Mes lectures

Une vie inutile, Maxime Gorki

           Un jeune orphelin grandit avec son oncle et sa tante. Chétif et disons-le, franchement moche, il est la risée de ses camarades. Quand il se verra obligé d’aller en ville commencer un apprentissage chez un libraire, les choses ne vont pas vraiment changer. Une vie solitaire qui va par hasard le mener à devenir un mouchard. Si cela va vaguement arranger ses relations avec autrui, ça ne va pas sans lui amener un certain nombre de problèmes.

           J’ai beaucoup aimé le début de ce livre, l’enfance assez malheureuse chez un oncle pourtant bienveillant. Le personnage principal est franchement antipathique mais sa souffrance est touchante. Après ce début des plus prometteurs, la suite m’a moins convaincue. L’arrivée en ville a fini de m’ôter toute compassion pour cette espèce de têtard sur pattes (je sais, je m’attache trop à l’histoire…). Je me suis donc un peu ennuyée dans la deuxième partie de ce roman. Heureusement, vers les 2/3 du livre, la révolte à commencer à gronder dans les classes populaires, ce qui a donné bien du travail à nos mouchards. Un peu d’action bienvenue.

           A partir de là, le livre se fait plus politique et a de nouveau capté mon attention. On est en 1905 et les différentes mouvances politiques sont ici représentées. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un ouvrage politique. Le personnage principal n’ayant pas vraiment d’avis propre et défendant l’ordre établit, on a l’impression de suivre ce bouillonnement d’idées du point de vue de quelqu’un qui les observe sans vraiment les comprendre. C’est ce qui fait tout l’intérêt de ce livre, ce point de vue si particulier qui rend peut-être la situation plus forte encore, allant jusqu’à perturber les esprits les plus obtus. La fin est surprenante et très très sombre mais ne fait qu’augmenter la valeur de ce texte. Une belle découverte.

Mes lectures

Ernest HEMINGWAY, Le vieil homme et la mer

         Encore un classique que je n’avais jamais ouvert. On m’avait dit « Tu vas voir, c’est génial, c’est vraiment très beau, j’ai pleuré à la fin » alors forcément, j’en attendais beaucoup de ce petit livre. C’est l’histoire d’un vieux pécheur qui n’a pas de chance et n’attrape plus rien ; jusqu’au jour où il va avoir affaire à un poisson énorme, le plus gros qu’on ait jamais vu. S’en suivra un combat sans relâche. Mais attraper le plus gros des poissons, est-ce vraiment de la chance ?

          On sent chez Hemingway la passion de la mer, l’amour infini pour les grandes étendues d’eau, il nous la raconte avec autant de simplicité et de ferveur qu’un vieux pécheur cubain (ce qu’il fut d’une certaine manière d’ailleurs). Au premier abord j’ai justement trouvé cette écriture trop simple, trop rêche, pas assez typée. Banale quoi. Mais l’histoire, elle, est belle. Et justement, l’écriture ne la masque pas. Il n’y a qu’elle. Que ce vieil homme et la mer. Une histoire émouvante. Ce livre ne m’a pas bouleversée mais au final, c’est justement cette simplicité et ce refus du pathos que j’ai appréciés.

C’est un gros ! C’est un tout gros, pensait-il. Faut que je l’aie à la persuasion. Faut surtout pas qu’il ait idée de sa force ni de ce qu’il pourrait faire en se mettant à cavaler. Moi, si j’étais que de lui, j’en foutrais un grand coup tout de suite et je tirerais jusqu’à tant que ça pète. Dieu merci, ces bêtes-là, c’est pas aussi intelligent que les humains qui les tuent. Ca les empêche pas d’être meilleures que les humains, et plus malignes, dans un sens.

Mes lectures

Octave MIRBEAU, Les 21 jours d’un neurashténique

          Dans Les 21 jours d’un neurasthénique, Octave Mirbeau suit à travers des anecdotes un « malade » en cure thermale dans les Pyrénées, le tout avec un humour décapant.

