Cinéma

Météora

Romance grecque de Spiros Stathoulopoulos avec Theo Alexander, Tamila Koulieva-Karantinaki

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          En Grèce, dans les Météores, deux monastères perchés sur des pitons rocheux se font face. Theodoros et Urania consacrent leur vie à Dieu dans ces lieux entre ciel et terre mais peu à peu une certaine complicité naît entre eux qui va les pousser à choisir entre amour terrestres et divines.

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          L’affiche de ce film, aperçue dans le métro, m’avait beaucoup intriguée, inspirée des icônes orthodoxes, elle était pourtant originale et attirait l’œil, je l’avais trouvée très belle. Si bien que j’étais allée chercher sur internet le synopsis du film qui n’avait fait qu’accroître ma curiosité et mon envie d’aller le voir !  Après avoir eu quelques difficultés à trouver une séance qui me convenait, j’ai enfin réussi, à aller voir de quoi il retournait. Et le moins qu’on puisse dire, c’est que ce film a été à la hauteur de mes espérances ! Il mêle une manière de  filmer classique – voire austère – avec de l’animation qui prend comme base de dessin l’iconographie orthodoxe. Un mélange aussi original que réussi qui crée un rythme à part et insuffle de la vie dans ce qui aurait pu être un film d’autre, certes beau mais non moins austère.

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          La première force du film, c’est son décor. Comment ne pas avoir le souffle coupé à la vue de ces monastères trônant sur d’immenses colonnes de grès dressées vers le ciel ? Un paysage qui semble irréel tant il est vertigineux, une beauté qui m’a laissée sans voix. L’histoire est simple et filmée de manière très sobre. Il y a peu de dialogues, la communication entre les deux amoureux passant surtout au début par de brefs échanges de politesses et de regards. C’est là que l’animation amène du mouvement, de la couleur, de la poésie. Le passage de l’un à l’autre est toujours subtil, habilement réalisé, l’animation se mêle donc au film tout en douceur et se fond presque dans la réalité, lui apportant une dimension supplémentaire, bien plus chatoyante.

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          La bande-son est également une réussite, avec des chants religieux très bien choisis, souvent assez enlevés, qui viennent accentuer la profondeur de l’histoire. Je regrette de ne pas avoir pu voir ce film une deuxième fois en salles et attends impatiemment sa sortie en DVD. Il donne même envie d’aller de suite découvrir les merveilles des Météores (eh oui, les monastères perchés existent vraiment !). Ce film aurait pu être d’un ennui mortel, pourtant il est d’une incroyable richesse et tout en légèreté à la fois. J’ai été éblouie par l’inventivité dans l’animation, subjuguée par de tels paysages, émue par la simplicité de l’histoire, frappée par la nudité de la mise en scène et j’ai trouvé le résultat tout simplement magique ; tout en restant d’une étrange sobriété, l’un des films les plus originaux et les plus réussis que j’aie vus depuis bien longtemps. Un petit bijou du 7° art.