Mes lectures

Laurent GAUDÉ, Le soleil des Scorta

          La lignée des Scorta est née en 1870 à Montepuccio, un petit village au sud de l’Italie où le soleil rend fou. Descendants d’un brigand sans envergure, ils sont condamnés à l’opprobre et la pauvreté. Mais il existe des richesses plus grandes que l’argent : le dévouement à la famille, l’amour de la terre et la soif de vivre. C’est cela qu’il ont promis de se transmettre, de génération en génération, afin que se perpétue leur héritage.

          Ce roman avait reçu en 2004 le prix Goncourt et j’en avais entendu dire le plus grand bien, aussi bien sur le moment que depuis. J’avais donc depuis un moment envie de le lire, mais ayant la manie d’éviter ce dont on parle trop… Je me suis finalement décidée à l’acheter il y a peu. Lorsque je vous ai présenté les nouveautés de ma bibliothèque, j’ai oublié de le citer, et c’est ainsi, que j’ai choisi de le lire en premier.

          Il n’y a pas à dire, le hasard fait parfois très bien les choses ! Je suis de suite rentrée dans ce texte, qui sent à plein nez la terre sèche d’Italie. L’écriture est sans fioritures, simple et belle. Le texte se lit très facilement, les pages défilent sans qu’on ne les voie passer. J’ai beaucoup aimé l’histoire de cette famille, qui n’a rien de bien exceptionnel mais en rappelle bien d’autres. Elle est contée avec une retenue qui la rend plus touchante encore. On est en Italie, mais bien des familles de paysans, ouvriers, pêcheurs ou petits commerçants pourraient s’y reconnaître. C’est l’histoire d’une famille sans prestige, condamnée à un travail éternel et qui pourtant y trouve son bonheur.

          J’ai trouvé ce texte très juste et très beau. Il pose des questions essentielles sur la famille, le bonheur, la vie. J’ai aimé la description de cet attachement à la terre, pourtant si rude. Cet amour du travail éreintant et des choses simples. Rien d’exceptionnel en apparence dans ce petit livre. Pas de style alambiqué ou de grands discours. Une sobriété qui rend hommage aux hommes et aux femmes qu’il décrit. Un texte d’une grande justesse, à la portée de tous. J’ai pris un grand plaisir à le lire, un de mes coups de coeur de l’année.

Une journée était déclarée bonne lorsqu’on avait pu faire un repas digne de ce nom. A deux repas la journée était exceptionnelle et plongeait Giuseppe dans une bonne humeur qui pouvait l’accompagner plusieurs jours. 

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Donato resta bouche bée.

– Pourquoi me dis-tu cela, zio ? demanda-t-il ?

– Parce que je vais mourir et que tout sera englouti avec moi. Je veux qu’au moins une personne sache ce que j’ai eu au fond du ventre toute ma vie.

Expositions

Fra Angelico et les maîtres de la lumière

          Le célèbre peintre de la Renaissance et ceux de ses contemporains qui se sont inspirés de son travail s’exposent au musée Jacquemart-André, à Paris. Fra Angelico est un artiste italien né vers 1387 et mort en 1455. Il est attaché aux courants gothique et nouvelle renaissance. Il est avant tout un religieux appartenant à l’ordre des dominicains. Il apprend la peinture à Florence et est l’un des premiers à appliquer les règles de perspective. Ses tableaux, illustrent des sujets religieux et sont réputés pour leur lumière. De nombreux artistes travaillent avec lui et il atteint bientôt une renommée internationale.

          En 1436, il s’installe au couvent de San Marco, à Florence, qu’il décorera sous le mécénat des Médicis de nombreuses fresques murales invitant à la méditation. Elles sont considérées comme le sommet de son oeuvre. Il a également peint à Rome la chapelle du Saint-Sacrement de la basilique Saint-Pierre. Ayant fait voeu de pauvreté, il a toujours refusé les honneurs. Le peintre a été béatifié par le pape Jean-Paul II en 1984 et proclamé saint patron des artistes.

