Cinéma

Les amants passagers

Comédie espagnole de Pedro Almodovar avec Javier Cámara, Carlos Areces, Raúl Arévalo

          Suite à une avarie sur un vol vers le Mexique, équipage et passagers pensent que leur avion va s’écraser. Sous le coup de la panique, chacun va commencer à étaler ses petits secrets et laisser libre cours à ses envies les plus inavouables…

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          J’adore Almodovar et son cinéma à la fois haut en couleurs et torturé. Toutefois, ses dernières réalisations ne m’avaient guère emballée (je n’avais même pas vu son dernier film, c’est dire à quel point il ne m’inspirait pas) et je désespérais un peu de retrouver la fraîcheur de ses débuts. Quand j’ai su qu’il nous revenait cette années avec une comédie, j’étais aux anges. Je l’ai bien sûr classée dans le 10 films de ce début d’année que j’attendais le plus et la bande-annonce laissait présager du meilleur. Malgré des critiques dans la presse assez négatives, c’est donc tout excitée que je me suis dirigée vers le cinéma.

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          J’ai peine à vous le dire mais j’ai bien vite déchanté… Le générique est prometteur mais le film ne continue pas sur cette bonne lancée. Le début, s’il ne pas que moyennement emballée, n’est pas si mal. Les personnages, un rien caricaturaux, sont assez drôles et on rit à leur dépens en découvrant leurs petites manies et leurs travers. Mais une fois passé le plaisir de la découverte, c’est long, mais loooooong… Il ne se passe pas grand chose et les révélations sont plus téléphonées les unes que les autres (vous verre, c’est le cas de la dire). A aucun moment je n’ai réellement réussi à croire au scénario ou à rentrer dans le film. Almodovar ne nous épargne aucun cliché et étant donnée l’épaisseur du scénario, le film semble bien plus creux que léger. Certes, on peut y voir une métaphore de la situation économique et une dénonciation des dérives du système mais bon, ça ne saute pas aux yeux et j’ai tendance à pense que pour qu’une seconde lecture soit valable, il en faut déjà une première qui se tienne à peu près…

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          Bref, c’est un peu la cata ! Le seul moment vraiment très drôle de ce film, où j’ai tout de même été prise d’un beau fou rire, est dans la bande-annonce. La chorégraphie des stewards est irrésistible. A tel point que j’ai  pensé que ce film pourtant franchement raté aurait été absolument génial en comédie musicale ! Malheureusement ça n’en est pas une et si on retrouve ici un peu l’univers des jeunes années du cinéaste, il y manque le côté foisonnant des débuts. Ca manque de rythme et d’énergie et malgré sa courte durée, le film traîne en longueur. Almodovar semblait sérieusement en manque d’inspiration sur ce coup-là… Heureusement, les acteurs, excellents, sauvent un peu les meubles et arrivent à nous éviter de sombrer dans l’ennui (notons au passage que Penelope Cruz et Antonio Banderas ont été embauchés comme figurants^^). On a beau adorer Almodovar et y mettre beaucoup de bonne volonté, non, vraiment, ce n’est pas terrible. Certes, je ne m’attendais pas au film de siècle, par contre je m’attendais à quelques chose de beaucoup plus drôle et déjanté. Ca se laisse regarder, c’est sympathique par moments, mais ça s’arrête là. Pedro, tu nous as habitué à mieux que ça. Allez, vivement le prochain va !

Cinéma

Flight

Drame américain de Robert Zemeckis avec Denzel Washington, Don Cheadle, Kelly Reilly

          Whip est pilote de ligne expérimenté. Lors d’un vol, un incident grave survient et il parvient miraculeusement à faire atterrir l’appareil. Il aurait pu devenir un héros mais il est alcoolique et avait bu avant le vol, sa compagnie va essayer de se décharger en lui mettant l’accident sur le dos.

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          Le film démarre avec le vol catastrophe. Je ne suis pas franchement une adepte du genre mais j’ai trouvé le passage sur l’accident très réussi. On a beau savoir qu’il va réussir à se poser, l’ambiance anxiogène est très bien reconstituée. Sans nul doute la partie du film que j’ai préférée ! Je m’attendais à tout autre chose pour la suite. Je pensais qu’ayant sauvé tous ces gens en étant saoul, le pilote douterait de lui, de son rôle dans tout ça, de son nouveau statut de héros. C’est tout l’inverse ! Alors qu’il est imbus de lui-même et crie sur tous les toits que sans lui tout le monde serait mort (ce qui est vrai d’ailleurs), ce sont les autres qui l’accablent et tiennent à rejeter sur lui la responsabilité d’un accident qui ne peut en aucun cas lui incomber. J’avoue avoir été un peu perplexe et assez sceptique face à ces réactions pour le moins surprenantes. Je me suis finalement dit que ça devait être typiquement américain…

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          Malgré cette bizarrerie, l’histoire reste assez réussie, avec un anti-héros un peu paumé assez loin des stéréotypes du genre. C’est d’ailleurs là que se trouve tout l’intérêt du film, dans cette volonté de sortir un peu des sentiers battus et de présenter des personnages nuancés. Malheureusement, si l’idée était très bonne, ça se gâte sérieusement sur la fin. Si pendant quasi toute la durée du film, malgré quelques maladresses, un certain équilibre est conservé grâce aux tâtonnements de Whip et à des opinions assez diverses qui se confrontent, la fin est une véritable catastrophe. On sombre dans un moralisme d’une incroyable lourdeur avec une touche de religiosité en prime. Inutile de dire que ça gâche tout le film, dont l’intérêt tenait justement dans le côté un peu incertain d’un point de vue moral. Ca commence sur les chapeaux de roue et ça s’enfonce dans le cliché sur la fin. Un film assez moyen qui malgré de bonnes idées peine à décoller et finit par s’écraser lamentablement.