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Pas son genre, mais tout à fait le mien !

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Comédie romantique française de Lucas Belvaux avec Emilie Dequenne, Loïc Corbery, Sandra Nkake

          Quand Clément, jeune professeur de philosophie parisien, est affecté à Arras pour un an, il frôle le désespoir. Là-bas, il trompe l’ennui avec Jennifer, la jolie coiffeuse qui partage sa vie entre son fils et le karaoké avec ses copines. Mais l’amour est-il possible entre ces êtres que tout oppose ?

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          Ceux qui me suivent le savent sans doute, je ne suis pas une inconditionnelle des comédies romantiques. Bien que j’en voie finalement pas mal, je trouve le genre particulièrement casse-gueule, tombant trop souvent dans la facilité ou pire, la mièvrerie (quand ce n’est pas les deux). Je dois avouer que la première fois que j’ai entendu parler de ce film, je n’étais guère tentée, ni le titre ni l’affiche ne m’inspiraient confiance : quelle grave erreur ! Et puis, j’en ai entendu dire tellement de bien de toutes part, dans la presse comme sur les blogs ou dans mon entourage, il fallait que j’aille voir par moi-même. J’aurais eu tort de ne pas me déplacer, j’ai été loin d’être déçue !

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          J’ai trouvé que ce film atteignait un bel équilibre. Les sentiments y sont décrits avec beaucoup de finesse et l’ensemble sonne très juste. Bien que les deux personnages soient extrêmement différents, on se retrouve un peu dans les deux et on comprend les motivations et réactions de chacun. La grande force de ce film, c’est que si les personnages peuvent sembler un peu fades, répondant aux clichés du genre, ils s’échappent rapidement des stéréotypes et gagnent peu à peu en épaisseur et en humanité. Cette évolution les rend plus touchants encore.

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          Les acteurs sont absolument bluffants. Je n’avais jamais vu Loïc Corbery bien qu’il soit sociétaire de la Comédie Française à laquelle je suis pourtant abonnée depuis mon arrivée à Paris. Le hasard a fait que je n’ai jamais vu de pièce dans laquelle il jouait mais ce sera bientôt chose faite puisqu’il sera justement dans le dernier spectacle que j’avais réservé pour cette saison. Quant à Emilie Dequenne, je ne l’ai pas vue très souvent à l’écran mais je n’en gardais pas un souvenir impérissable. Si Loïc Corbery a été pour moi une véritable révélation, c’est bien la jeune femme qui crève l’écran dans ce film et le rend irrésistible. Elle insuffle à la petite coiffeuse qu’elle joue une telle énergie et une telle joie de vivre qu’on ne peut que succomber. Un charme fou et un sourire communicatif qui font franchement du bien.

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          Je n’avais pas tellement apprécié le dernier film de Lucas Belvaux, 38 témoins, que j’avais trouvé terne. Il se rattrape largement ici en signant un film d’une grande justesse sur un sujet pourtant périlleux. Chacun s’y reconnaît un peu, y retrouve un peu de ses propres défauts, de ses propres blessures. Parce que l’amour c’est beau mais compliqué, et que c’est raconté avec une simplicité désarmante. Pour en avoir parlé avec d’autres personnes qui l’ont vu, si tout le monde l’a aimé, on y a tous trouvé des réponses différentes car on ne le regarde pas de la même façon en fonction de notre propre expérience. J’ai eu le sourire du début à la fin de la projection, ce qui est on ne peut plus rare. J’ai été émue aussi. Un film touchant et lumineux sur un sujet universel qu’on a envie de voir et revoir.

          J’ai eu un mal fou à écrire cette chronique tant il est difficile d’analyser des émotions nées avec une telle spontanéité. L’impression que tout a déjà été dit et de ne pouvoir faire que moins bien ne m’a pas aidée. A ce sujet, je vous conseille de lire la très bonne critique que Filou a faite de ce film. Il y dit exactement je ce que j’en pense mais en mieux. Bonne lecture et bon film à ceux qui ne l’ont pas encore vu.