        L’exposition présente 25 oeuvres majeures de l’artiste et autant des de panneaux réalisés par des peintres qui l’ont côtoyé. Divers supports sont représentés, du parchemin au panneau de bois. Les explications permettent de découvrir l’artiste et de juger de son évolution au fil du temps et des rencontres. Un petit film présente également les fresques du monastère San Marco. malheureusement, la foule et l’étroitesse des lieux ne permettent pas de profiter pleinement des oeuvres. Malgré tout, la visite, bien que trop brève, demeure intéressante. A découvrir jusqu’au 16 janvier, 158 boulevard Hausmann, dans la 8° arrondissement.

Cinéma

The Lady, de Luc BESSON

          Biopic, drame français de Luc Besson, avec Michelle Yeoh, David Thewlis.

          L’histoire de Aung San Suu Kyi, leader de l’opposition birmane, prix Nobel de la Paix 1991, et de son mari, Michael Aris, son plus indéfectible soutien. La fille du leader de la libération Aung San, assassiné en 1947, a fait des études de philosophie, d’économie et de sciences politiques à Oxford où elle réside. Elle rentre en Birmanie en 1988 pour soigner sa mère malade et décide de sacrifier sa vie de famille à la cause de son pays, se vouant à la cause démocratique. Assignée à résidence, prononcer son nom est interdit, on l’appelle « The Lady ».

     Le film est très axé sur l’histoire d’amour entre Aung San Suu Kyiet son mari, la politique n’y joue finalement qu’un rôle secondaire. On lui a notamment reproché de ne pas être très dur avec la junte qui dirige le pays d’une main de fer, maintenant les habitants dans la terreur. Le régime birman est réputé comme l’un des plus répressifs au monde et cela se ressent relativement peu dans le film qui n’a pas franchement reçu les éloges de la critique.

          Une fois n’est pas coutume, je vais prendre la défense d’un film sentimental grand public. Certes, on aurait aimé qu’il y ait moins de larmes et de violons, dont Besson use et abuse ; mais ça reste agréable à regarder. C’est un peu convenu et de facture plutôt moyenne (quoique les acteurs soient assez convaincants) mais on ne vit pas le temps passer. Au-delà de ça, ce film a surtout le mérite d’exposer au grand public l’incroyable courage de cette femme. La forme est sans doute trop mièvre mais cela peut pousser les gens à s’intéresser à ce qu’il se passe ailleurs, qu’importe ? Bien sûr, un documentaire a plus de force, mais il touche aussi moins de monde, et souvent un public déjà averti.

         Depuis le film, les reportages consacrés à Aung San Suu Kyi dans les émissions grand public des grandes chaînes fleurissent. Parler des défenseurs de la démocratie ne peut être qu’une bonne chose, au fond peu importe la manière dont on pousse les gens à s’y intéresser. On peut déplorer que le message ait du mal à passer auprès des masses autrement qu’à travers un film larmoyant à gros budget mais il y a au moins le mérite de toucher un large public et de relancer l’intérêt des médias. C’est déjà un petit pas de fait dans la lutte pour la liberté.

http://www.youtube.com/watch?v=c3–0ryDNdU

Mes lectures

Colleen McCULLOUGH, Les oiseaux se cachent pour mourir

          La famille Cleary vit en Nouvelle-Zélande. Bien que pauvres, ils connaissent une relative tranquillité. Un jour, l’occasion se présente d’échapper à la misère en partant pour l’Australie, à Drogheda, un domaine dont les hautes herbes argentées s’étendent à perte de vue. Là-bas, la petite Meggie, alors âgée de 9 ans, va rencontrer le père Ralph, un jeune ecclésiastique séduisant. Au fil des ans, leur affection va se transformer en un amour profond que tous deux pensent impossible. Mais arriveront-ils vraiment à y échapper ?

