Expositions

Artemisia

          J’avais vu il y a quelques temps un film consacré à la jeunesse de cette peintre italienne du 17° siècle. Elle fut la première femme à vivre de son art, à l’égal des hommes, en travaillant pour des princes et des cardinaux. Violée à 17 ans, déshonorée, marié de force, elle connut pourtant la gloire. Un destin exceptionnel qui m’intriguait. Je suis donc allée voir l’exposition qui lui est consacrée au Musée Maillol afin dans savoir plus.

          J’ai beaucoup aimé cette exposition. Je ne connaissais pas le Musée Maillol et j’ai apprécié cette découverte (je ne connaissais pas Maillol, autre bonne surprise de la visite). Les tableaux d’Artemisia sont pour la plupart grands, représentent des sujets historiques ou des allégories et sont une incroyable illustration du travail sur le clair-obscur. Elle sert de modèle à la plupart de ses figures féminines, souvent nue, ce qui dénote d’une incroyable liberté dans une société pudibonde.

          Que dire de cette oeuvre ? Elle égale celle des grands maîtres italiens de l’époque. La lumière et la couleur y tiennent la place dominante. L’exposition propose aussi un petit documentaire sur l’incroyable destin de cette femme. Si les tableaux nous rappellent les maîtres de l’époque, le contexte de leur création leur donne un pouvoir tout particulier. Une exposition qui mérite le détour, ne serait-ce que pour découvrir cette incroyable figure de la Renaissance.

Artemisia

Jusqu’au 15 juillet

Tous les jours jusqu’à 19h (21h30 le vendredi), 11€

Musée Maillol

61 rue de Grenelle

75007 Paris

Expositions

Maurice Denis, l’éternel printemps

          Maurice Denis est un peintre Nabi proche de l’Art Nouveau, il est surnommé dans le groupe le « Nabi aux belles icônes ». Il a travaillé presque toute sa vie à Saint-Germain-en-Laye et fait de nombreux séjours en Bretagne et en Italie. Il a peint aussi bien des décors profanes que religieux. Le printemps est au coeur de son oeuvre. 

          Cette exposition regroupe 80 toiles de Maurice Denis dédiées au printemps. On y trouve aussi bien des oeuvres de jeunesse, des dessins pour célèbrer la beauté de sa femme, des panneaux peints destinés à des plafonds ou aux murs de salons… Une belle diversité, tant chronologiquement que dans les styles adoptés et les supports employés. La religion tient la place centrale de l’oeuvre de Maurice Denis. Très croyant, il a peint de nombreuses scènes religieuses, notamment des séries d’annonciations, associées au printemps. L’amour aussi est largement célèbré, avec de nombreuses toiles représentant sa propre femme.

          J’ai beaucoup aimé la découverte de ce peintre trop largement méconnu. La diversité des styles m’a enchantée et j’ai beauocup aimé la fraîcheur de ses toiles printanières. Le côté Art Nouveau de certaines toiles m’a particulièrement convaincue. Le musée, clair et bien conçu, permet une belle mise en valeur des oeuvres. Les audioguides sont très bien conçus et permettent un éclairage intéressant sur le travail de cet artiste. Une exposition qui m’a réellement enchantée et m’a donnée envie d’aller voir le musée consacré à ce peintre à Saint-Germain-en-Maye, dans la maison dans laquelle il a vécu. Cet accrochage vaut largement le déplacement.Vous avez encore quelques jours pour vous y précipiter, courez-y !

Maurice Denis, L’éternel printemps

Du 1° avril au 15 juillet

Musée des Impressionnistes

99, rue Claude Monet

27620 Giverny

Expositions

Yutaka Takanashi

          La fondation Henry Cartier-Bresson consacre une exposition au photographe japonais Yutaka Takanashi, pour la première fois en France. Cette figure emblématique de la photographie japonaise du XX° siècle s’intéresse à la ville, sous tous ses aspects, entre réalisme et poésie.

          Je n’y connais pas grand chose en photographie, je vais donc avoir du mal à juger du travail de cet artiste. Une première salle regroupe un travail sur la ville en noir et blanc. Il la montre plutôt hostile, dans sa modernité. La plupart de ces clichés, assez déstructurés, m’ont laissée perplexe. Seuls 3 ou 4 (une femme allaitant dans une voiture et un enfant regardant l’intérieur d’une maison de poupée notamment) m’ont interpellée. La 2° salle regroupe de prises de vue dans des tons chauds sur un Japon plus traditionnel. Ce sont là les vestiges d’un passé rassurant qui sont mis en avant. Etrangement, si la série m’a parue plus attirante, représentant un tout assez uniforme et qui m’a semblé intéressant, les clichés en eux-mêmes, dans leur ressemblance, paraissent avoir un peu de mal à être envisagés comme des entités isolées. Certains m’ont plus mais plus par leur sujet que par leur composition il me semble.

