Théâtre

Notre-Dame de Paris, un ballet grandiose à l’Opéra Bastille

          Trois hommes aiment une même femme avec pour toile de fond Notre-Dame de Paris. Une histoire qui va tourner au tourner au drame. Le célèbre roman de Victor Hugo, maintes fois adapté, est ici porté à la scène par Rolland Petit pour le Ballet de l’Opéra de Paris. Une découverte surprenante.

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          Depuis peu, j’essaie de me mettre un peu aux spectacles de danse. Pour la première fois, je suis allée en voir un à l’opéra Bastille. Je dois avouer que si j’ai été enthousiaste au moment où j’ai acheté ma place, j’ai un peu douté de mon choix en sortant de chez moi pour voir le spectacle. J’ai eu un peu peur que Notre-Dame de Paris passe moyennement bien sur scène, sans paroles. Les histoires aussi célèbres s’avèrent parfois décevantes quand les versions modernes sont trop différentes de ce qu’on en attendait. Mais dès les premières minutes, mes craintes ont été dissipées et j’ai adoré chaque minute de ce ballet absolument magnifique et vraiment très impressionnant.

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          Les costumes du corps de ballet – les premiers qu’Yves Saint-Laurent réalisa pour la scène – sont extrêmement colorés et font ressembler certaines scènes à un immense kaléidoscope. Ils semblent reprendre les teintes des vitraux de Notre-Dame et donnent une vivacité incroyable à l’ensemble. Ceux des personnages principaux, dans des tons neutres, tranchent aux milieu de cette myriade de couleurs. Pour la plupart des tableaux, les danseurs sur scène sont extrêmement nombreux – 40 ou 50 à vue de nez – et les voir bouger à l’unisson avec une précision de métronome est tout à fait fascinant. J’ai rarement vu une telle perfection du point de vue de la synchronisation, c’était juste splendide. La mise en scène est impressionnante et magnifique avec cette foule bigarrée qui et nous en met plein la vue.

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          Les solos, relativement peu nombreux, sont également très beaux, avec des chorégraphies aériennes qui contrastent avec la géométrie de celles du corps de ballet. Ils sont aussi l’occasion bien sûr de montrer des choses beaucoup plus techniques. Quasimodo, constamment voûté, m’a particulièrement impressionnée par sa performance sur scène. Par ailleurs, j’ai été subjuguée par la précision et la grâce de la chorégraphie. Les décors sont extrêmement imposants et changent au fil de l’histoire. Ils sont dans des teintes assez neutres qui font plus encore ressortir les costumes des danseurs. Quant à l’histoire, elle est bien sûr très condensée mais l’essentiel est là et on ne peine jamais à la suivre. J’ai passé toute la première partie totalement accaparée par ce qui se passait sur scène de peur d’en perdre la moindre miette. La seconde, beaucoup plus sombre, aussi bien du point de vue de l’histoire que de sa représentation, m’a un peu moins emballée.

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          Notre-Dame de Paris est la première chorégraphie que Roland Petit a créée pour le ballet de l’Opéra en 1965. Très théâtrale, elle recentre l’histoire sur ses 4 personnages principaux – Quasimodo, Frollo, Phoebus et Esmeralda – et en fait ressortir aussi bien la beauté que l’aspect dramatique. La musique de Maurice Jarre accompagne admirablement cette imposante fresque moyenâgeuse. J’ai été très heureuse de découvrir ce classique du ballet qui n’a pas prix une ride. Un spectacle haut en couleurs où tout impressionne, des décors imposants aux costumes chatoyants en passant par la légèreté des solos et la précision millimétrique de la chorégraphie. Tout simplement splendide. 

Théâtre

Gala d’ouverture des étés de la danse : une soirée magique

          Chaque été, le théâtre du Châtelet propose un festival dans lequel se succèdent les plus grandes compagnies du monde : les étés de la danse. J’avais déjà eu l’occasion de m’y rendre mais cette année, j’ai vu les choses en grand et me suis payé une place pour le gala d’ouverture.

