Jojo n’a que treize ans mais c’est déjà l’homme de la maison. Son grand-père lui a tout appris : nourrir les animaux, s’occuper de sa grand-mère, veiller sur Kayla sa petite sœur. De son autre famille, Jojo ne sait pas grand-chose. Ces blancs n’ont jamais accepté que leur fils fasse des enfants à une noire. Quant à son père, Michael, il le connaît peu, d’autant qu’il purge une peine de prison. Et puis il y a Leonie, sa mère qui n’avait que dix-sept ans quand elle est tombée enceinte de lui. Elle aimerait être une meilleure mère. Quand elle apprend que Michael va sortir de prison et qui décide d’embarquer les enfants en voiture pour un voyage plein de dangers, de fantômes mais aussi de promesses…
J’avais entendu dire le plus grand bien de ce roman. Il a d’ailleurs obtenu plusieurs prix récemment. J’ai donc entamé ma lecture avec un enthousiasme certain qui malheureusement est bien vite retombé. Je ne sais absolument pas quoi penser de ce texte. C’est original, on peut s’accorder là-dessus, mais pour le reste, je suis perplexe. Je n’ai pas trop accroché avec le style. C’est bien écrit pourtant. Mais je ne sais pas pourquoi, les mots peinaient vraiment à m’évoquer des images, ce qui complique quand même pas mal la lecture…

Difficile pour moi de parler de ce roman. Je ne sais pas trop qu’en penser dans la mesure où j’y ai trouvé des choses intéressantes et une plume particulière mais où je n’ai pas trop réussi à rentrer dedans. Je l’ai quand même fini mais sans grande conviction. J’ai trouvé le début très abrupt. J’ai eu un peu de mal à savoir à quelle époque et dans quel milieu on se situait. Il m’a fallu du temps pour trouver mes repères et j’ai bien cru que j’allais me décourager avant d’y arriver. Finalement j’ai fini par comprendre à peu près de quoi il retournait mais si cette sensation d’être bousculée s’est un peu estompée, elle n’a jamais tout à fait disparu durant ma lecture.
Le personnage principal est un petit garçon attachant, ce qui est clairement le point fort du texte. Même si par moments il a fini par m’agacer, dans l’ensemble on s’identifie quand même pas mal à lui et on a envie de le protéger de cette vie qui ne lui a pas fait beaucoup de cadeaux. En y réfléchissant les personnages sont tous plutôt réussis, chacun dans son genre. La grand-mère malade apporte une certaine douceur, le grand-père bourru est protecteur, la mère est clairement l’élément perturbateur du récit, le père est quand à lui largement absent. Ca pourrait paraître un peu cliché mais la galerie de personnage est une réussite. Une histoire de famille dysfonctionnelle et d’une mère paumée dépassée par les événements que j’ai trouvé souvent bancale mais qui dans l’ensemble s’avère assez crédible.
En soi ça avait tout pour me plaire avec le recul. J’aime bien les drames et je me rends compte que je lis souvent des textes autour de la famille en ce moment. Mais voilà, le style m’a freinée, j’ai peiné à rentrer dans l’histoire, je n’ai pas trouvé cette lecture très agréable. Et quand j’ai commencé à l’apprécier un peu plus, un côté ésotérique est venu se greffer au récit et m’a fait de nouveau décrocher. Je ne m’y attendais pas et je n’ai pas réussi à apprécier la poésie du style qui m’a totalement laissée de marbre. Si ce roman a clairement des qualités et n’est pas inintéressant, à aucun moment je n’ai réussi à réellement l’apprécier. Je dois toutefois reconnaître à l’auteur un univers bien à part et un style qui n’est pas dénué d’une certaine beauté. La brutalité du style et l’aspect mystique m’ont déconcertée et je me suis sentie malmenée de bout en bout. Une lecture déroutante, je suis clairement passée à côté de ce texte déconcertant.

Des fois, on a beau chercher, le monde ne nous donne pas ce dont on a besoin. Des fois, il refuse.
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Je vieillissais la bouche tordue par l’amertume de ce qui m’était servi au grand banquet de la vie : moutarde brune et kakis verts, acides, pleins de promesses trahies et de déceptions.
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Il a su voir au-delà de ma peau café sans lait, de mes yeux noirs, de mes lèvres prune, et il m’a vue moi. Il a vu que j’étais une blessure ambulante, et il est venu me panser.






