Mes lectures

Les mystères de Larispem, Lucie Pierrat-Pajot

Le sang n’oublie jamais

Dans cette Cité-État indépendante où les bouchers constituent la caste forte d’un régime populiste, trois destins se croisent… Liberté, la mécanicienne hors pair, Carmine, l’apprentie louchébem et Nathanaël, l’orphelin au passé mystérieux. Tandis que de grandes festivités se préparent pour célébrer le nouveau siècle, l’ombre d’une société secrète vient planer sur la ville. Et si les Frères de Sang revenaient pour mettre leur terrible vengeance à exécution ?

Couverture du roman Le sang n'oublie jamais, Lucie Pierrat-Pajot

Ce roman ado traînait depuis un moment dans ma bibliothèque et je l’avais totalement oublié. En le retrouvant j’ai décidé de le sortir aussitôt. Bien m’en à pris parce que j’ai beaucoup aimé cette lecture qui a gagné le concours du premier roman jeunesse organisé par Gallimard, RTL et Télérama. Ce premier tome a pour titre Le sang n’oublie jamais. J’ai adoré l’univers construit par l’auteur, fait d’automates et des constructions spectaculaires. Un monde inspiré de Jules Verne qui en est d’ailleurs la figure tutélaire. J’ai trouvé la société que l’autrice met en place très bien construite, c’est sans nul doute l’un des points forts de ce récit.

Un Paris steampunk dans lequel l’autrice imagine une toute autre issue à la Commune. Les trois jeunes héros sont attachants. Ils ont des caractères bien différents qui peuvent permettre au lecteur de se retrouver dans l’un ou l’autre assez facilement. L’histoire allie aventure et suspens, mais sans pour autant laisser totalement de côté les affres adolescents. Des aspects politiques et sociaux sont également abordés. C’est intelligent et bien écrit. Une aventure très bien rythmée où l’on n’a pas le temps de s’ennuyer. J’ai beaucoup aimé ce roman original et efficace dont j’espère bien lire prochainement la suite de cette trilogie.

Portrait de Lucie Pierrat Pajot

La beauté, que ce soit celle de l’art ou de la technique, doit appartenir à tous.

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C’est dans la boue des événements les plus dramatiques que se trouvent les graines fertiles de l’amélioration de la société et du monde.

Mes lectures

De pierre et d’os, Bérengère Cournut

          Dans ce monde des confins, une nuit, une fracture de la banquise sépare une jeune femme inuit de sa famille. Uqsuralik se voit livrée à elle-même, plongée dans la pénombre et le froid polaire. Elle n’a d’autre solution pour survivre que d’avancer, trouver un refuge. Commence ainsi pour elle, dans des conditions extrêmes, le chemin d’une quête qui, au-delà des vastitudes de l’espace arctique, va lui révéler son monde intérieur.

          J’ai eu ce roman à Noël et cette première lecture de 2020 aura été un énorme coup de cœur. Dès les premières lignes, je suis tombée amoureuse du style, très poétique et un peu âpre à la fois. Il nous plonge dans un monde à part, un monde dur et inhospitalier où mythe et réalité se rencontrent. C’est terriblement beau. Je crois que j’aurais pu lire indéfiniment juste pour le plaisir de me laisser bercer par cette mélopée. Mais si le style m’a bouleversée, l’histoire n’est pas en reste !

Couverture du roman De Pierre et d'os

          Je ne connaissais quasiment rien aux traditions inuites et à leur mode de vie, à part un ou deux documentaires à la télé. J’avais tout à apprendre et j’ai été fascinée par ce que j’ai découvert. Je me suis toujours intéressée aux modes de vies traditionnels, aux croyances et habitudes différentes des miennes, particulièrement lorsque les conditions de vie sont difficiles. Je trouve toujours intéressant de voir comment l’humain parvient à s’adapter à un environnement inhospitalier.

          Le récit suit le parcours d’une jeune femme. Elle échappe de peu à la mort et un long chemin semé d’embûches l’attend. A travers elle on découvre un peu le mode de vie inuit, à la fois dans les aspects pratiques (la construction des campements ou l’alimentation par exemple), les traditions mais aussi les légendes qui se mêlent au quotidien. Un aspect que j’ai particulièrement apprécié, qui est très présent, la frontière entre le monde des esprits et celui des humains étant souvent un peu flou dans le récit, ce qui ajoute encore à la poésie de ce texte.

