Cinéma

Plaire, aimer et courir vite

          Comédie dramatique de Christophe Honoré avec Pierre Deladonchamps, Vincent Lacoste, Denis Podalydès
1990. Arthur a vingt ans et il est étudiant à Rennes. Sa vie bascule le jour où il rencontre Jacques, un écrivain qui habite à Paris avec son jeune fils. Le temps d’un été, Arthur et Jacques vont se plaire et s’aimer. Mais cet amour, Jacques sait qu’il faut le vivre vite.

Affiche de Plaire, aimer et courir vite

          Certains d’entre vous s’en souviennent peut-être, il y a quelques années, j’ai consacré mon mémoire de master à la littérature sur le sida, autour notamment d’Hervé Guibert. J’avais décidé d’élargir le sujet dans ma dernière partie au cinéma. J’ai donc vus quelques films sur ce thème et lorsque quelque chose de nouveau sort sur la période, je suis toujours très curieuse d’aller le découvrir histoire de compléter ma culture autour de ce sujet. Je ne pouvais donc pas rater le dernier film de Christophe Honoré.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Je dois avouer que face aux sujets qui touchent à l’intime j’ai toujours un peu peur de m’ennuyer. Je suis assez peu portée sur les histoires de cœur au cinéma et je n’aime pas quand la maladie devient un tire-larmes, ce qui malheureusement trop souvent le cas. En la matière, je suis plutôt adepte de sobriété. J’étais donc circonspecte. Et finalement, malgré les défauts du film, j’ai trouvé que c’était une jolie surprise.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Mon coup de cœur va à l’interprétation, d’une incroyable justesse. Les 3 acteurs principaux sont rayonnants. Ce n’est pas forcément une grosse surprise concernant Denis Podalydès et Vincent Lacoste mais je ne connaissais pas l’acteur principal et j’ai été subjuguée (oui, rien que ça). Il mérite à lui seul le détour. On l’avait déjà vu dans l’Inconnu du lac mais j’étais visiblement trop occupée à m’ennuyer pour le repérer. En tout cas, le trio infernal fonctionne et c’est un régal de les suivre.

Image de Plaire, aimer et courir vite

          Comme toujours chez Honoré, la bande-son est également fort bien choisie. L’histoire est jolie et sonne juste, sans larmoiements inutiles, sans forcer l’émotion. Presque pas assez. C’est tellement délicat que même les situations les plus extrêmes ne nous tirent pas une larme, à peine un petit pincement au cœur. D’un côté j’admire ce parti pris de mettre plus en avant la beauté d’une relation nouvelle et la joie qu’elle apporte plutôt que l’échéance imminente de la mort, ça donne au tout une certaine fraîcheur qui contraste avec le sujet. Ca donne un film doux et joyeux, mélancolique parfois, peut-être pas un chef-d’œuvre mais un joli moment.

Cinéma

Avengers Infinity War

          Film d’action américain d’Anthony et Joe Russo avec Robert Downey Jr., Chris Hemsworth, Mark Ruffalo
Les Avengers et leurs alliés devront être prêts à tout sacrifier pour neutraliser le redoutable Thanos avant que son attaque éclair ne conduise à la destruction complète de l’univers.

affiches d'Avengers infinity war

          Allez, un sujet qui fâche aujourd’hui parce que ça faisait longtemps ! D’une manière générale je suis assez bon public pour les films Marvel même s’ils en sortent tellement que je n’arrive plus à suivre. Et de l’avis général, celui-ci était de loin le meilleur de cette loooongue série. Forcément, je ne pouvais pas rater ça (bon, en même temps, ce n’est pas comme si j’avais raté beaucoup de Marvel avant non plus). J’étais donc chaude bouillante et m’apprêtais à passer un grand moment de détente, le cerveau mis sur off à regarder des combats palpitants pour la survie de l’humanité.

Image d'Avengers infinity war

          J’ai bien vite déchanté. Ne jamais trop attendre d’un film, je devrais le savoir pourtant, c’est le meilleur moyen d’être déçue ! Franchement, dès le début, je me suis ennuyée ferme. Il y a beaucoup, beaucoup, beaucoup de personnages dans ce film. A vrai dire ils ont tenté d’y caser tous les personnages Marvel. Ce qui fait que pour certains j’ai trouvé leur rôle anecdotique ou leur histoire bâclée. J’ai trouvé que voir un nouveau mec (voire plusieurs) débarquer toutes les 2 minutes donnait un côté brouillon au film. A moins d’être vraiment un énorme fan de Marvel, je ne vois absolument pas l’intérêt.

