Mes lectures

La compagnie noire – II, Glen COOK

          La compagnie noire est une troupe de mercenaires que sa réputation précède partout où elle passe. Elle se met au service du plus offrant, en l’occurrence la Dame, un être maléfique qui tient à étendre son pouvoir. Toubib écrit les annales de la compagnie et on suit leurs aventures à travers ses yeux. Si la Compagnie n’a pas de morale, ses hommes ont le sens de l’amitié. Une qualité qui va s’avérer encombrante.

          Dans Le château noir, deuxième volet de la série, on retrouve la Compagnie Noire quelques années après la bataille de Charme. Le monde est quelque peu apaisé, ou du moins connaît-il une trêve avant la bataille qui se prépare. Nos héros ont vieilli et se lassent d’être sans cesse sur les routes. Mais les Asservis vont les forcer à renouer avec le risque et l’aventure. Ce deuxième tome est tout à fait dans la lignée du premier. J’ai eu un peu de mal au début, avec un peu trop de passages à mon goût qui rappellent le premier volet, parfois de manière maladroite. Toutefois on retrouve vite l’univers de la compagnie noire et le rythme effréné qui l’accompagne. Ce deuxième tome est riche en péripéties et surprises de tous acabits. Cette fois encore, on se régale.

Les malins, c’est à leurs actes qu’on les reconnaît.

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On ma reproché ma tendance au pessimisme. A juste titre peut-être. En tout cas, elle a le mérite de limiter les déconvenues.

Pour ceux qui auraient raté la premier épisode, c’est ici.

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Artemisia – Alexandra LAPIERRE

          Artemisia Genteleshi est la fille d’un peintre romain de la Renaissance. Elle sera son élève puis suivra l’enseignement d’Agostino Tassi. Alors âgée de 17 ans, il la violera avant de lui promettre le mariage. Elle lui fera un procès afin de tenter de sauver son honneur. Elle se mariera ensuite et partira pour Florence. Elle connaîtra là-bas le succès et sera la première femme à entrer à l’Académie de peinture et à pouvoir vivre en toute indépendance. Un destin exceptionnel qui méritait bien qu’on s’y attarde.

         Je vous avais déjà parlé d’Artemisia dans deux articles : un sur le film qui est consacré à son histoire de viol, l’autre concernant l’exposition qui lui était consacrée au Musée Maillol. Le film m’a donné envie de connaître l’artiste qui m’a donné envie d’en savoir plus sur la femme. Un véritable coup de coeur doublé d’un arrière-goût de mystère des plus existants. Ainsi, je me suis lancée dans la lecture de cette longue autobiographie. L’histoire est traitée par le biais du roman historique. Ainsi, si les faits évoqués sont bien réels, l’auteur s’offre la liberté de combler les vides, et surtout d’évoquer les pensées et sentiments de ses personnages.

         J’ai trouvé ce choix un peu dommage. J’aurais pour ma part préféré une autobiographie pure s et simple. L’histoire en elle-même est déjà tellement incroyable, nul besoin d’en rajouter. Les faits se suffisaient, tout cet étalage de sentiments (supposés qui plus est) est tout à fait superflu. Ceci dit, le style est agréable (mis à part ces détours par la fiction donc), très fluide. L’ouvrage se lit très bien et est assez précis sans être obscur pour le néophyte, d’où sans doute sa longueur : expliquer prend forcément un peu de temps. J’y ai personnellement appris plein de chose, et ça m’a donné envie de me pencher de plus près sur les toiles des maîtres de la Renaissance italienne. Un livre très intéressant et fort agréable, et quitte à me répéter, un destin de femme tout simplement incroyable. A dévorer sans retenue.

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La compagnie noire – 1, de Glen COOK

          La compagnie noire est une troupe de mercenaires que sa réputation précède partout où elle passe. Elle se met au service du plus offrant, en l’occurrence la Dame, un être maléfique qui tient à étendre son pouvoir. Toubib écrit les annales de la compagnie et on suit leurs aventures à travers ses yeux. Si la Compagnie n’a pas de morale, ses hommes ont le sens de l’amitié. Une qualité qui va s’avérer encombrante.

          Dans ce premier opus, on démarre au moment où la Compagnie Noire est enrôlée par la Dame, du côté réputé mauvais donc. On suit ensuite leur lutte contre le camp adverse, entre coups bas et batailles rangées. L’épisode se clôt sur une grande bataille entre les deux camps dont je ne vous dévoilerait pas l’issue. J’ai beaucoup aimé ce livre. Il commence au coeur de l’action, on ne comprend pas de suite les tenants et les aboutissants de l’histoire mais qu’importe, ça avance et on est emportés par le feu de l’action, on apprend sur le tas. C’est sans doute le gros gros point fort de ce livre : pas de descriptions assommantes pour poser le décor, on voit les choses de l’intérieur, avec tout le parti pris que cela suppose, ce qui rend la lecture très dynamique. Le style agréable et varié ne gâche rien à l’affaire.