Ceux qui me suivent depuis longtemps le savent, je suis une inconditionnelle de Jack London, notamment ses écrits sur le Grand Nord. Je ne connaissais pas du tout ce texte, il n’en fallait pas plus pour m’intriguer. Je dois avouer avoir été extrêmement surprise. Ce texte est assez déroutant dans l’œuvre de London même si on y retrouve certains de ses thèmes de prédilection. J’ai eu du mal à accrocher avec le style qui est très particulier. C’est assez haché. Cela dit c’est fait exprès, on est dans un monde post apocalyptique où le langage est tombé en déliquescence et on le vit ainsi un peu de l’intérieur (enfin jusqu’à un certain point, ça reste London, il a toujours tendance à être assez bavard). Le texte n’est pas hyper optimiste sur l’humanité mais on ne peut que lui reconnaître un certain réalisme. Je ne doute pas qu’en cas d’épidémie qui tuerait tout le monde ou presque les gens ne seraient guère enclins au partage et à la bonté. Déjà qu’en temps normal c’est compliqué… S’il y a une certaine dose de réalisme dans ce texte, certains aspects m’ont gênée sur « la vie après ». Le retour à la nature, la tendance de l’homme à répéter ses erreurs… Ca aurait parfois mérité d’être un peu plus fouillé. Ce n’est sans doute pas le meilleur texte de London ni ce qui se fait de plus construit en littérature post-apocalyptique mais l’auteur livre un roman au réalisme saisissant qui nous pousse à réfléchir sur notre condition.
Gros coup de cœur pour ce court roman. J’en avais entendu dire le plus grand bien au moment de sa sortie mais comme toujours au moment de la rentrée littéraire, il avait fallu faire des choix et c’est donc avec un peu de retard que je le découvre. J’ai trouvé ce texte absolument splendide. L’écriture m’a parfois un peu fait penser à Camus, mais sans doute est-ce en partie parce cela raconte plus ou moins une même époque et un même pays. Il se dégage à la fois une certaines âpreté et de la douceur de ces lignes. Un style sec, précis et efficace. On s’attache à Jacob, à sa famille. On a envie de connaître leur histoire, on a le sentiment de la vivre un peu avec eux. On alterne entre celle de Jacob, parti à la guerre, et celle de ceux qui sont restés au pays, espérant son retour. On se met à leur place sans peine : de part et d’autre l’angoisse, la peur, le manque… Et pour Jacob, la découverte des horreurs de la guerre. Mais aussi quelques beaux moments malgré tout, des amitiés, ses premiers pas en France, l’amour. J’ai trouvé ce texte extrêmement touchant. Il est très court alors je ne saurais que vous inciter à le lire, cela vaudra mieux qu’un long discours maladroit. Un texte magnifique, dur et tendre à la fois, qui m’a laissé le cœur en miettes.
Voici un roman jeunesse (plutôt destiné aux ados) qui traînait depuis bien trop longtemps dans ma bibliothèque, comme tant d’autres livres… Mais allez savoir pourquoi je me suis soudainement dit qu’il serait grand temps de l’en sortir. Je dois avouer que je ne m’attendais à rien de particulier. Souvent les romans pour ados ne sont pas trop ma tasse de thé et quand ça parle sorcellerie. Pourtant j’ai été très agréablement surprise par ce livre. Déjà parce que c’est très bien écrit. Le style est vraiment beau et travaillé, avec un vocabulaire soutenu qui n’alourdit pas trop le tout. C’est très agréable à lire. L’auteur parvient à dresser un portrait intéressant tant des personnages que de leur époque en peu de mots ce que j’ai trouvé fort appréciable. Je me suis beaucoup attachée au personnage principal et j’ai bien aimé la manière dont l’aspect ésotérique/mythologique est amené. Il est avant tout une plongée dans les croyances de l’époque. Ce court roman a finalement été une très bonne surprise et m’a donné envie de découvrir la suite.