Image d'Avengers infinity war

          Trop de personnages donc mais aussi trop d’effets spéciaux, trop de musique pompeuse qui malmène les tympans, trop de blagues qui tombent à côté de la plaque à moitié du temps, trop de batailles qui à la longue finissent par lasser. Oui oui, il y a tellement d’action non stop que j’ai fini par trouver ça monotone et m’ennuyer. Je crois bien que c’est la première fois que je m’ennuie par trop plein d’action… Bref, trop de tout quoi, c’est un immense fourre-tout absolument épuisant. En même temps, rien qu’à voir l’affiche j’aurais dû me méfier, tout est dit.

Image d'Avengers infinity war
Marvel Studios’ AVENGERS: INFINITY WAR..L to R: Star-Lord/Peter Quill (Chris Pratt), Rocket (voiced by Bradley Cooper), Mantis (Pom Klementieff), Gamora (Zoe Saldana), Groot (voiced by Vin Diesel) and Drax (Dave Bautista)..Photo: Film Frame..©Marvel Studios 2018

          Pour le reste, j’ai trouvé ça assez creux. Il y a une tentative de rendre les personnages plus attachants avec des moments « émotion » mais ils tombent souvent à plat. En effet, ils sont casés à l’arrache entre deux bastons et il me faut un peu plus qu’un mec la larme à l’oeil sur fond de violons pour passer de l’action à des choses plus profondes. Et puis bon, dans le genre clichés, ça n’y va pas franchement de main morte ! Sans compter que ce n’est pas toujours hyper bien joué. Il y a également quelques longueurs qu’on aurait pu nous épargner. Finalement, ce qu’il y a de plus intéressant dans ce film, c’est son grand méchant avec des valeurs (discutables, certes, mais tout de même) et sa fin inhabituelle (même si elle sent la suite à plein nez). Bref, un grand moment d’ennui et à mes yeux clairement pas le meilleur Marvel, seuls les inconditionnels de la franchise s’y retrouveront.

Cinéma

La mort de Staline

          Comédie, film historique américano-franco-britannique de Armando Iannucci avec Steve Buscemi, Simon Russell Beale, Jeffrey Tambor
  Dans la nuit du 2 mars 1953, un homme se meurt, anéanti par une terrible attaque. Cet homme, dictateur, tyran, tortionnaire, c’est Joseph Staline. Et si chaque membre de sa garde rapprochée – comme Beria, Khrouchtchev ou encore Malenkov – la joue fine, le poste suprême de Secrétaire Général de l’URSS est à portée de main.

Affiche du film La mort de Staline

          J’avais entendu dire beaucoup de bien de ce film inspiré d’une BD, présenté comme étant très drôle. J’étais vraiment curieuse de savoir comment le sujet pourtant pas léger avait été tourné en dérision. Et je dois admettre avoir été assez étonnée dès les premières minutes par le ton du film. Certes, c’est drôle mais dans le genre ultra cynique. Pas sure que ce soit très éloigné de la réalité, il y a juste la pointe de distance nécessaire pour montrer le ridicule de ces personnages dopés au pouvoir. Ca ne fonctionne pas trop mal, il faut dire aussi qu’il n’y avait pas besoin d’en rajouter beaucoup pour rendre la situation risible…

Image du film La mort de Staline

          Bon, du coup la bonne nouvelle quand même c’est que c’est un film intelligent sur les dérives du pouvoir et qu’en plus d’un point de vue historique c’est sérieux (l’occasion de réviser mon Histoire russe qui laisse à désirer). Par contre il ne faut pas s’attendre non plus à de gros fous rires, on rit franchement jaune. Je pense que je suis pourtant bien lotie côté humour noir mais là il y a quand même un sacré niveau ! Dans l’ensemble j’ai bien aimé ce film mais j’avoue m’être sentie souvent un peu malmenée par cet humour bien grinçant, pas toujours très fin et parfois un peu lourd et répétitif. Pas facile de trouver le ton juste. Au final, si j’ai trouvé l’idée du film audacieuse, j’en suis tout de même ressortie un peu perplexe.

Cinéma

Red Sparrow

          Film thriller, espionnage américain de Francis Lawrence avec Jennifer Lawrence, Joel Edgerton, Matthias Schoenaerts
          Une jeune ballerine, dont la carrière est brisée nette après une chute, est recrutée par les services secrets russes. Entraînée à utiliser ses charmes et son corps comme des armes, elle découvre l’ampleur de son nouveau pouvoir et devient rapidement l’un de leurs meilleurs agents. Sa première cible est un agent infiltré de la CIA en Russie. Entre manipulation et séduction, un jeu dangereux s’installe entre eux.

