Patrimoine

Qui veut pister Paris ?

          Vous cherchez une manière originale de découvrir Paris ? Vous aimez les enquêtes policière et rêvez de vous rendre pour Les Experts ? Qui veut pister Paris est fait pour vous ! Sortez votre loupe et vos jumelles et partez tel Sherlock Holmes à la recherche des indice disséminés dans Paris. Saurez-vous mener l’enquête et dénicher le coupable ?

visite-enquete-en-soiree-le-gout-du-peintre11373378941

          Quand j’ai entendu parler de ce tout nouveau concept l’année dernière, je me suis mise à sautiller sur ma chaise en me disant génial ! génial ! génial ! Malheureusement, bien qu’ayant prévu d’aller jouer les limiers avec des amis pour une soirée, tous s’étaient dégonflés le jour venu et j’étais donc restée avec mon idée sur les bras. Fort heureusement, une amie bien inspirée m’a proposé de l’accompagner, accompagnées de deux autres compères, et nous voilà partis à l’aventure ! L’idée donc est de découvrir Paris différemment, qu’on soit de passage en ville ou parisien pure souche.

IMgAccueilParis4

          Pour ce faire, on commence à s’inscrire via la plateforme de réservation ou par mail via leur site internet. L’aventure se déroule en équipes de 2 à 6 personnes, n’hésitez donc pas à amener des amis avec vous. Sinon, vous pourrez toujours intégrer un groupe sur place et en profiter pour faire de nouvelles rencontres. Le jour J, on se rend sur place et on est accueilli par un jeune homme qui nous met dans l’ambiance : on est sur les lieux du crime et il est un journaliste qui enquête sur le meurtre. Des indices sont affichés au mur et ils nous aide à en prendre connaissance avant d’aller découvrir au sous-sol la scène macabre (n’ayant testé qu’un seul des jeux de piste, je vous décris son déroulement qui n’est pas toujours le même en fonction de la formule choisie).

Accessoires-de-jeu-de-piste-Qui-veut-pister-Lyon

          Notre jeune ami nous confie une mallette pour nous aider dans notre tâche. Ce petit sac du parfait enquêteur comporte loupe, miroir, jumelles, lampe à ultra-violets et bien sûr, notre carnet de route pour aller récolter des indices ! Nous n’avons plus qu’à partir à travers la ville sur les traces du tueur… Il existe plusieurs enquêtes et jeux de pistes dans différents quartiers, nous avons choisi celle qui s’appelle « Le goût du peintre ». Elle nous emmène sur les bords de Seine, on part du Marais, on traverse ensuite le fleuve pour explorer un peu le Quartier Latin avant de nous intéresser à l’Ile de la Cité et à l’Ile Saint-Louis pour enfin retourner sur le lieu de départ. Tout au long du parcours, en plus de nous permettre de dénicher des indices, le carnet de bord nous indique des curiosités historiques du quartier. Des détails qu’on ne repérerait pas ou dont on ne pourrait découvrir la signification en se promenant seul.

Notre Dame de Paris

            J’ai adoré ce jeu de piste dans Paris ! Je l’ai trouvé très bien conçu, avec des indices sous des formes variées et des petits détails historiques mis en avant que j’ai beaucoup aimés. On se prend vraiment au jeu et il y avait une réelle compétition entre les équipe qui a donné du piquant à l’histoire et a rendu notre parcours très sportif. Une fois revenus au point de départ est arrivé le temps de la réflexion sur le pourquoi de comment grâce aux indices collectés autour d’une boisson fraîche bienvenue après ce périple. Nous avons trouvé la bonne réponse à l’énigme et, si c’est une question de logique il y a toutefois quelques pièges pour égarer les participants. Il faut compter 2h-2h30 pour le jeu dont 1h30 à 2h dans Paris, cette enquête-ci est à 17,50€ et l’autre à 15€, tous les renseignements sur Qui veut pister Paris ? et Cultival. Nous avons beaucoup ri, beaucoup couru, appris des choses sur Paris, découvert des endroits qui avaient l’air très sympas et qui m’ont donné envie d’y revenir, vu de jolies choses et même réfléchi. Une expérience qui m’a laissé un excellent souvenir, je n’ai qu’une hâte, retourner enquêter dans Paris !

Mes lectures

Green Manor – Fabien VEHLMANN et Denis BODART

          Le Green Manor est un club anglais très select. Les messieurs de la bonne société s’y retrouvent pour parler de l’actualité en sirotant un whisky. Pourtant, derrière les journaux et la fumée de cigares, se cache une bien sombre réalité : au Green Manor Club, de nombreux meurtres ont été commis… Oui, mais toujours avec classe, assassin ou pas, on reste un gentleman avant tout !

9782800135991p1

          Ce très bel ouvrage compile l’intégrale de Green Manor, soit 3 tomes. La couverture est particulièrement réussie, avec un petit côté vieillot qui colle parfaitement au sujet : imitation cuir vieilli et papier de qualité se conjuguent en un très bel objet qui sera du plus bel effet dans votre bibliothèque. Mais bien sûr, cela ne saurait suffire. Et le contenu ? me direz-vous. J’y viens justement.  J’ai également beaucoup apprécié le graphisme. J’ai souvent du mal avec les dessins très modernes, ici on reste dans un univers visuel plutôt classique qui retranscrit très bien le côté désuet mais plein de charme des lords anglais : un régal pour les yeux ! Quant aux 16 historiettes, elles sont autant de perles d’humour noir. Les intrigues sont très bien construites et chacune se démarque de ses consœurs, bien qu’elles aient bien sûr le Green Manor Club en partage.

