Cinéma

Jappeloup

Drame, biopic français de Christian Duguay avec Guillaume Canet, Marina Hands, Daniel Auteuil

          Après avoir passé son adolescence à faire des concours hippiques, Pierre Durand est devenu avocat. Un jour, il décide de lâcher sa carrière pour revenir à la compétition avec un jeune cheval auquel pas grand monde ne croit : Jappeloup.

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20418886.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxxPierre Durand et Jappeloup : un couple mythique. Ensemble, ils ont tout gagné et fait une carrière exceptionnelle. Tout cavalier, si piètre soit-il, ne peut que se prendre à rêver devant pareille destinée. Pour ma part, il y a fort longtemps que j’ai arrêté l’équitation après des années de pratique assidue mais la bande-annonce m’a de suite donné envie d’aller le voir au cinéma. Après avoir un peu traîné, voilà qui est chose faite ! Un film sans prétention mais que j’ai vraiment beaucoup aimé ! J’ai passé les deux heures sur un petit nuage, à frisonner de peur d’un refus devant chaque obstacle et à me réjouir du succès grandissant de ce drôle de duo.

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20418781.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx          Je me suis complètement laissée embarquer par ce film. Guillaume Canet y campe un Pierre Durand très convaincant, avec ses doutes et ses faiblesses ; une part d’ombre bien exploitée qui donne au film toute sa profondeur. L’histoire est bien menée, sans en faire trop dans le suspens inutile (ben oui, parce que bon, on sait comment ça finit quand même) et le sentimentalisme outrancier. Certes, il y a quelques scènes un rien larmoyantes, mais ça reste léger léger. En revanche, le tout est extrêmement bien filmé. Sans tomber dans le film esthétisant, il y a quand même un jeu de lumière intéressant et quelques très beaux plans. Et pour le reste, tout tient bien sûr sur cette histoire en or. Qu’on soit cavalier ou pas, on ne peut qu’admirer un tel parcours ! Le film reste un peu sage et n’est sans doute pas un chef-d’oeuvre, mais il s’avère un excellent divertissement qui nous embarque dans son univers pendant deux heures. Un film qui m’a fait vibrer et m’a donné en vie de me remettre en selle !


Cinéma

Hitchcock

Biopic américain de Sacha Gervasi avec Anthony Hopkins, Helen Mirren, Scarlett Johansonn

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          A plus de soixante ans, Alfred Hitchcock est une célébrité. Il est surtout le maître incontesté du suspens, avec de nombreux succès à son actif. Mais quand l’idée de son nouveau projet lui vient, personne n’y croit. Les producteurs de ne suivent pas, tout le monde le lâche, tante de la dissuader et refuse de mettre le moindre sous dans ce futur film. Seuls sa femme et son agent le suivent. Il va alors décider de se lancer seul dans l’aventure, quitte à tout perdre. Psychose allait voir le jour…   

Hitchcock

          Un des films de ce début d’année que j’attendais avec impatience. Hitchcock est un monstre du cinéma américain, il reste aujourd’hui encore une référence et tout le monde a déjà vu au moins un de ses films. Et bien sûr, Anthony Hopkins en tête d’affiche ne pouvait que faire battre mon coeur ! C’est donc avec très grand plaisir que je suis allée voir ce film dès sa sortie. Je m’attendais à des scènes assez accrochées autour de la naissance de ce projet dont personne ne voulait. J’avais supposé qu’on ne disait pas non au maître du suspens en toute impunité ! Pourtant, le film est plutôt axé sur la relation d’Hitchcock avec sa femme. En effet, si celle-ci l’a toujours soutenu et a beaucoup contribué au succès de son mari, elle est restée dans son ombre. Pas simple de vivre avec un génie ! Le scénario s’intéresse donc surtout aux relations tendues entre les deux époux, négligeant un peu celles, tout aussi électriques, avec les producteurs et autres porte-monnaies ambulants.

