Archives de Tag: acrobaties

Cuisine et confessions

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          Je vous en ai déjà parlé ici et , depuis que j’ai découvert la compagnie québécoise Les sept doigts de la main, je suis instantanément tombée amoureuse. J’avais adoré Traces. J’avais ri, j’avais été impressionnée et clairement j’en suis ressortie en me disant que même si la mise en scène était parfois un peu brouillon, c’était le meilleur spectacle de cirque que j’avais jamais vu – et de loin ! Je le pense toujours d’ailleurs. J’ai vu des mises en scènes plus léchées, des spectacles plus décalés encore, des numéros plus impressionnants… Mais un spectacle qui allie à la fois une telle variété, un tel dynamisme, un tel niveau de performance et de l’humour en prime, ça non, je n’ai pas trouvé.

Affiche de Cuisine et confessions

          Quand j’ai entendu dire qu’ils avaient un spectacle sur la cuisine, j’ai aussitôt regardé les dates. A l’époque, le plus près était un festival en Belgique. Entre le transport, le logement et le prix des billets ça faisait un sacré budget. Ca me démangeait (très fort même) mais au prix d’un effort surhumain, j’ai décidé d’être raisonnable. Quand j’ai appris qu’ils passaient à Paris et que deux invitations m’attendaient, j’étais au comble du bonheur. Je pense que mes cris de joie résonnent encore aux oreilles de mes pauvres voisins. Parce que je vous le dis, pour moi, Cuisine et confessions et sans hésiter le spectacle de cette fin d’année ! La troupe que nous avons vue n’est pas tout à fait celle des photos, ça change souvent dans la compagnie. Ca n’a pas grande importance mais je tenais toutefois à le signaler pour les plus pointilleux.

Cuisine et confessions

          Évidement, j’aurais pu être déçue. C’est le risque quand on attend quelque chose avec une telle impatience. Et bien pas-du-tout. J’ai une fois de plus adoré. Je ne sais pas si je ne le mettrais pas en n°1 dans mon cœur même… Tout n’était pas parfait, il y a eu pas mal de petits ratés dans cette représentation (je remarque que c’est souvent le cas pour les 1e, même quand le spectacle tourne déjà depuis longtemps et c’est peut-être dû aussi aux changements dans la troupe). Mais ça allie cirque et cuisine, avec un décor qui a forcément tout pour me plaire et qui une fois de plus s’avère très ingénieux : comment je pourrais résister ? C’est bien simple, je ne peux pas et au bout de 5 min je me prenais déjà à rêver d’une coloc avec des gens qui feraient des acrobaties dans notre cuisine géante tout en discutant et cuisinant. C’est un joyeux bordel à la bonne humeur communicative. J’ai trouvé la musique très bien choisie et comme chaque fois j’ai été admirative de leur inventivité.

Cuisine et confessions

          Malgré quelques petits ratés, j’ai beaucoup aimé le numéro d’acrobaties où ils sautent dans des cerceaux (admirez la précision du style, je n’ai aucune idée de comment on appelle ça). Le numéro de diabolo est assez dingue aussi et… endiablé ! Un des meilleurs que j’aie pu voir. Mais mon numéro favori a sans doute été celui de tissus. C’est souvent assez lent mais là il est très bien amené, dynamique, poétique, et très impressionnant. Je n’en avais jamais vu d’aussi réussi. S’il y a quelques temps morts, dans l’ensemble le spectacle est très rythmé. Il y a de l’humour mais aussi pas mal d’émotion. Chaque artiste raconte son rapport à la cuisine et certains témoignages sont assez poignants. Chaque spectacle de la compagnie intègre en partie l’histoire de ses artistes et j’ai trouvé que c’était celui où cette partie était la plus réussie. On repart avec l’impression de les connaître un peu. Maintenant j’ai encore plus envie d’aller voir les autres spectacles de la troupe il paraît qu’il y en a un qui passe à Moscou en ce moment… A moins que je ne retourne voir celui-ci pour Noël ? J’ai ri, j’ai été émue, j’ai été impressionnée : ce spectacle m’a totalement conquise : courrez-y !

