L’étrange disparition d’Italo Calvino…

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          Vous l’ignorez sans doute étant donné que je n’en ai il me semble jamais parlé sur ce blog, mais Italo Calvino figure parmi mes auteurs favoris. Entre 13/14 ans et ma première année de fac, j’ai lu une bonne dizaine de ses livres, dans des styles très variés. Enfant, ma maman me lisait Marcovaldo ou les saisons en ville, recueil de nouvelles que j’ai lu et relu par la suite avec toujours le même émerveillement. Mais c’est Si par une nuit d’hiver un voyageur qui m’a donné l’envie de m’attaquer au reste de l’oeuvre du célèbre auteur italien. Un amour qui ne s’est pas démenti au fil du temps, même s’il y a quelques années que je n’ai rien lu de lui (envie de découvrir d’autres choses mais surtout d’en garder pour plus tard).

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          Toutefois, j’ai continué à conseiller et re-conseiller ses ouvrages de nombreuses fois à des occasions diverses et variées, dont ce Noël, pour quelqu’un qui cherchait un livre à offrir à un adolescent (Le Baron perché, ça fait rêver tous les enfants petits ou grands non ?). Quelle ne fut alors pas ma surprise en apprenant par hasard – merci Le Monde – que les ouvrages de l’auteur n’étaient plus disponibles depuis trois ans maintenant ! Italo Calvino absent des rayonnages des librairies, voilà qui me semble ubuesque ! Je me suis donc penchée de plus près sur les mystérieuses raisons de cette disparition…

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          La veuve d’Italo Calvino, qui gère les droits, avait un contrat avec Le Seuil, qui traduisait déjà l’auteur de son vivant. Elle demandait semble-t-il des sommes colossales que l’éditeur lui accordait pour garder ce grand nom dans son catalogue. Toutefois, il semblerait que la dame ait été gourmande et ne se soit pas contentée de cet accord. Le contrat prenait fin en 2009 et, ayant jugé que les traductions proposées par l’éditeur ne respectaient pas l’oeuvre de son défunt époux (l’éditeur assure de son côté que celui-ci les avait vérifiées lui-même…), elle a décidé de ne pas le renouveler et a demandé le mise au pilon de l’intégralité du stock ! Procédé qui m’a estomaquée, il va sans dire !

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          La dame n’a cependant pas oublié ses intérêts en route et a signé un nouveau contrat avec Gallimard cette fois. Si elle demande une retraduction de l’oeuvre de son mari, le point crucial de ce nouvel accord avec un éditeur français semble avant tout une publication future dans la célèbre collection « La Pléiade » (malgré la mesquinerie du procédé, je dois admettre que l’idée d’avoir les oeuvres complètes de Calvino dans La Pléiade me réjouit très fortement !!!). L’éditeur promet que « La trilogie des ancêtres » (Le vicomte pourfendu, Le baron perché et Le chevalier inexistant), sera rééditée dans les plus brefs délais afin qu’elles réintègrent les programmes de nos chères têtes blondes ; la retraduction attendra un peu. Des inédits, déjà promis au Seuil qui n’en a jamais vu la couleur, auraient également été annoncés chez Gallimard. Une affaire qui risque fort de faire encore parler d’elle donc ! En attendant, les nombreux titres du génial auteur italien vont peu à peu refaire leur apparition en librairie. L’occasion de découvrir ou redécouvrir son oeuvre avec délices. Une triste histoire qui, on l’espère, finit bien !

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  1. On est content d’avoir l’histoire et la petite histoire. Quand même ne plus trouver Marcovaldo ce serait malheureux. Il y a tellement de poésie dans ces pages que je peux les lire et les elire sans me lasser!

    • Et moi donc ! Je relis ce recueil toujours avec le même plaisir ! Mais j’aime aussi tellement ses romans, j’aime autant son écriture limpide que son univers un peu loufoque et plein de poésie. Vivement la sortie dans La Pléiade, je vais me jeter dessus…

  2. J’avais constaté en effet que si par une nuit d’hiver n’était plus dispo et je me demandais pourquoi, ce livre ne me semblant pas être un obscur roman invendable. Voilà la solution à cette énigme, et madame Calvino ne fait pas honneur à la mémoire de son mari. Mais bon, si tout ressort en Folio, déjà, ce sera pas mal.

    • Oui, ils prévoient de tout ressortir en Folio assez rapidement, y compris quelques titres parus chez d’autres éditeurs et jusqu’ici inconnu du grand public. Au final ce sera donc sans doute un mal pour un bien mais le procédé manque d’élégance.

  3. Moi j’avais contasté la disparition en voulant faire un cadeau. Par contre ce que dit aussi l’article mais qui n’est pas rassurant, c’est que les nouvelles traductions (pas les trois rééditions) ne seront peut être pas aussi fidèles… voir l’article.

    • Disons qu’elles risquent d’être plus littérales (ce que demande la veuve) mais sans nécessairement traduire aussi bien l’esprit du texte (ce que d’après Le Seuil avait vérifié l’auteur). C’est toujours un choix délicat entre traduire mot à mot et essayer de restituer une ambiance. Difficile de juger avant d’avoir vu le résultat mais pas sur que ce soit aussi bon, en effet !

    • Il est très chouette, ses textes sont plein de poésie. Pour commencer je pense que le mieux c’est « Marcovaldo », les nouvelles ça permet toujours de piocher un peu ce qui nous plaît.

  4. Je dois avouer que je n’ai pas lu cet auteur, ton article a le mérite de me le faire découvrir et donner envie de le lire !
    Pour ce qui est de la traduction en général (ai fait des études de langue, mais je ne me prends pas pour une spécialiste, hein) : il n’y a rien de pire qu’une traduction littérale. On ne traduit pas les mots, mais leur sens. Et en accord avec le sens du texte.
    Et en littérature, c’est encore plus complexe je pense car il y a aussi le style de l’auteur, sa poésie… J’aurais adoré être assez douée pour le faire, mais quelle responsabilité !

    • Oui, c’est extrêmement difficile la traduction mais tellement passionnant aussi… J’ai vaguement songé en faire mon métier à un moment mais malheureusement toutes les écoles de traduction demandent parler couramment anglais ce qui est très loin d’être mon cas (en même temps pour traduire de l’espagnol, je n’ai jamais compris à quoi ça aurait pu me servir^^). Je pense aussi que le style et l’esprit du texte sont ce qu’il y a de plus important, c’est aussi ce qu’il y a de plus dur à restituer !

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