          En revanche, s’il y a une chose dont je suis sure malgré mes faibles compétences en la matière, c’est que l’éclairage est incroyablement mauvais (et les salles déprimantes). La lumière des néons tombe directement sur les oeuvres, créant un reflet auquel Narcisse lui-même n’aurait rien trouvé à redire : on peut se recoiffer dans quasiment toutes les photos et  il faut se contorsionner pour échapper à son propre reflet dans le cadre. Une exposition qui m’a moyennement convaincue mais m’a donné envie de voir ce que ce photographe avait bien pu faire d’autre pour atteindre une telle célébrité.


Yutaka Takanashi

Fondation Henri Cartier-Bresson

2, impasse Lebuis

75014 Paris

Expositions

Pluie et Patagonie au Quai Branly

          Le musée du Quai Branly proposait ces deux expositions jusqu’au 13 mai. Patagonie me tentait particulièrement, avec des photographies d’habitants qui me semblaient très bien. Pluie restait assez mystérieuse mais poétique. Je suis donc allée voir ce qu’il en était.

          Je n’étais jamais allée au Quai Branly. J’ai beaucoup aimé la manière dont les oeuvres sont mises en valeur avec notamment un éclairage intéressant. A l’intérieur, pas de lignes droites et de murs blancs, les cloisons évoquent des murs en pissé aux tons chauds et aux formes courbes. Cela donne une ambiance plus chaleureuse que ce à quoi on est habitués dans les musées. Le parcours est également bien conçu, simple et efficace. Une conception intelligente que j’ai beaucoup appréciée.

          Pour ce qui est des expositions, je suis plus mitigée. Il n’y avait pas grand chose à voir dans celle consacrée à la Patagonie. On commence par 3 photographies de paysages en grand format assez originales et on aurait aimé poursuivre un peu avec le travail de cette artiste. Quelques livres anciens reportant des légendes sont exposés et on arrive ensuite à des portraits mettant en avant les cultures autochtones. J’ai été assez déçue par leur format : les tirages sont minuscules ! Ca ne facilite pas leur lecture et n’aide pas à fixer son attention. Petite déception donc quand à ce contenu un peu foutraque et somme toute relativement pauvre. Pour la Pluie, je ferais sensiblement les mêmes remarques. Mais ces expositions sont comprises dans le prix du billet, il aurait donc été dommage de s’en priver. Une visite fort agréable qui m’a fait découvrir des objets surprenants et donné envie d’en apprendre plus sur certaines des cultures exposées.

Expositions

Le Japon au Jardin d’acclimatation

          Durant tout le mois d’avril, le Japon s’est invité au Jardin d’acclimatation. Un petit vent d’exotisme qui souffle sur ce très chic jardin parisien. Des animations culturelles (cérémonie du thé, musique traditionnelle, défilé en costumes…) et des stands de produits japonais qui promettaient le dépaysement. Je suis donc allée voir ce qu’il se passait.

          Dès l’entrée, j’ai été très déçue par ce « jardin japonais » : de petits stands alignés le long d’une allée. La décoration n’atteint pas des sommets, ça reste somme toute assez neutre. Je m’attendais à plus de dépaysement. Sur les stands en question, beaucoup de babioles : carrés de tissus, bijoux fantaisie vus et revus, poterie… Tout ce qui était un peu attrayant comme les estampes ou certaines boîtes à thé étaient absolument hors de prix (400€ le dessin à l’encre de chine de petit chat c’est légèrement excessif…).

          Finalement, la moitié des produits présentés sont disponibles dans n’importe quel bon magasin de déco (pour les bols, dont le choix était ridiculement limité, ou les bijoux en tissus par exemple), pour le reste, la maison du Japon est mieux fournie. Les commerçants étaient de plus extrêmement peu aimables. Ils parlaient entre eux en japonais sans accorder le moindre intérêt au potentiel client, ne serait-ce que pour répondre à son bonjour. Côté nourriture, un choix désespérément pauvre. J’avais hâte de m’attaquer à de bonnes brochettes boeuf/fromage, que nenni ! Il y avait essentiellement des boulettes à l’oeuf à prix d’or. Une sortie qui ne valait même pas les 3 malheureux euros de l’entrée.