Mes lectures

Métaphysique des tubes – Amélie NOTHOMB

          Bébé, Amélie était Dieu. Un dieu apathique qui se contentait de manger quand on lui présentait de quoi se nourrir et de regarder le plafond le reste du temps. Et puis tout à changé, un jour elle a découvert le monde. Mais cette petite fille hors du commun ne pouvait qu’avoir une vie exceptionnelle et pleine de d’aventures. 

        Je ne sais pas trop quoi dire de ce livre. Le début est extrêmement déroutant. Je l’ai trouvé insupportable. A la fois sans grand intérêt, pas très bien écrit franchement pédant. Heureusement, assez vite ça s’arrange et on retrouve la légèreté de l’écriture d’Amélie Nothomb, son humour et talent certain. Malheureusement, je ne sais pas si c’est moi qui n’avais jamais fait attention avant ou si c’est particulièrement marqué dans cet ouvrage-ci mais l’humilité n’est vraiment pas son point fort. Tant d’auto-suffisance me laisse perplexe. L’originalité de l’écriture (bien qu’elle s’émousse la lecture de plusieurs titres de l’auteur) est sans doute le plus gros atout de ce livre, un grain de folie des plus appréciables. Un livre agaçant par moments mais non dénuée de qualités : une lecture légère et agréable.

Certains grands livres ont des premières phrases si peu tapageuses qu’on les oublie aussitôt et qu’on a l’impression d’être installé dans cette lecture depuis l’aube des temps. Semblablement, il était impossible de remarquer le moment où Dieu avait commencé à exister.

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Le regard, qui est l’essence de la vie, est d’abord un refus. Vivre signifie refuser. Celui qui accepte tout ne vit pas plus que l’orifice du lavabo.

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Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur idée d’être brillants – car on n’a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

Mes lectures

La compagnie noire – II, Glen COOK

          La compagnie noire est une troupe de mercenaires que sa réputation précède partout où elle passe. Elle se met au service du plus offrant, en l’occurrence la Dame, un être maléfique qui tient à étendre son pouvoir. Toubib écrit les annales de la compagnie et on suit leurs aventures à travers ses yeux. Si la Compagnie n’a pas de morale, ses hommes ont le sens de l’amitié. Une qualité qui va s’avérer encombrante.

          Dans Le château noir, deuxième volet de la série, on retrouve la Compagnie Noire quelques années après la bataille de Charme. Le monde est quelque peu apaisé, ou du moins connaît-il une trêve avant la bataille qui se prépare. Nos héros ont vieilli et se lassent d’être sans cesse sur les routes. Mais les Asservis vont les forcer à renouer avec le risque et l’aventure. Ce deuxième tome est tout à fait dans la lignée du premier. J’ai eu un peu de mal au début, avec un peu trop de passages à mon goût qui rappellent le premier volet, parfois de manière maladroite. Toutefois on retrouve vite l’univers de la compagnie noire et le rythme effréné qui l’accompagne. Ce deuxième tome est riche en péripéties et surprises de tous acabits. Cette fois encore, on se régale.

Les malins, c’est à leurs actes qu’on les reconnaît.

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On ma reproché ma tendance au pessimisme. A juste titre peut-être. En tout cas, elle a le mérite de limiter les déconvenues.

Pour ceux qui auraient raté la premier épisode, c’est ici.

Mes lectures

Artemisia – Alexandra LAPIERRE

          Artemisia Genteleshi est la fille d’un peintre romain de la Renaissance. Elle sera son élève puis suivra l’enseignement d’Agostino Tassi. Alors âgée de 17 ans, il la violera avant de lui promettre le mariage. Elle lui fera un procès afin de tenter de sauver son honneur. Elle se mariera ensuite et partira pour Florence. Elle connaîtra là-bas le succès et sera la première femme à entrer à l’Académie de peinture et à pouvoir vivre en toute indépendance. Un destin exceptionnel qui méritait bien qu’on s’y attarde.

         Je vous avais déjà parlé d’Artemisia dans deux articles : un sur le film qui est consacré à son histoire de viol, l’autre concernant l’exposition qui lui était consacrée au Musée Maillol. Le film m’a donné envie de connaître l’artiste qui m’a donné envie d’en savoir plus sur la femme. Un véritable coup de coeur doublé d’un arrière-goût de mystère des plus existants. Ainsi, je me suis lancée dans la lecture de cette longue autobiographie. L’histoire est traitée par le biais du roman historique. Ainsi, si les faits évoqués sont bien réels, l’auteur s’offre la liberté de combler les vides, et surtout d’évoquer les pensées et sentiments de ses personnages.

         J’ai trouvé ce choix un peu dommage. J’aurais pour ma part préféré une autobiographie pure s et simple. L’histoire en elle-même est déjà tellement incroyable, nul besoin d’en rajouter. Les faits se suffisaient, tout cet étalage de sentiments (supposés qui plus est) est tout à fait superflu. Ceci dit, le style est agréable (mis à part ces détours par la fiction donc), très fluide. L’ouvrage se lit très bien et est assez précis sans être obscur pour le néophyte, d’où sans doute sa longueur : expliquer prend forcément un peu de temps. J’y ai personnellement appris plein de chose, et ça m’a donné envie de me pencher de plus près sur les toiles des maîtres de la Renaissance italienne. Un livre très intéressant et fort agréable, et quitte à me répéter, un destin de femme tout simplement incroyable. A dévorer sans retenue.

