Cinéma

Gatsby le Magnifique

Drame autralo-américain de Baz Luhrmann avec Leonardo DiCaprio, Tobey Maguire, Carey Mulligan

20531934.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

          En 1922, Nick Carraway, apprenti écrivain, quitte son Middle West natal pour New-York. Il retrouve là-bas sa charmante cousine, Daisy, et Tom, son mari volage. Mais surtout, il va faire la connaissance de son nouveau voisin, Gatsby, un milliardaire aussi séduisant que mystérieux. 

Tournage du film "Gatsby le Magnifique". INF

          J’avais essayé de lire Gatsby le Magnifique il y a quelques années et je dois admettre que j’avais trouvé ce livre d’un ennui mortel, l’abandonnant même à ma grande honte à peine arrivée à la moitié… Je me suis que peut-être le film me permettrait de me rattraper, mettant des images hautes en couleurs et des airs de jazz sur les phrases assommantes qui ne m’évoquaient pas grand chose. Et puis DiCaprio en Gatsby, forcément, c’est vendeur ! J’ai attendu pour le voir qu’il passe en 2D et en VO à côté de chez mi, la 3D ne m’attirant pas du tout. Dès les premières images, j’ai été assez surprise par les couleurs ultra saturées qu’emploie le réalisateur. Certes, on imagine sans peine des myriades de couleur dans ces fêtes (ce qui faisait d’ailleurs partie de mes attentes) mais le gazon limite vert fluo, c’est un peu trop : de la mesure en toutes choses… Mais bon, Baz Luhrmann n’a visiblement que peu de goût pour la nuance.

gatsby-le-magnifique-the-great-gatsby-2012-9-g

           Si le film est assez spectaculaire visuellement (trop même), je l’ai surtout trouvé assez creux. Les acteurs ne sont pas folichons. Leonardo DiCaprio sort un peu du lot et campe un Gatsby assez séduisant et flirtant avec la folie, donnant une dimension intéressante au personnage, même si ce n’est pas son meilleur rôle. J’ai d’ailleurs tendance à penser que quand il joue sur son physique de jeune premier il devient étrangement lisse, perdant en route pas mal de son charme (ou serait-ce juste un problème personnel avec les physiques de papier glacé ?). Quant aux autres, ils sont bien fades et à peu près sans intérêt. Ceci dit, je trouve déjà les personnages terriblement lisses dans le roman… Bien sûr Gatsby, c’est avant tout une critique de cette société superficielle où seules les apparences comptent, mais le film mais sans doute plus l’accent sur le strass, les paillettes et le glamour que sur l’aspect sociologique, un peu vite esquissé. Toutefois, l’ambiance qui se charge peu à peu jusqu’à devenir franchement malsaine est très bien traitée. Un film agréable à regarder et très esthétique, doublé d’une adaptation assez fidèle mais qui manque sans doute un peu de consistance pour convaincre vraiment.

Série tv

Games of Throne (Le Trône de fer)

          Depuis fort longtemps, dans le Royaume des Sept Couronnes, l’équilibre des saisons est modifié : étés et hivers peuvent durer des années. Il est des hommes qui de leur vie n’auront connu qu’une saison. Aux portes du royaume, derrière un haut mur protégé par la Garde de Nuit, se tiennent des créatures maléfiques qui attendent leur heure. Après un été qui a duré 10 ans, un long hiver s’annonce et chacun s’y prépare. Mais le roi meurt et une lutte sans merci va s’engager pour s’emparer du Trône de Fer. 

          Si le livre me tentait, je dois admettre avoir traîné des pieds pour regarder cette série télé, n’étant grande amatrice de science-fiction à l’écran. Grave erreur ! Le début du premier épisode m’a laissé de glace, j’ai pourtant continué à regarder, parce que quand on est en société, on fait un effort. Eh bien, incroyable mais vrai, malgré une mauvaise volonté certaine, le 1° épisode n’était pas encore achevé que j’étais déjà accro ! C’est excessivement prenant ! Déjà, certains personnages sont terriblement attachant. D’ailleurs la galerie de personnages est très vaste et chacun est d’une grande complexité, ce qui augmente encore le plaisir du visionnage, nous offrant un large panel d’émotions. Ensuite, les épisodes sont très bien construits et finissent presque tous en plein suspens (pas un petit suspens hein, le genre suspens insoutenable, vite, il me faut la suite !).

          Le gros gros point fort de cette série, c’est qu’elle ne fonctionne pas sur une trame « classique ». Ici, rien ne marche comme d’habitude : les gentils ne gagnent pas toujours, les méchants prennent le pouvoir, les héros peuvent mourir. Bref, c’est dégueulasse, comme dans la vraie vie, et vous n’avez pas fini de vous insurger contre des péripéties particulièrement retorses. Autre belle surprise, l’aspect fantasy est finalement très secondaire, le véritable enjeu de l’histoire étant la guerre pour le trône. Cette lutte acharnée est l’occasion d’une intéressante réflexion sur le pouvoir et ses enjeux. Une série qui s’avère donc intelligente et très surprenante avec en prime un très bel univers visuel. Attention, une fois que vous aurez commencé, vous ne compterez plus les nuits blanches pour connaître le dénouement au plus vite ! A voir absolument !

Cinéma

Le magasin des suicides

          Film d’animation français, comédie musicale de Patrice Leconte.

