Mes lectures

Cet été-là, Lee Martin

          Tout ce qu’on a su de cette soirée-là, c’est que Katie Mackey, 9 ans, était partie à la bibliothèque pour rendre des livres et qu’elle n’était pas rentrée chez elle. Puis peu à peu cette disparition a bouleversé la vie bien tranquille de cette petite ville de l’Indiana, elle a fait la une des journaux nationaux, la police a mené l’enquête, recueilli des dizaines de témoignages, mais personne n’a jamais su ce qui était arrivé à Kathy. Que s’est-il réellement passé cet été là ?

couverture

          En ce moment, je peine un peu à lire. Après une année de boulimie de lecture, j’ai beaucoup de mal à me concentrer plus de 5 min depuis quelques semaines. Mais ce roman a fait exception : je l’ai dévoré ! J’ai de suite accroché avec le style, pourtant assez classique. Les personnages aussi m’ont bien plu, alors qu’ils ne paraissent pas forcément très fouillés au premier abord. Parfois, ça ne s’explique pas, la magie opère, tout simplement. J’ai trouvé que l’intrigue était très bien menée, avec un suspense qui se met en place rapidement et ne cesse de croître, alors même qu’on a une grande partie des éléments en main depuis le départ.

          Au fil des pages, on en découvre plus sur les petits (ou les gros) travers des uns et des autres. Leurs torts, leurs peurs, leurs vices. Le moins qu’on puisse dire c’est que ce n’est pas joli joli… Le point de vue alterné d’un chapitre sur l’autre permet à la fois de connaître les pensée intimes des personnages, mais aussi de savoir comment les autres les voient. Le décalage entre les deux est assez délectable. Pour le reste, ce roman est assez classique mais fonctionne très bien. Plus on avance, plus l’ambiance devient malsaine, pourtant on ne peut s’empêcher de comprendre comment les personnages en sont arrivés là. Un constat qui met assez mal à l’aise. C’est je trouve la grande force de ce roman. Un texte très prenant qui ne laisse pas indifférent.

portrait

Relève la tête, me disait ma mère. Il n’y a rien par terre que tes pieds.
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Certaines personnes ne peuvent pas cacher les choses. Elles ne possèdent pas assez, pas assez d’argent, ou d’influence, ou de honte.

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Mes lectures

Par amour, Valérie Tong Cuong

          L’histoire de deux familles havraises emportées dans la tourmente de la Seconde Guerre mondiale. D’un côté, Joffre et Emélie, concierges d’école durs au mal, patriotes, et leurs enfants ; de l’autre, le clan de Muguette, dont l’insouciance sera ternie par la misère et la maladie.

          Je n’avais jusqu’alors lu qu’un seul roman de Valérie Tong Cuong. J’avais bien aimé le style, très agréable, ainsi que le sujet. Pourtant, il m’avait manqué quelque chose pour être totalement convaincue. Si la base était bonne, l’histoire manquait de crédibilité sur la longueur, pour un résultat finalement plutôt moyen. J’étais curieuse de lire autre chose d’elle, afin d’affiner mon premier avis sur cet auteur. Je ne m’attendais pas forcément à un grand roman mais à une lecture agréable entre deux textes plus ardus. Finalement, j’ai été agréablement surprise.

Par amour, couverture

          J’ai beaucoup aimé le style, assez sobre et touchant. Quant à l’histoire, elle est très intéressante. Comme dans le roman que j’avais lu précédemment de cet auteur, les relations familiales sont très bien traitées. Le fait que les points de vues soient alternés d’un chapitre à l’autre permet de s’attacher un peu plus aux différents personnages qui ont ainsi des caractères prononcés et acquièrent une belle profondeur. J’ai bien aimé les relations des uns envers les autres, leur attachement, leurs petits travers, leur rancune parfois. Leurs convictions et leurs valeurs aussi. J’ai trouvé ça extrêmement réaliste. Ca sonne juste.

          C’est d’ailleurs la grande force de ce roman : sonner juste. J’ai lu pas mal de romans sur le Seconde guerre mondiale, presque tous sur la déportation ou, plus rarement, sur l’exil. Assez rares sont ceux qui s’intéressent à ceux qui restent. On ne parle pas tant de collaboration ou de résistance ici que de la vie d’une famille ordinaire dans une ville bombardée où la survie devient chaque jour plus difficile. Je trouve que cette ambiance d’apocalypse est bien rendue et on compatit aux sacrifices consentis, même si l’auteur est parfois à la limite d’en faire trop. Un roman émouvant et bien écrit sur une famille dans la tourmente.

portrait d'écrivains

La guerre était une immense vague qui nous portait de creux en crêtes, gare à ceux qui quittaient l’écume, ils seraient envoyés par le fond.