Mes lectures

La compagnie noire – 1, de Glen COOK

          La compagnie noire est une troupe de mercenaires que sa réputation précède partout où elle passe. Elle se met au service du plus offrant, en l’occurrence la Dame, un être maléfique qui tient à étendre son pouvoir. Toubib écrit les annales de la compagnie et on suit leurs aventures à travers ses yeux. Si la Compagnie n’a pas de morale, ses hommes ont le sens de l’amitié. Une qualité qui va s’avérer encombrante.

          Dans ce premier opus, on démarre au moment où la Compagnie Noire est enrôlée par la Dame, du côté réputé mauvais donc. On suit ensuite leur lutte contre le camp adverse, entre coups bas et batailles rangées. L’épisode se clôt sur une grande bataille entre les deux camps dont je ne vous dévoilerait pas l’issue. J’ai beaucoup aimé ce livre. Il commence au coeur de l’action, on ne comprend pas de suite les tenants et les aboutissants de l’histoire mais qu’importe, ça avance et on est emportés par le feu de l’action, on apprend sur le tas. C’est sans doute le gros gros point fort de ce livre : pas de descriptions assommantes pour poser le décor, on voit les choses de l’intérieur, avec tout le parti pris que cela suppose, ce qui rend la lecture très dynamique. Le style agréable et varié ne gâche rien à l’affaire.

         Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, la base est classique : le Bien contre le Mal. Ce qui est plus original c’est que les héros ne se positionnent pas vraiment. Ils sont mercenaires, l’idéologie ne rentre pas en ligne de compte pour eux. Ils sont donc du côté qui paie le mieux (ou qui veut bien les embaucher). Cet aspect amoral me ravit, ça nous évite les sempiternelles leçons de moral qu’on nous sert habituellement dans ce genre d’ouvrages. Pour le reste, le tout se tient bien, la trame est très bien construite et avance rapidement, sans jamais vouloir trop en dire. J’aime particulièrement ces zones d’ombre qui laissent un peu de place à l’imagination. On se laisse très vite prendre à ce livre et très vite on ne peut plus le lâcher.

Prenons les petits enfants. A de rares exceptions près, ils sont mignons, adorables, de vrais amours, aussi doux que du miel battu au beurre. Alors d’où viennent tous les êtres malfaisants ?

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T’as que deux façon de t’éclipser avant la fin de notre contrat. Mort ou les pieds devant.

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Le Mal dépend de quel côté on se trouve, de quel côté on pointe son doigt accusateur.

Mes lectures

Purge, de Sofi OKSANEN

          Un matin, la vieille Aliide trouve dans  la cour de sa petite ferme estonienne une jeune fille apeurée, Zara. La jeune fille ne semble pas arrivée là tout à fait par hasard. Fait-elle partie de la mafia ? est-elle venue tendre un piège à la vieille femme ? Et Aliide, est-elle si généreuse qu’il y paraît ? Pourquoi refuse-t-elle de quitter sa maison ? Chacune garde jalousement les secrets que l’autre cherche à découvrir.

          J’avais entendu parler tant et plus de ce livre. Une telle unanimité quant à sa qualité, venant de personnes très différentes (et pas toujours très fiables en matière de jugement littéraire), m’avait quelque peu laissée perplexe. J’avais donc décidé de laisser décanter tout ça avant de m’y mettre moi aussi. La première surprise est venue du style. Un peu sec, bancal parfois, en un mot pas terrible. Pas mauvais non plus cela dit, mais assez banal et un peu âpre. L’histoire quant à elle commence assez mal et sent à plein nez les bons sentiments…

          Et c’est là que ce livre est génial ! L’auteur échappe à toutes les conventions et nous livre un récit aussi inattendu que cruel. On s’attache peu à peu à ces personnages, en même temps qu’on découvre l’horreur des secrets qu’elles gardent jalousement. La nature humaine n’est décidément pas belle à voir. Je ne vous raconte pas l’histoire, ce serait dommage, mais le tableau se noircit peu à peu, nous laissant toujours un peu plus stupéfaits. Les retours en arrière, mêlant différentes époques, est particulièrement agréable. Une histoire brillamment menée qui mérite le Femina étranger.

Elle inspira si profondément qu’elle se fit mal aux poumons. Elle s’était trompée. Le soulagement lui coupa les jambes et elle trébucha sur les marches.

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La veille; Aliide avait rincé ses cheveux au vinaigre, ils brillaient dans la pénombre, et elle essaya de donner à ses yeux l’air innocent du veau nouveau-né, sans défense et sans repère, de nature à allumer tout de suite chez Martin le désir de lui apprendre à voir, pour que Martin trouve en elle un terrain fertile où semer ses paroles.