Cinéma

360 – Fernando MEIRELLES

          Drame, romance britannique de Fernando Meirelles, avec Anthony Hopkins, Jude Law, Rachel Weisz.

          Des histoires qui s’entrecroisent, aux quatre coins du monde. Des histoires d’amour heureuses ou hésitantes, esquissées ou à venir. Sans en avoir conscience, des destins qui s’entre-mêlent, pour le meilleur ou pour le pire.

          Ce film est une réécriture de la pièce La Ronde d’Arthur Schnitzer, dont je n’avais jamais entendu parler mais ça se signale quand même. La première chose notable est le casting assez surprenant, nous proposant pêle-mêle Jude Law, Anthony Hopkins ou Jamel Debbouze. Un mélange assez improbable qui m’a intriguée et m’a donné envie d’aller voir ce qu’il en était (enfin ça et surtout le fait que c’était le seul film qui passait à l’heure qui m’arrangeait…). Honnêtement, j’étais assez septique quant au résultat et y suis allée un peu par dépit (beaucoup ?). J’étais donc assez mal disposée en entrant dans la salle et finalement, la surprise fut plutôt bonne.

          La critique était franchement moyenne quant à ce film, qui grosso modo, a été considéré comme sans intérêt. Je n’irais certes pas jusqu’à dire que c’est un chef d’oeuvre du septième art mais j’ai trouvé le résultat très agréable à regarder. J’étais fatiguée et la légèreté de l’intrigue me saillait admirablement. Je me suis laissée porter par ces histoires qui s’entrecroisent avec plaisir. Les saynètes sont un peu inégales et parfois tirées par les cheveux et le lien avec les histoires n’est pas toujours très fluide ni très crédible. Toutefois, j’ai trouvé le tout très frais et agréable à regarder. Le talent et l’énergie déployée par les acteurs y sont aussi pour beaucoup. Malgré d’indéniables faiblesses, un film léger devant lequel j’ai passé un bon moment.

Cinéma

La nostra vita

          Drame franco-italien de Daniele Luchetti avec Elio Germano, Raoul Bova, Isabella Ragonese.

        Claudio est maçon dans la banlieue de Rome et travaille sur de gros chantiers. Il est très amoureux de sa femme, enceinte de leur troisième enfant. Proche de sa famille, il a toujours pu compter sur leur soutien. Mais un drame va venir rompre cet équilibre et bouleverser sa vie. Il va devoir se battre pour s’en sortir, et recommencer à vivre.

          J’avais raté ce filma sa sortie, j’ai donc profité de son passage sur Canal+ pour rattraper mon retard. J’en avais entendu le plus grand bien. Etrangement je ne saurais pas trop dire si j’ai aimé ce film ou pas. J’ai trouvé le drame moyennement bien amené. Un peu trop manichéen peut-être : trop de bonheur avant l’accident, trop de malheur après. Ensuite j’ai trouvé la réaction de personnage assez déroutante. Il a une manière de répondre aux évènements qui m’a laissée quelque peu perplexe. La fin m’a semblé également m’a un peu dérangée. En revanche, j’ai assez aimé la sobriété de ce film, sa violence. Il est filmé de manière très froide et ne se perd pas dans un sentimentalisme qui eut été mal venu. Toutefois, si le sujet est bien traité d’un point de vue technique, l’histoire reste un peu faible pour en faire un grand film. Ni vraiment bon, ni vraiment mauvais, un résultat assez mitigé.

Cinéma

Starbuck

          Comédie de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand.

         David est un grand ado qui a la quarantaine. Endetté jusqu’au cou, il fait pousser du cannabis dans son garage pour arrondir les fins de mois. Il travaille aussi comme livreur dans la boucherie de son père. Alors que sa copine qu’il délaisse lui apprend qu’elle est enceinte, il découvre que suite à des dons de sperme, il est le géniteur de 533 enfants dont 142 sont déterminés à le retrouver.