         Pour ce qui est de l’histoire en elle-même, la base est classique : le Bien contre le Mal. Ce qui est plus original c’est que les héros ne se positionnent pas vraiment. Ils sont mercenaires, l’idéologie ne rentre pas en ligne de compte pour eux. Ils sont donc du côté qui paie le mieux (ou qui veut bien les embaucher). Cet aspect amoral me ravit, ça nous évite les sempiternelles leçons de moral qu’on nous sert habituellement dans ce genre d’ouvrages. Pour le reste, le tout se tient bien, la trame est très bien construite et avance rapidement, sans jamais vouloir trop en dire. J’aime particulièrement ces zones d’ombre qui laissent un peu de place à l’imagination. On se laisse très vite prendre à ce livre et très vite on ne peut plus le lâcher.

Prenons les petits enfants. A de rares exceptions près, ils sont mignons, adorables, de vrais amours, aussi doux que du miel battu au beurre. Alors d’où viennent tous les êtres malfaisants ?

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T’as que deux façon de t’éclipser avant la fin de notre contrat. Mort ou les pieds devant.

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Le Mal dépend de quel côté on se trouve, de quel côté on pointe son doigt accusateur.

Mes lectures

Top ten tuesday (17/07)

        Top Ten Tuesday, un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Initialement créé par The Broke and the Bookish, il est désormais repris en français par Iani et son carnet de lecture.

Cette semaine, le thème est :

Les 10 passages de livres que vous n’oublierez jamais

1 – Entre autres passages épiques, le moment où Frodon tente d’échapper à l’oeil de Sauron après un interminable périple et détruit l’anneau in extremis dans Le Seigneur des Anneaux (de JJR Tolkien), sonnant ainsi la fin d’un royaume de ténèbres. Je n’ai pas pu trouver le bon passage mais voici tout de même la conclusion qui en découle :

« Le royaume de Sauron est fini ! dit Gandalf. Le Porteur de l’Anneau a accompli sa Quête. » Et comme les Capitaines contemplaient au sud le Pays de Mordor, il leur sembla que, noire sur le voile de nuages, s’élevait une ombre, impénétrable, couronnée d’éclairs, qui remplit tout le ciel. Elle se dressa, énorme, sur le monde et étendit vers eux une vaste et menaçante main, terrible mais impuissante ; car, au moment où elle se penchait sur eux, un grand vent la saisit, tout fut emporté et disparut ; et un silence tomba.

2 – La description du hêtre dans Un roi sans divertissement (Jean Giono). Bien des passages de ce livre sont de toute beauté, mais celui-là m’a particulièrement marquée et j’y pense chaque fois que je vois un hêtre majestueux.

Et, à l’automne, avec ses longs poils cramoisis, ses mille bras entrelacés de serpents verts, ses cent mille mains de feuillages d’or jouant avec des pompons de plumes, des lanières d’oiseaux, des poussières de cristal, il n’était vraiment pas un arbre. Les forêts, assises sur les gradins des montagnes, finissaient par le regarder en silence. Il crépitait comme un brasier ; il dansait comme seuls savent danser les êtres surnaturels, en multipliant son corps autour de son immobilité ; il ondulait autour de lui-même dans un entortillement d’écharpes, si frémissant, si mordoré, si inlassablement reprétri par l’ivresse de son corps qu’on ne pouvait plus savoir s’il était enraciné par l’encramponnement de prodigieuses racines ou par la vitesse miraculeuse de la pointe de toupie sur laquelle reposent les dieux. Les forêts, assises sur les gradins de l’amphithéâtre des montagnes, dans leur grande toilette sacerdotale, n’osaient plus bouger. Cette virtuosité de beauté hypnotisait comme l’oeil des serpents ou le sang des oies sauvages sur la neige. Et, tout le long des routes qui montaient ou descendaient vers elle, s’alignait la procession des érables ensanglantés comme des bouchers.

3 – Le suicide d’Anna Karenine dans le roman éponyme (Léon Tolstoï). Quelle superbe ! quelle fin ! Un grand moment de littérature que ce passage sous un train.

Elle eut le temps d’avoir peur. « Où suis-je ? Pourquoi ? » pensa-t-elle, faisant un effort pour se rejeter en arrière, mais une masse énorme, inflexible, la frappa sur la tête, et l’entraîna par le dos. « Seigneur, pardonne-moi ! », murmura-t-elle sentant l’inutilité de la lutte.