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          J’ai totalement surexcitée à l’idée d’assister à la première soirée du festival. Durant deux semaines, plusieurs programmes sont proposés mais pour le gale d’ouverture, c’est à un aperçu de chaque spectacle auquel nous avons eu droit : un véritable feu d’artifice ! Bien qu’ayant fait un peu de danse dans mon jeune âge, mes compétences en la matière sont fort limitées et il m’est assez difficile de fournir une critique construite. La seule chose que j’ai envie de dire c’est que c’était teeeeeellement beau !!! Je vais tout de même essayer de développer un peu…

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(c) Erik Tomasson

          Pour cette 10° édition, c’est le San Francisco Ballet, dirigé par Helgi Tomasson, qui était à l’honneur. La célèbre compagnie américaine avait été la première à accepter de participer au festival naissant en 2005 et il était donc tout naturel qu’elle soit de nouveau invitée pour cet anniversaire. Il y a 2 ans, j’avais assisté à une représentation de la compagnie d’Alvin Ailey qui proposait des chorégraphies très modernes, j’ai donc été surprise de constater que cette année on était plus proche du ballet traditionnel, ce qui n’est pas du tout pour me déplaire.

(c) Erik Tomasson

          Les chorégraphies s’enchaînent avec des univers variés. Je les ai toutes trouvées plus belles les unes que les autres, avec souvent des costumes intéressants. On commence très fort avec des deux danseurs seuls sur scène. J’ai été frappée de constater que malgré l’incroyable amplitude des sauts, ils retombaient sans faire plus de bruit qu’une feuille qui aurait touché terre. Ca m’a subjuguée. Retomber avec grâce est de loin la chose la plus difficile en danse et atteindre une telle perfection demande une maîtrise que j’ai rarement rencontrée.

(c) Erik Tomasson

          J’ai particulièrement apprécié une chorégraphie autour d’un trio amoureux, pleine d’humour et de grâce. Il y a eu aussi celle avec des danseuses en tutus jaunes de toute beauté ou en encore le final, où toute la troupe se retrouve sur scène dans une mise en scène des plus impressionnantes. Je regrette de ne vous en parler que maintenant alors que le festival s’est achevé hier mais je vous encourage à réserver vos places pour l’année prochaine. C’était un véritable plaisir des yeux. J’ai regretté de ne pas avoir pris de places pour d’autres soirée afin de voir tous les spectacles proposés. Une soirée vraiment magnifique, d’une grâce folle : tout simplement magique.

Théâtre

Cendrillon, un ballet plein de grâce

          Cendrillon, le célèbre conte de fée, repris par le ballet. Une mise en scène très moderne de Thierry Malandain avec le Malandain Ballet Biarritz sur une musique de Sergueï Prokofiev. L’occasion de découvrir ce grand classique sous un jour différent.

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©Olivier Houeix

          Je vois peu de danse et n’y connais pas grand chose mais j’aime généralement bien ce type de spectacle, j’ai donc décidé il y a peu de prendre des places pour plusieurs spectacles (et même un abonnement pour la saison de ballet à l’Opéra l’année prochaine). Après le L.A.Dance Project au Théâtre du Châtelet, je suis donc allée voir Cendrillon à Chaillot. Les quelques images que j’avais vues du décor me faisaient vraiment envie : des chaussures accrochées sur les murs, simple et efficace. De plus, la musique est de Prokofiev, l’un de mes compositeurs préférés, juste après Schumann ; la quasi assurance que j’allais apprécier. En arrivant à Chaillot, j’ai eu la grande joie de constater que j’étais extrêmement bien placée, au milieu du premier rang. Toutes les places du théâtre sont au même prix et même si la visibilité est bonne de l’ensemble des places, ça vaut le coup d’être attentif au placement lors de la réservation. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que je profite pleinement du spectacle.