         J’étais un peu sceptique en allant voir ce film. Comme chacun sait (enfin ceux qui me connaissent ou me suivent régulièrement via ce blog), je ne suis pas très bon public pour les comédies. D’autant que l’humour québécois me laisse souvent perplexe. Ajoutez à ça un sujet improbable (et prêtant à un humour bien gras), je m’attendais au pire… Mais comme j’en avais entendu le plus grand bien, je me suis dit que ça méritait quand même d’aller voir cette drôle de chose.

         Grand bien m’en a pris ! Cette comédie est pleine de qualités. Dans le désordre : les personnages sont très attachants, les situations vraiment cocasses, il y a une histoire qui se tient, l’humour n’est si lourd qu’on l’aurait pu craindre. Qu’on aime ou non, on doit bien admettre que ça sort du lot ! Bon certes, il y a quelques blagues vaseuses mais le tout est bien plus subtil qu’il n’y paraît. Cette situation folle est aussi l’occasion d’une petite réflexion sur la famille, l’amitié, la morale… La vie sous son aspect relations humaines de manière générale.

          Et c’est plutôt réussi. J’ai franchement ri. Le film joue sur plusieurs types d’humour, ce qui est souvent un bon pari. Contre toute attente l’histoire se tient et n’est que le prétexte à aborder des sujets plus sérieux. La loufoquerie cache ici une certaine profondeur. Il y a sans doutes quelques longueurs et maladresses mais elles sont largement excusées par l’inventivité déployée. Peut-être pas un chef-d’oeuvre mais un film qui mérite tout de même largement le détour.

Cinéma

Tomboy

          Drame français de Céline Sciamma avec Zoé Héran, Malonn Lévana, Jeanne Disson.

          Lorsque la famille de Laure déménage, la petite fille très garçon manqué décide de se présenter à ses nouveaux amis sous une fausse identité. Pour eux, elle sera Mickaël. Un changement qui ne sera pas sans conséquences, pour elle comme pour son entourage.

          La thématique est intéressante et traitée habilement. On voit l’histoire des yeux de cette jeune fille qui se fait passer pour un garçon. On la voit donc jouer avec ses nouveaux amis, se disputer avec sa soeur ou tomber amoureuse. On en vient totalement à oublier qu’une petite fille se cache derrière ce petit garçon si plein de vie. Du moins jusqu’à ce que sa mère découvre ce qu’il se trame…

          J’ai bien aimé ce film qui montre sans porter de jugement. On ne tombe jamais dans le Pathos. Ce que je reprocherais peut-être à ce film c’est de suggérer les questions sans vraiment les poser, et encore moins y répondre. J’aurais peut-être préféré un traitement un peu moins frontal. Toutefois ce film est très réussi : sobre, il va droit à l’essentiel. Sur un sujet dérangeant, un film qui échappe aux clichés en choisissant un traitement un peu froid. A voir.

Cinéma

Bienvenue parmi nous

         Drame français de Jean Becker avec Patrick Chesnais, Jeanne Lambert, Miou-Mio

          Taillander a la soixantaine et est en pleine déprime. Peintre qui connaît un certain succès, il a pourtant raccroché les pinceaux. Sa femme ne sait plus quoi faire pour lutter contre son apathie et sa mauvaise humeur. Un jour il décide de partir et croise la route de Marylou. Cette adolescente paumée qui vient de se faire virer de chez elle par sa mère et son beau-père violent va lui redonner le goût de vivre.

          L’affiche était alléchante : Becker/Chesnais, on commençait bien. Et pourtant… Est-il vraiment nécessaire de se fatiguer à commenter pareille platittude ? Si je ne devais choisir qu’un mot pour définir ce film, ce serait « navrant ». L’histoire est convenue et reconvenue. On voit tout venir avec 20 bonnes minutes d’avances. Aucune surprise. Pas plus que de crédibilité d’ailleurs. Que dire que dire ?

          L’histoire ne tient pas franchement la route et est larmoyante au possible, la jeune actrice joue comme un pied, autant de suspense que dans un épisode de Bonne nuit les petits ; bref, on s’ennuie ferme. Heureusement que Patrick Chesnais vient un peu remonter le niveau, mais ça ne suffit absolument pas à sauver ce film absolument sans intérêt.