Cuisine et confessions
Les 7 doigts de la main

Bobino
14-20 rue de la Gaîté
75014 Paris

Jusqu’au 12 janvier 2019
De 16 à 58€

Réversible : les 7 doigts de la main au Bataclan

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          L’année dernière, j’étais tombée sous le charme de Traces. Je découvrais les 7 doigts de la main, leur inventivité et leur sens de la performance. C’avait été un véritable coup de foudre. A ce jour sans doute le meilleur spectacle de cirque que j’ai pu voir (et pourtant j’en ai vu quelques uns !). Un émerveillement de chaque instant. Quand j’ai su qu’ils présentaient à Paris leur nouveau spectacle, je me suis jetée sur l’occasion. Je ne vous raconte pas à quel point j’étais surexcitée ! Cette fois, ce n’est pas à Bobino que ça se passe mais au Bataclan. Je n’avais jamais eu l’occasion d’y aller et j’avoue que ça a quand même été un gros moment d’émotion. Difficile d’oublier les événements qui s’y sont déroulés. La salle flambant neuve a été refaite à l’identique. Elle est magnifique.

cirque Bataclan

         Le spectacle se construit autour d’un hommage aux grands-parents (que j’ai parfois eu un peu de mal à suivre mais on s’en fiche dans l’ensemble c’est assez touchant), dans un univers un peu vieillot. Le décor est assez simple en apparence mais très bien exploité, il sert de support à tous les numéros ou presque et est en constante évolution, donnant beaucoup de mouvement et de rythme au spectacle. Au début j’ai eu peur de ne pas trop accrocher mais finalement, après quelques minutes, je me suis laissée séduire . On est moins dans la performance que dans Traces, ce qui pour tout dire m’a un peu déçue : leurs numéros de main à main étaient tellement beaux ! Mais bon, si les acrobaties sont moins spectaculaires, ça n’en reste pas moins du très haut niveau.

cirque Bataclan

         Les numéros sont variés avec quelques acrobaties bien sûr mais aussi du jonglage, de la danse ou du hula-hoop. Ca semble tellement facile qu’on en oublierait presque à quel point ce qu’ils accomplissent est incroyable. C’est beau, c’est poétique et la mise en scène est très soignée. Il y a également une grande attention portée au choix de la musique qui est très entraînante. Les deux heures de spectacle passent à une vitesse folle. On est émerveillés de bout en bout par les numéros qui s’enchaînent à un rythme infernal. On retrouve à la fois l’énergie et l’inventivité du précédent spectacle mais dans quelque chose de totalement différent. Il y a dans ce spectacle de l’humour, du rythme, de la poésie, de l’ingéniosité et beaucoup, beaucoup de talent. Un grand moment.

reversible affiche

Réversible

Les 7 doigts de la main

Bataclan
50 boulevard Voltaire
75011 Paris

Jusqu’au 1° avril 2017

Places de 25 à 60€

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Le cirque Le Roux s’invite à Bobino

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          L’année dernière, j’avais eu la chance d’avoir deux invitations pour du cirque à Bobino avec la compagnie Les 7 doigts de la main. C’avait été un véritable coup de foudre ! Je crois bien que c’est le plus beau spectacle de cirque qu’il m’ait été donné de voir. Simplement magnifique. Quand cette année j’ai entendu parler du cirque Le Roux, dont les membres ont justement appartenu – entre autres – à la compagnie Les 7 doigts de la main, et qui se produisent à Bobino, forcément, j’ai eu très envie de découvrir leur univers. Je m’étais un peu renseignée sur internet et les images qui j’avaient vu, avec un style rétro en noir et blanc, me faisaient terriblement envie. Je remercie donc infiniment leur attachée de presse de m’avoir donné l’occasion d’aller les voir (et de m’avoir offert une place en or !).

Cirque Le Roux, Bobino

Cirque Le Roux ©Francesca Torracchi

          L’arrivée des acrobates sur scène m’a fait forte impression. La mise en scène est très soignée, la lumière est très travaillée et les costumes réussis. Le cadre semble être en noir et blanc, on se croirait dans un vieux film américain. Il y a d’ailleurs un générique de début qui finit de nous plonger dans cette ambiance. Je m’attendais donc à en prendre plein la vue pendant un peu plus d’une heure. Malheureusement, le début m’a un peu déçue. J’ai trouvé qu’il y avait un problème de rythme. La première moitié du spectacle tient plus du théâtre que du cirque. Ca parle pas mal, ça crie, ça gesticule, tout ce que je déteste. On est dans le vaudeville surjoué, un humour potache qui me laisse de marbre (et encore, je suis gentille…). Je me suis même dit que si je n’avais pas été au beau milieu d’une rangée, je serais certainement partie. Heureusement que la musique est très bien choisie. L’humour un peu lourd tranche avec le raffinement du cadre et surtout, c’est long, très long. Les meilleures blagues sont toujours les meilleures. Il faut dire aussi que je suis très peu réceptive à ce genre d’humour, autour de moi, le public riait aux éclats, on peut donc supposer que je suis juste une fois de plus la rabat-joie de service. Côté acrobaties, ça commence doucement mais on ne peut pas dire que ça s’enchaîne avec beaucoup de fluidité. C’est dommage parce qu’elles sont belles, très bien chorégraphiées, et surtout, l’humour muet qu’ils y pratiquent fonctionne à merveille, j’aurais aimé qu’ils jouent plus cette carte-là.

