Cinéma

Young adult, de Jason REITMAN

          Comédie dramatique américaine de Jason Reitman avec Charlize Theron, Patton Oswalt, Patrick Wilson.

          Le titre, l’affiche et même la bande-annonce laissaient présager le pire : le genre grosse farce américaine lourde pour adolescents. J’y suis allée parce que les critiques étaient plutôt bonnes et que ça m’intriguait et puis aussi un peu parce qu’on nage en pleine misère cinématographique en ce moment. Autant dire que je n’attendais pas grand chose de ce film. Grande fut ma surprise.

          Contrairement à ce qu’on pouvait attendre, cette comédie est loin d’être aussi futile qu’il y paraît. La pom-pom girl sur le retour est assez pathétique. Visiblement être jolie ne suffit pas à être heureuse. L’air de rien le film met en avant le poids de la société qui enferme chacun dans des rôles parfois difficile à assumer. Comédie n’est peut-être pas d’ailleurs la meilleure définition à donner. Certes, il y a nombre de scènes cocasses mais une grande tristesse qui se dégage de ce film mélancolique, voire par moment désespéré. Un film qu’on ne traitera pas d’exceptionnel mais qui est d’une finesse surprenante pour le genre. Une belle surprise.

Mes lectures

La jeunesse mélancolique et très désabusée d’Adolf Hitler, Michel FOLCO

           Comme son titre l’indique, ce livre est un biographie du jeune Adolf. Etait-il un enfant exceptionnel ? plus intelligent ? plus cruel ? plus malheureux peut-être ? Eh bien pas vraiment. Si le jeune Adolf n’était pas d’un naturel spécialement avenant, capricieux et extrêmement orgueilleux, il n’avait pour autant rien de bien remarquable. Un enfant assez antipathique et un rien pathétique qui manque parfois cruellement de bon sens. Il n’était même pas vraiment antisémite… Mais alors, comment est-il devenu un des pires personnages que l’histoire ait connu ?

           Le livre ne répondra pas à cette dernière question. Le propos est de montrer que le dictateur qu’on connaît, qui a commis les pires atrocités, était un enfant plutôt banal. Cette thèse a bien sûr suscité une vive polémique : comment peut-on traiter cet ignoble personnage comme un être humain lambda ? Eh bien parce qu’il l’était, tout simplement. C’est bien le problème d’ailleurs. Tant qu’on le considère comme exceptionnel, on se dit que ça ne peut pas nous arriver à nouveau. C’est à mon humble avis une grave erreur. Parce que oui, ça pourrait arriver à nouveau. Parce qu’on a certainement tous en nous une âme de dictateur, parce qu’il n’y a pas besoin d’être un génie du crime pour tuer en masse. Parfois, de la frustration et beaucoup d’obstinations suffisent à changer le monde, pour le meilleur ou pour le pire. Le savoir, l’accepter, c’est limiter les chances de revivre ce genre de situations.

           Pour en revenir au livre donc, étant en accord avec le postulat de base, je pouvais me lancer. En revanche, j’aime Michel Folco pour son humour corrosif mais on touche là à un sujet qui ne prête pas vraiment à la rigolade. Je pense qu’on peut rire de beaucoup de choses mais pas des atrocité commises. Le personnages est risible par bien aspects, mais ce qu’il a commis ne peut en aucun cas être pris à la légère. La marge de manoeuvre est donc particulièrement mince en la matière. Chaplin s’en était sorti avec brio dans Le dictateur, qui sans doute pour moi son meilleur film. Je crois qu’on peut dire que Michel Folco se positionne dans cette lignée, bien que l’humour y soit bien moins marqué. En effet, le personnage ne m’a pas semblé être présenté comme particulièrement risible, contrairement à ce que j’avais pu lire dans certaines critiques.

           L’auteur semble totalement mettre de côté ce qu’on sait d’Hitler pour se concentrer avec un regard impartial à son enfance. Elle est racontée comme le serait l’enfance de n’importe qui d’autres, avec ses bons et mauvais côtés (même si là on doit admettre qu’il est quand même particulièrement tête à claques le gosse). On retrouve par petites touches l’humour savoureux de l’auteur mais ça reste à ce jour son roman le plus noir. La lecture de ce livre n’éclaire en rien sur les raisons qui ont fait de cet enfant plutôt commun un personnage qui échappe à toute description tant sa cruauté dépasse l’imagination. Et c’est là tout l’intérêt de ce livre. S’il ne donne pas de réponse, il nous incite à nous poser des questions. Cette banalité du personnage m’a donné des sueurs froides. Les circonstances peuvent faire du moindre des enfants moyens un tueur froid et méthodique. Effrayant. Un livre qui pousse à la réflexion malgré son apparente légèreté et rappelle l’importance de rester constamment sur ses gardes. Passionnant.