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En l’entendant, j’avais pensé que ce devait être ça, l’ivresse, une porte qui s’ouvre en grand dans la poitrine, un vent qui vous renverse de l’intérieur, la sensation de marcher sur l’air.

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Mes lectures

Magasin général

          J’avais entendu dire beaucoup de bien de cette BD mais je n’avais jusque-là jamais eu l’occasion de la lire. J’ai donc entamé cette lecture avec un enthousiasme certain. Je dois avouer que le premier tome m’a un peu déçue. Si je n’avais eu que celui-là sous la main, je n’aurais sans doute pas poursuivi ma lecture. C’est un peu long à démarrer et je n’ai pas vu de suite ce que ça avait d’exceptionnel. Comme souvent dans les premiers tomes, l’histoire met un peu de temps à se mettre en place.

Magasin général

         Le dessin est classique et très soigné. On ne peut pas dire qu’il soit très original mais j’ai apprécié sa précision et son côté un peu rétro qui cadre si bien avec l’histoire. Comme j’avais les neuf tomes sous la main, j’ai continué ma lecture. L’univers est un peu long à se construire mais on s’attache peu à peu aux personnages en apprenant à les découvrir. Chacun a son caractère, ses qualités, ses défauts et ses failles : ils sont terriblement humains. Leurs relations ne manquent pas d’intérêt… et de surprises !

Magasin général

         Il y a beaucoup de charme dans les expressions typiquement québecoises qui jalonnent ce texte et lui donnent une touche toute particulière. Les petits travers de chacun les rendent terriblement attachants et les relations entre les uns et les autres sont plus vraies que nature, avec leurs bons et leurs mauvais moments. On croirait presque faire nous aussi partie de cette vie de village.

Magasin général

         Certains tomes sont plus réussis que d’autres, il y a des personnages qu’on aime plus au moins mais dans l’ensemble on prend plaisir à lire cette BD pleine de rebondissements. Tripp et Loisel parviennent à nous amener mans leur monde délicieusement rétro qu’on ne quitte qu’à regrets. Une série qui nous fait souvent sourire et nous immerge dans un Québec d’un autre temps : c’est drôle et plein de tendresse, on en redemande.

Mes lectures

Mes lectures de janvier

          Pour la rentrée littéraire de janvier, je comptais vous faire de jolis articles thématiques, avec les polars d’un côté, les romans étrangers de l’autre et même peut-être un petit article sur la littérature française. Bref, je voulais faire les choses bien. Tout avait bien commencé, on était à peine mi-janvier que j’avais déjà lu la moitié des titres reçus, j’étais dans les temps, la vie était belle. Et puis, j’ai commencé un nouveau roman sur ma liseuse, sans bien savoir de quoi il s’agissait. Ca me plaisait mais ma lecture semblait ne jamais avancer alors je suis allée voir sur internet de quoi il retournait… 960 pages ! J’avais commencé un monstre de 960 pages en grand format ! C’était il y a 2 semaines et je suis encore bien loin de la fin. Heureusement, j’aime beaucoup, mais ça a ruiné mes chances d’en finir vite avec la rentrée de janvier. Si j’avais su je l’aurais gardé pour la fin, le mal est fait. Je ne me vois pas attendre un mois de plus pour vous parler de livre lus il y a déjà un mois, on va donc revenir à la bonne vieille méthode chronologique : premier arrivé, premier servi. Voici donc mes lectures de janvier.

Danser au bord de l’abîme, Grégoire Delacourt

Emma, quarante ans, mariée, trois enfants, heureuse, croise le regard d’un homme dans une brasserie.
Aussitôt, elle sait.

Danser au bord de l'abîme, couvertureJe n’avais jamais rien lu de Grégoire Delacourt mais j’en avais bien sûr pas mal entendu parler. A vrai dire, ses romans ne m’avaient jamais réellement tentée mais en entendant parler de celui-ci, je me suis dit que ce serait peut-être l’occasion de tenter. Le sujet ne m’inspirait pas plus que ça mais bon, pourquoi pas, on ne sait jamais. J’ai bien aimé le début. L’écriture est agréable et sans que je sache bien pourquoi je me suis attachée à ce personnage et à ses failles. Il y a une certaine fragilité dans ce texte que j’ai trouvée touchante. J’ai un peu moins accroché avec la deuxième partie. Je n’y ai pas retrouvé le même équilibre. Je ne veux pas trop vous en dévoiler mais la fin m’a également un peu déçue, j’ai trouvé que ça manquait de finesse. Dans l’ensemble tout de même, ce roman réserve de bonnes surprises et n’est pas dépourvu de délicatesse. Un peu inégal mais touchant.

Je crois que l’on trébuche amoureux à cause d’une part de vide en soi. Un espace imperceptible. Une faim jamais comblée.

