Cinéma·Jeunesse

Kung Fu Panda 2

          Dans le 1° volet, Po, un panda gourmand et maladroit, découvrait qu’il était destiné à devenir le guerrier dragon : un maître du kung-fu qui protègerait la ville contre les ennemis. On le retrouve ici, un peu mieux entraîné et toujours entouré de ses amis. Il va devoir affronter un nouvel ennemi très très méchant et qui possède une arme plus forte que le kung-fu. Pour le vaincre, il va devoir partir à la découverte de son passé.

          J’avais a-do-ré le premier épisode. Cet antihéros est très attachant. Un dessin animé qui se moque des conventions du genre et les détourne avec beaucoup d’humour et de tendresse. C’est drôle, c’est frais, c’est intelligent, les petits comme les grands y trouvent leur compte. Pour ma part je suis totalement tombée sous le charme. Je ne suis pas allée voir la suite au cinéma mais j’ai une fois de plus profité de mon abonnement Canal pour rattraper mon retard. Comme on pouvait s’y attendre, la suite n’est pas aussi réussie que le premier opus.

          L’originalité de l’histoire résidait dans le caractère totalement improbable de son héros. Mais comme il finissait à la fin par ressembler à peu près au guerrier qu’il devait devenir, difficile de retrouver la même spontanéité dans la suite. Si le personnage est toujours sympathique, il a perdu un peu de sa naïveté si touchante. L’auto-dérision fonctionne également moins bien : dans le précédent, il était clair qu’on se moquait gentiment des stéréotypes habituels dans les dessins animés, ici on doute parfois qu’il s’agisse bien d’humour, ce qui fait par moments un effet quelque peu bizarre. L’histoire est également un peu plus classique, avec un rien trop de bons sentiments. Ca reste toutefois agréable à regarder : il y a de l’action, une histoire qui fonctionne plutôt bien, des personnages attachants et quelques moments assez drôles ; mais on est quand même loin du niveau du premier. Une petite déception.

Mes lectures

Métaphysique des tubes – Amélie NOTHOMB

          Bébé, Amélie était Dieu. Un dieu apathique qui se contentait de manger quand on lui présentait de quoi se nourrir et de regarder le plafond le reste du temps. Et puis tout à changé, un jour elle a découvert le monde. Mais cette petite fille hors du commun ne pouvait qu’avoir une vie exceptionnelle et pleine de d’aventures. 

        Je ne sais pas trop quoi dire de ce livre. Le début est extrêmement déroutant. Je l’ai trouvé insupportable. A la fois sans grand intérêt, pas très bien écrit franchement pédant. Heureusement, assez vite ça s’arrange et on retrouve la légèreté de l’écriture d’Amélie Nothomb, son humour et talent certain. Malheureusement, je ne sais pas si c’est moi qui n’avais jamais fait attention avant ou si c’est particulièrement marqué dans cet ouvrage-ci mais l’humilité n’est vraiment pas son point fort. Tant d’auto-suffisance me laisse perplexe. L’originalité de l’écriture (bien qu’elle s’émousse la lecture de plusieurs titres de l’auteur) est sans doute le plus gros atout de ce livre, un grain de folie des plus appréciables. Un livre agaçant par moments mais non dénuée de qualités : une lecture légère et agréable.

Certains grands livres ont des premières phrases si peu tapageuses qu’on les oublie aussitôt et qu’on a l’impression d’être installé dans cette lecture depuis l’aube des temps. Semblablement, il était impossible de remarquer le moment où Dieu avait commencé à exister.

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Le regard, qui est l’essence de la vie, est d’abord un refus. Vivre signifie refuser. Celui qui accepte tout ne vit pas plus que l’orifice du lavabo.

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Ils deviennent de plus en plus stupides, ce qui les conforte dans leur idée d’être brillants – car on n’a rien inventé de mieux que la bêtise pour se croire intelligent.

Cinéma

Starbuck

          Comédie de Ken Scott avec Patrick Huard, Julie Le Breton, Antoine Bertrand.

         David est un grand ado qui a la quarantaine. Endetté jusqu’au cou, il fait pousser du cannabis dans son garage pour arrondir les fins de mois. Il travaille aussi comme livreur dans la boucherie de son père. Alors que sa copine qu’il délaisse lui apprend qu’elle est enceinte, il découvre que suite à des dons de sperme, il est le géniteur de 533 enfants dont 142 sont déterminés à le retrouver.

         J’étais un peu sceptique en allant voir ce film. Comme chacun sait (enfin ceux qui me connaissent ou me suivent régulièrement via ce blog), je ne suis pas très bon public pour les comédies. D’autant que l’humour québécois me laisse souvent perplexe. Ajoutez à ça un sujet improbable (et prêtant à un humour bien gras), je m’attendais au pire… Mais comme j’en avais entendu le plus grand bien, je me suis dit que ça méritait quand même d’aller voir cette drôle de chose.