          J’ai lu ce roman quasi d’une traite, difficile de le refermer une fois qu’on s’est glissés dans ses pages. Intelligent, bien écrit, visiblement très bien documenté, ce texte m’a séduite tant par le fond que par la forme. Sans doute tout le monde n’accrochera-t-il pas avec cet univers et ce ton si particuliers mais je doute que ce roman puisse laisser indifférent. Un texte fort, poignant, poétique, une voix qui sort du lot et m’a bouleversée.

Portrait de Bérengère Cournut, auteur

Nous découvrons ensemble, avec la même joie, le même émerveillement, le tout nouveau manteau de neige. Désormais, le jour naît de la terre. La faible clarté du ciel est généreusement reflétée par une infinité de cristaux. La neige tombée durant la nuit est si légère qu’elle semble respirer comme un énorme ours blanc.

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Être un poids pour la banquise, c’est une chose ; être un poids pour soi-même et le groupe, c’en est une autre – qui n’est pas souhaitable.

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Nous devons maintenant inventer la nuit qui vient.

Mes lectures

50 façons de dire fabuleux, Graeme Aitken

Billy Boy a 12 ans et vit en Nouvelle-Zélande avec ses parents fermiers. Billy s’évade dans un monde imaginaire où il se métamorphose en la belle Judy Robinson, l’héroïne de « Perdus dans l’espace », sa série télévisée préférée. Mais avec l’adolescence, cet univers kitsch et illusoire ne tarde pas à s’effondrer. Victime de la brutalité de ses coéquipiers de rugby, confronté à des problèmes de poids, tiraillé entre son attirance pour les garçons et un fort sentiment de culpabilité, Billy ne sait plus où donner de la tête. Il comprendra vite qu’il n’est pas toujours facile de grandir.

Couverture du roman 50 façons de dire fabuleux de Graeme Aitken

Depuis quelques temps, je m’intéresse un peu à la littérature néo-zélandaise, c’est comme ça que je suis tombée sur ce roman. Le résumé me tentait bien, c’était traduit en français, il ne m’en fallait pas plus pour me lancer. Et j’ai vraiment beaucoup aimé. J’ai de suite adoré le style, drôle et enlevé. C’est léger, plein d’auto-dérision, tendre aussi. J’ai immédiatement été sous le charme. Quant à l’histoire, elle nous plonge dans la Nouvelle-Zélande profonde et ses fermes reculées. Autant dire que ce n’est pas franchement l’endroit idéal pour un jeune garçon qui découvre son homosexualité.

Quelque chose dans ce roman m’a un peu rappelé Courir avec des ciseaux, roman pour lequel j’avais développé une véritable passion il y a quelques années et que j’ai offert à tour de bras. On y retrouve un peu le même esprit, le même humour vif, le même genre de personnage décalé. En moins exacerbé et déjanté toutefois. Le personnage est très attachant on s’inquiète rapidement de savoir comment il va bien pouvoir survivre à son adolescence qui s’annonce pour le moins compliquée.

Portrait de Graeme Aitken

Au fur et à mesure que le récit avance, il perd en légèreté mais gagne une forme de mélancolie, celle d’une enfance heureuse où tout semblait encore facile. J’ai beaucoup aimé cette peinture de la Nouvelle-Zélande des années 50 avec une galerie de personnages hauts en couleurs qui semblent à l’étroit dans ce paysage de champs à perte de vue. Les sentiments ambivalents du jeune garçon sont décrits avec beaucoup de juste. C’est drôle et tendre et tendre à la fois. Touchant, bien souvent. Un très beau portrait d’adolescent en décalage avec son entourage qui part à la recherche de son identité.

Mes lectures

Les trois mousquetaires, Alexandre Dumas

Aux trois gentilshommes mousquetaires Athos, Porthos et Aramis, toujours prêts à en découdre avec les gardes du Cardinal de Richelieu, s’associe le jeune gascon d’Artagnan fraîchement débarqué de sa province avec pour ambition de servir le roi Louis XIII.
Engagé dans le corps des mousquetaires, d’Artagnan s’éprend de l’angélique Constance Bonacieux.
En lutte contre la duplicité et l’intrigue politique, les quatre compagnons trouveront en face d’eux une jeune anglaise démoniaque et très belle, Milady, la redoutable espionne du Cardinal.