No home, Yaa Gyasi

Maama, esclave Ashanti, s’enfuit de la maison de ses maîtres Fantis durant un incendie, laissant derrière elle son bébé, Effia. Plus tard, elle donne naissance à une autre fille, Esi. Ainsi commence l’histoire de ces deux demi-sœurs, nées à l’époque du commerce triangulaire au XVIIIe siècle. Un voyage époustouflant dans trois siècles d’histoire du peuple africain.

No home, couvertureVoici un de mes coups de cœur de cette rentrée de janvier. Le roman suit deux sœurs qui ne se connaissent pas. Deux lignées qui connaîtront des destins bien différents. Le roman alterne les histoires de la famille d’une sœur et de l’autre, passant au fil du temps d’une génération à l’autre. J’ai mis un peu de temps à m’accoutumer au procédé mais finalement ça fonctionne plutôt bien. Ce roman est très ambitieux et le résultat est assez convaincant. A travers ces deux branches d’une même famille, l’auteur revient sur l’esclavage : à la fois ceux qui l’ont subi et les conséquences sur leurs descendants, mais aussi ceux qui y ont contribué et l’impact sur leur culture. C’est tout simplement passionnant ! Bien sûr, étant donnée l’ampleur du sujet, les différents aspects mériteraient parfois d’être approfondis, tout comme on aimerait que certains personnages (la plupart à vrai dire tant ils sont tous réussis) aient plus de place dans l’histoire, il aurait fallu une véritable saga pour cela. On arrive tout de même à saisir les enjeux de ce sujet extrêmement complexe, ce qui est déjà énorme. Un roman passionnant et nécessaire, fort et émouvant.

Tu veux savoir ce qu’est la faiblesse? C’est de traiter quelqu’un comme s’il t’appartenait. La force est de savoir qu’il n’appartient qu’à lui-même.

Solovski, Claudio Giunta

Ils étaient trois amis florentins, partis pour cet archipel au nord de la Russie afin de restaurer un monastère pour le compte de l’Unesco. Ils ne sont jamais revenus.

Solovski, couvertureCommencer un polar qui se passe au nord de la Russie un jour de tempête de neige, voilà qui semblait pour le moins adapté. Au moins j’ai de suite été plongée dans l’ambiance ! Le pitch de départ me tentait bien, c’était plutôt alléchant. Quant au résultat… je suis plus mitigée. La bonne nouvelle, c’est que c’est bien écrit, c’est très agréable à lire. Je ne connaissais pas les îles Solovski et j’ai été contente d’en apprendre un peu sur ce petit bout de Russie. En effet, le livre semble bien documenté et j’ai apprécié ses aspects historiques, même s’ils ne sont pas au centre du récit. Dans l’ensemble il ne se passe pas grand chose, il faut bien le dire. Et les personnages ne sont pas très sympathiques, mais ils sont en revanche assez fouillés et « humains » (c’est bien ce qui les rend agaçants d’ailleurs). L’intrigue prend un tout plutôt inhabituel. En effet, plus que le mystère de la disparition de ces trois jeunes hommes, c’est le journaliste qui est au cœur du récit, c’est à peine si l’enquête passe avant ses peines de cœur. Ca donne un roman particulier, qui manque un peu de rythme à mon goût mais parvient à attiser notre curiosité. Pas un grand polar mais un livre assez original qui nous place dans une belle ambiance hivernale.

Comment se fait-il qu’à partir du moment où un être humain montre qu’il a peu ou vraiment besoin d’un de ses semblables, celui-ci s’éloigne ?

Canicule, Jane Harper

Kiewarra. Petite communauté rurale du sud-est de l’Australie. Terrassée par une sécheresse sans précédent qui désespère les fermiers. Désespérés au point de tuer femme et enfant, et de retourner l’arme contre soi-même ? C’est ce qui est arrivé à Luke Hadler, et Aaron Falk, son ami d’enfance, n’a aucune raison d’en douter. S’il n’y avait pas ces quelques mots arrivés par la poste : Luke a menti.

Canicule, couvertureAprès le grand froid, j’ai plongé dans la canicule : changement total d’ambiance. Je ne savais pas trop qu’attendre de ce roman (les a priori hein…) mais ç’a été une très bonne surprise. Je suis de suite rentrée dans cette ambiance de fournaise, dans une petite ville où les rumeurs vont bon train et où tout le monde est sur les dents à cause de la sécheresse. Avec les deux pieds dans la cheminée, je m’y croyais presque. Le point de départ est simple : une famille assassinée, seul le bébé a survécu, le père est accusé d’avoir procédé au carnage avant de se suicider, son meilleur ami vient pour l’enterrement et décide à contre-coeur d’enquêter. J’avoue être très vite rentrée dans cet univers particulier qui regorge de secrets plus ou moins bien cachés. Les personnages sont complexes et ne manquent pas de nous surprendre. Au fil des pages, les pistes se multiplient et il semble de plus en plus difficile de désigner un coupable, d’autant plus que le passé s’en mêle. J’ai vraiment beaucoup aimé ce roman très bien ficelé qui sait brouiller les pistes : haletant.