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          J’ai été un peu déçue par le côté parfois trop lisse de ce film. Comme je le disais, je m’attendais à des scènes vraiment plus accrochées avec les producteurs au sujet du financement. J’ai également trouvé que le maître manquait de relief, il ne semble à aucun moment hanté par le doute, alors même que tout le monde le lâche. La relation avec sa femme est en revanche traitée de manière plus intéressante, avec plus de profondeur. Certes, cet un aspect qui m’inspire beaucoup moins, mais ça reste toutefois un bel hommage à la dame. D’ailleurs, Helen Mirren est absolument parfaite et donne un peu de relief à ce film. Anthony Hopkins est quant à lui un peu fade en Hitchcock, petite déception donc quant à la prestation de cet acteur de génie. Pour ce qui est de la bande-son, je ne l’ai pas toujours trouvé très en phase avec le scénario avec parfois une musique de suspens à des moments qui ne s’y prêtent guère… L’image est quant à elle assez intéressante, bien qu’un peu trop saturée, rappelant l’univers des années 60. Un résultat en demi-teinte donc avec une histoire intéressante mais dont certains aspects ont été un peu négligés. On retrouve avec plaisir l’univers d’Hitchcock et malgré ses petites faiblesses, on regarde toutefois ce film avec plaisir. 

Cinéma

Lincoln

Drame/biopic américain de Steven Spielberg avec Daniel Day-Lewis, Sally Field, David Strathairn

          Abraham Lincoln vient d’être réélu Président des Etats-Unis, alors que la Guerre de Sécession fait rage. Il souhaite voir ce conflit meurtrier prendre fin au plus vite et profiter de cette instabilité pour abolir l’esclavage. Un changement pour lequel le pays ne semble pas vraiment prêt mais Lincoln compte bien se battre pour obtenir ce qu’il souhaite, par tous les moyens…

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          Je dois admettre mon amour certain pour ce type de films. Les histoires politiques me fascinent et j’aime découvrir la vie des grands hommes à l’écran. Je me rends également compte avec le temps que j’apprécie le cinéma hollywoodien. Certes, il en fait souvent trop, joue sur la corde sensible plus souvent que de raison, abuse des violons et autres artifices surfaits, ne se lasse pas d’être moralisateur et sacrifie parfois l’histoire au grand spectacle et pourtant, quand ça marche, c’est tellement magique ! J’ai beau trouver des tonnes de défauts à ces films calibrés pour plaire, ils n’en parviennent pas moins à me faire rêver. Telles étaient mes principales réflexions devant cet imposant Lincoln. Il faut avouer aussi, que comme je vous le disais ici, je partais déjà conquise : Lincoln sur fond d’abolition de l’esclavage, Spielberg et Daniel Day-Lewis fleuraient bon le trio gagnant, d’autant que les critiques semblaient quasi-unanimes.

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         Dès les premières minutes, j’ai trouvé le résultat presque à la hauteur de mes espérances (oui, juste presque). Commençons par l’essentiel, Daniel Day-Lewis est absolument parfait en Lincoln. Sa remarquable prestation mise à part, j’ai aimé la manière dont l’histoire était filmée avec une lumière intéressante et quelques très jolis plans. L’histoire est quant à elle évidemment grandiose, l’abolition de l’esclavage est un sujet en or ! Spielberg fait de Lincoln un président profondément humain avec ses contradictions, ses manies, ses convictions, ses doutes et ses peurs. Il fait parfois penser à un grand-père quelque peu roublard, à la fois sympathique et rassurant.

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          Je suis sortie de la salle avec l’envie d’en savoir plus sur l’homme et la période chaotique de sa présidence. On peut reprocher au film un côté un peu scolaire sur les coulisses du pouvoir et un aspect parfois un peu lisse alors même qu’il traite d’un sujet qui a déchaîné les passions (ce n’est d’ailleurs pas sans rappeler des débats récents…). Malgré ce petit bémol (et quelques longueurs), Spielberg signe ici un grand film et offre à Daniel Day-Lewis un rôle magnifique. Un très bel hommage que ce Lincoln tout en profondeur et en humanité.


Cinéma

Artemisia, d’Agnès MERLET

          Biopic, drame français d’Agnès Merlet. Avec Michel Serrault, Valentina Cervi, Miki Manojlovic. Première sortie en 1997.

          Artemisia est une jeune fille qui a grandi dans un couvent. Son père est un peintre célèbre et elle compte bien suivre sa voie. Elle va devenir son élève et va ainsi rencontrer celui qui deviendra son maître et lui apprendra les lois de la perspectives et les techniques de la peinture en extérieur. Il deviendra aussi son amant, risquant ainsi de causer sa perte.

