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La Grande Bellezza

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Comédie dramatique italienne de Paolo Sorrentino avec Toni Servillo, Carlo Verdone, Sabrina Ferilli

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          Jep est un bel homme qui rencontre un succès certain auprès des femmes et écume les soirées mondaines dont il est souvent au centre. Une vie superficielle qui ne le comble plus tout à fait. Dans son jeune âge, il a écrit un unique roman qui lui a valu un prix littéraire. A 65 ans, cynique et un rien blasé, il se demande s’il ne devrait pas se remettre à écrire.

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          La bande-annonce de ce film ne nous apprend pas grand chose à son sujet mais j’étais intriguée, et me disais qu’on tenait peut-être là un grand film. Avec ce type de cinéma sur la vacuité de la vie, deux solution : ou c’est complètement raté et on se retrouve avec un film creux et sans intérêt, ou ça fonctionne et c’est alors simplement magique. Il fallait que j’aille voir de quoi il retournait. Le sujet, sur ce mondain qui veut retourner à l’écriture mais est freiné par le poids de son succès passé et la peur de l’échec, me semblait tout à fait passionnant.

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          Le début du film m’a un peu surprise : une scène où il ne se passe à peu près rien, dont on ne comprend pas bien le sens mais d’une incroyable beauté. Tout le film sera à l’avenant. Les scènes se succèdent de manière un peu décousue : un groupe de touristes qui découvre Rome, la fête d’anniversaire de Jep, une ballade nocturne en ville, un repas entre amis… On alterne les fêtes survoltées et vides de sens et des moments de dépression face à la solitude de cet homme pourtant si entouré. Le scénario est décousu et les questionnements du personnage juste esquissés. Certains reprochent d’ailleurs au film ce côté superficiel et déconstruit.

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          Et pourtant. J’ai eu beau me faire moi aussi ces remarques, me demander parfois où le réalisateur voulait en venir et ne pas toujours tout comprendre au sens de certaines scènes un peu improbables, je suis entrée dans cet univers comme cela m’arrive rarement. J’ai été subjuguée par la beauté des images. Ce film m’a donné envie de danser dans les scènes de fêtes survoltées, m’a mise mal à l’aise parfois, m’a fait partager la tristesse de son personnage un peu perdu dans sa vie de rêve et surtout, m’a donné la chair de poule devant la beauté de certaines images. Un frisson qui m’a parcouru l’échine comme rarement au cinéma. A tel point que j’aurais voulu ne jamais sortir de mon fauteuil et retrouver les bruits de la ville.

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          Je crois qu’on est typiquement devant le genre de films qui ne laisse pas indifférent : soit on adore, soit on déteste. Pour ma part j’ai été très sensible à cette esthétique et j’ai passé 2h20 de pur bonheur. Est-ce un grand film ? je ne sais pas. Mais un film sublime, sans aucun doute. Moi qui suis pourtant souvent très réticente face aux films esthétisants, celui-ci m’a totalement envoutée. Les images sont de toute beauté et la bande son très bien choisie pour un résultat captivant. L’intérêt de certaines scènes est peut-être douteux, tout comme leur teneur philosophique, mais qu’importe tant l’émotion que dégagent les images est forte. Un film qui porte très bien son nom : de toute beauté.

Les origines de la Saint Valentin

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          14 février, la Saint-Valentin, la fête des amoureux… On est en apparence bien loin de mes préoccupations mais pourtant j’aime particulièrement l’histoire de cette fête. Je ne résiste donc pas à sortir de mes archives pour quelques jours l’article que j’avais consacré l’année dernière à ce sujet.

          Vous le savez sans doute, le 14 février, nous fêtons les Valentin et célébrons les amoureux. Mais savez-vous que cette fête existait bien avant de devenir une aubaine pour les fleuristes et les chocolatiers ? En connaissez-vous l’origine ? Avec deux jours de retard, je ne résiste pas à l’envie de vous raconter cette histoire.

          Valentin vivait à Rome sous Claude II (qui régna seulement 2 ans, de 268 à 270) et prônait la foi catholique à une époque où les chrétiens étaient tour à tour vaguement tolérés ou carrément persécutés. Il s’est fait arrêter pour avoir prêché la bonne parole. De sa geôle, Valentin a rendu la vue à la fille du magistrat qui avait sa charge et en a profité pour convertir toute la famille. Il aurait également marié des couples en douce alors qu’on était en temps de guerre et qu’il aurait dû aller se faire trucider sur les champs de bataille. D’autant plus que le mariage était alors interdit pour qu’il y ait plus d’hommes disponibles pour aller au front. Il a été condamné et décapité sur la voie Flaminia le 14 février 268 après avoir été battu et brisé avec des « bâtons noueux ». C’est là la légende la plus communément admise sur l’origine de la fête des amoureux.

          Cependant, à cette même date, dans la Rome antique toujours, étaient célébrées des fêtes païennes, les Lupercales, en l’honneur de Lupercus dieu des troupeaux et des bergers et Junon, déesse protectrice des femmes et du mariage. Les fêtes commençaient par le sacrifice d’une vierge et de boucs, ensuite, les prêtres badigeonnés de sang couraient dans les rues à moitié nus fouettant au passage les femmes avec des lanières taillées dans la peau des boucs sacrifiés. Les coups reçus devaient assurer à celles qui les recevaient fécondité et grossesse heureuse, elles s’offraient donc à eux de bon coeur. La journée se terminait par un banquet suivi d’une loterie : chaque jeune fille inscrivait son nom sur un parchemin qu’elle déposait ensuite dans une jarre où les garçons tiraient au sort le nom de celle qui devait les accompagner pendant la soirée. Quand l’Eglise a commencé à s’imposer dans l’Empire romain, elle a souhaité mettre un terme à ces fêtes pour le moins indécentes et a lancé le culte de Saint Valentin pour contrecarrer ces pratiques jugées douteuses.

          Voilà vous savez tout ! J’ignore comment Cupidon est venu s’incruster dans cette affaire avec ses petits coeurs partout mais je suppose qu’avec le temps on a juste oublié l’origine de cette fête et qu’on s’est mis à tout mélanger. Une histoire que je trouve en tout cas passionnante. C’est incroyable cette propension des catholiques à tout se réapproprier, fascinant.