L’amour dure trois ans, de Frédéric Beigbeder

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Comédie romantique française de Frédéric Beigbeder avec Gaspard Proust, Luise Bourgoin, Joey Starr.

          Marc Marronnier est critique littéraire et chroniqueur mondain. Après son divorce, il se met à l’écriture d’un roman acide, « L’amour dure trois ans ». Ce pamphlet misogyne sera le succès de la rentrée littéraire. Mais sa rencontre avec Alice va bouleverser sa vie. 

          Comme vous pouvez le constater, rien de très original dans l’histoire. Tous les ingrédients classiques de la comédie romantique sont là. Un homme qui en croit pas à l’amour mais qui tomba amoureux et que son passé rattrape, un scénario pour le moins classique. Frédéric Beigbeder adapte ici son propre livre, l’actualisant au passage. Je ne sais trop que dire de ce film. Je l’ai trouvé assez réussi. J’ai passé un très bon moment, j’ai beaucoup ri et je me suis même laissée surprendre par moments. Je dirais que dans l’ensemble c’est une comédie qui fonctionne bien.

          Le choix de Gaspard Proust comme double de l’auteur semble assez naturel. Je ne dirais pas franchement qu’il joue bien tant ce rôle est proche du personnage qu’on connaît. C’est d’ailleurs assez perturbant au début. Joey Starr confirme quant à lui un certain talent comme acteur, ainsi qu’une bonne dose d’humour. Les acteurs semblent s’amuser et par la même occasion, nous aussi. Un concentré de bonne humeur. Pour le reste on retrouve tout l’univers de Beigbeder, intello mondain, talentueux et jemenfoutiste. Je craignais qu’il ne sombre une fois de plus dans la facilité avec ce film mais pas du tout.

          Le film est très soigné du point de vue des décors et de la mise en scène. On peut reconnaître les lubies du réalisateur sans peine (une bibliothèque avec des livres anciens dans une salle de bain, un hommage plus que marqué à Michel Legrand, et un appartement entier couvert de livres). J’ai beaucoup apprécié cette omniprésence des livres. D’ailleurs je rêve d’avoir le même appartement que Marc Marronnier. A son habitude, Frédéric Beigbeder alterne humour subtil et grivoiseries, mais échappe cette fois au mauvais goût. Il a su recréer dans ce film l’univers de ses meilleurs livres. Si le tout manque de profondeur, il demeure brillant. Beigbeder au mieux de son talent.

Minuit à Paris, de Woody ALLEN

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          Comédie romantique américaine de Woody Allen avec Owen Wilson, Rachel McAdams, Michael Sheen.

          Un couple d’américain sur le point de se marier vient passer quelques jours à Paris. Il est écrivain et rêve du Paris des années 30, elle est écervelée et ne s’intéresse qu’aux magasins de chaussures. Bientôt, la magie de la ville va transformer leur vie…

         Je m’étais promis de ne pas aller voir ce film : je suis souvent déçue par Woody Allen et Carla Bruni et Marion Cotillard (elle est vraiment partout celle-là, elle n’en fini plus de polluer les films outre-Atlantique…) dans un même film, ça me semblait au-dessus de mes forces, et pourtant, j’ai fini par me laisser convaincre.

          Alors ? alors ? le résultat ? ben comme prévu hein, je me suis emmerdée du début à la fin. L’histoire est totalement abracadabrante (sans l’aspect magique, bien sur). On accumule les clichés sur Paris, sur la France, sur l’art, sur le sens de la vie… bref, sur tout et n’importe quoi. Les images ressemblent à une vieille carte postale défraîchie. A aucun moment on ne voit le Paris vivant qui a tant de charme, seulement des images mortes et sans âme, souvent mal cadrées qui plus est (non mais sérieusement, comment on peut se rater sur des images carte-postale de Paris ?). Un film sans intérêt, du vu et revu sur le fond, avec un peu de fantastique par dessus qui m’a laissée pantoise. D’un ennui mortel…