          Dans une ville où tout espoir a disparu, les Tuvache tiennent au magasin d’aide au grand saut. Corde, poison ou pistolet, chez eux on trouve tout ce qu’il faut pour trépasser. Leur vie est bien réglée jusqu’à ce qu’arrive dans la famille un bébé souriant, la joie de vivre incarnée, qui va venir déranger cette mécanique bien huilée. La famille tente bien de corriger le petit mais c’est trop tard, le ver est dans le fruit…

          Ce film d’animation me tentait bien, cynisme et humour noir semblant être au rendez-vous. Je m’attendais à une sorte de Famille Adams version dessin animée… Je suis donc allée voir ce qu’il en était. Ce film est assez euh… surprenant ! J’ai plutôt aimé le début. Mais j’avoue que le côté comédie musicale est déroutant et s’il peut être sympathique les 5 premières minutes (10 pour les plus indulgents), il tourne vite au calvaire. L’animation est sympa-sans-plus. Elle m’a vaguement rappelé quelque chose sans que je puisse identifier quoi au juste, ce qui est d’ailleurs assez frustrant. L’univers assez coloré et les chansons franchement mièvres viennent totalement parasiter l’idée de départ et la décalage entre la forme et le fond ne fonctionne absolument pas.

         Je me suis endormie au bout de 20min, petite demi-heure de sieste salvatrice, ce qui ne m’arrive à peu près jamais devant un film, et je n’ai eu aucun mal à reprendre l’histoire sensiblement au point où je l’avais laissée (à savoir, nulle part). C’est vous dire l’épaisseur du scénario et sa tension dramatique. Il faut dire que c’est adapté d’un roman de Jean Teulé, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille… Je me suis malheureusement réveillée à temps pour un final pathétique, désespérément convenu et dégoulinant de bons sentiments. A un moment je me suis demandée si ce n’était pas à prendre au 18° degré et si Patrice Leconte ne se moquait pas de son propre film. Mais je ne pense pas que l’auto-dérision puisse atteindre de tels sommets d’ineptie. Si vous ne vous êtes pas encore déplacés, vite, passez votre chemin.

Cinéma

Sur la route, de Walter SALLES

           Drame américain de Walter Salles avec Garrett Hedlund, Sam Riley, Kristen Stewart .

           Sal Paradise, apprenti écrivain new-yorkais, rencontre Dean Moriarty, jeune ex-taulard au charme ravageur, marié à la  séduisante Marylou. Entre Sal et Dean, l’entente est immédiate et fusionnelle. Décidés à ne pas se laisser enfermer dans une vie trop étriquée, les deux amis rompent leurs attaches et prennent la route avec Marylou. Assoiffés de liberté, les trois jeunes gens partent à la rencontre du monde, des autres et d’eux-mêmes.

           Je n’ai pas lu le livre de Kerouac, je ne peux donc pas juger de la qualité de l’adaptation. Ce qui quand on s’attaque à ce genre de monuments est plutôt mieux d’ailleurs : difficile de ne pas être déçu quand on a déjà son propre film en tête. On a reproché à cette adaptation de faire un peu carte postale. J’étais donc méfiante en entrant dans la salle. Finalement, j’ai bien aimé ce film. On y retrouve bien l’esprit de Carnets de voyage (en un peu moins abouti sans doute). Certes, l’aspect carte postale est bien présent, le tout est un peu lisse. Ce qui est assez étrange étant donné que les personnages sont en perpétuel mouvement et en quête d’expériences nouvelles.

           Un film qui ne trouve pas vraiment de ton pour accrocher son spectateur. J’ai passé un très bon moment, sans pour autant réellement rentrer dedans. Je suis restée spectatrice tout au long de l’histoire, sans réelle implication. Cela paraît sans doute négatif, ce côté peut-être trop policé, une attention trop grande portée à l’esthétique (si si, c’est possible, les paysages sont trop beaux tout le temps, ça manque un peu de vie), pourtant j’ai trouvé ce film vraiment agréable à regarder. Il y manque toutefois un peu de vie, un petit supplément d’âme qui aurait pu en faire un grand film. 

Cinéma

L’étrange histoire de Benjamin Buton

          Drame fantastique américain de David Fincher avec Brad Pitt, Cate Blanchett, Julia Ormond.

          Benjamin est atteint d’une étrange maladie : il est né vieux. On a d’abord pensé qu’il allait mourir bientôt mais non, Benjamin est unique, alors que chacun vieillit, lui va rajeunissant. Il va peu à peu voir son corps retrouver sa jeunesse avant de rétrécir à nouveau et de voir son esprit s’étioler, redevant impotent. Une belle fable sur les âges de la vie.

          La nouvelle dont est extraite ce film est courte, trop courte. Bien que passionnante par les idées qu’elle met en avant (le parallèle entre l’enfance et la vieillesse notamment), j’aurais aimé qu’elle prenne plus le temps de les développer pour que tout l’arôme puisse s’en dégager. Dans le film, c’est un peu l’inverse. On eut apprécié plus de concision. C’est long long long. Et malheureusement, les ajouts n’ont pas été faits avec un grand discernement.

          Il y a de plus quelques incohérences dans le déroulement de l’histoire (le personnage principal semble rajeunir plus rapidement que les autres ne vieillissent). Le jeu d’acteur est inégal. Plutôt satisfaisant pour Brad Pitt qu’on a tout de même connu plus en forme, Cate Blanchett insupportable. Un film interminable auquel j’ai pris un plaisir très mitigé.