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          J’ai vraiment adoré ce spectacle ! C’est beau, original et plein d’humour. La grosse surprise vient du fait que la belle-mère et les deux sœurs sont jouées par des hommes travestis. Je suis assez difficile en matière de plaisanteries mais j’avoue que là, c’est assez fin et chacune de leurs apparitions m’a fait sourire. De plus, cette manière d’appréhender l’histoire lui donne une toute autre dimension. Pour le reste, heureusement que tout le monde connaît l’histoire car il me semble à peu près impossible de la comprendre sans ça. Mais bon, il y a Cendrillon, la marâtre, les horribles sœurs, la marraine, le prince, l’essentiel quoi ! Simplement, mis à part quelques scènes phare, il faut avouer que ce n’est pas facile de rendre l’histoire intelligible sans paroles ni effets spéciaux, entre les petits oiseaux, les souris, la citrouille et le reste, il manque forcément quelques éléments importants.

©Olivier Houeix
©Olivier Houeix

          Ce petit détail sur la difficulté de rendre les détails de l’histoire mis à part (de toute façon, on la connaît par cœur), ce ballet est magnifique. Les costumes aussi sont un peu simple peut-être, il n’y a que peu de différences entre la robe de souillon de Cendrillon et celle de bal, mais ça contribue à dépoussiérer aussi le ballet. Il y a un bel équilibre entre les solos des personnages principaux et les chorégraphies de groupe. J’ai évidemment beaucoup aimé les scènes où apparaissent la marâtre et les deux sœurs mais j’ai aussi – entre autres – beaucoup aimé la scène du bal qui est inventive et pleine de poésie. Détail futile mais qui ne gâche rien, le prince a des fesses incroyables, je veux le même ! – et vu comme j’étais près, j’ai largement pu profiter de la splendide vue sur ces corps très très musclés. Pour résumer, j’ai tout aimé dans ce spectacle très bien chorégraphié, original, drôle, poétique… Et bien sûr la magnifique musique de Prokofiev pour souligner le tout. Un pur bonheur !

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Théâtre

Ballet Revolucion

          La troupe cubaine de Ballet Revolucion mélange les styles entre la grâce du ballet, la sensualité des danses latines et l’énergie des mouvements contemporains. Un show unique sur des musiques actuelles revisitées qui a déjà fait le tour du monde.

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chicas4          J’ai gagné deux places pour assister à ce spectacle grâce à Luzycalor que je remercie. Ca tombait à pic puisque justement, ce spectacle me tentait beaucoup et seul les tarifs me faisaient hésiter (comme souvent à Paris…). J’ai finalement bien fait d’attendre, jamais je n’aurais été aussi bien placée si j’avais pris les places moi-même : dans une loge tout devant, avec super vue sur la scène, l’idéal pour bien profiter du spectacle ! Autant vous dire que j’étais tout excitée à cette idée ! Une seule chose m’inquiétait un peu malgré toutes les critiques très positives que j’avais entendues, le mélange du ballet et du contemporain me laissait perplexe et je n’étais pas sure d’apprécier les musiques. Usher, Rihanna ou David Guetta ne sont en effet pas ma tasse de thé et je voyais mal ce que ça pouvait donner avec de la danse classique…

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photo-by-Nilz-Boehme_BRE0228_N1          Mes craintes se sont vite envolées tant ce qui se déroule sur scène est fascinant ! Les tableaux sont vraiment magnifiques, même si dans la première partie il y a peut-être quelques longueurs. La musique, jouée par un orchestre sur scène, passe finalement très bien et le mélange de danse classique et contemporaine avec quelques accents de danses latines est aussi original que réussi. D’un morceau à l’autre, les univers sont très différents et j’ai beaucoup aimé cette variété. Dans ce type de spectacle, j’apprécie particulièrement les tableaux dans lesquels les danseurs sont très nombreux sur scène ; même si les solos sont nécessaires pour laisser la place aux figures les plus techniques, j’ai tendance à trouver que l’harmonie laisse une impression plus forte par l’énergie dégagée. L’équilibre entre le performance individuelle et collective est ici extrêmement bien dosée, ce qui est assez rare. Je n’ai vraiment rien à redire à ce spectacle tout y est impeccable, jusqu’à la plastique parfaite des danseurs qui vend du rêve à elle seule. Je n’hésiterai pas à prendre des places si la troupe repasse sur Paris. J’ai passé une excellente soirée avec ce Ballet Revolucion plein d’énergie et d’inventivité. Magnifique.