Green-Manor-21

          J’ai particulièrement apprécié celles où on homme infirme veut se venger de sa femme et de son amant, où un homme enquête sur un meurtre avant de découvrir qu’il en est lui-même le coupable, où des femmes montent un brillant stratagèmes pour cacher à leurs mari le crime de l’une d’entre elles ou encore celle où un homme insignifiant tue sans être inquiété avant de périr à son tour dans des conditions assez comiques. Il y a quelques trouvailles dans ces enquêtes élégantes et quelques jolies références aux classiques de l’énigme. On se délecte de ces histoires un rien macabre au cynisme irrésistible. A la fois un très bel objet et une excellente BD, un réel plaisir pour les yeux comme pour l’esprit !

Green-Manor

Le meurtre n’est rien sans un peu d’élégance.

Mes lectures

Ténèbres, prenez-moi la main – Dennis LEHANE

           Patrick et Angela sont détectives privés. Ces deux amis d’enfances s’en sortent tant bien que mal en résolvant de petites affaires mais un jour, pour aider un ami, ils vont accepter une affaire qui les dépasse. Une femme pense que la mafia lui en veut et fait appel à eux pour régler ce problème. Ils vont ainsi se retrouver mêler à une sordide affaire entre mafieux et serial killers.

           Le gros point fort de ce livre est sans aucun doute le suspens. Il est absolument intenable ! L’univers décrit est très noir et les personnages sont loin d’être des héros, on se demande tout le long par quel miracle ils pourraient bien en sortir vivants. Du côté de l’enquête, les fausses pistes se multiplient et on est aussi perdus que les enquêteurs eux-mêmes. Le point de vue interne aide beaucoup à se plonger dans l’histoire. L’écriture est agréable, les personnages bien construits et la trame efficace. On se laisse totalement prendre par cette enquête sombre et tortueuse. Un très bon roman noir au suspens haletant. Ames sensibles s’abstenir.

Il y a plus de chances de voir un Black jouer dans nu film de Woody Allen que Patrick s’engager dans une relation sérieuse.

______________

Ils voguaient au gré de l’existence tels des canards en plastique dans une baignoire, se retrouvaient de temps en temps le bec dans l’eau, attendaient qu’on les redresse, puis reprenaient leur dérive. Un cheminement sas conflits, mais sans passion non plus.

_______________

Tu ne peux pas patauger dans les égouts toute la journée et revenir à la maison en sentant la rose.

Mes lectures

Jean-Michel RIOU, 1658, L’éclipse du Roi-soleil

          Ete 1658. A Calais, le jeune roi se meurt. Personne n’arrive à déterminer quel mal ronge le souverain, alors à peine âgé de 20 ans. Antoine Petitbois, espion de la couronne, va mener l’enquête. Partisant de la thèse de l’empoisonnement, il s’alliera aux défenseurs de l’antimoine pour sauver le roi. Arrivera-t-il à découvrir la vérité que le grand cardinal Mazarin semble s’évertuer à cacher ?

          Je lis peu de romans historiques. Je me suis pourtant laissée entraîner par celui-ci. Le style alerte est agréable. Assez ignorante en matière d’histoire (je le confesse avec honte), je ne connaissais rien de cette histoire d’empoisonnement de Louis XIV au début de son règne. J’ai donc été fort aise de m’instruire (le coté instructif étant toutefois à prendre avec des pincettes dans ce type d’ouvrage « grand public ») avec cette enquête à la Cour. L’enquête policière n’est pas des plus palpitantes, mais on se laisse porter par l’histoire somme toute plaisante.

          Le roman semble coller d’assez près à la réalité historique, ce que j’ai apprécié. Les notes en bas de page, apportant des précisions sur les personnages ayant existé sont utiles à la remise en contexte pour les ignorants tels que moi. Le livre comporte des maladresses, si le style est agréable dans l’ensemble car facile à lire et enlevé, il est parfois un peu bancal. Je ne suis pas sure que les dialogues soient toujours très en accord avec l’étiquette du XVII°… Mais peut-être est-ce là l’effet d’un naturel trop méfiant. Si l’ouvrage ne fait pas montre d’une grande profondeur, il a du moins le mérite d’être plaisant et instructif. Quelque chose me dit que les passionnés d’histoire ne le goûteraient guère, les autres y trouveront une lecture agréable.

La rue a ceci de remarquable. On y apprend souvent ce que les puissants ignorent encore. Comment expliquer que le bon peuple sache tout, y compris ce que l’on tente de lui cacher ? Eh bien ! C’est que l’air de la rue contient plus que du vent et, dans le brouhaha de tapages, de racontars qui l’encombre, la Vérité surnage toujours.

________________

J’avais repéré ma proie, flânant dans la maison même du roi. Elle allait sans méfiance. D’ailleurs, qu’aurait-elle craint puisqu’elle se croyait à l’abri de tout ?

________________

Si le premier commandement de l’enquêteur est d’écouter, celui de l’espion est de se faire oublier, car l’ombre sied à la profession, je crois l’avoir répété. Cet adage souffre-t-il d’exception ? Aucune.