Cirque Le Roux, Bobino

Cirque Le Roux ©Francesca Torracchi

          Et puis, tout change. Le décor reste le même, toujours aussi élégant (avec même une petite surprise que j’ai trouvée magnifique), mais d’un coup les acrobaties s’enchaînent, le rythme est plus soutenu et surtout, qu’est-ce que c’est beau ! On en prend plein la vue. Certaines acrobaties sont très impressionnantes. Le porteur du groupe m’a sidérée, j’ai rarement vu pareil colosse, et sa stature permet des choses assez osées. On a l’impression que rien ne peut l’ébranler, il ne tremble à peu près jamais (même si les pyramides humaines ne valent pas celles de la compagnie XY). En revanche, j’ai été scotchée par un numéro d’équilibres particulièrement poétique puis par la dynamique d’une chorégraphie à quatre où les acrobaties s’enchaînent sur un rythme effréné. Le spectacle se finit sur un numéro de mat très réussi. Si individuellement les artistes ne sont pas les meilleurs que j’ai vus dans la discipline, en groupe, ils font des merveilles. Ils signent tour à tour la descente la plus élégante qu’il m’ait été donné de voir, puis la plus impressionnante. Finalement, malgré un petit passage à vide, j’ai beaucoup aimé ce spectacle. J’ai rarement vu pareil sens de la mise en scène ! Je n’ai pas trop accroché avec l’humour de la partie plus théâtrale du début mais j’ai apprécié qu’il y ait un réel fil conducteur, qui fonctionne d’ailleurs très bien. Un spectacle très bien pensé qui manque un peu de rythme au début mais se rattrape largement sur la longueur. Des acrobaties impressionnantes dans un décor splendide : un spectacle qui malgré quelques défauts sort largement du lot. A découvrir absolument !

Cirque Le Roux Bobino affiche

Cirque Le Roux
The Elephant in the room

Bobino
14-20 rue de la Gaîté
75014 Paris

Du 28 septembre au 31 décembre 2016

De 23 à 53€ la place

Traces : le spectacle à ne pas manquer

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          Quand on m’a contactée pour me proposer de voir ce spectacle, je ne savais pas vraiment de quoi il retournait. L’affiche ne me tentait pas du tout mais comme c’était du cirque et que j’adore ça, je suis allée voir la bande-annonce. On n’y voit pas grand chose à part que ça a l’air survolté. Ca a suffit à me convaincre d’y aller. Pour commencer, merci à Donaline de m’avoir proposé deux excellentes places que je n’aurais sinon pas eu les moyens de me payer. Les conditions idéales pour bien profiter du spectacle. J’étais encore avec mes béquilles (qui ne semblent pas vouloir me quitter) et le personnel s’est montré très prévenant. J’ai adoré ce spectacle et pourtant je ne sais pas trop comment en parler. C’est tellement foisonnant, j’ai l’impression que je vais forcément en oublier la moitié ! Commençons par dire que ce spectacle monté par la compagnie québécoise Les 7 doigts de la main rencontre un énorme succès depuis 10 ans et qu’il a été classé parmi les 10 meilleurs spectacles par le Time en 2011. Reconnaissance amplement mérité !