Les trois mousquetaires

Dernière lecture de cette série de découverte des grands classiques. On revient en France avec Alexandre Dumas. De lui, je n’avais lu que Le comte de Monte Cristo qui m’avait moyennement convaincue. Bien que comme tout le monde je connaisse l’histoire des Trois mousquetaires grâce aux nombreuses adaptations, je n’étais donc pas très sure d’apprécier cette lecture. Finalement, je me suis très rapidement laissé prendre par cette histoire riche en rebondissements. C’est de dire que c’est prenant ! On comprend sans peine l’énorme succès que connaît le roman aujourd’hui encore.

L’écriture est enlevée et très agréable et les personnages hauts en couleurs sont attachants. L’espièglerie et la fougue de d’Artagnan sont particulièrement délectables mais ses camarades ne sont pas en reste, avec chacun son style bien distinct. C’est un régal de suivre leurs nombreuses aventures. De plus, le contexte historique est passionnant, ce qui ne gâche rien à l’affaire. Le récit est bien construit et rondement mené. L’Histoire se mêle habilement aux intrigues personnelles parvenant toujours à garder le lecteur en haleine. Seul bémol, quelques longueurs dans le dernier tiers qui m’a moins emballée. Heureusement, on retrouve presque sur la fin le rythme du début, histoire de finir en beauté. Ce texte n’a pas volé son statut de grand classique du récit de cape et d’épée ! C’est foisonnant, riche, absolument palpitant.

Portrait d'Alexandre Dumas

En général, on ne demande de conseils, disait-il, que pour ne les pas suivre ; ou, si on les a suivis, que pour avoir quelqu’un à qui l’on puisse faire le reproche de les avoir donnés.


Nous disons, nous : « Fier comme un Écossais », murmura Buckingham.
Et nous disons, nous : « Fier comme un Gascon », répondit d’Artagnan. Les Gascons sont les Écossais de la France. »


La vie est un chapelet de petites misères que le philosophe égrène en riant.

Mes lectures

Sherlock Holmes, Arthur Conan Doyle

Comment l’horrible mendiant à la lèvre retroussée s’est-il débarrassé du cadavre de Neville Saint-Clair ? Quelle est la redoutable bande mouchetée qui tue sans bruit ? Que cache le stupéfiant rituel de la vieille famille des Musgrave ? Et qui a coupé le pouce de l’ingénieur ? Pour résoudre ces énigmes, le détective Sherlock Holmes et le docteur Watson ont besoin de toute leur intelligence, de leur sang-froid… et de leur courage !

Couverture des aventures de Sherlock Holmes

J’ai fini l’année avec un autre très grand classique du roman à énigmes : Sherlock Holmes. Si j’avais vu moultes adaptations en séries comme en films, je n’avais jamais lu ses aventures. Il fallait réparer cette erreur. J’avais hésité à le tenter en anglais mais ça avait l’air compliqué, je suis donc restée sur la version française. J’ai bien fait, c’est assez difficile comme langue, délicieusement désuet.

Ce n’est pas vraiment un roman mais plutôt une succession de nouvelles qui pourraient tout à fait se lire de manière indépendante, même s’il est parfois allusion à des éléments d’une ancienne enquête, ça reste anecdotique. J’ai bien aimé ce format où en 1/2h on peut découvrir une nouvelle histoire. Pas étonnant que ç’ait été largement adaptée en série, le format s’y prête tout à fait.

Les intrigues sont tordues à souhait et semblent inextricables sans l’incomparable génie de Sherlock Holmes qui par ailleurs est terriblement arrogant et en tous points antipathique. Watson est toujours très en retrait et semble lui servir uniquement de faire valoir. Je n’aurais pas été contre des personnages plus nuancés. Toutefois les enquêtes sont un vrai régal et j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir ce grand classique de la littérature anglaise.

Portrait d'Arthur Conan Doyle

Et l’auteur de la lettre est un allemand. Avez-vous remarqué la construction particulière de la phrase: « Les renseignements sur vous nous sont de différentes sources venus » ? Ni un français, ni un russe ne l’aurait écrite ainsi. Il n’y a qu’un allemand pour être aussi discourtois avec les verbes.

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Notre visiteur présentait tous les signes extérieurs d’un commerçant britannique moyen : il était obèse, il pontifiait, il avait l’esprit lent.