Affiche du film Red Sparrow

          Je suis supposée dire quelque chose sur ce film il paraît… Je repousse depuis des semaines en espérant que l’inspiration viendra mais pas du tout. J’aime bien Jennifer Lawrence et les films d’espionnages, donc même si la bande-annonce m’avait moyennement convaincue, j’étais intriguée. J’en avais entendu dire globalement du mal. Au mieux les critiques le jugeaient médiocre. J’ai quand même voulu voir par moi-même. Et là, le fait rare, unique presque ! Je n’ai pas d’avis. Je sais, quand on me connaît, c’est perturbant.

Image du film Red Sparrow

          Essayons de décortiquer. Visuellement déjà, c’est propre. Esthétique pas hyper originale mais efficace. J’aime bien. Le scénario ? Bah film d’espionnage là encore pas révolutionnaire mais prometteur. Il y a un truc qui déconne, je n’arrive pas à mettre le doigt dessus. Je me laisse prendre par l’histoire, j’accroche plutôt bien, c’est pas trop mal ficelé. N’empêche, il y a un truc qui coince un peu. Pas assez fluide ? pas assez rythmé ? trop tarabiscoté pour pas grand chose ? Pas la moindre idée. Casting ? Bah ça passe mais l’interprétation n’est pas non plus à se taper le cul par terre. Le faux accent russe est clairement une mauvaise idée. Le visage de cire « parce que ça a l’air de faire espion » non plus d’ailleurs.

Image du film Red Sparrow

          Bon, autre problème, l’héroïne est une femme, c’est rare dans un film d’espionnage, ça commençait super bien. Mais c’est ultra sexiste ! En gros ses seuls atouts c’est son cul et son cœur de pierre. Et encore le second c’est que du bluff vu qu’elle salope le boulot en tombant amoureuse du premier venu. Non mais sérieux quoi ! Bonjour l’image rétrograde de la femme. Je sais, à l’époque… blablabla, mais bon un message un peu positif aurait pu se cacher derrière. Bah non. Le verdict ? Un ensemble convenu qui traîne parfois en longueur, des maladresses mais un résultat malgré tout assez divertissant.

 

Cinéma

The rider

          Drame américain de Chloé Zhao avec Brady Jandreau, Tim Jandreau, Lilly Jandreau
          Le jeune cowboy Brady, étoile montante du rodéo, apprend qu’après son tragique accident de cheval, les compétitions lui sont désormais interdites. De retour chez lui, Brady doit trouver une nouvelle raison de vivre, à présent qu’il ne peut plus s’adonner à l’équitation et la compétition qui donnaient tout son sens à sa vie. Dans ses efforts pour reprendre en main son destin, Brady se lance à la recherche d’une nouvelle identité et tente de définir ce qu’implique être un homme au cœur de l’Amérique.

Affiche du film The Rider

          Attention, film le plus perturbant de ce début d’année. Je suis allée voir The ride sur un malentendu. Je voulais aller voir ? je ne me rappelais plus du titre, j’ai vu un cheval sur l’affiche, j’ai cru que c’était ça. Pas du tout. En même temps je ne pouvais pas non plus savoir qu’il y avait 2 films du Far West avec un gus à cheval sur l’affiche qui sortaient en même temps non plus. Bref. Dès les premières images ce film m’a mise particulièrement mal à l’aise. C’est cru et plutôt direct dans son genre.

Image du film The Rider

          Ce film est pour le moins minimaliste, avec des personnages taiseux et un univers austère. J’aime le cinéma intimiste mais là, je n’étais pas préparée je crois. J’ai eu le plus grand mal à rentrer dans cet univers inhospitalier. Quant au personnage principal, on ne peut pas dire qu’il ait déclenché immédiatement une vive sympathie. Ca ne s’annonçait pas très bien… J’ai même hésité un moment à partir. Et puis, finalement, j’ai fini par trouver une certaine beauté à tout ça. Les dialogues sont assez peu nombreux, tout est dans le non dit. Mais peu à peu les relations entre les personnages se construisent et s’avèrent intéressantes.

Image du film The Rider

          C’est également au passage une immersion dans l’Amérique profonde, celle qu’on voit finalement peu au cinéma. Rien que pour ça, ça vaut le coup de découvrir ce film on ne peut plus éloigné Hollywood et ses paillettes. Le film a été tourné dans une réserve indienne, chez les cowboys lakotas qui mènent une vide rude. Le film est très proche du documentaire : la réalisatrice filme une histoire vraie où les acteurs amateurs jouent leur propre rôle. Et ça fonctionne bien, ils ont une présence assez incroyable qui m’a rappelé Tempête, que j’avais adoré. J’ai trouvé qu’il y a avait beaucoup de justesse dans ce film, que ce soit dans les relations entre les personnages ou dans les réactions du jeune homme, même si j’ai parfois eu l’impression de manquer de références pour bien en comprendre toutes les subtilités. Un film fort et déroutant dont je suis ressortie un peu sonnée.