Cinéma

2 days in New-York, de Julie DELPY

          Comédie française de et avec Julie Delpy, avec Chris Rock et Albert Delpy.

          Marion est une photographe française qui vit à New-York. Jeune maman divorcée, elle vit à présent avec un jeune intello noir (oui, ça a son importance). Quand son père et sa soeur vont venir lui rendre visite pour quelques jours, les ennuis vont commencer.

          Que dire de ce film ? La critique était plutôt bonne, j’y suis donc allée pensant avoir affaire à une comédie gentillette. Et puis il y a Chris Rock dedans et j’aime bien Chrs Roch qu’on ne voit pas assez souvent. Quelle erreur n’ai-je pas faite ! Ce film est d’une nullité qui n’a d’égale que sa connerie.

          Julie Delpy se met en scène, nous montre à quel point elle parle bien anglais, à quel point elle connaît bien New-York et surtout à quel point elle est moins plouc que sa famille bretonne. Imbuvable. Jamais vu une tête à claques pareille. Un film nombriliste, insipide et inutile. Condescendant aussi. La réalisatrice se prend très au sérieux et il n’y a vraiment pas de quoi. Il y a un côté très provinciale parvenue reniant ses racine là-dedans. Sans doute la raison pour laquelle la cririque a apprécié, beaucoup doivent s’y retrouver. je dis NON, NON et NON et encore NON. LE film a éviter.

Mes lectures

Courir avec des ciseaux, Augusten BURROUGHS

Attention, attention, gros coup de coeur !!!

          Le jeune Augusten a une enfance quelque peu inhabituelle. Sa mère, une poétesse méconnue, connaît des périodes de folie. Son père l’ignore. Son frère est un étranger. Heureusement (pour nous du moins), le psychiatre de sa mère le recueille. Il va intégrer une fratrie des plus insolites. Une famille dans laquelle on consulte la Bible comme un jeu de tarots, où chacun est libre de ses choix au delà de 10 ans et où la liberté est le maître mot. Désopilant.

          Autant le dire tout net : j’ai totalement A-DO-RÉ ce livre ! J’hésite à me lancer dans le culte pur et simple de cet auteur. J’ai eu un peu de mal à démarrer. Je trouvais ça pas mal mais l’écriture un peu trop polissée me gênait. La quatrième de couverture alléchante annonçait une adolescence extraordinaire et j’étais un rien septique à la lecture des premières pages. Mais cette tiédeur n’a pas duré. Très vite l’histoire décolle. La mère du personnage devient folle et il est recueilli dans la famille de son psy, lui-même pour le moins dérangé.

          Notre héros se retrouve donc dans un genre de famille hippie (c’est plus ou moins l’époque) où tout semble permis. Il ne va plus à l’époque et se lance dans les expériences les plus farfelues. Une pareille vie, assortie d’une telle imagination, donne un livre foisonnant, riche en péripétie, en deux mots : totalement dingue. J’ai ri, suis allée de surprise en surprise et aurait voulu que l’histoire continue encore. Je me suis d’ailleurs précipitée pour acheter la suite (qui n’est pas une suite à proprement parler mais une autre autobiographie). Je songe même à distribuer ce livre autour de moi. Un humour grinçant et des situations rocambolesques : ce livre fait un bien fou, un concentré de fantaisie qui fait le plus grand bien.

Le roman a été adapté au cinéma, un résultat mitigé d’après les critiques.

Mes lectures

Animal lecteur, On peut pas tout lire !, de Sergio LAMA et LIMON

          Cette bande dessinée retrace la vie d’un libraire spécialisés en BD (justement). Entre nouveautés, envois au pilon et clients difficiles, autant de saynètes loufoques qui feront rire plus d’un amoureux des livres.

          Le 3° tome d‘Animal lecteur, dont on peut aussi découvrir les planches dans Spirou. Libraires, éditeurs et passionnés de BD se retrouveront dans celle-ci. Des scènes du quotidien croquée avec humour. Un humour un peu grinçant qui rappelle la dure réalité du quotidien des libraires indépendants. Une lecture divertissante.