La mort modifie rarement les sentiments que l’on éprouve pour quelqu’un. Et quand c’est le cas, la plupart du temps, elle ne fait que les renforcer.

Mes lectures

Trois BD historiques

Communardes ! L’aristocrate fantôme

1871. Élisabeth Dmitrieff, une belle jeune femme russe devient la présidente du premier mouvement officiellement féministe d’Europe. Véritable passionaria socialiste et va-t-en-guerre, elle est envoyée par Karl Marx lui-même ! Sa beauté et sa verve, qui la distinguent des autres insurgées.

Communardes ! L'aristocrate fantomeVoici une BD que j’ai beaucoup aimée. Elle appartient à une série sur les femmes qui en 1871 se sont engagées dans la Commune de Paris. Vous pouvez en apprendre plus sur la naissance de cette série de Wilfrid Lupano ici. Elle compte trois tomes – dont L’aristocrate fantôme – dessinés chaque fois par un dessinateur différent, avec des histoires indépendantes, chacune sur une communarde. Le dessin est assez classique et très travaillé, j’ai vraiment beaucoup aimé (il est ici signé Anthony Jean). Il nous replonge immédiatement dans cette ambiance de révolte. Le personnage de l’aristocrate fantôme est fascinant. Je connais assez mal la période de la Commune et j’ai été ravie d’en apprendre plus à travers ce personnage haut en couleurs. Cette lecture m’a donné très envie de lire les autres tomes de la série, même si les histoires sont indépendantes. Une BD historique et féminine qui m’a pleinement convaincue.

Le maître d’armes

1537. Au fin fond du Jura, un envoyé de l’Église exacerbe la haine religieuse de montagnards catholiques afin qu’ils lancent une chasse à l’homme contre un jeune protestant et son guide. Leur crime ? Vouloir faire passer une Bible traduite en français jusqu’en Suisse pour la faire imprimer. Une hérésie ! Commence une traque impitoyable.

Le maitre d'armesAutre BD, autre contexte avec cette fois une lutte entre rapière et épée. Moi qui suis assez amatrice d’histoires de capes et d’épées, je ne pouvais qu’être séduite par ce récit. J’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire signée Joël Parnotte (au dessin) et Xavier Dorison (au scénario). Visuellement, c’est très beau, avec un univers particulièrement riche. Les personnages ne manquent pas de caractère et sont attachants. Le dessin est magnifique, c’est bien écrit et quelle histoire ! De l’action, de l’aventure, ça nous tient en haleine de bout en bout. J’ai été totalement embarquée par ce récit qui nous entraîne dans un autre temps. Outre l’aspect guerrier, le côté historique avec les débuts du protestantisme est absolument passionnant. Pour la peine j’ai vraiment regretté qu’il n’y ait qu’un seul tome, j’aurais bien continué l’aventure en compagnie du maître d’armes moi. Une BD comme je les aime, aussi belle que palpitante, un gros coup de cœur ! 

Les aigles de Rome

À l’heure où Rome et l’histoire antique suscitent à nouveau l’engouement du public, Marini seul aux commandes, nous propose une toute nouvelle série ancrée au cœur de l’Empire romain. Un récit initiatique où l’on retrouve les ingrédients des meilleures aventures : combats, obstacles, rivalité, amitiés, amour.

Les aigles de Rome t1J’ai beaucoup moins accroché avec le premier tome de cette BD de Marini qui dormait depuis longtemps dans ma bibliothèque. Là aussi on est sur un dessin classique mais pour la peine, il l’est trop, même pour moi. Je ne lui trouve absolument aucun charme, aucune poésie. Quant au texte, il est très rare que j’y prête réellement attention dans une BD. Je me dis rarement que c’est bien ou mal écrit, tant que l’histoire fonctionne j’oublie très facilement le style, mais là, j’ai fait exception : c’est très mal écrit. On ne peut pas dire que ce soit criant de vérité. L’histoire avance par à coups, on change sans cesse de lieu, j’ai trouvé que ça empêchait de se plonger dans l’histoire et de s’attacher aux personnages. Ca ne m’a absolument pas donné envie d’aller au bout de cette lecture (et ce n’est que le tome 1) qui plairait peut-être plus à  un public adolescent par les thèmes abordés (la guerre, l’amour, l’amitié). Une BD avec laquelle je n’ai pas du tout accroché, à tous points de vue.