires de famille (quoique je les préfère en littérature qu’au cinéma) mais j’aime généralement les romans sur l’exil. Un sujet qui me touche beaucoup. Cette fois, on semblait bien partis. En plus c’est plutôt bien écrit, dans un style assez sobre, ma foi, ça se laisse lire sans déplaisir ni trop d’efforts. Enfin, au début. Malheureusement j’ai trouvé les personnages très peu attachants. Impossible de savoir qui du père ou du fils m’agaçait le plus… Difficile de s’intéresser à leur histoire dans ces conditions, un drame intimiste dont on n’apprécie pas les protagonistes, c’est toujours plus compliqué à apprécier, surtout que c’est très long à démarrer. Il n’aura fallu que quelques pages de relations familiales à la fois irritantes et insipides pour m’ôter l’envie d’en savoir plus sur cette histoire qui pourtant me tentait bien.

La fierté est un derrière bien douloureux, quand il n’est pas assis sur un siège confortable.

Trois fois la fin du monde, Sophie Divry

 

          Après un braquage avec son frère qui se termine mal, Joseph Kamal est jeté en prison. Gardes et détenus rivalisent de brutalité, le jeune homme doit courber la tête et s’adapter. Il voudrait que ce cauchemar s’arrête. Une explosion nucléaire lui permet d’échapper à cet enfer. Joseph se cache dans la zone interdite.

Couverture de trois fois la fin du monde de Sophie DivryJ’avais eu de bons échos sur ce roman, ce qui m’avait motivée à le lire bien que le sujet ne me tente qu’à moitié. Sur le même thème, j’avais beaucoup aimé le roman d’Antoine Volodine – mais bon, on est d’accord, tout le monde n’a pas son talent… Enfin, j’ai essayé quand même, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise. Ni d’une mauvaise cela dit, comme la suite allait le montrer. Au début j’ai plutôt accroché, ça démarrait bien. Et puis, très vite, le style m’est sorti par les yeux, moi qui parle pourtant comme une charretière j’ai trouvé ça parfaitement grossier, un étalage de vulgarité qui n’apporte rien ni au style n’y à l’histoire et ne fait à la longue que rendre le personnage antipathique. Un style pauvre, une histoire pas très palpitante et un personnage creux, je crois qu’on peut dire que j’ai trouvé ça franchement mauvais.

J’ai tué un flic, putain, je le crois pas… Le pire, c’est qu’c’est même pas kiffant. Je suis bloqué ici, du coup, avec cette histoire. Bloqué de chez bloqué. Tueur de flics, c’est encore plus chaud au tribunal que braqueur.

Le chien rouge, Philippe Ségur

 

          Poussé à bout par son métier et ses contemporains, Peter, qui ne comprend plus le monde dans lequel il vit, pète un câble et craque. On lui prescrit un formidable cocktail d’antidépresseurs, somnifères et anxiolytiques. La personnalité de notre héros se modifie : il rompt avec son amie, rejette sa vie bourgeoise et part s’installer dans les bois.

Couverture du chien rouge de Philippe SégurVoici un livre que j’attendais avec impatience. Je ne connaissais pas l’auteur mais le résumé me plaisait beaucoup, ça semblait plein d’humour et je pensais me retrouver dans le côté ermite cynique. Pétage de plombs, cocktail de médicaments explosif, fuite dans la nature : je pensais m’y retrouver un peu et j’étais très curieuse de voir ce que ça aller donner. Sauf que pas du tout. Dès le début j’ai compris mon erreur. Ce que j’avais espéré drôle, spirituel, décalé, s’est avéré prétentieux, intello et nombriliste. Totale erreur de casting. Le personnage est une caricature de prof qui a pété les plombs, je n’ai pas éprouvé la moindre empathie et je n’ai pas bien vu où tout ça pouvait bien aller. Le tout aspergé de pseudo philosophie à deux balles totalement assommante. C’est pédant et moralisateur, sans parvenir à sortir du carcan que ça dénonce. Finalement le mieux dans ce roman c’est sa quatrième de couverture. Une lecture fastidieuse et sans intérêt.

Nous appauvrissions la langue par la suppression du neutre et la féminisation des fonctions, rendions les textes illisibles par des tirets imbécil-e-s- et nous plaignions des violences faites aux femmes, mais nul ne semblait avoir envie d’en finir avec la vulgarité des amuseurs, le culte de la pub et le règne du porno.

Amanda

Par défaut

Drame français de Mikhaël Hers  avec Vincent Lacoste, Isaure Multrier, Stacy Martin
      Paris, de nos jours. David, 24 ans, vit au présent. Il jongle entre différents petits boulots et recule, pour un temps encore, l’heure des choix plus engageants. Le cours tranquille des choses vole en éclats quand sa sœur aînée meurt brutalement. Il se retrouve alors en charge de sa nièce de 7 ans, Amanda.

Affiche du film Amanda

          Je risque de ne pas me faire foule d’amis avec mon avis sur Amanda, ce film qui a tant fait pleuré dans les chaumières en cette fin d’année. Il faut dire que ça partait plutôt bien, le sujet a tout pour émouvoir. Il y avait vraiment matière a faire un grand film (enfin celadit la plupart des gens trouvent que c’est déjà le cas…). Pour tout vous dire, à part le synopsis je n’ai à peu près rien aimé. En même temps ce n’est pas pour rien que je l’ai élu « flop de l’année ».

Image extraite du film Amanda

          J’aime généralement beaucoup Vincent Lacoste mais là, j’ai trouvé qu’il n’était pas crédible une seconde, il joue terriblement mal, tout comme les autres acteurs. La seule qui s’en sort bien dans cette histoire c’est Stecy Martin, qui joue la petite copine. La gamine n’est pas trop mal non plus. Enfin moins pire en tout cas. Pour les autres, ça sonne atrocement faux. D’une manière générale j’ai trouvé ce film creux et vide. Zéro émotion, crédibilité douteuse, personnages lisses et sans profondeur… Quant au montage, à la photo et au scénario, au mieux, on peut les qualifier de banals. Du coup j’ai relu les critiques et franchement ce n’est pas possible, on n’a pas dû voir le même film.

Image extraite du film Amanda

          Malgré mes efforts pour apprécier ce film (qui était sensé être si mignon et si touchant), ce fut un échec total, un grand moment d’ennui et de perplexité. Même pas d’ennui profond, non, juste de vague lassitude. Même nous assommer ce film ne le fait pas bien ! J’ai quand même fini par m’endormir sur la fin, quelques secondes de répit dans un dialogue particulièrement creux. Non, décidément il n’y a pour moi pas grand chose à trier dans Amanda. Je propose qu’un autre réalisateur reprenne l’histoire pour en faire un vrai film pour lequel on aurait écrit un scénario et où on dirigerait les acteurs. Vous l’aurez compris, grosses attentes et tout aussi grande déception pour Amanda, pas franchement nul non plus, juste terriblement insipide.