         Grand bien m’en a pris ! Cette comédie est pleine de qualités. Dans le désordre : les personnages sont très attachants, les situations vraiment cocasses, il y a une histoire qui se tient, l’humour n’est si lourd qu’on l’aurait pu craindre. Qu’on aime ou non, on doit bien admettre que ça sort du lot ! Bon certes, il y a quelques blagues vaseuses mais le tout est bien plus subtil qu’il n’y paraît. Cette situation folle est aussi l’occasion d’une petite réflexion sur la famille, l’amitié, la morale… La vie sous son aspect relations humaines de manière générale.

          Et c’est plutôt réussi. J’ai franchement ri. Le film joue sur plusieurs types d’humour, ce qui est souvent un bon pari. Contre toute attente l’histoire se tient et n’est que le prétexte à aborder des sujets plus sérieux. La loufoquerie cache ici une certaine profondeur. Il y a sans doutes quelques longueurs et maladresses mais elles sont largement excusées par l’inventivité déployée. Peut-être pas un chef-d’oeuvre mais un film qui mérite tout de même largement le détour.

Mes lectures

Les larmes de Tarzan, de Katarina MAZETTI

          Lui c’est Janne, elle Mariana, elle lui est tombé dessus (littéralement) un jour où elle jouait à Tarzan. Elle est maman de 2 enfants dont le père schizophrène a un jour quitté la maison, et elle peine à joindre les deux bouts. Lui est un jeune premier cousu d’or à qui tout réussi. Ils ne peuvent pas se supporter et pourtant, bientôt ils ne pourront plus se quitter.

          L’auteur reprend ici le thème qui avait fait le succès du Mec de la tombe d’a côté : deux personnes que tout oppose et qui s’aiment pourtant tant bien que mal. Autant j’avais apprécié le premier, aux personnages attachants et à l’écriture d’une fraîcheur reposante, autant là, je suis restée sur ma faim. Non seulement l’histoire est à la fois déjà vue et improbable, mais l’écriture est bâclée et les personnages aussi épais qu’une chips. Tout est téléphoné et le Happy end ne fait que rajouter une couche à la médiocrité ambiante. Certes, ça se laisse lire, sans déplaisir, mais guère plus.

Un jour j’ai trouvé son bulletin de salaire dans la boite à courrier sur le plan de travail de la cuisine… Non, ce n’était pas une petite prime, c’était vraiment son salaire ! Il aurait peut pu faire manger une famille de canaris, mais certainement pas elle et ses enfants !

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Ce soir là, il m’est clairement apparu que ce qui me manquait le plus dans la vie était un compagnon avec fonction de vide-sauce. On peut manifestement vivre sans sexe, mais il est indispensable de disposer d’un évier à vider ses petites agressions quotidiennes.

Mes lectures

L’homme qui ne savait pas dire non, Serge JONCOUR

          Beaujour a un problème, il y a un tout petit mot qu’il ne peut plus prononcer, un problème en apparence sans gravité : il ne sait pas dire non. Et pourtant, ces trois lettres qu’il ne peut plus dire lui seraient bien utile, d’autant plus qu’il travaille dans un institut de sondage où il côtoie le fameux vocable chaque jour. Mais la situation va devenir vraiment critique quand on va lui proposer une promotion qu’il n’a aucune envie d’accepter. Arrive-t-il à trouver l’origine du problème pour le résoudre ?

         Dès les premières pages, on retrouve tout l’univers de Serge Joncour : ses personnages décalés, son cynisme, sa tendresse aussi. Cette situation cocasse est pour l’auteur l’occasion d’aborder des sujets bien plus profond qu’il n’y paraît, sous le vernis de légèreté, notamment le milieu du travail, la famille, les relations humaines… Il nous propose une fois de plus une peinture très fine de notre société. Et bien sûr, son humour me ravit toujours. Des romans que j’ai lus de cet auteur (et tous aimés), celui-ci est sans doute le plus aboutit, le plus subtil. J’ai apprécié la finesse de son humour, la poésie des situations qu’il imagine pour notre plus grand plaisir. Un Joncour grand cru, on en redemande !

Le passé est à chacun ce que le brouillard est à l’accident ; responsable de rien mais cause de tout cependant.

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C’est à chacun d’apprécier selon ses propres critères si c’est grave ou pas, de parler seul. En même temps on trouve toujours un peu curieux de surprendre un autre en train de le faire, alors que soi-même, on ne s’en étonne pas.