          Ce film est un petit bijou d’esthétisme. On se croirait dans un tableau de la Renaissance italienne tant les couleurs et la lumière sont belles. L’histoire en elle-même est palpitante. C’est un plaisir de suivre les aventures de cette jeune fille passionnée. Les acteurs sont particulièrement bons, ce qui ne gâche rien à l’affaire.

          Si je devais faire un reproche à ce film, ce serait sa musique. Elle semble en permanence en total décalage avec l’histoire, semblant vouloir créer un suspens ou un sentimentaliste mal venu. C’est dommage, le film n’en avait nul besoin. Ca met même en avant des longueurs qui seraient sans ça passées inaperçues. Malgré ce petit reproche, ce film reste d’un très bon niveau. Sans doute le meilleur que j’aie vu en ce début d’année. Il m’a donné envie de m’intéresser à l’oeuvre de cette peintre. Une très belle surprise.

          Les oeuvres d’Artemisia sont exposées au Musée Maillol, dans 7° arrondissement de Paris, jusqu’au 15 juillet.

Pour en savoir plus sur cette exposition, rendez-vous chez Paris pèle-mêle.

Cinéma

J. Edgar, de Clint EASTWOOD

Drame, biopic américain de Clint Eatswood avec Leonardo Di Caprio, Naomi Watts, Armie Hammer.

          L’histoire de J. Edgar Hoover, fondateur du FBI et directeur de la célèbre institution pendant près d’un demi-siècle. Un homme aussi puissant qu’énigmatique et controversé. Le film retrace plus de soixante ans de la vie de Hoover, du début de sa carrière à la fin des années 20 jusqu’à sa mort en 1972. Un parcours fascinant.

          Ce film avait tout pour plaire : un grand réalisateur, un acteur principal surdoué et un sujet en or massif. Malheureusement, la mayonnaise de prend pas. Leonardo DiCaprio tient le film a lui tout seul. Il est plus ou moins seul à l’écran durant plus de 2h. Face à lui les autres semblent faire de la figuration. Une performance d’acteur remarquable mais la belle gueule de DiCaprio ne saurait suffire à nous tenir en haleine aussi longtemps. Et malgré une très bonne prestation, j’ai eu beaucoup de mal à voir le personnage derrière l’acteur. Aussi étrange que ça puisse paraître, j’ai trouvé cet Hoover là trop charismatique pour être vrai. En même temps, je ne suis pas une spécialiste de la question. Le doute persiste donc.

Ensuite j’ai trouvé que tout était trop axé sur J. Edgar. Certes, il est le sujet du film mais certains faits cruciaux sont survolés à une vitesse surprenante. Pour ne vous citer qu’un exemple : la mort de Kennedy, 2 minutes montre en main. Et encore, je ne sais pas si je ne vois pas large. C’est un peu déroutant de voir les grands évènements du XX° siècles traités comme des détails. Question de point de vue peut-être mais tout de même, l’assassinat du président devait toucher le directeur du FBI d’assez près, ça aurait dû le tourmenter au moins quelques minutes. Gros moins sur l’aspect historique donc, ne comptez pas top vous cultiver avec ce film qui fait plutôt dans le culte de la personnalité.

          Bien sûr, Clint Eastwood n’est quand même pas le premier venu, il y a donc un certain nombre de points positifs. Les jeux de lumière pour commencer sont très réussis. Un univers sombre, un peu passé, qui n’est pas sans rappeler les vieux films de gangsters. D’ailleurs on peut noter pas mal de références à des grands noms du cinéma. Les scènes d’arrestations sont autant de clins d’oeil (d’yeux ?) à des chefs d’oeuvres du 7° art. La mise en scène est propre et efficace, on passe sans cesse de la jeunesse à la vieillesse d’Hoover (va et viens incessant qui m’a parfois fatiguée d’ailleurs) avec une grande fluidité et des procédés variés.

          On pourrait aussi parler des costumes, très soignés. Du maquillage incroyable des acteurs pour leur faire prendre 40 ans. Techniquement tout est parfait. Trop peut-être. Si ce film est très esthétique, il est un peu lisse. On lui a reproché de trop se pencher sur la possible homosexualité du personnage. Cela ne m’a gênée qu’à la fin où on assiste à une scène ridicule avec des orgues et des chants angéliques. On s’en serait passé, fort heureusement, c’est de courte durée. Un film propret qui ne convainc pas vraiment. Bien, mais sans plus. On a connu Clint plus en forme.