4 – Le moment où Martin Eden se rend compte (dans le roman du même nom, signé Jack London) qu’il ne se sent plus à sa place nulle part : sans manière pour la bourgeoisie et trop changé par la culture pour supporter la compagnie de ses anciens camarades. Un des plus beaux éclairs de lucidité de la littérature.

Il se sentit soudain très vieux, terriblement plus vieux que ses insouciants compagnons du temps passé. Il avait voyagé loin, trop loin pour pouvoir revenir. Leur manière de vivre, qui avait été un jour la sienne, lui déplaisait à présent. Tout le désappointait : il était devenu un étranger. De même que la bière lui semblait râpeuse, leur société lui semblait grossière. Il avait trop évolué. Trop de livres ouverts les séparaient. Il avait voyagé si loin au pays de l’intelligence qu’il ne pouvait plus revenir en arrière. D’autre part, son besoin bien humain de camaraderie demeurait insatisfait. Il n’avait pu se faire un foyer nouveau. De même que ses copains d’antan ne pouvaient le comprendre, ni sa propre famille, ni la bourgeoisie –de même cette fille, assise à coté de lui et qu’il estimait beaucoup, était incapable de le comprendre, ni de comprendre le sentiment qu’il avait pour elle. En y réfléchissant, sa tristesse s’imprégnait d’amertume.

5 – Les descriptions de Mona, dont Grange tombe amoureux dans Un balcon en forêt (Julien Gracq), plus belles les unes que les autres.

Quand Mona s’éveillait, avec cette manière instantanée qu’elle avait de passer de la lumière à l’ombre (elle s’endormait au milieu d’une phrase, comme les très jeunes enfants), cinglé, fouetté, mordu, étrillé, il se sentait comme sous la douche d’une cascade d’avril, il était dépossédé de lui pour la journée; mais cette minute où il la regardait encore dormir était plus grave: assis à côté d’elle, il avait l’impression de la protéger.

6 – L’histoire d’un homme inconnu (Andreï Makine). Il y a deux passages que j’aime particulièrement dans ce livre : celui où le narrateur prend conscience d’être un étranger dans son propre pays et celui-ci. Un homme découvre que sa femme est morte en déportation alors qu’il tenait depuis de longues années la promesse qu’il li avait faite de penser à elle chaque soir en regardant le ciel. Voici un extrait de ce passage :

Dans tout ce qu’il avait vécu il n’y avait de vrai que ce ciel regardé, peut-être au même moment, par deux être qui s’aimaient.

7 – La séparation de Titus et Bérénice dans Bérénice de Racine.

Dans un mois, dans un an, comment souffrirons-nous ?
Seigneur, que tant de mers me séparent de vous ?
Que le jour recommence, et que le jour finisse,
Sans que jamais Titus puisse voir Bérénice,
Sans que de tout le jour je puisse voir Titus ?

8 – Le suicide de Kirilov dans Les démons de Dostoïevski et sa réflexion sur la religion.

Enfin tu as compris ! s’ écria Kirilov avec enthousiasme. C’ est donc qu’on peut comprendre si même quelqu’un comme toi as compris ! Tu comprends maintenant que le seul salut pour tous est de prouver cette idée à tout le monde. Qui la prouvera ? Moi ! Je ne comprends pas comment jusqu’ à présent un athée pouvait savoir que Dieu n’ existe pas et ne pas se tuer aussitôt. Reconnaître que Dieu n’ existe pas et ne pas reconnaître du même coup qu’on est soi-même devenu dieu est une absurdité, autrement on se tuerait inévitablement.Si tu le reconnais, tu es un roi et tu ne te tueras plus mais tu vivras dans la principale gloire. Mais seul celui qui est le premier doit absolument se tuer, sinon qui commencerait et qui prouverait ? C’ est moi qui me tuerai absolument pour commencer et pour prouver. Je ne suis encore dieu que malgré moi et je suis malheureux car j’ ai le DEVOIR d’ affirmer ma propre volonté. Tous sont malheureux parce que tous ont peur d’ affirmer leur volonté.

9 – La tirade d’Antigone face à Créon dans l’Antigone d’Anouilh.

Comprendre… Vous n’avez que ce mot-là dans la bouche, tous, depuis que je suis toute petite. Il fallait comprendre qu’on ne peut pas toucher à l’eau, à la belle et fuyante eau froide parce que cela mouille les dalles, à la terre parce que cela tache les robes. Il fallait comprendre qu’on ne doit pas manger tout à la fois, donner tout ce qu’on a dans ses poches au mendiant qu’on rencontre, courir, courir dans le vent jusqu’à ce qu’on tombe par terre et boire quand on a chaud et se baigner quand il est trop tôt ou trop tard, mais pas juste quand on en a envie ! Comprendre. Toujours comprendre. Moi, je ne veux pas comprendre. Je comprendrai quand je serai vieille. (Elle achève doucement.) Si je deviens vieille. Pas maintenant.