          J’ai bien cru que j’allais m’étouffer de rire à la lecture du premier chapitre. Malheureusement la construction du roman est pour le moins obscure (les mauvaises langues diraient inextistante) et les tribulations de notre neurasthénique deviennent un peu dures à suivre. J’ai dû rater au passage quelques références historico-littéraires. Le livre est assez daté et sorties du contexte dans lequel elles ont été écrites (et dont j’ignore presque tout), certaines anecdotes perdent de leur intérêt. Ce livre vaut quand même le détour pour l’écriture savoureuse et l’humour tranchant. A ne pas lire comme un roman mais à petite dose, comme cure de rire.

Citation à venir

Mes lectures

George ORWELL, La ferme des animaux

          Encore un grand classique de la littérature qui m’avait totalement échappé. On ne peut pas dire que j’étais très chaude pour le lire… Pourtant c’est au final une bonne surprise. Les animaux décident de se rebeller pour échapper à l’exploitation par le fermier. Ils mettent en commun leurs efforts pour un système plus égalitaire. C’était sans compter sur les cochons, qui vont petit à petit s’emparer du pouvoir à la place des humains…

          Les traits employés pour dénoncer les dérives du communisme sont un peu gros mais on se laisse emporter par la plume mordante de l’auteur. Le style est un petit bijou de  maîtrise et d’humour grinçant. Un petit livre vite lu mais qu’on n’est pas prêts d’oublier.

          Une fois encore les animaux éprouvèrent une vague inquiétude. Ne jamais entrer en rapport avec les humains, ne jamais faire de commerce, ne jamais faire usage d’argent _ n’étais-ce pas là certaines des résolutions prises à l’assemblée triomphale qui avait suivi l’explulsion de Jones ? Tous les animaux se rappelaient les avoir adoptées : ou du moins ils croyaient en avoir gardé le souvenir.

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Le temps passe. La pluie efface les commandements. L’âne, un cynique, arrive encore à déchiffrer :

« Tous les animaux sont égaux, mais certains le sont plus que d’autres. »

Mes lectures

Fiodor DOSTOIEVSKI, Humiliés et offensés

          Humiliés et offensés est considéré comme le premier grans roman de Dostoïevski. Si c’est loin d’être le plus abouti du point de vue du style (à en juger d’après les (excellentes) traductions d’André Markowicz), il est sans doute l’un des plus destructeurs. Les bons ne sont pas récompensés ni les mauvais punis, un roman profondément injuste, réaliste, aussi.

          C’est l’histoire d’un trio amoureux, de femmes à l’honneur bafoué, d’orgueils blessés. Vania aime Natacha, qui lui préfère Aliocha. Celui-ci tombera-t-il sous le charme de Katia, la femme qui lui est promise ? Et la petite Nelly, pourquoi se montre-t-elle si taciturne ?

          Une histoire cruelle, comme la vie. Pas le meilleur Dostoïevski mais un grand moment de littérature tout de même. Une fois habitué au style, on ne le lâche plus.

          Pour ceux qui voudraient commencer avec ce monstre sacré de la littérature russe, le meilleur parmis ceux que j’ai lus est pour moi Les démons, grande fresque sur la folie quotidienne qui nous emporte et nous laisse le souffle coupé. Quel que soit le titre, préférez à toute autre la traduction d’André Markowicz chez Babel.

Il est des natures, tendres et fines dans leur sensibilité, qui ont parfois comme une espèce d’entêtement, comme une espèce de refus pudique à s’exprimer et montrer leur tendresse, même à l’être qu’ils chérissent le plus, non seulement devant les autres mais aussi en tête à tête ; plus encore en tête à tête ; leurs caresses ne ne jaillissent que de loin en loin, et elles jaillissent encore plus chaleureuses, plus passionnées d’avoir été si longtemps retenues.