Traces, Les 7 doigts de la main, Bobino

Photo : Alexandre Galliez

          Sur scène, 7 acrobates enchaînent les prouesses. Je suis très vite rentrée dans l’univers de ce spectacle assez atypique. Le tout premier numéro m’a un peu rappelé le spectacle vu il y a peu de la compagnie XY : c’était pour le moins prometteur. Je craignais un côté un peu brouillon mais cet aspect-là disparaît très vite au profit de numéro d’une incroyable précision. Si on sent que chacun a sa discipline de prédilection, ils sont tous doués pour les choses les plus diverses (essentiellement de l’acrobatie quand même). J’ai été vraiment impressionnée par le niveau – global d’une part, mais aussi particulier, chacun faisant des prouesses en solo avec notamment un excellent numéro de diabolo, une utilisation du trapèze très originale et un numéro de mat époustouflant. Mais ma préférence va à un numéro d’équilibre plein de poésie où une jeune fille joue avec un énorme fauteuil, semblant chercher sans relâche la position idéale pour lire. Elle enchaîne les postures les plus improbables sans jamais quitter sa page des yeux : je ne pouvais qu’adorer, vous pensez bien !

Traces, Les 7 doigts de la main, Bobino

Photo : Alexandre Galliez

          Les artistes restent tous sur la scène durant tout le spectacle (qui dure quand même 1h45). Entre les numéros tous plus spectaculaires les uns que les autres, des intermèdes leur permettent de respirer un peu. On découvre ainsi des chansons, un peu de la vie de chacun – racontée avec beaucoup d’humour, ou de petites chorégraphies souvent assez drôles. Les caractères de chaque artiste sont exploités pour faire un fil conducteur qui fonctionne très bien. Ce spectacle est très écrit. Les numéros s’enchaînent à la perfection, les chorégraphies sont impeccables, il y a du rythme et beaucoup d’humour. Les lumières sont très belles et il y a une utilisation de la vidéo particulièrement intéressante. En plus d’être d’excellents acrobates, les artistes jouent aussi du piano ou de la guitare et pour certains ne chantent pas trop mal. Leurs talents combinés forment un tout explosif. J’en suis ressortie avec l’impression d’avoir vu dès le début du mois de mars le meilleur spectacle de l’année. Un spectacle qui allie acrobaties impressionnantes, inventivité et humour : à ne rater sous aucun prétexte !

Traces, Les 7 doigts de la main, affiche Bobino

Traces

Les 7 doigts de la main

Du 03 février au 23 avril 2016

De 26 à 58€

Bobino

14-20 rue de la Gaîté
75017 Paris

Du cirque contemporain comme s’il en pleuvait

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La 7° vague, Théâtre du Centaure

Bon, bon, bon… Je suis fort embêtée au moment de vous parler de ce spectacle. J’en attendais beaucoup. La photo de l’affiche est magnifique et ça me rappelait à première vue l »univers très sombre du spectacle de Bartabas que j’avais vue l’année dernière (ou celle d’avant, peu importe). Grave, grave erreur. Ayant fait de l’équitation pendant longtemps, je suis restée assez sensible aux spectacles équestres dont je ne me lasse jamais. Ca m’émerveille toujours de voir ce qu’on peut faire avec un cheval entre les doigts. Pourtant, cette fois, même avec beaucoup de bonne volonté, impossible de rentrer dans cet univers très particulier. Je ne devais pas avoir lu le résumé du spectacle (ou très mal) parce que je m’attendais à tout sauf à entendre parler trading. Le début est très lent avec une musique assez insupportable, c’est très très lent à démarrer. Ensuite, vient un long monologue sur le cours de la bourse qui m’a laissée pantoise. D’un point de vue des prouesses à cheval, j’ai également été déçue. Au début les chevaux ne servent pas à grand chose, les prouesses viennent plus tard avec quelques figures de haute école mais dans l’ensemble c’est un peu pauvre. Du côté des acteurs/cavaliers, ça m’a semblé inégal, l’un m’a paru bien meilleur que l’autre. Je n’ai pas bien compris où ce spectacle voulait en venir et je me suis ennuyée ferme de bout en bout. Une grosse déception.

La 7e vague

Les 7 planches de la ruse, Aurélien Bory

En allant voir ce spectacle, je m’attendais à quelque chose dans le style de ? que j’avais vu il y a quelque temps au 104. Je ne sais pas où j’étais aller chercher une idée pareille parce que ça n’a à peu près rien à voir… Enfin, il y a des jeux d’équilibre improbables dans les deux et ça passe au même endroit, ça a dû suffire à alimenter ma confusion. Peu importe. J’avoue avoir été assez étonnée par cette performance. Je dois admettre avoir mis un certain temps à comprendre cet univers un peu particulier. Les lumières sont très travaillées, avec un jeu de clair-obscur particulièrement intéressant. Le spectacle commence quasiment dans le noir, avec une joueuse de luth assise sur une espèce d’estrade en bois qui bouge peu à peu. On s’aperçoit au fur et à mesure que celle-ci est en réalité faite d’énormes morceaux de bois tel un tangram géant (ces 7 formes qu’on assemble pour en construire d’autres que j’adorais enfant et dont j’avais totalement oublié l’existence). A travers des tableaux qui rendent hommage à différents aspects de la culture chinoise, les artistes jouent avec l’espace. Ils semblent tellement à l’aise avec l’équilibre et la gravité qu’on en oublierait presque la difficulté. Si ce spectacle peut dérouter par sa lenteur extrême, il ne manque ni de beauté, ni d’humour, ni d’originalité. Un objet étrange à la croisée de plusieurs disciplines qui ne laisse pas indifférent.