          Voilà, vous savez maintenant pourquoi le blog est désert de toutes nouveautés littéraires depuis début décembre : j’étais en train de lire LE roman de la ménagère de moins de 50 ans. Un roman fleuve (près de 900 pages tout de même !) où l’amour est roi. Oui oui, je sais, ça ne me ressemble pas. J’ai un peu honte de le dire mais j’avais A-DO-RÉ L’espoir est une terre lointaine du même auteur, sur les premiers colons débarqués en Australie. J’ai donc décidé de m’attaquer à son roman le plus célèbre pour voir si c’était aussi bien.

          Bon, certes, l’histoire m’emballe moins que la colonisation par des forçats. N’empêche, c’est prenant. J’ai dévoré les 700 premières pages (presque) d’une traite. Les personnages sont attachants et le fond social et historique sur l’Australie est passionnant. Il y a quelques rebondissement gênants, des retrouvailles improbables, des malheurs en série… c’est parfois un peu convenu, mais dans l’ensemble ça reste un très bon moment de lecture. J’ai un peu décroché sur la fin. L’histoire se centre plus sur les enfants de Meggie dans les derniers chapitres et ça m’a moins passionnée. J’ai d’ailleurs trouvé que sur la fin des évènements qui auraient dû être centraux sont totalement zappés.

          Mis à part ces dernières pages moins enthousiasmantes, j’ai beaucoup aimé ce livre. Ce n’est certes pas de la grande littérature mais ça fait tellement de bien des fois de se laisser emporter par de grandes histoires sans réfléchir ! Je me demande même si je ne vais pas aller jusqu’à lire un autre de  ses romans, Le temps de l’amour. Je crains que ce ne soit tout de même aller trop loin… Dans quelques mois peut-être. En tout cas, je recommande chaudement ce livre aux amateurs d’histoires romanesque qui ont du temps devant eux.

Et, peu à peu, le souvenir du jeune homme s’estompa, comme il en va de tous les souvenirs, même ceux auquel s’attache infiniment d’amour ; il semble qu’un processus de cicatrisation s’opère dans notre cerveau et nous guérit en dépit de notre détermination farouche à vouloir ne rien oublier.

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Miss Mackail avait une silhouette étonnante, mais un visage évoquant un cheval en train de manger une pomme à travers un grillage.

Bars, restaurants

Hélène Darroze

          Originaire des Landes, Hélène Darroze a installé il y 10 ans son restaurant rue d’Assas. Issue d’une famille de cuisiniers, elle allie dans ses menus terroir et modernité. Son savoir-faire est couronné par une étoile au guide Michelin.

          Les grands restaurants ont une tendance certaine à être inaccessibles financièrement parlant. Ici, un « petit » menu est proposé le midi à 52€, week-end compris. Il se compose de 2 entrées, un plat de poisson ou de viande au choix et un dessert au choix autour du chocolat ou d’un fruit. Il est également possible de déguster des tapas au salon, avec un plateau repas à 28€. Des formules avec vins sont également proposées à des tarifs relativement raisonnables. Pour ceux qui veulent voir les choses en grands, des menus plus luxueux (et onéreux) sont également disponibles.

          La salle est vraiment très belle, décorée dans des tons chauds et accueillants. Les chaises et fauteuils confortables sont également les bienvenus. Le service est aimable, pas trop guindé pour ce type d’endroit. Quant à la cuisine, c’est tout bonnement délicieux. On retrouve dans l’assiette les produits du sud-ouest, mis en valeur par des recettes créatives. On reste dans une relative simplicité, le goût reste au coeur de la cuisine d’Hélène Darroze.

          De plat en plat, on se régale. Une cuisine à la fois goûteuse et raffinée. Il n’y a pas grand chose à changer à la formule. On passe un bon moment à table dans un cadre agréable, sans trop de chichis. Et on ne ressort pas avec la faim, ce qui n’est pas toujours le cas dans ce genre d’endroits. Une très bonne adresse, qu’on ne pourrait se permettre tous les jours mais parfaite quand on a quelque chose à fêter !

Restaurant Hélène Darroze

4, rue d’Assas

75006 Paris

http://www.helenedarroze.com