10 – La rupture de Valmont avec la Présidente de Tourvel dans Les liaisons dangereuses (Choderlos de Laclos).

On s’ennuie de tout, mon Ange, c’est une loi de la nature ; ce n’est pas ma faute.
Si donc je m’ennuie aujourd’hui d’une aventure qui m’a occupé entièrement depuis quatre mortels mois, ce n’est pas ma faute.
Si, par exemple, j’ai eu juste autant d’amour que toi de vertu, et c’est sûrement beaucoup dire, il n’est pas étonnant que l’un ait fini en même temps que l’autre. Ce n’est pas ma faute.
Il suit de là, que depuis quelques temps je t’ai trompée : mais aussi, ton impitoyable tendresse m’y forçait en quelque sorte ! Ce n’est pas ma faute.
Aujourd’hui, une femme que j’aime éperdument exige que je te sacrifie. Ce n’est pas ma faute.
Je sens bien que te voilà une belle occasion de crier au parjure : mais si la nature n’a accordé aux hommes que la constance, tandis qu’elle donnait aux femmes l’obstination, ce n’est pas ma faute.
Crois moi, choisis un autre amant, comme j’ai fait une autre maîtresse. Ce conseil est bon, très bon ; si tu le trouves mauvais, ce n’est pas ma faute.
Adieu, mon ange, je t’ai prise avec plaisir, je te quitte sans regret : je reviendrai peut-être. Ainsi va le monde. Ce n’est pas ma faute.

          Il y a tant de scènes marquantes dans la littérature, comment s’en tenir à 10 ? Le choix est forcément artificiel. On ne peut qu’en oublier ! Parmi les absents, le moment où on découvre le projet fou de celui qui détruit les tableaux dans Clara et la pénombre (Somoza), un moment d’une rare intensité dramatique. Ou encore la bagarre des deux frère dans les Deux cavaliers de l’orage (Giono), d’une grande violence. Quelques magnifiques vers Baudelairiens, évidemment !  Parmi les histoires très fortes, on peut également citer Le dit de Tianyi (François Cheng) et les retrouvailles des amis en déportation. Mais aussi le moment de la révélation dans La musique d’une vie (Andréï Makine) ou celle, tout aussi marquante, dans Quatre soldats (Mingarelli). Sans oublier les fous rires à la lecture de certains passages de Même le mal se fait biende Michel Folco. La liste pourrait encore être longue.

Et vous, quels sont les passages en littérature qui vous ont le plus marqué ?

Mes lectures

Purge, de Sofi OKSANEN

          Un matin, la vieille Aliide trouve dans  la cour de sa petite ferme estonienne une jeune fille apeurée, Zara. La jeune fille ne semble pas arrivée là tout à fait par hasard. Fait-elle partie de la mafia ? est-elle venue tendre un piège à la vieille femme ? Et Aliide, est-elle si généreuse qu’il y paraît ? Pourquoi refuse-t-elle de quitter sa maison ? Chacune garde jalousement les secrets que l’autre cherche à découvrir.

          J’avais entendu parler tant et plus de ce livre. Une telle unanimité quant à sa qualité, venant de personnes très différentes (et pas toujours très fiables en matière de jugement littéraire), m’avait quelque peu laissée perplexe. J’avais donc décidé de laisser décanter tout ça avant de m’y mettre moi aussi. La première surprise est venue du style. Un peu sec, bancal parfois, en un mot pas terrible. Pas mauvais non plus cela dit, mais assez banal et un peu âpre. L’histoire quant à elle commence assez mal et sent à plein nez les bons sentiments…

          Et c’est là que ce livre est génial ! L’auteur échappe à toutes les conventions et nous livre un récit aussi inattendu que cruel. On s’attache peu à peu à ces personnages, en même temps qu’on découvre l’horreur des secrets qu’elles gardent jalousement. La nature humaine n’est décidément pas belle à voir. Je ne vous raconte pas l’histoire, ce serait dommage, mais le tableau se noircit peu à peu, nous laissant toujours un peu plus stupéfaits. Les retours en arrière, mêlant différentes époques, est particulièrement agréable. Une histoire brillamment menée qui mérite le Femina étranger.

Elle inspira si profondément qu’elle se fit mal aux poumons. Elle s’était trompée. Le soulagement lui coupa les jambes et elle trébucha sur les marches.

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La veille; Aliide avait rincé ses cheveux au vinaigre, ils brillaient dans la pénombre, et elle essaya de donner à ses yeux l’air innocent du veau nouveau-né, sans défense et sans repère, de nature à allumer tout de suite chez Martin le désir de lui apprendre à voir, pour que Martin trouve en elle un terrain fertile où semer ses paroles.