Le 7 planches de la ruse

Il n’est pas encore minuit…, Compagnie XY

On passe cette fois à de l’acrobatie, ce qui est sans doute ce que je préfère en matière de cirque. La troupe est assez nombreuse et j’ai trouvé le début plutôt brouillon. Il évoque une scène de bagarre qui m’a mise un peu mal à l’aise. Fort heureusement, après quelques minutes d’introduction que je n’ai pas trop aimées, les acrobaties s’enchaînent et on ne peut être qu’ébloui. Il y en a dans tous les coins et j’avoue avoir eu un peu de mal à suivre dans un premier temps, je suis toujours déroutée quand il y a plusieurs choses à voir à la fois. Je m’y suis finalement habituée, d’autant plus que la disposition de la scène permet quand même d’avoir une jolie vue d’ensemble. Techniquement parlant, ce spectacle est l’un des plus impressionnant que j’aie eu l’occasion de voir. On est ébloui de bout en bout par leurs prouesses et par la déconcertante facilité avec laquelle ils semblent les accomplir. Ils semblent littéralement voler et enchaînent les acrobaties pour notre plus grand plaisir. La compagnie a un mode de fonctionnement horizontal : ses 22 membres doivent se mettre d’accord sur chaque aspect du spectacle. Autant dire que les discussions doivent parfois être compliquées ! C’est cela qu’il retranscrivent dans leur mise en scène : la bagarre d’abord, puis peu à peu des choses qui se mettent en place pour arriver à un résultat finalement harmonieux et un spectacle très abouti. Tout autant que par leurs performances, j’ai été impressionnée par le plaisir qu’ils semblaient prendre à être sur scène ensemble. C’est rare que ça saute à ce point au yeux. J’ai vraiment beaucoup aimé ce spectacle drôle, inventif et très beau. On en prend plein la vue de bout en bout. On en redemande !

Il n'est pas encore minuit

©Christophe Raynaud de Lage

Paris de nuit, Compagnie Recirquel

On change de registre avec ici quelque chose de relativement plus classique. On est en tout cas dans une petite troupe de cirque hongroise plus éclectique que les précédentes avec un spectacle qui rejoint un peu plus le cirque traditionnel. L’univers lui est celui du cabaret, pour un mélange de genres très réussi. Ce spectacle nous replonge dans les années folles avec une mise en scène inspirée par les photographies de Brassaï. Musique et danse y rencontrent des acrobaties parfois impressionnantes. Si le main à main déçoit comparé à celui de l’incroyable troupe XY, les funambules sont plutôt bons et il y a de très beaux numéros de tissus, cerceau ou mât. Les artistes parviennent à insuffler à ces tours de force beaucoup de poésie. Il y a également un excellent numéro clownesque dans les airs dont je ne vous parlerai pas plus pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte mais que j’ai vraiment adoré. Si les numéros sont un peu inégaux, aucun n’est raté ou ne détonne vraiment. La musique et la mise en scène très travaillées donnent un aspect particulièrement festif à l’ensemble. J’ai trouvé le tout très beau, tour à tour drôle, impressionnant ou poétique. On est très près de la scène et si on voit ainsi plus les défauts du spectacle, la possibilité de boire une coupe de champagne attablé à quelques centimètres à peine des artistes (tous plus beaux et souriants les uns que les autres) ajoute clairement au capital sympathie du spectacle, d’autant plus que le lieu est assez magique. Un spectacle original qui malgré quelques numéros en demi-teinte m’a souvent impressionnée et m’a séduite par sa mise en scène parfaitement maîtrisée. Un moment magique qu’on voudrait voir prolongé.

A découvrir jusqu’au 3 janvier au Cabaret Sauvage.

Paris de nuit